18 oct. 2020

L'héritage des personnes seules

 "Claver,

Merci d'avoir soulevé la question de l’héritage. J'en sais quelque chose pour en avoir bénéficié moi-même. Il y a plusieurs années mourrait quelque part une personne dont l'aide financière s'est révélée importante dans ma vie. Genre Mme Huber pour toi. N'ayant pas eu d'enfant biologique, je suis devenu son fils par la force des choses. Assistant social, j'allais lui rendre visite dans le cadre de mon service; puis s'est tissée une familiarité entre nous. Je la taquinais au début poliment, puis je me suis rendu compte qu'elle aimait bien mes blagues. J'ai compris qu'elle avait une douleur intérieure qu'elle essayait de surmonter par des éclats de rire libérateurs ou thérapeutiques. Elle aimait bien que je lui lise quelques pages de journaux où des sujets plaisants étaient publiés. Et comme je n'avais pas encore de famille moi-même, il me plaisait de lui consacrer un peu plus de temps. Avec le temps, elle est devenue comme un membre de ma famille. 

Elle n'était pas riche, mais a vécu une vie relativement décente. Un jour, elle m'a demandé si je pouvais personnellement m'occuper de son dossier fiscal et légal. La commune cherchait à libérer son appartement et à l'envoyer dans un asile. Ce qu'elle refusait avec acharnement. J'ai engagé un service personalisé pour elle. Elle m'a signé un chèque important comme don, que j'ai décliné. Mais elle a insisté: "Ecoute Wolfgang, tant que j'ai encore la capacité de lire te d'écrire, je dois le faire car tu es en réalité ma seule famille. Mon frère, ma soeur et leurs enfants ne s'occupent pas de moi et attendent ma mort pour s'emparer de mes biens et de mon argent. En as-tu déjà un ici depuis ces années? Tu dois accepter mes dons sinon je n'aurai pas la conscience tranquille." Quelques semaines après, elle est décédée paisiblement dans son appartement.

Après l'enterrement, j'ai reçu des messages anonymes me traitant d'escroc, de voleur et de tous les noms, menaçant de me traduire en justice. La dame s'était arrangée pour le leur faire savoir en rangeant dans un tiroir toutes les dons qu'elle m'a octroyés. Elle avait  à mon insu fait venir un notaire à qui il a déclaré qu'elle a opéré ces dons en âme et conscience. J'étais imparablement protégé contre les assauts de sa famille biologique. Voilà donc comment je suis devenu héritier d'une personne seule, sans enfants!" (Wolfgang T., email du 18 octobre 2020).

Ma réaction: 

Wolfgang, 

Merci pour ta contribution. Je savais que tu lisais mon blog, mais pas au point que tu me confies une telle confidence. C'est un scénario classique connu partout.  En Europe comme en Afrique il voile et dévoile des secrets de famille. Les attitudes sont relativement semblables. Ces personnes seules sans enfants ou abandonnées - hommes ou femmes - affrontent ce défi seules. Certaines se battent dignement, d'autres deviennent des sans-domiciles fixes. Chacune gère sa situation en fonction de sa personnalité. Des héritages sont légués à des institutions religieuses, sociales ou à des causes de charité, de paix ou de maladie. Certaines personnes préfèrent dilapider leurs avoirs de peur de les voir attribués à des parents méchants ou indifférents.  D'autres se débarrassent de tout par esprit de vengeance, de solidarité ou d'amour humanitaire. Tous les scénarios sont possibles. Merci d'avoir apporté ta contribution à ce débat si passionnant! 

C

17 oct. 2020

L'héritage

En Afrique, le problème de l'héritage relève aussi bien du droit civil que du droit coutumier. La pratique réelle varie selon les pays, les lieux et les tribus. Il y a des peuples où la lettre testamentaire est respectée alors que, dans la plupart des cas, ce sont des us et coutumes issus d'un temps immémorial qui sont en vigueur. Les peuples des pasteurs lèguent des cheptels à leurs descendants, tandis que les paysans lèguent des champs et forêts à leurs progénitures. En principe seulement, mais les bouleversements sociaux que l'économie du marché a introduits ont tout remis en question, en suscitant des attitudes jadis inconnues ou inédites, étrangères à nos traditions. Ajoutez à la liste: usurpations de droit,  impostures fallacieuses, détournements de biens, falsifications des documents, forfaits de toutes sortes. Au final, les héritiers légaux ou naturels sont dépouillés de leurs avoirs en biens ou en valeurs bancaires. Et que fait la justice dans cela? Rien. 
Le code de la famille n'est que voeu pieux. A la mort de son mari, une mère de famille est jetée sans ménagement à la rue avec ses enfants. La parcelle et la maison sont pris par les frères ou les soeurs du feu mari. Un ami dont la mort était annoncée, mais qui n'est pas mort, était surpris, à son retour d'Afrique du Sud, de voir ses maisons distribuées entre ses oncles et frères, ne laissant qu'une maison à ses enfants, excluant sa femme de l'héritage. C'est lui-même qui me l'a dit. Les usurpations de droit sont fréquentes entre les parents germains. Une parcelle àccordée à des soeurs voit une cousine s'interposer au nom de la solidarité africaine au détriment des vrais bénéficiaires. Je parle des cas vécus, et je peux mettre des noms. Beaucoup de familles se pavanent de brandir des propriétés détournées, pour lesquelles elles n'ont jamais dépensé un sou. A Kinshasa Bandalungwa, un monsieur n'a trouvé mieux que de falsifier les documents parcellaires de son beau-frère muté pour l'intérieur du pays. Impossible pour ce dernier de récupérer son bien au profit de ses enfants. Et il est mort sans que le différend soit résolu. Aucun remords, aucun repentir, aucun souci d'avoir commis un forfait ou un crime odieux de la part des voleurs. L'héritage est souvent bradé en faveur d'imposteurs, au détriment de ceux et celles auxquels il doit revenir. Ce problème est connu de tous les Africains sub-sahariens. La justice africaine n'a jamais réussi à le régler, selon ce que j'entends ou lis. L'Afrique de la Teranga et de la solidarité familiale a désormais perdu ses valeurs fondamentales sur tous les plans.
Imaginez la situation dramatique des femmes seules ou sans enfants. Ces femmes ont souvent vu leur mariage brisé, abandonnées et humiliées par leurs maris plus préoccupés de progénitures. Certaines ont été obligées de supporter que leurs époux prennent une deuxième femme ou engendrent des enfants hors-mariage. Une situation douloureuse pour ces femmes frappées par le sort ou la malédiction.  La logique en vigueur stipule qu'un mariage sans enfants est nul. (Souvenez-vous de Mobutu expliquant le mariage de Mama Yemo avec son père). Et souvent dans cette société phallocratique, la faute est imputée à la femme stérile, quand bien même elle ne le serait pas en réalité. Certains hommes n'ont pas eu de meilleure chance. Les femmes sans enfants prennent souvent la charge des bâtards de leurs maris, des enfants de leurs soeurs ou frères, à défaut d'en adopter. Certaines s'en sortent bien. D'autres pas, elles regrettent ce geste au vu de l'ingratitude que ces enfants manifestent téléguidés par l'avarice et la cupidité de leurs parents biologiques. Elles sont souvent traitées de sorcières, d'ensorceleuses, ou de criminelles par leurs propres soeurs, frères ou familles. A leur mort, étant donné qu'elles n'ont pas écrit de testament ni réglé leur succession - n'ayant personne à présenter - leur héritage tant envié des leurs est bradé, détourné au profit de ces mêmes ingrats, fussent-ils parents, maris, soeurs, nièces ou neveux. Cela s'est vu, cela se voit, cela se verra encore.
L'héritage, un sujet douloureux et conflictuel. La justice n'existe pas ou n'est pas proprement appliquée. 
  
  

16 oct. 2020

Une journée assez insolite

 Je me suis réveillé ce matin avec une chose en tête: aller subir une intervention dentale ou dentaire. Je ne sais pas la bonne expression. Avoir à tenir sa bouche ouverte pendant presque une heure, c'est un calvaire qui vous laisse parfois marqué pour le reste de la journée. Hier, j'en ai parlé avec mon pote, lui à plus de 60 ans, n'a jamais été chez un dentiste. J'y ai été allé deux ou trois fois auparavant, une fois à Fribourg, une fois Eislingen, et une autre fois à Kornwestheim. Jamais au Congo. A la Barbade, on y va tous les six mois. C'est remboursé par l'assurance. Et bien sûr ces mercenaires savent vous vendre les meilleurs produits dans le domaines. Une opération de deux heures qui vous coûte presque mille dollars. Ils se la coulent douce. 

J'ai annulé deux réunions, ou mieux j'ai décliné deux réunions annoncées trop tard alors que mon rendez-vous médical datait déjà de plusieurs mois. Le coronavirus n'a pas favorisé beaucoup de flexibilité, car si je le ratais, le prochain rendez-vous serait en janvier ou en février 2021. Or ça trainait déjà. J'y suis donc arrivé à temps; j'ai dû attendre une vingtaine de minutes avant d'être reçu. A la fin de la consultation et des soins médicaux, je suis retourné à la maison. Je me sentais mal à l'aise, pris de vertige à la suite des anesthésies reçues. De la maison, j'ai répondu à quelques emails, fait quelques appels, étudié quelques dossiers. La secrétaire m'a informé qu'il y avait quelques documents à signer mais qui pouvaient attendre mon retour au bureau. Je les signerai demain. 

Dans la soirée, j'ai conduit les jumeaux à leur formation de confirmation à l'église paroissiale de St Dominique. Il était 21 heures lorsque nous avons retrouvé nos pénates. Tout est bien qui finit bien. Une journée assez insolite quand même, soumise à l'improvisation et à l'imprévu.

15 oct. 2020

Mapick vivant

Correction: Christophe Mabundi alias Maspick n'est pas mort mais très gravement malade. Apprenons-nous aux dernières nouvelles. 

De toute la planète où ce fou joyeux est connu, des voix sont accourues pour le pleurer et évoquer ses souvenirs. Des témoignages très poignants ont été publiés par des internautes. Deux photos de lui l'une chantant un hymne de communion et une le montrant en tenue traditionnelle, sont devenues virales. Mine de rien, cet homme est célèbre non seulement à Kenge, mais partout où se trouvent ses connaissances. Même chez les morts qui reviennent manifester leur présence au monde des vivants. Il était mort, mais il est encore vivant. Comme le Christ, Maspick doit achever sa mission avant de tirer sa révérence. Son heure n'a pas encore sonné. Un échange whatshapp avec Liévin: 

- Maspic pas mort mais très malade

- Akufi asekwi...qu'on le soigne alors. 

- Un mystère. 

Oui, le monde en émoi a repris son souffle. Maspick est vivant. Qu'il vive encore longtemps!

14 oct. 2020

Augustin Hatar's Film Productions

 


Film Productions from his CV

Directed Sida/SAREC Documentary on UDSM/Sida Cooperation 2011
Directed UDSM/NORAD Documentary on NORAD Cooperation with UDSM 2010
Directed Tanzania Media Fund (TMF) Film on Achievements of Project 2010
Wrote and Produced Chukua Pipi (Sweet Deceit) a feature film on role of the family in the HIV/AIDS 2010
Produced Fimbo ya Baba, A Pangani Story a video film on the problems of forced marriages in the HIV/AIDS era, 2006. Worn Awards at the Zanzibar International Film Festival and the Kenya International Film festival, 2007
Produced Seeds of Democratization a documentary film on the use of film in the democratization process
Produced a three part Television series for Local Government Reform Programme on the importance of District Councillors. Series were broadcast on all major Television stations in Tanzania prior to the general elections, 2005
Produced Vision Tanzania: A Documentary on Young Parliamentarians, 2005
Produced Two part drama series one with a rural setting, the other with an urban setting, 2005
Produced Serikali za Mita: Hatima Yetu : A Documentary on Local Government, 2005
Produced Mapambazuko a video film on giving women a voice to bring out issues that make them vulnerable to HIV/AIDS in Coastal/Islamic Cultures, 2004
Produced Tamaa Mbele: A short Film Using Likasaule Dance to Sensitize Communities on HIV/AIDS for GTZ, 2004
Produced Participatory Theatre: The GTZ – Lindi Experience. A Documentary on the GTZ Work using Theatre in Lindi, 2004
Produced Wakiwa! A Video Film on the Plight of Orphans in the Kagera Region, 2004. Was the Only Tanzanian Film to be recognized at the Zanzibar Film Festival, 2004
Produced Makaburi Yatasema (Only Stones Are Talking). Film won second best award at Zanzibar International Film Festival in the East African Category, 2003
Re-edited Mishoni and Produced an International Version with English Subtitles, November, 2001
Produced “Mishoni” A play film on problems of Female Circumcision, Katesh, Arusha, December, 2000
Produced “Tuseme Tusiseme” A Play film on Civic Education in Dodoma, May 2000
Produced “Masaibu ya Boboa” A Play film on Civic Education, July 2000
Produced “Tuhande” A Documentary on saving the Uluguru Mountain Forests, July 2000
Produced 3 half hour comedies under ANGA ZETU June 1999
Produced and Directed "Njozi" (1998) submitted to the Zanzibar Film Festival, Southern Africa Film Festival and Fespaco 1999. Broadcast on Television Zanzibar 1999.
Produced "Chozi la Damu" 1998 Broadcast on Television Zanzibar.
Produced "Safari Ndefu" Broadcast or Television Zanzibar, 1998
Produced "Ndoa Ya Mwaluko" (1997) Broadcast on Television Zanzibar, CEN, CTN.
Produced "Sudi Ya Pendo" 1996 Broadcast on Television Zanzibar, CEN
Produced "Mgombea wa Mama Njeru" 1995 Broadcast on DTV, Television Zanzibar.

13 oct. 2020

Ein Durcheinander

Bei mir ist alles so wie immer, meine Wohnung ist nicht beschädigt. Gebrannt hat es in der Wohnung über mir nachts um 1/2 1. Eine umgefallene Nachttischlampe hat das Bett von dem Bewohner in Brand gesetzt. Es waren 5 Feuerwehrautos da, 31 Einsatzkräfte, Rettungsdienst und Polizei. Sie konnten den Brand klein halten, so dass kein größerer Schaden entstanden ist. Der Bewohner (Herr Wilhelm - Du hast ihn sicher schon gesehen) hatte eine Rauchgasvergiftung und musste ins Krankenhaus. Das ist jedoch nicht weiter schlimm, aber er ist nun 90 Jahre alt und hat entsprechende Probleme. Er darf auf keinen Fall mehr alleine leben. Seine Frau ist vor ein paar Jahren gestorben und nur sein Sohn kümmert sich um ihn. - Wer weiß, was alles noch auf uns wartet ! Ich bleibe noch ein wenig dran, vielleicht können wir ja noch sprechen. Deine TS


Adieu Maspik

13 octobre 2020. Un message WhatsApp depuis Paris: "Bonjour mon yaya d'amour. Comment vous allez? Nous allons bien. C'est pour vous annoncer la mort de Maspik à Kenge. Que Dieu vous bénisse abondamment. Gros bisous à tous." (Ritha Kayolo). Paix à son âme! 

Kenge est en émoi. Christophe Mabundi, alias Maspik, est mort. Que son âme repose en paix. J'ai déjà parlé plusieurs fois de Maspik ou Maspick sur ce blog. Soin na soin, Goût na goût, cet homme était très populaire à Kenge où il s'est installé depuis 1983 dans le sillage de nos ordinations. Je l'ai vu et revu à Kenge; je le revois presque chaque fois que j'y retourne. Un véritable symbole de Kenge. Ce fou espiègle et lucide à certains moments, sait tout et voit tout de Kenge. Dans sa candeur, il a servi d'espion, d'oeil et d'oreille à certains individus dont vous ne soupçonnerez jamais l'identité ni le rang. Voici entre autres un extrait de ce blog: 

"Je l'ai revu et reconnu dès le premier jour. Il m'a reconnu sans problème au point de venir me donner une accolade. Maspick de Tchorotchoro est un fou comme le fut son père, Kha Kayudi. Toujours égal à lui-même, il raconte à qui veut l'entendre, que nous étions condisciples à Kimbau tantôt dans la classe de Papa Valère Yengi tantôt dans la classe de Papa Antoine Dibendila. Il ajoute également le nom de Papa Albert Mayamba. Au fait, rien de tout cela n'est vrai, mais il reste cependant constant et consistant avec lui-même. Il ajoute que son petit-fils a été ensorcelé et est devenu fou lui aussi. Il en est dépité.
Maspick a raconté à plus d'une personne que je lui ai offert un peu d'argent: "Yimbendele 2000 Fc" ("je lui ai déjà soutiré 2000 francs").
Un matin, il décide de m'accompagner de la procure où je loge à l'ISP Kenge, soit cinq minutes. Mais en chemin, nous croisons un autre toc-toc. Maspick ne souhaite pas que je perde mon temps avec ce fou joyeux. "Twenda, yandu Godé, walawuka, hiokisiku tangwa ye yandi." (Continuons notre chemin, c'est Godé, il est fou. Ca ne vaut pas la peine de discuter avec lui." Bonne journée!" (24 juin 2017).

Que son âme repose en paix! Wenda mboti Mabundi!