31 juil. 2023

Tout le monde fait la politique, pourquoi pas moi?

 Cher Claver,

Ton poste d'hier me rappelle une conversation que j'ai eue avec un potentiel candidat, il y a quelques jours. Je vais essayer de reprendre le dialogue si ma mémoire ne me trahit pas. 

Moi : Mon frère, tu es descendu ici pour sensibiliser les frères et soeurs de notre contrée pour qu'ils te soutiennent aux prochaines élections législative. Que leur promets-tu en retour de leur vote?

PC: Merci mon frère, la vie ne se vit qu'une seule fois. La politique offre d'énormes opportunités. Tout le monde se tourne vers la politique. Occupez-vous de la politique avant que la politique ne s'occupe de vous. Que voudrais-tu que je leur promette? Je vais reprendre tout ce que les prédécesseurs ont promis sans les réaliser, mais cette fois avec la résolution de les réaliser.

Moi : Je vois. En fait, tu n'as pas de programme mais voudrais siéger pour bénéficier des avantages liés à ce poste. 

PC: Exactement. Voilà plus de 60 ans que le pays est indépendant, rien ne change; les politiciens s'enrichissent au détriment de la population. Nous la population voulons tenter notre chance. Chance eloko pamba!

Moi : C'est donc ton tour. Je n'ai jamais vu un candidat député qui ne soit convaincu de gagner les élections.

PC: Et je suis très sûr de gagner. J'ai un plan B au cas où je ne serais pas voté. Tu verras, je serai élu. Tout le monde fait la politique, pourquoi pas moi? 

Moi : Parle-moi de ton plan B.

PC : Non, Claver, tu comprends que je ne peux pas te le livrer; c'est mon secret.

Je crois avoir reproduit avec une certaine fidélité le dialogue que j'ai eu avec PC. La politique est une maison ouverte à tout le monde. Y entre celui qui possède la clef. Y reste l'intrus qui a vaguer dans le sens du vent. Y réussit le meilleur manipulateur. Rien à voir avec la philosophie que j'ai apprise à Mayidi et à Fribourg. Seule la raison du plus fort, du plus rusé, est la meilleure. L'arène électorale s'annonce âpre, longue et dure s'il y a élection. "Prépare-toi à encaisser tous les coups: on te traitera de traitre, d'immoral, de voleur, de don juan, d'imposteur, de païen, d'escroc, de tribaliste, d'assassin.... tout cela pour salir ta réputation.", ai-je déclarer au PC avant de lui souhaiter bonne chance!  

28 juil. 2023

La politique paie gros: ruée vers la politique

Oui, c‘est le cas de le dire et redire comme j’en ai l'habitude dans ce blog. Et j’affirme que le peuple au nom duquel on pose la candidature est le dernier des soucis du candidat. Au bout du compte, il n'y a que l’enrichissement personnel. Le reste, c‘est du blablabla ou du tralala. Les lecteurs et lectrices de ce blog savent combien j’ironise sur la politique. Et je redis: la politique paie gros. Tout le monde voudrait devenir politicien comme si les professions de professeur, avocat, médecin, pasteur, sportif, musicien, commerçant, etc. ne valaient plus rien. Hélas la réalité montre que ces professions sont nulles ou incomplètes si elles ne sont pas doublées d‘une responsabilité politique. Ainsi se justifie ce que Franco (?) avait immortalisé sous le titre de course au pouvoir. Si la politique paie bien à vous rendre Crésus en un tour de main, pourquoi ne pas tenter sa chance même si on ne dispose d‘aucun talent pour ce métier? Y réussissent les plus osés, les plus chanceux. Des familles entières s‘y jettent sans réfléchir pourvu que le gain escompté soit atteint. L‘argent, l‘argent, et toujours l‘argent au bout du compte. Celui qui se prétend apolitique est pris pour un sous-homme, sans ambition ni honneur qui se condamne à la misère.

À ce jour 20 000 candidats sont inscrits à la députation nationale rd-congolaise pour 500 sièges. 900 partis sont reconnus et enregistrés officiellement. L’appât du gain est trop fort. On lit à gauche à droite que le député reçoit mensuellement un pactole de deux trois fois le salaire de M Macron, président français. Il y a de quoi rêver. Des salaires faramineux dans un pays d‘or, de coltan et de diamant où des familles vivent avec moins d‘un dollar par jour! Pourquoi ne pas prendre sa part de la manne paradisiaque? C‘est ça la réalité, et la tentation est grande. On aime trop l'avoir et le paraître pour se priver de tant de richesses mises à la portée légale de tout adulte de 18 ans et plus. D'ou la ruée actuelle vers la politique. La conséquence en est que même des jeunes de 25 ans sont listés parmi les candidats officiellement retenus. Politique, politique, mani pulite!

„Où vont-nous?“ Disait mon ami M Boubou d‘heureuse mémoire dont l‘oncle, le Vieux Tsabi buvait 53 verres de bière par jour. Regardez bien autour de vous. Il y en ai un qui sourit. 

26 juil. 2023

“J’y suis, j’y reste”

“J’y suis, j’y reste”. Paraphrasé, manipulé, romancé, ce slogan a longtemps caractérisé les politiques de tout ordre. Observez attentivement les processus électoraux dans différents pays d’Afrique, vous remarquerez différents cas de figures illustrant ce slogan. Le pouvoir n’est jamais facile à lâcher, une fois qu’on l’a. Tous les trucs sont mis à profit pour qu’on le garde. C’est la résistance devant l’échéance temporelle. Le terme est difficilement acceptable; et c’est ce qui amène à un tas de scénarios qui paralysent tout progrès de passation de pouvoir. Les personnages de ma génération savent bien se quoi je parle. 

“J’y suis, j’y reste”. Le père lègue le pouvoir à son fils comme dans une filiation royale. Le fils le lègue à son fils; et en cas d’absence, il tripatouille la constitution. La pérennisation du pouvoir est à l’ordre. On va jusqu’en faire un héritage familial. Voire une dynastie inavouée à la Baby Doc. Des candidats députés affichent sans honte comme suppléants leurs propres enfants à défaut de leurs épouses ou nièces, neveux, oncles. Ce n’est pas nouveau. En cas vacance, le fils ou la fille sont titularisés. Il arrive qu’un député déchu soit remplacé par un proche parent. J’ai appris que dans une famille a eu lieu une altercation entre le père qui ne voudrait pas entendre parler de retraite et le fils ambitieux qui voudrait du siège du père. Comme l’ancienne legislation continue, le fils suggérerait pour enrichir son profil et son expérience que le paternel lui cède la fin de son mandat. Mais l’ombre du Père règne encore. Le meurtre du père avorte. Ce dernier propose une solution plus sage et plus réaliste: comme il bénéficie d’une base électorale relativement solide, il prendrait le fils et la grande fille comme premier et deuxième suppléants. Et la boucle se boucle. 

Dans cestypes d'arrangements ne compte que la filiation, pas forcément la compétence ni l’idonéité. L’identité se résume à: “Fils de… ou Fille de…” Le népotisme est désormais la voie royale. La discrétion familiale de jadis a cédé la place à l’exubérance de l’opulence et de l’honneur terrestres. Et c’est ces avantages qui font qu’on s’accroche au pouvoir. Au nom de l’intérêt familial, bénéficier et faire bénéficier aux siens des biens communs deviennent la norme pratique à tous les échelons. Vivent alors les abus, l’incompétence, la léthargie des institutions, le désastre et la faillite totale, etc. Tout le monde le fait, pourquoi pas moi? Il est urgent de passer une loi interdisant ce genre d’abus. Comme on ne peut scier la branche sur laquelle on s’accroche, il ne faudrait pas attendre cette réforme de ceux-là qui en profitent et qui sont aux commandes.

“J’y suis, j’y reste”, ce n’est pas nouveau. Cela s’est vu, cela se voit, cela se verra. 

25 juil. 2023

Louise in memoriam

28 ans déjà depuis ma soeur Anne-Louise nous a quittés. Décédée le jour de son anniversaire, elle aurait eu 58 ans si elle avait vécu jusqu'à ce jour. Un jour triste et sombre marqué à jamais dans mon cœur. J’étais à Enney lorsque la nouvelle est tombée. J’aurais pleuré Louise tout seul si soeur Josée Conga n’était pas passée. C’était les années de ma reclusion volontaire. Mon livre de chevet sr l’époque était Les rêveries d’un promeneur solitaire de J J Rousseau. Je ne me suis jamais autant identifié au contenu d’un livre autant que le furent ces médiations existentielles d’un révolté. Je n’ai plus jamais rouvert ce livre depuis cette date-là. J’ai vécu intensément ce livre: je me croyais incompris, je remettais en question toute ma vie antérieure avec une très claire vision de mes relations humaines. Ne me posez pas aujourd’hui des questions là-dessus puisque je ne saurai pas vous répondre. La mort de Louise a été décisive dans le dévoilement de mon destin: la mort entrait désormais dans ma vie. Je la croyais réservée aux autres, voilà qu’elle frappait de plein fouet à ma porte. Depuis, elle fait partie de mon quotidien. Un moment essentiel dans mon éveil aux réalités cruelles de la vie. J’ai d’aide de laisser Louise vivre à travers la thèse que je préparais et que je lui dédiai plus tard. Un moment grave, car je me vis seul face au monde avec ce que cela comporte de tragique et de dramatique. Depuis là, la mort déroule les pans de la vie avec moi jusqu’au jour nos chemins se joindront. Paix éternelle à ton âme Louise. Dans la nuit des temps ta présence luit comme une étoile solitaire mais dont les puissants rayons percent le mystère des choses. Repose en paix Mabana Yimbu. 

23 juil. 2023

23 juillet 1961

23.07.61-23. Ce jour-là, il y a 62 ans, la MC Kimbau connut la deuxième ordination sacerdotale de l’histoire d’un de ses fils. L’abbé Dieudonné M’Sanda fut ordonné prêtre par l’évêque de Kikwit Mgr Lefebvre pour le compte de la préfecture apostolique de Kenge, issu de la scission de Kisantu et Kikwit. Kenge, Rome, Bandundu, Kalonda, et retour à Kenge de 1974 à 1999 comme évêque de Kenge. Il a eu le temps de fêter ses 40 ans de sacerdoce avant de tirer sa révérence le 22 octobre 2001. Que son âme repose en paix!

22 juil. 2023

Promotions au sein de l’ESU

Vives félicitations aux différentes personnes et aux collègues qui sont promus recteurs, directeurs généraux, professeurs ordinaires, professeurs, professeurs associés, chefs des travaux,… par le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire en ce mois de juillet 2023. Une nouvelle page se tourne dans la carrière académique de ces collègues qui méritent le respect de toute la communauté nationale. Couronnement d’un parcours d’excellence et de professionnalisme. Honneur et respect.

Je suis particulièrement fier et heureux pour les professeurs Floribert Kiala et Firmin Mboma. Les lecteurs de ce blog se ressouviendront de mes articles sur leurs défenses de thèse doctorale en date du 1er juillet 2013 à Rome. (https://clavermabana.blogspot.com/2013/07/rome-le-jour-de-deux-docteurs.html). Proclamés docteurs respectivement en sciences sociales et en théologie médicale, ils sont rentrés à Kenge pour assumer d’importantes fonctions académiques. Comme pour sceller leur destin commun,  Prof Kiala occupe depuis deux années le poste de directeur de l’ISTM Kenge jadis occupé par Prof Mboma. Ce dernier a été nommé DG à l’ISP Kahemba il y a une année. Les voilà aujourd’hui professeurs. La dernière rencontre que je garde des deux ensemble date de mars 2023 à Kenge. 

Mes félicitations s’étendent aux profs Frédéric Kinkani, ordinaire et DG Bibiane Niangi sans oublier les CT Kangulumba Kakos et Stive Mukokila du département de français langues africaines. Tous mes meilleurs vœux. 

Les promotions, ça se célèbre. Célébrons donc tous les promus en levant un toast en leur honneur. 

16 juil. 2023

Adieu Jane Birkin

16 juillet 2023. Mort de Jane Birkin. 

Je t’aime… moi non plus” c’est Serge Gainsbourg; c’est Jane Birkin. Des génies de musique. J’ai relativement bien suivi la carrière professionnelle de l’activiste JB, surtout dans ses engagements pour la paix, les femmes, les enfants, la justice sociale. Elle a été la voix des sans-voix. Adieu artiste. Jane, tu demeures parmi nous et survis par ton art auprès des mélomanes de mon âge et du monde. Paix à ton âme!