30 déc. 2025
Les 28-29 décembre 2025 à Cartagène
28 déc. 2025
A Cartagène
27 décembre 2025. Ma famille a décidé de passer les derniers jours de l’année 2025 en Colombie. Ainsi, Maman Mapasa, les Mapasa et moi sommes partis de Bridgetown le 26 décembre après midi avec Copa Airlines. Après l’escale inévitable d’une nuit à Panama City, ́nous avons repris l'avion à 7h25 pour Cartagena. Un vol sans histoire. A l'arrivée, Jean Christophe, Marie Aude et le petit Lilio nous attendaient et nous avons un Van pour leur domicile. Nous sommes donc logés au 15e niveau d’un immeuble de 43 étages. Ce coin de Bocagrande est appelé Miami Beach.
Après un bon petit déjeuner, JC et moi avons fait un tour du quartier. En sortant de l'immeuble, vers la gauche, nous sommes allés droit vers une plage surpeuplée de touristes et de vendeurs à la criée. Ces derniers nous ont pratiquement forcés de manger des mollusques crues au citron d’une succulence douteuse. Une sorte d’extorsion en douceur. Car nous avons d(, payer cette consommation contre notre gré. "Il vivent de ça" m’a soufflé JC très ibformè des pratiques locales. JC dirige une chaîne d'hôtels exclusifs. Sur le chemin retour nous avons récupéré notre "galetta" au riz enveloppée pour notre déjeuner.
Aujourd'hui, nous allons à la messe. Le soir nous ferons un tour de la vieille ville en calèche. Nous sommes très excités à l’idée de visiter les rues dans lesquelles St Pierre Claver avait circulé. A plus.
27 déc. 2025
26 December 2025: Panama City
On our way to Cartagena, Colombia, we had to spend a night in Panama City. We chose a hotel without stars to spend the night before taking the connection to Colombia. It is our first experience of Latin America although we have been living in the Caribbean for the last 24 years. We actually had no reasons to visit any latin american country before. I have seen Venezuela already from San Fernando, Trinidad, many years back.
This trip has a meaningful significance to me. It fulfills an old wish of mine. Since I was a child, I wanted to visit the town where my saint patron, Peter Claver, was buried. I wished, I would at least once visit Cartagena. I knew about him since 4th form of my primary school. The first person to tell me about St Peter Claver was Fr Ben Van den Boom SVD at St Esprit Kenge. He told me that Peter Claver dedicated his life to care for slaves who were deported from Africa to the sugarcane plantations in the Americas. I did not quite understand that at that time. He told me about the Hatians, who were living in Kenge in those years, that they were descendants of the slaves sold by Tipo Tip, a name whose picture was in the book of history. All that was too old for me to be true.
In Kalonda minor Seminary I searched more about my saint patron. There were missals and books in the library describing the lives of holy persons. His celebration wqsbon September 9. Beside Charles Lwanga, Kizito, Dominique Savio, Jean Marie Vianney, Francois Xavier or Don Bosco, whose lives were very popular, I managed to read on St Peter Claver. I never understood the hole story about him.
In Mayidi major Seminary I improved my knowledge of this saint patron. The fact that our training teachers were mainly Jesuit fathers opened my eyes to the jesuit father that Claver was. I could therefore better manage my experience. All was there at Mayidi. I could spend hours in the library for the sake of self training. It is in Mayidi that I built my book reading. I discovered that many catholic institutions and institutes had Peter Claver as patron. I was amazingly surprised. I continued my deepening of the knowledge by a steady reading of many books related to the topic of slavery. My view at that time was simply spiritual.
In Rome at the Urbaniana University, I managed to write a research project, but for any reason the project did not reach completion. I really regret, not having achieved that goal. At Goethe Jnstitute Staufen, Germany, I happened to learn German language with two Jesuit Fathers from Colombia who pushed my excitation to visit Cartagena. One of them was trained at St Peter Claver University and was preparing his doctorate to lecture at that university.
When I was studyimg French language and literature at Fribourg University, Fr Prof Jakob Baumgärtner used to talk a lot about the Mission of Latin America. He was a specialist of liturgy with a very high level of theological ecperience. He used to comment on the controversies around the evangelization of Latin America. He mastered the history and the theological backgrounds of those controversies.
What matters today, is that I am about to land at Cartagena airport in a few hours. A dream is becoming true. We are three Clavers in the Mabana family: Mama Mapasa. Mukawa and Kahiudi. And all three are visiting Cartagena.
To be continued.
26 déc. 2025
Une fête de Noël 2025 sans histoire
25 décembre 2025. Cette année nous avons passé une fête de Noël tranquille et sans histoire. Comme d'habitude, nous nous sommes retrouvés chez Thomas et Yvette de Côte d'Ivoire. Nous, la communauté francophone de la Barbade. Quoique beaucoup de familles ne se soient pas jointes à nous pour une raison ou une autre, la rencontre s’est bien passée. Étaient présents des Ghanaiens, Ivoiriens, Congolais, Burundais, Zimbabweens, Rwandais et Barbadiens. Le temps était beau, la nourriture succulente, et l'ambiance tres conviviale. On a même esquisse quelques pas de danses africaines.
Pendant ce temps, j’ai appelé Mama Anna Madavo qui m'apprendra que son mari Richard se trouve à l'hôpital pour une infection pulmonaire. Richard et Anna ont vécu pendant plusieurs années avec nous ici à la Barbade. Ils sont retournés au Zimbabwe à la fin de leur carrière professionnelle. Ils possédaient une ferme à laquelle ils nous ont toujours invités. Cette visite n’a malheureusement jamais eu lieu. C’est de ma faute selon toute apparence. Voilà que Richard est hospitalisé; cela me préoccupe au plus haut point car notre relation, tres forte jadis, s’est un peu ternie. Je m’en veux de n'avoir jamais réalisé ce voeu.
Ce Noël est parsemé de quelques événements triste. Je signalerai la mort à Kinshasa de Papa Albert ́Lefrancq (Mashamba) et de Léa Ndikita. Paix à leurs ! Et comme si cela ne suffisait pas, mon cousin Jean Jacques Hungu est sérieusement malade à Kenge, nous cherchons le moyen de l'évacuer vers Kin ou Bonga ou Mosango. J'apprendrais à cette occasion qu'à Mosango on discriminé les malades suivant leur appartenance ethnique ou tribale. Surprenant quand même.
Nous voyageons cet après-midi pour Panama City et continuerôs demain. Pour Cartagena, Colombie. Joyeux Noël à tous. Gloria in excelsis Deo.
23 déc. 2025
L'histoire d'une promotion
Cette entrée est tirée d'un groupe WhatsApp.
Arthur, it is not my assessment. I heard it separetly from both Georges Ngal and Valentin Mudimbe.
A ma question de savoir pourquoi ils ne sont pas retournés travailler au pays, les deux m'ont affirmé, Ngal en 90 à Paris et Mudimbe en 99 à Berlin, qu’on leur prêterait "l'intention d'aller occuper des postes." Dans la réalité, Ngal a tenté un retour sans suite en 92 à la CNS. Mudimbe a été très mal reçu à L’Shi, contrairement à Ngal qui y a même eu droit à des mélanges et à 10 000 US$. Ces informations m'ont été données par un collègue martiniquais proche des deux.
C’est donc en 2017 que j’ai compris ce qu'avaient dit ces deux éminenta profs. Au CA ISP et Universités, on me dira que l'équivalence des grades n’est pas automatique, et que tout prof congolais venant de "l'étranger" commence comme professeur associé dans le système congolais.
Je connais personnellement des collègues qui étaient dans le même cas que moi. C’est simplement la conséquence logique de la "fuite des cerveaux." A la base il y a méfiance. En d'autres mots: "Beh vous êtes partis, restez où vous êtes allés. Retour interdit au pays!" Je le concède vu que les faux diplômes existent partout. Un contrôle sérieux s'avère nécessaire afin de garantir l'intégrité et la qualité de l’enseignement supérieur et universitaire. D'accord mais que ce soit strictement académique, car le personnel du contrôle apparemment plus préoccupé d'argent que de compétence, accuse de graves lacunes professionnelles.
Un ami prêtre titulaire d’une chaire de philosophie et théologie à Bonn, Allemagne, est PA à l’UPN Kinshasa. Un missionnaire SVD, ordinaire à Bel Horizonte, Brésil, peine à obtenir une charge horaire à l’UNIK de Kenge où il est PA. Même le recteur ne parvient pas à décanter la situation. Que se passe-t-il au fond?
Il y a, à mon avis, une différence systémique dans la procédure des nominations. En Europe et dans le monde anglo-saxon, c’est l’université qui promeut les profs. Sur mérite strictement académique. En RDC, c’est le gouvernement ou le ministère de l’ESU qui nomme et promeut les professeurs. Le système européen et anglo-saxon paraît plus long, plus rigoureux et plus transparent. Chez nous, c’est l'autorité politique qui assure cette fonction. On est promu assistant, chef de travaux, professeur associé, professeur full et ordinaire, par un arrêté ministériel. Une grosse machine bureaucratique avec tout ce que cela implique.
Notre ami recteur d'université pourrait mieux expliquer cette forêt d'énigmes que moi. Voilà brièvement l’histoire de cette promotion congolaise. Merci les copains.
19 déc. 2025
Mal au coeur
Oui mal au coeur à cause d'une situation d'incompréhension totale qui a duré plus d'un demi-siècle. C'est la vie hélas. Rien dans la vie n'est plus dramatique que d'être incompris et humilié. Incompris des siens et du monde extérieur. Humilié par ceux que l'on porte dans le coeur et dont on croit qu'ils éprouvent des sentiments récoproques. C'est l'injustice révoltante. Ça fait mal, très mal lorsque la roue tourne dans le sens opposé. C'est frustrant d'être trahi, accusé et condamné alors qu'on est innocent. Une femme accuse son beau-père de harcèlement sexuel et se fait indemniser. Un fils envoie son père en prison afin d'hériter de son empire financier. Une fille trahit sa mère pour l'éloigner de son père. Une belle-fille envoie sa belle-mère dans un hôpital psychiatrique contre son gré. Un frère dénonce son frère pour un crime qu'il n'a pas commis. Drames familiaux qui pourfendent le coeur. 58 ans de galère et de géole ont complètement ruiné la vie d'un accusé de meurtre qui n'en était pas un, 58 ans de cauchemar mais sans avoir jamais tenté de se suicider. 58 ans de privation, d'abandon, de mépris et de réclusion perpetuelle. Mal au coeur à sa sortie, mal au coeur parce que devenu étranger à lui-même et au monde. Profondes déchirures et lancinates blessures au coeur pour n'avoir pas été cru, pour ce faux retour manqué à la fragile liberté. Et le mal au coeur terrestre l'emporta au paradis céleste.
16 déc. 2025
Comment vivre?
Dans son recueil de poèmes intitulé Le mauvais sang, Tchicaya U Tam'Si avait posé cette question fondamentale concernant le comment vivre. C'est dans ce contexte qu'il sied de situer son expression du mauvais sang. Le poète congolais s'est inspiré d'Arthur Rimbaud chez qui il a puisé la notion du nègre, du mauvais nègre maudit et banni de l’humanité. On dirait qu'un destin de damnation colle à la peau du poète. Comment vivre dans ces conditions avec ce poids sur la conscience? La vie de Tchicaya ressemble quelque part à celle de Rimbaud, mais tel n'est pas mon propos.
Cette référence me ramène au quotidien. J'ai forgé ma conception des choses sur des principes simples selon lesquels je fonctionne. Je ne crois pas à la sorcellerie mais à la raison, a l'action réelle. Je ne crois pas au destin mais à la providence divine. Le destin ne me frappe pas. Malade, je vais à l'hôpital sans hésiter. Dépourvu de moyens, je renonce à acheter et j'oublie même mes désirs. Bloqué dans mes pensées, je sollicite conseil et assistance auprès des sages. Des fois, et même souvent, je me sens fort et n'ai besoin de personne pour m'aider.
Hier, une religieuse de mes amis était hésitante si elle devait aller rendre visite à son frère pendant ces vacances de Noël. Ses frangins estimant que la femme de ce frère n'est pas accueillante. lui ont déconseillé d'y aller. Pour tout conseil, je lui ai dit de suivre sa conscience en toute liberté. Rien, nul ne pourrait l'empêcher de voir son frère si elle le désire. Period. Il ne faut pas vivre la vie d'autrui, mais la sienne propre. Ça me rappelle Albert Einstein: "Je ne peux rien faire contre ma conscience". Est-ce de l'arrogance ou de la responsabilité? Personnellement, je tranche cette question de façon antithétique et radicale.
Ainsi en est-il des relations humaines. Elles évoluent avec le temps. Le temps en est la vraie épreuve. Des personnes croisées amies sont devenues vingt années plus tard des ennemis jurés, incapables de se revoir ou se supporter. Des familles solidement ancrées dans la tradition se sont disloquées comme des chateaux de pailles. Des couples, des fraernités ou sororités, des associations, des sociétés, ont volé en éclats sans laisser des résidus, érodés par l'emprise du temps. Rien ne résiste à l'érosion du temps. Comment vivre? Le temps constitue le vrai défi de l'existence individuelle. Et la conscience le fil conducteur pour le traverser. Il faudrait laisser le temps au temps. Il ne faudrait surtout pas passer à côté de l'essentiel: la vie.
15 déc. 2025
Tueries partout: Où va le monde?
Week-end du 12 au 15 décembre 2025. Brown University, Vancouver, Bondi, Dallas, voilà des lieux où des innocents ont été tués par la folie des hommes. Attentats, meurtres, ou crimes terroristes ont caractérisé ce weekend. Des étudiants attacqués en pleine université, une voiture bélier écrasant une manifestation philippine, un malade mental tirant aveuglement sur des Juifs célébrant leur Hanukkah. Des atrocités incroyables qui surprennent et interrogent. Des tueries qui se multiplient aux quatre coins de l'univers. Où va le monde?
Les guerres d'Ukraine et de l'Est de la RDC où des étrangers viennent chasser et exterminer les habitants du pays, occuper leurs terres et leurs ressources naturelles. Je ne saurais me prononcer sur l'ampleur de l'invasion ukrainienne n'ayant point de contact avec eux. Par contre, je suis solidaire de mes compatriotes de l'Est. J'ai perdu des membres de famille, des amis et des connaissances dans cette guerre de l'Est de la RDC. Ce qui frappe le plus dans notre cas, c'est la complicité et la trahison de nos compatriotes. Contre quelques milliers de dollars ou un carré minier, nos frères et soeurs sont prêts à sacrifier notre territoire, nos richesses minières et notre dignité. Des traîtres à pendre par milliers. Comme si les 12 millions de morts ne suffisaient, les Rwandais et leurs alliers continuent de semer le désarroi et la terreur à l'Est de la RDC.
Ce qui est encore plus surprenant, c'est le manque de fermeté de la partie congolaise. La France vient de condamner Roger Lumbala à 30 ans de réclusion criminelle et d'interdiction de séjour sur le territoire pour cause de crimes commis en RDC entre 2000 eet 2003. La RDC devra instituer une cour de jugement contre tous les traîtres de la nation car, pendant ce temps, des criminels cités dans le Rapport Mapping restent impunis, circulent librement, et même occupent des postes ministériels. Sommes-nous aveugles au point de ne pas reconnaître nos ennemis et les traîtres qui sont parmi nous. "Ne jamais trahir le Congo" fut le mot d'ordre de Mzee Kabila. Les trahisons se déroulent au quotidien. Nos populations sont déplacées, terrorisées et dépouillées de leurs terres et biens. Des alliances sont établies avec des ennemis rien que dans le but d'obtenir le pouvoir et de devenir le paravent des parrains étrangers.
11 déc. 2025
Adieu Sr Charlotte Mangombo
La photo ci-dessous a été prise le 1er août 2025 à Kenge, chez Edo et Anessy. Cet après-midi là j'ai fait un rapport aux amis de MaCha sur le décès de cette dernière à Londres. Sr Charlotte était présente et m’a révélé qu’on l'appelait aussi MaCha lorsqu'elle étudiait à Ngi.
10 déc. 2025
La prise d'Uvira
Une fois de plus, notre pays est humilié par le Rwanda. La ville d'Uvira est tombée, prise par l'AFC/M23 ce 9 décembre 2025. Des sources concordantes le confirment. Il y a vraiment de quoi se poser des questions sur la défense nationale congolaise. Comme en 1997, le scénario se répète mais avec des acteurs diférents. Pas si différents que cela. Nord Kivu et Sud Kivu pris, cap sur le Katanga. Comment en sommes-nous arrivés là??? Cette question pourrait se poser dans tous les domaines. Un accord de paix se signe, et cinq jours après Uvira est pris par les rebelles ou par le Rwanda. Il y a guerre, et nous avez cédé, nous avons perdu Uvira, le dernier verrou vers le Katanga. Quelle humiliation! Je manque de mots. Le Rwanda constitue vraiment un poignard dans notre dos. A l'allure où évoluent les choses, le pire est à craindre. Si le Katanga est pris, mais ce sera une véritable hécatombe.
J’ai reçu ce 10 décembre un message de Maman Solange, une compatriote médecin, je la cite: "J'ai des collègues médecins là bas qui disent qu'ils ne peuvent plus compter les morts... (sic)" un véritable carnage a eu lieu à Uvira. Nul ne saura jamais le nombre des victimes. Tout ça pour le pouvoir, l'argent et les richesses minérales. La vie des Congolais ne compte pas; ne comptent que leurs intérêts. Quelle horreur! C'est aussi dans ce sens qu’il faudrait comprendre les termes de l'accord. Money Money Money. Rien de plus. Je suis radical: la piste de l'accord n’est pas la solution. Il aurait fallu fermer la frontière entre les deux pays belligérants. L’ennemi ne partira jamais si ce n'est par la force des armes.
9 déc. 2025
Discours sur l’état de la nation
6 déc. 2025
Des questions non résolues
Je ne suis pas un prophète de malheurs, mais un critique, un observateur de la réalité du monde. La politique constitue pour moi un sujet de prédilection parce qu’elle m'offre de riches et précieuses pistes de réflexions. Je note plusieurs points.
1. Plus ça change, plus c'est la même chose. Le Washington Accord vient de plus s'ajouter à d’autres. La seule différence c’est l'implication personnelle de Ronald Trump dans les pourparlers. L'intérêt américain est géostratégique. Il faut barrer les progrès chinois dans leur expansion et l’accès au minerais congolais, contrôler et assurer leur hégémonie sur le commerce des énergies du futur. Le Rwanda et les pays voisins leur servent de relais. Cet accord leur permet de "damer les pions" aux autres puissances économiques et de se joindre au Qatar pour le partage de la manne des matières premières congolaises.
2. Plus ça change, plus c’est la même chose. Pour embellir le décor, il faudra pacifier la région sans réellement mettre fin à la guerre. Brassage des armées et intégration des rebelles rwandais dans les FARDC, transformation des groupes rebelles en partis politiques, sont des bases sûres pour la main mise sur la politique congolaise. Il y aura dans l'armée, la police, la sécurité, les renseignements, les banques, les mines, des Rwandais à des positions sensibles et vitales de l’état congolais. Ce n’est pas nouveau. L’infiltration intégrale des institutions congolaises est désormais soutenue par la communauté internationale.
3. Pourquoi RDC pour peu qu’on sache n’a-t-elle jamais fermé ses frontières avec le Rwanda tout en prétendant défendre son intégrité territoriale? Pourquoi n’a-t-elle jamais officiellement déclaré la guerre au Rwanda? Pourquoi l'accord de paix se signe-t-il entre la RDC et le Rwanda alors que ce pays a toujours nié sa présence au Congo? La neutralisation conjointe des groupes rebelles aura lieu sur le territoire congolais sans que les FARDC entrent au Rwanda. Il n’y a pas de réciprocité dans ce deal signé en conformité avec la rhétorique rwandaise qui justifie la déstabilisation de l’Est de la RDC.
4. Il faudrait toutefois féliciter le président Tshisekedi pour ce succès diplomatique et historique. Son prédécesseur n’a jamais vraiment réussi à montrer à la face du monde la duplicité rwandaise dans la tragédie qui a lieu à l’Est depuis trois décennies. Par la voix du président Trump, la communauté internationale a reconnu les millions des morts congolais tués par le Rwanda. Vigilance s’impose. Au lieu de déstabiliser la RDC, les Rwandais n’ont qu’a rester chez eux, signer des relations économiques propres avec la RDC, et construire leur pays avec leurs mille collines. Tuer froidement des millions de Congolais afin de s’accaparer de leurs terres et ressources minières relève d’un exécrable cynisme. Désormais les atrocités (violences, déplacements, viols, massacres) subies par les Congolais sont connues du monde entier.
5. Les jours à venir seront décisifs. L'accord a été signé, mais la paix ́n’est pas encore acquise. Il va sans dire que l’alliance AFC/M23 ne se laissera pas faire, ne cédera pas aux pressions extérieures et posera des conditions. Leur parrain Kagame en a déjà donné le ton. C’est sur le terrain à Bunagana, Minembwe, Goma, Walikale et Bukavu que tout se joue. Je n’y croirai que quand Kinshasa reprendra la gestion effective de cette partie occupée de l’Est. On parle d’une administration conjointe de ces territoires, pourquoi pas d’une annexion déguisée au Tutsiland. Tout est possible. La vraie solution à ce problème, a été et demeure la récupération par la guerre. Point barre.
5 déc. 2025
La RDC et le Rwanda ont signé la paix
Washington DC, 4 décembre 2025: DRC and Rwanda signed Peace Deal. J’ai suivi avec attention et intérêt la signature de l'accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous les auspices du président américain Donald Trump. Des discours ont été prononcés, exaltant le leadership pragmatique de Mr Trump dans ce décor tout acquis à sa cause. Il y avait satisfaction en général malgré des signes de tension perceptibles sur certains visages. Une page historique s'écrivait sous nos yeux. Je ne suis pas un analyste politique mais littéraire. Comme pour dire que mes observations n'engagent que le critique de signes oraux ou textuels que je prétends être.
J’ai trouvé le discours du président americain, maître des lieux, optimiste, clair et simple. Dans son style qui lui est propre, il a reconnu l'impact des accords antérieurs signés à Luanda, à Nairobi, à Doha, pour souligner l’importance de celui de Washington. En présence des présidents et des représentants de plusieurs pays africains - excluant l’Afrique du Sud - Trump a officiellement reconnu les dix millions des morts tués au cours de dernières décennies dans l’Est de la RDC sans pour autant condamner l'agresseur. Il a même affirmé que les deux "amazing leaders" en guerre s'estimaient mutuellement.
Au-delà du désarmement des groupes rebelles, du retour des déplacés, de la pacification de région, le vrai deal était économique. Désormais les ressources minières congolaises sont mises à la disposition des intérêts financiers américains, qatari, rwandais et des grosses multinationales. Seule condition du retour à la paix. Le président angolais a dans son mot en portugais évoqué l'intérêt de son pays pour l’électrité du barrage d’Inga. De beaux discours ouvrant une ère nouvelle de prospérité économique et de décollage pour la région des Grands Lacs.
Win-win Deal? Diplomatique, politique et financier sans aucun doute sur papier. La RDC a fait trop de concessions, à mon avis. Le Rwanda a obtenu ce qu’il a toujours cherché: l'exploitation des ressources minières de l’Est de la RDC. Obtiendra-t-il aussi le territoire? Le discours du président congolais m’a paru très diplomatique, prudent et modéré. Quoiqu'il ait enjoint le Rwanda de respecter les clauses de l'accord, il a joué, avec raison, la carte de la négociation pacifique. Dans toutes les interventions, je n’ai entendu aucune condamnation explicite des agresseurs. Ce n’était peut-être pas le lieu ni le temps de dénoncer le mal. Tout le monde était d’accord, il n'y a pas eu de mémorable "nous avons connu". Les milliards de dollars à obtenir de la manne minière congolaise ont calmé les esprits des uns et des autres. Les intérêts économiques et financiers sont trop immenses pour laisser la RDC bénéficier seule de son pactole naturel et minier. Et Trump, en bon entrepreneur et investisseur, a saisi la balle au point: "Everybody is going to make a lot of money". Money, money, money !
En attendant que le Rwanda retire ses troupes de Bunagana, Goma ou Bukavu, le chemin reste encore long. Kagame a mentionné l'implication de l’Union Africaine pour assurer la mise en application de ce Washington Accord. Congolaises et Congolais, disons-le nous, sans voiler nos faces, nous avons gagné la paix au prix de nos ressources. Et quelle paix? Des discours politiques ont été prononcés, un accord de paix a été signé dans un cadre américain exceptionnel, mais il a manqué une pièce maîtresse à cette kermesse: la population congolaise de l’Est victime des massacres, des pillages, des déplacements massifs, des tortures et viols. Les sans-voix. Et leur voix n’a pas été entendue. Je pourrais pousser la réflexion plus loin, mais je m'arrête là.
Le Rwanda a toujours soutenu qu’il n’y avait aucun soldat rwandais sur le territoire congolais, pourquoi n’a-t-on vu aucune représentation M23/AFC? Réponse simple: leur parrain était là. Que va-t-il se passer concrètement sur le terrain? Les parties engagées sont-elles sincères. Dans des cas pareils la sincerité ne compte pas, seuls comptent les intérêts. Les Américains seront sans aucun doute les plus grands bénéficiaires de cet accord, car les grandes sociétés multinationales auront désormais accès à l'extraction et à l'exploitation des minerais stratégiques dont regorge le sol congolais. Le sort de la population n'intéresse personne bien qu'il soit primordial. Les négociateurs et les facilitateurs se félicitent de cet accord sans penser à ses conséquences concrètes. Attendons de voir avant d’y croire. Saint Thomas n’avait-il pas mis son doigt dans le côté transpercé du Ressuscité? Le doute critique n'est pas interdit.
Journée historique pour le trio Trump, Kagame et Tshisekedi. Félicitations aux héros du Washington Accord ! It is all about money. Le vrai accord se joue au Nord et au Sud Kivu. Triomphe de la ruse au détriment de l'honnêteté naïve? Paix des braves ou des dupes? Il serait intéressant d'observer comment la population de l’Est réagit face à cet accord, comment les recommandations seront appliquées. Il est encore trop tôt pour le savoir.
4 déc. 2025
3.12.2025: Ibangu et Mukawa @19
3 décembre 2006-25: 19 ans de vie. Conformément à leur voeu d'éviter une fête grandiose comme c’était le cas pour leurs 18e anniversaire, nous avons opté pour la sobriété pour commémorer cet événement important. Une nouvelle page de vie s’est tournée. Nous nous sommes limités à aller au Restaurant Bubbas à Hastings, Christ Church. Belle fête, discrète et intime. Belle réunion familiale dans ma stricte simplicité des Mabana.
Comment un père fête les 19 ans de ses jumeaux? Je remonte à une question que l’a posée mon fils: "Papa, qu'as-tu fait le jour de tes 19 ans" "Rien", ai-je répondu sans hésiter. J’etais au grand séminaire de Mayidi en 1ere année de philosophie. Une année de transition qui s’est révélée très difficile pour moi. J’avais perdu mes repères, je ne me voyais pas retourner à Mayidi; je m'ennuyais à mourir. J'écrivais des poèmes à mes heures perdues. Les cours de philosophie des pères jésuites Dirven, Mortieaux et Van Iseghem mettaient beaucoup de doutes dans mon esprit. Je crois que je traversais une crise d'adolescence. Le matin du 29 avril, je pris conscience de l’existence de Ste Catherine de Sienne honorée ce jour-là. Le père recteur De Cock se montra très gentil à mon égard. Le soir. on partagea quelques bières avec des amis au forum. A l’époque on ne chantait pas le Happy Birthday que je découvrirais une année plus tard, exécutée par Mambu.
Aujourd'hui j’ai pensé particulièrement et intensément à mes enfants jumeaux. Ce dimanche-là, je fus appelé par Dr Jennings Daddy pour la première. Je découvris les deux enfants excortés par deux infirmières du théâtre de chirurgie vers l'unité des soins intensifs où ils furent mis dans deux couveuses. Je n’ai jamais oublié cet instant magique. Mes sentiments étaient partagés : j’étais préoccupé de l’état de leur mère pendant que je me réjouissais de voir les enfants. Ibangu se portait bien, tandis que Mukawa était fragile, sous observation. Le rêve étant devenu réalité, les images d’échographies étant changé en corps palpables, je pris conscience de la gravité et du poids d’être père. Le prêtre que j’avais été dans mon esprit, acceptait enfin sa charge sociale de paternité biologique. Les enfants.erzient là, devant moi. Leurs traits étaient encore indistinctement. La fillette teint clair ressemblait à ma soeur Trinité et le garçonnet à mon frère Nicolas. Je n’avais pas revu le Dr Laffont qui s'était acquitté très professionnellement de ses responsabilités. Les nouveaux-nés une fois installés au service de réanimation, on me demanda de sortir. Aujourd’hui, 19 ans plus tard, chacun a son propre visage, sa propre personnalité, sa propre vie. Que le Seigneur les accompagne de sa bonté merveilleuse.
C’est l’occasion de rendre un vibrant hommage à Mama Mapasa, Clavère Mosimi Abuka. Quelle force de caractère ! Quel sens de sacrifice et d'entière disponibilité ! Elle s’est donnée corps et âme aux soins de ses enfants, avec une énergie que je ne lui connaissais pas auparavant. Alors que nous passions des nuits blanches au rythme des pleurs des jumeaux qui souvent s’alternaient et se relayaent, elle trouvait d’on ne sait où la puissance physique et psychique pour les calmer, les nourrir et les couvrir de sa tendresse maternelle. Alors que je me sentais épuisé, elle continuait de s'occuper de leurs caprices comme si de rien n'était. Ça ça m’a impressionné au plus haut point jusqu'à changer une conception fondamentale dans ma tête. A la question de savoir qui de l’homme et de la femme est le plus fort, le plus résilient et le plus efficace vis-à-vis des enfants, ma réponse est claire: c’est la femme. La femme est prête à affronter n'importe quel danger pour sauver la vie de son enfant. J’en ai fait l’expérience avec la présence des enfants dans ma vie. Honneur et gratitude envers toutes les mamans de la terre.
Joyeux anniversaire à Madeleine Chrystelle et Claver. Paix, santé, amour, persévérance, succès et bonheur à eux. Que ́’Eternel soit leur guide et consolateur.
3 déc. 2025
Joyeux anniversaire Ibangu et Mukawa
Aujourd'hui Madeleine Chrystelle et Claver Jr Mabana célèbrent leur 19e anniversaire de naissance. Qu’ils vivent dans la paix et la joie. Ci dessous quelques vœux
Maman Légionnaire: "Je profite pour souhaiter un très joyeux anniversaire à Mukawa et Ibangu. Que Dieu les bénisse abondamment. Qu'ils grandissent dans la crainte de Dieu, que Dieu pourvoie à tous leurs besoins, et qu'Il voud bénisse vous leurs chèrs parents."
1 déc. 2025
Détournement comme mode de vie
Tout le monde détourne chez nous. A tous les niveaux. Les détournements des fonds publics sont devenus monnaie courante, à tel point que plus personne n’est surpris de les apprendre. Pendant que d’autres s'attellent à améliorer la qualité et le rendement de leurs activités professionnelles, la préoccupation des leaders de chez nous consiste à chercher des moyens pour détourner les deniers publics. Et en principe tout ce qui mène au détournement est bon. Tout est motif de détournement. Par exemple la guerre de l’Est de la RDC enrichit des généraux qui vendent les armes de la république à l’ennemi, privent les soldats de leurs salaires, exploitent des carrés miniers, trahissent la patrie contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Chacun détourne au poste qu’il occupe.
C’est un véritable mode de vie. Et nul ou presque ne déroge à ce défaut. Des fidèles sont engagés à des postes stratégiques afin de couvrir les malversations de leurs protecteurs ou commanditaires. Des gens jadis réputés intègres et incorruptibles se sont révélés être à la fin des corrompus sans scrupule ni vergogne. C'est hélas la réalité de la vie chez nous. Ceux-là mêmes à qui a été confiée la charge de combattre et d'éradiquer la corruption ont fini pour utiliser le système à leur profit personnel. Il y a des pratiques très simples devenues ordinaires et habituelles qui relèvent de la corruption. Aucun contrôle ne réussira jamais, dans ces conditions, à changer la mentalité en vigueur. Le détourneur est vénéré, honoré et récompensé au lieu d'être blamé et honni.
Avec l'argent détourné, on paie sa libération au cas où on serait arrêté. Avec l'argent détourné, on peut sortir avec gardes et geoliers hors du pays, faire l'opposition et revenir ministre ou président directeur général d'une société de l'état. Cela s'est vu, se voit et se verra encore sur la terre des hommes. La malhonnêteté, comme le pillage des ressources naturelles et minières du pays, ne dérange plus personne: c'est une vertu cardinale. Les villes sont sales, mais l’argent alloué à l'assainissement urbain disparaît impunément dans les poches des barons du régime. La propreté de la ville devient un fond de commerce, un slogan au lieu d’être appliquée effectivement. Dans un pays où les repères moraux n'existent plus, il est normal qu'on en vienne à se demander si la justice existe pour tous, au vu des personnalités intouchables exemptées de toute responsabilité pour les crimes qu'elles commettent. L'énormité des sommes détournées démontre un laisser-aller et une impunité qui dépasse tout entendement.
Le pays donne l'impression d'être tout sauf l'état de droit hautement proclamé par les autorités, à moins de leur accorder le bénéfice du doute en changeant les paradigmes de considération. C'est certes un cheminement vers l'état de droit, mais qu'un long chemin reste encore à parcourir. Comment sévir contre les détournemement des fonds publics lorsque la justice du pays ne sévit pas sévèrement et unilatéralement contre tous les "détourneurs". Ne perdons pas l'espoir.
