16 déc. 2025

Comment vivre?

Dans son recueil de poèmes intitulé Le mauvais sang, Tchicaya U Tam'Si avait posé cette question fondamentale concernant le comment vivre. C'est dans ce contexte qu'il sied de situer son expression du mauvais sang. Le poète congolais s'est inspiré d'Arthur Rimbaud chez qui il a puisé la notion du nègre, du mauvais nègre maudit et banni de l’humanité.  On dirait qu'un destin de damnation colle à la peau du poète.  Comment vivre dans ces conditions avec ce poids sur la conscience? La vie de Tchicaya ressemble quelque part à celle de Rimbaud, mais tel n'est pas mon propos. 

Cette référence me ramène au quotidien. J'ai forgé ma conception des choses sur des principes simples selon lesquels je fonctionne. Je ne crois pas à la sorcellerie mais à la raison, a l'action réelle. Je ne crois pas au destin mais à la providence divine. Le destin ne me frappe pas.  Malade, je vais à l'hôpital sans hésiter. Dépourvu de moyens, je renonce à acheter et j'oublie même mes désirs. Bloqué dans mes pensées, je sollicite conseil et assistance auprès des sages. Des fois, et même souvent, je me sens fort et n'ai besoin de personne pour m'aider. 

Hier, une religieuse de mes amis était hésitante si elle devait aller rendre visite à son frère pendant ces vacances de Noël. Ses frangins estimant que la femme de ce frère n'est pas accueillante. lui ont déconseillé d'y aller. Pour tout conseil, je lui ai dit de suivre sa conscience en toute liberté. Rien, nul ne pourrait l'empêcher de voir son frère si elle le désire. Period. Il ne faut pas vivre la vie d'autrui, mais la sienne propre. Ça me rappelle Albert Einstein: "Je ne peux rien faire contre ma conscience". Est-ce de l'arrogance ou de la responsabilité? Personnellement, je tranche cette question de façon antithétique et radicale. 

Ainsi en est-il des relations humaines. Elles évoluent avec le temps. Le temps en est la vraie épreuve. Des personnes croisées amies sont devenues vingt années plus tard des ennemis jurés, incapables de se revoir ou se supporter.  Des familles solidement ancrées dans la tradition se sont disloquées comme des chateaux de pailles. Des couples, des fraernités ou sororités, des associations, des sociétés, ont volé en éclats sans laisser des résidus, érodés par l'emprise du temps. Rien ne résiste à l'érosion du temps. Comment vivre? Le temps constitue le vrai défi de l'existence individuelle. Et la conscience le fil conducteur pour le traverser. Il faudrait laisser le temps au temps. Il ne faudrait surtout pas passer à côté de l'essentiel: la vie. 

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire