6 déc. 2025

Des questions non résolues

Je ne suis pas un prophète de malheurs, mais un critique, un observateur de la réalité du monde. La politique constitue pour moi un sujet de prédilection parce qu’elle m'offre de riches et précieuses pistes de réflexions. Je note plusieurs points. 

1. Plus ça change, plus c'est la même chose. Le Washington Accord vient de plus s'ajouter à d’autres. La seule différence c’est l'implication personnelle de Ronald Trump dans les pourparlers. L'intérêt américain est géostratégique. Il faut barrer les progrès chinois dans leur expansion et l’accès au minerais congolais, contrôler  et assurer leur hégémonie sur le commerce des énergies du futur. Le Rwanda et les pays voisins leur servent de relais. Cet accord leur permet de "damer les pions" aux autres puissances économiques et de se joindre au Qatar pour le partage de la manne des matières premières congolaises. 

2. Plus ça change, plus c’est la même chose. Pour embellir le décor, il faudra pacifier la région sans réellement mettre fin à la guerre. Brassage des armées et intégration des rebelles rwandais dans les FARDC, transformation des groupes rebelles en partis politiques, sont des bases sûres pour la main mise sur la politique congolaise. Il y aura dans l'armée, la police, la sécurité, les renseignements, les banques, les mines, des Rwandais à des positions sensibles et vitales de l’état congolais. Ce n’est pas nouveau. L’infiltration intégrale des institutions congolaises est désormais soutenue par la communauté internationale. 

3. Pourquoi RDC pour peu qu’on sache n’a-t-elle jamais fermé ses frontières avec le Rwanda tout en prétendant défendre son intégrité territoriale? Pourquoi n’a-t-elle jamais officiellement déclaré la guerre au Rwanda? Pourquoi l'accord de paix se signe-t-il entre la RDC et le Rwanda alors que ce pays a toujours nié sa présence au Congo? La neutralisation conjointe des groupes rebelles aura lieu sur le territoire congolais sans que les FARDC entrent au Rwanda. Il n’y a pas de réciprocité dans ce deal signé en conformité avec la rhétorique rwandaise qui justifie la déstabilisation de l’Est de la RDC.  

4. Il faudrait toutefois féliciter le président Tshisekedi pour ce succès diplomatique et historique. Son prédécesseur n’a jamais vraiment réussi à montrer à la face du monde la duplicité rwandaise dans la tragédie qui a lieu à l’Est depuis trois décennies. Par la voix du président Trump, la communauté internationale a reconnu les millions des morts congolais tués par le Rwanda. Vigilance s’impose. Au lieu de déstabiliser la RDC, les Rwandais n’ont qu’a rester chez eux, signer des relations économiques propres avec la RDC, et construire leur pays avec leurs mille collines. Tuer froidement des millions de Congolais afin de s’accaparer de leurs terres et ressources minières relève d’un exécrable cynisme. Désormais les atrocités (violences, déplacements, viols, massacres) subies par les Congolais sont connues du monde entier. 

5. Les jours à venir seront décisifs. L'accord a été signé, mais la paix ́n’est pas encore acquise. Il va sans dire que l’alliance AFC/M23 ne se laissera pas faire, ne cédera pas aux pressions extérieures et posera des conditions. Leur parrain Kagame en a déjà donné le ton. C’est sur le terrain à Bunagana, Minembwe, Goma, Walikale et Bukavu que tout se joue. Je n’y croirai que quand Kinshasa reprendra la gestion effective de cette partie occupée de l’Est. On parle d’une administration conjointe de ces territoires, pourquoi pas d’une annexion déguisée au Tutsiland. Tout est possible. La vraie solution à ce problème, a été et demeure la récupération par la guerre. Point barre. 


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