3 décembre 2006-25: 19 ans de vie. Conformément à leur voeu d'éviter une fête grandiose comme c’était le cas pour leurs 18e anniversaire, nous avons opté pour la sobriété pour commémorer cet événement important. Une nouvelle page de vie s’est tournée. Nous nous sommes limités à aller au Restaurant Bubbas à Hastings, Christ Church. Belle fête, discrète et intime. Belle réunion familiale dans ma stricte simplicité des Mabana.
Comment un père fête les 19 ans de ses jumeaux? Je remonte à une question que l’a posée mon fils: "Papa, qu'as-tu fait le jour de tes 19 ans" "Rien", ai-je répondu sans hésiter. J’etais au grand séminaire de Mayidi en 1ere année de philosophie. Une année de transition qui s’est révélée très difficile pour moi. J’avais perdu mes repères, je ne me voyais pas retourner à Mayidi; je m'ennuyais à mourir. J'écrivais des poèmes à mes heures perdues. Les cours de philosophie des pères jésuites Dirven, Mortieaux et Van Iseghem mettaient beaucoup de doutes dans mon esprit. Je crois que je traversais une crise d'adolescence. Le matin du 29 avril, je pris conscience de l’existence de Ste Catherine de Sienne honorée ce jour-là. Le père recteur De Cock se montra très gentil à mon égard. Le soir. on partagea quelques bières avec des amis au forum. A l’époque on ne chantait pas le Happy Birthday que je découvrirais une année plus tard, exécutée par Mambu.
Aujourd'hui j’ai pensé particulièrement et intensément à mes enfants jumeaux. Ce dimanche-là, je fus appelé par Dr Jennings Daddy pour la première. Je découvris les deux enfants excortés par deux infirmières du théâtre de chirurgie vers l'unité des soins intensifs où ils furent mis dans deux couveuses. Je n’ai jamais oublié cet instant magique. Mes sentiments étaient partagés : j’étais préoccupé de l’état de leur mère pendant que je me réjouissais de voir les enfants. Ibangu se portait bien, tandis que Mukawa était fragile, sous observation. Le rêve étant devenu réalité, les images d’échographies étant changé en corps palpables, je pris conscience de la gravité et du poids d’être père. Le prêtre que j’avais été dans mon esprit, acceptait enfin sa charge sociale de paternité biologique. Les enfants.erzient là, devant moi. Leurs traits étaient encore indistinctement. La fillette teint clair ressemblait à ma soeur Trinité et le garçonnet à mon frère Nicolas. Je n’avais pas revu le Dr Laffont qui s'était acquitté très professionnellement de ses responsabilités. Les nouveaux-nés une fois installés au service de réanimation, on me demanda de sortir. Aujourd’hui, 19 ans plus tard, chacun a son propre visage, sa propre personnalité, sa propre vie. Que le Seigneur les accompagne de sa bonté merveilleuse.
C’est l’occasion de rendre un vibrant hommage à Mama Mapasa, Clavère Mosimi Abuka. Quelle force de caractère ! Quel sens de sacrifice et d'entière disponibilité ! Elle s’est donnée corps et âme aux soins de ses enfants, avec une énergie que je ne lui connaissais pas auparavant. Alors que nous passions des nuits blanches au rythme des pleurs des jumeaux qui souvent s’alternaient et se relayaent, elle trouvait d’on ne sait où la puissance physique et psychique pour les calmer, les nourrir et les couvrir de sa tendresse maternelle. Alors que je me sentais épuisé, elle continuait de s'occuper de leurs caprices comme si de rien n'était. Ça ça m’a impressionné au plus haut point jusqu'à changer une conception fondamentale dans ma tête. A la question de savoir qui de l’homme et de la femme est le plus fort, le plus résilient et le plus efficace vis-à-vis des enfants, ma réponse est claire: c’est la femme. La femme est prête à affronter n'importe quel danger pour sauver la vie de son enfant. J’en ai fait l’expérience avec la présence des enfants dans ma vie. Honneur et gratitude envers toutes les mamans de la terre.
Joyeux anniversaire à Madeleine Chrystelle et Claver. Paix, santé, amour, persévérance, succès et bonheur à eux. Que ́’Eternel soit leur guide et consolateur.
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