25 oct. 2025

Veuve et accusée de crime 2

La mort d’un mari donne souvent lieu à des troubles incommensurables à l’épouse du défunt. Les commentaires vont dans tous les sens, bons et mauvais selon que l’on appartient au groupe du mari ou à celui de l’épouse. Et au sujet de ma nièce, j’en ai entendu tellement que je ne saurais où donner de la tête. Tous les défauts de la veuve sont révélés au grand jour, mêlés à des pertes d'argent. Il se trouve que le défunt aurait laissé des dettes à la suite d’un parrainage bancaire qui aurait mal tourné jusqu'à hypothéquer sa maison. Ce qui en partie aurait provoqué l’accident cardiovasculaire fatal. Et d’autres inepties difficiles à soutenir ont été  évoquées. Réfléchissons-y froidement. 

S’il y a eu empoisonnement et vol d’argent, que la justice les établisse et tranche en toute objectivité. Un conflit entre les deux partenaires  aurait pu se terminer par une réconciliation ou un divorce, plutôt que par un crime fatal.  Si c’est au niveau de la sorcellerie, ce dont je doute fort, que la sagesse traditionnelle prévale. Je ne crois pas au miracle dans un conflit de ce genre. Les hommes sont méchants de nature. Dans une situation comme celle-ci,  ce sont les enfants dont l’aîné a 12 ou 13 ans, qui en pâtissent. C’est la veuve accusée, dont l’honneur est sali, qui est meurtrie. L’intérêt des victimes n’intéresse personne. Comment tourner cette douloureuse page et continuer de vivre? Tel est le problème qu’affrontent actuellement la veuve et ses enfants. Ils sont seuls. La douleur due à la perte d’un être cher se porte seule. Elle n’est jamais transférable. Les autres en réalité ne sont finalement que des embrouilleurs, comme disent les Congolais. Parlons-en avec modération.

Dans le cas inverse, où ce serait la mort de la femme, la famille de cette dernière aurait privilégié un sacrifice d’initié aux loges qui pullulent au pays. D’une façon où d’une autre, le partenaire sera aussi soupçonné d’en savoir plus que ce qui se voit ou se dit. Il est temps que nous nous débarrassions de certaines coutumes rétrogrades qui minent nos vies. Une catharsis s’impose. Que l'appât immédiat des gains n’étouffe pas nos esprits.  Justice et bon sens!


24 oct. 2025

Veuve et accusée de crime

Un phénomène m'intrigue depuis plusieurs années, qui se répète pratiquement à chaque  décès. Hier encore cela s'est répété.  Ma nièce a perdu son mari, qui la laisse avec quatre enfants. Le cynisme de sa belle-famille les amène à l'accuser d'avoir tué son mari; raison pour laquelle ils ont refusé de la "purifier" comme le veut la tradition. Et les gens admettent cela sans se poser des questions. Que gagne-t-elle à tuer son mari et père de ses enfants? Comment va-t-elle vivre seule avec ses enfants? Qui les élevera, les nourrira, les vêtira, leur payera l'école? Ses accusateurs aveuglés par le matérialisme ne voient que les biens et l'argent qu'il aurait laissés. Quelle est la valeur de ces biens et à combien s'élève cet argent, qui justifieraient que la femme tue son mari? La belle-famille oublie que la veuve est la plus malheureuse et la perdante à la suite de ce décès. C'est elle qui va trimer et subir toute sa vie durant le poids réel de cette tragédie.
Ce cas n'est pas isolé.  Nos familles - africaines ou congolaises - ont l'habitude de soupçonner la femme à chaque décès de mari. La violence et l'agressivité vont souvent au-delà du permis et de la tolérance. La femme est souvent persécutée, vilipendée, dépossédée de tout. Les traditions, derriere lesquelles nous nous cachons pour justifier ces excentricités, ne sont jamais rigoureusement appliquées, tellement elles sont détournées de leur fonction de justice et de régulation sociales. Elles sont devenues obsoletes et caduques. Pour "purifier" la veuve, tout prêtre ou pasteur peut procéder à la cérémonie. Que les imposteurs ne s'imposent pas et que soient défendus les droits de la femme et des enfants. C'est le cas de le dire, le monde est méchant. Comprenne qui pourra. 

Mgr Dieudonné M’Sanda: 24 ans déjà

24 octobre 2001-25, voilà 24 ans depuis que Mgr Dieudonné M’Sanda Tsinda Hata est décédé à St Luc, Bruxelles. Que son âme repose éternellement en paix! Que dire de nouveau que je n’ai pas encore raconté au sujet de cet homme de Dieu?

Je ne cesserai jamais d'affirmer mon attachement à Mgr M’Sanda et de reconnaître son influence directe dans ma vie. J’ai osé, il y a quelques jours, rechercher sur AI des informations sur nos deux personnages. J'étais surpris par ce que j'ai trouvé. Le fait que j'ai publié ä son sujet plusieurs entrées directes et indirectes dans ce blog prouve la solidité de ma gratitude envers l'ancien évêque de Kenge.  Au-delà des tumultes qui ont marqué nos parcours personnels, je dois avouer que le lien essentiel qui nous soudait est demeuré inamovible. C'est cela qui compte pour moi. 

J'ai connu l'homme, le vrai. J'ai connu l'enseignant et le formateur  des séminaristes. J'ai connu aussi le canoniste, rigoureux prêtre et évêque. Peut-être autant si pas mieux que beaucoup qui prétendent l'avoir connu, aimé ou détesté. J'ai subi ses humeurs.  Pour avoir été son secrétaire de septembre 82 à septembre 87, j'ai eu un privilège énorme d'assister et de collaborer à certaines de ses grandes réalisations. Par dessus-tout, il m'a appris à travailler. A travailler dur. Je disais hier à Séraphin que je pouvais expliquer ses actes et anticiper ses réactions sans risque de me tromper. Je crois avoir connu l'homme. Derrière la face intransigeante de l'autorité se percevaient les signes d'une bonté et d'une générosité surprenantes. Un peu d'humilité diantre!

Dans une année se commémoreront les 25 ans de la mort de Mgr Dieudonné M'Sanda. Le diocèse de Kenge a prévu, en collaboration avec la Fraternité des Sœurs de Marie Reine de la Paix, d'organiser quelques activités religieuses et culturelles en son honneur. Un comité y travaille. S'il plait à Dieu, je ne manquerai pas d'y apporter ma contribution et mon humble témoignage. Que son âme repose en paix! 


19 oct. 2025

Jubilé Sr Angélique Kayolo


Ath, 19 octobre 2025. Ce dimanche trois Soeurs salésiennes de la visitation ont fêté leur jubilé d'argent de profession perpétuelle, soit 25 ans de vie religieuse. Il s'agit des soeurs Bernardine May, Angélique Kayolo et Marthe Kapumba. Félicitations aux soeurs, bénédictions et grâces divines abondantes pour leur engagement au service total de Dieu et de l'église, en conformité avec le charisme des Soeurs salésiennes de la Visitation. Je n'ai pas (encore) reçu des détails en dehors d'une conversation que j'ai eue jeudi 16 octobre avec Rita, qui préparait depuis Paris des brochettes pour l'occasion. Je balancerai quelques photos de la cérémonnie ou de la fête dès que je les obtiendrai. Voici ce que j'ai écrit à ma soeur, Sr Angélique:

CM: "Proficiat ma soeur Angélique pour ton jubilé. Toutes mes félicitations pour les merveilles que le Seigneur accomplit chaque jour dans ta vie. Paix, joie, santé et persévérance ! Ici à la Barbade, nous avons spécialement prié pour toi à la messe dominicale de St Francis. Que la lumière divine continue de briller dans ta vie de consacrée. Amen."

18 oct. 2025

Quelques photos des 40 ans A. Mundele

 













40 ans: Abbé Albert Mundele

 Kenge, 18 octobre 2025. L'abbé Prof. Albert Mundele Ngeni a fêté ses 40 ans de sacerdoce en la cathédrale Mwense Anwarite à Kenge. La messe a été célébrée par Mgr Jean-Pierre Kwambamba, évêque de Kenge. Félicitations cher ami et frère Albert! Proficiat!


Comme je l'ai déclaré dans mon article en son honneur, paru dans les mélanges en son honneur, l'abbé Albert est un habitué de ce blog. C'est un proche qui fait partie de mon cercle fermé d'amis. Nous tenons une relation d'appréciation et de respect mutuels. Tout en lui souhaitant un heureux anniversaire sacerdotal et un fructueux ministère, je prie le Seigneur pour qu'il lui accorde la paix, la joie, la santé et la persévérance au service de l'église peuple de Dieu. 
Ordonné prêtre le 6 octobre 1985 à Kenge par Mgr Dieudonné M'Sanda, l'abbé Albert est docteur en écriture sainte de l'Université Ludwig Maximilian de Munich, après une licence au Biblicum de Rome. Exégète chevronné, ce prêtre a été secrétaire chancelier de l'évêque de Kenge et recteur du grand séminaire St Cyprien de Kikwit. Il a exercé son ministère essentiellement dans l'enseignement, la formation des futurs prêtres aux petits et grands séminaires, à Matari, Katende, Kikwit, Kinshasa. Depuis plus de vingt ans, il travaille à l'Université Catholique de Nairobi où il assure les cours d'exégèse biblique et d'herméneutique. Le littéraire que je suis et l'exégète qu'il est partageons le même intérêt pour la lecture et l'interprétation des textes. 
Permettez que je reprenne les mots que je lui écrivis il y a quinze ans: 

"Albert, sois sûr d'une chose: ma petite société civile ,comme tu l'appelles, a été et est en union de coeur et de prières avec toi, en ces jours mémorables.
Meilleurs voeux et félicitations, cher frère et ami! Mbote mingi kuna na Nairobi. Puisse le Seigneur t'accompagner dans la vie et te garder, Melchisedeck, à jamais à son service. "

Notre pays est surprenant

La RDC, il faut le reconnaître honnêtement est un pays surprenant. Je ne pense pas au monde politique qui n’inspire aucune confiance, mais au social et à la justice. La pauvreté s’accroît, la criminalité et l’insécurité prennent une extension effroyable. Des choses jamais vues s’y passent chaque jour. 

Depuis des décennies, j’étais surpris par le nombre d’églises du réveil sur chaque rue. Certaines de nos maisons sont devenues des lieux de culte. Je pense à un cousin qui ne s’étant pas entendu avec le pasteur titulaire n’a  ́trouvé bon que de faire de la maison  familiale une église et de son épouse une prophétesse. L’argent qui échappe d’une main est récupéré de l’autre. Et les enfants deviennent leurs collaborateurs et fidèles immédiats. La boucle est bouclée. Trop d’églises, trop de pasteurs, trop d’évangélistes, trop de diaconesses ou prophétesses, de révérends, etc. Et chacun de ces hommes et femmes de Dieu possède ses ouailles, clients ou victimes soumis à l’escroquerie.  Comment une société pourrait-elle fonctionnner dans ce désordre époustouflant?

L’autre phénomène est du domaine de l’économie informelle. Chacun vend. Chacun vend quelque chose. Des tableaux de change sont visibles à tous les cent mètres. Tout le monde ou presque est cambiste. Tout le monde, même l’écolier peut vous dire le taux du dollar. "Eh papa dollar ekiti" Du jamais vu. Aujourd’hui l’argent s’échange à tous les coins de rue. Moi je n’avais jamais vu un billet de dollar avant mes 22 ans de vie. Des francs belges oui, mais pas des dollars. Le métier de cambiste  n’existait pas il y a cinquante ans, du moins je ne le voyais pas. Vers la fin de l’ère Mobutu sont soudain apparus au centre-ville des gens, hommes et femmes, brassant des centaines de billets en pleine rue. Aujourd’hui c’est partout que les devises s’échangent, même dans les villages. Tout se monnaie en dollars. 

Seulement voilà.  Le gouvernement a décidé de réduire le taux du dollar de 2.800  à 2.200 Fc. A la cité  ça descend jusqu'à 1900, voire 1600 Fc. Il aurait largué 50 ou 500 millions de dollars sur le marché pour baisser ce taux. Allez-y voir. Décision brusque, et pas accompagnée dans son application. La spéculation est totale. Oui, j’ai vu un ministre parler d’une diminution du prix d’essence de 300 Fc. Les prix ne baissent pas sur le marché au contraire; la vie devient plus cher. Sur le terrain ce qui se vendait à 10$ ou 28000 fc reste à 28000 fc tandis que les 10 dollars valent maintenant 19 ou 23000 fc. A qui profite cette baisse du taux de dollar ? Du jamais vu. 

Les braquages à main armée. Le cas récent de la RawBank sise Rond-point Victoire illustre la montée de la criminalité urbaine. Des kuluna et des agents de l’ordre armés font irruption dans des ́maisons, pillent argent et biens, violent les filles, tuent les propriétaires sans être inquiétés. Les voisins assistent, impuissants et intimidés. Agents de sécurité le jour, bandits la nuit. L’insécurité est totale dans toutes nos villes. Des taxis dissimulent des tueurs, malheur aux clients qui osent les prendre. Des jeunes gens armés de machettes sillonnent les rues et sèment la panique dans les divers quartiers de nos villes. Des familles entières sont parfois décimées par ces bandits cruels sans scrupules. Sans parler de la rébellion ni des mobondo, il y a quotidiennement des meurtres atroces des citoyens innocents dans nos villes et nos provinces. Trop de sang congolais coule. On dirait qu'il y a intention d'extermination ou d'un nettoyage ethnique qui ne dit pas son nom. La montée du crime est effroyable, les mesures de protection prises par les autorités se révèlent insuffisantes. Des vidéos circulent où des policiers et soldats sont lynchés sans ménagement; des femmes dénudées à poil, des voleurs tués ou brûlés au pneu. Quelle cruauté ?Le peuple se rend justice. De quoi vraiment se demander où le pays va.

Ça ne va pas. L’ordre n’existe pas. Les autorités se la coulent douce lorsque le petit peuple trinque. Insécurité, pauvreté, sous-alimentation ou faim, insalubrité et maladies, tel est le lot de notre peuple. Le pays est pillé, occupé, saigné à blanc; sa population terrorisée, déplacée de force de ses terres natales, ne sait plus à quel Dieu se vouer. Aucune solution immédiate à l'horizon. Sommes-nous vraiment maudits? Au point de ne pas assurer "la justice, la paix et le travail" (notre devise) à tous les citoyens congolais. Oui, c’est surprenant. Je dirais même plus: c’est scandaleux, révoltant.