31 mai 2025

Situation actuelle de la RDC

Fin mai 2025. Depuis la sortie médiatique de Mr Joseph Kabila, l'agitation est devenue totale. Et son arrivée à Goma ressemble au passage historique d'un général romain sous l'arc de triomphe. Cette image est symboliquement significative pour le littéraire que je prétends être. 

Les réseaux sociaux diffusent une quantité incroyable de messages sous des formes écrites, audios et vidéos. Tous ces messages se résument à deux choses: la déchéance de Mr Tshisekedi et la partition de la RDC. Avec un regard rétrospectif, j'estime que les prises de Goma et Bukavu ne sont pas différentes de celle de Bunagana. Les rebelles ont pris ces immenses territoires riches en or, coltan ou casseterite, pour les garder. Et le pouvoir de Kinshasa se révèle impuissant à les récupérer militairement. D'où l'inévitable recours à la négociation diplomatique. Pendant que ces négociations sont en cours à plusieurs niveaux, pendant que les grandes puissances décident de l'avenir de la RDC, l'occasion est propice pour le fin calculateur Joseph Kabila de sortir de sa réserve légendaire et de passer au-devant de la scène politique. Son long silence lui a permis de peaufiner une strategie bien huilée de reconquête du pouvoir. Certains analystes scrutent la nouvelle personnalité de JKK, revisitent son identité et évaluent son projet de retour au pouvoir. Le voilà de nouveau au centre de l'actualité.

Comme le monde s'est habitué à reconnaître en Paul Kagame le faiseur des rois à Kinshasa, JKK a dû recourir à ce rituel obligé. Un dilemme pèse dorénavant sur la RDC: soit le régime Tshisekedi bascule et cède pacifiquement aux conquérants, soit il résiste aux intimidations et marche sur l'ennemi. La question se pose de savoir si ce régime en a les moyens ou la capacité. Le choix serait entre la reddition et la résistance. De l'autre côté de Goma prévaut la rhétorique rwandaise. Soit refaire l'exploit de 1996-97 en conquèrant Kinshasa soit proclamer une autre république autonome en annexant une ou deux autres provinces. Mais l'ambition du M23/AFC de déloger Tshisekedi de Kinshasa est prépondérante. Attendons voir ce que l'histoire nous réserve comme surprise. 

A quoi devons-nous nous attendre? Chacun y va de son analyse. La diplomatie des puissances occidentales opte apparemment pour une solution pacifique. C'est-à-dire conforme à leurs intérêts d'exploitation des immenses ressources minières de la RDC. Sous-entendu, les richesses de la RDC doivent bénéficier à toute la région incluant Ougandais  Rwandais, Burundais. . Dans une moindre mesure Centrafricains, Angolais, Tanzaniens et pourquoi pas Soudanais aussi? Les multinationales auront le monopole et se serviront de ces relais pour assurer leur hégémonie financière sur ces ressources minières. Des sociétés-écrans opèrent déjà en toute liberté dans le Katanga, à l'Equateur, au Kasai, aux Nord et Sud Kivu, cela avec des autorisations signées en bonne et due forme. Même les Kenyans exportent les minerais congolais. A l'insu ou avec la complicité des Congolais? Tout scénario est imagjnable.

La situation paraît très complexe et confuse. Tout le monde se partage ce gâteau aux milles quartiers. Des plans expansionnistes des voisins ougandais, rwandais et burundais ne sont pas à minimiser dans ce processus de pacification régionale. La balkamisation tant décriée s'opère sous nos yeux ahuris et hagards. Dans cet imbroglio géopolitique d'insécurité, la RDC fait le flip flap entre les communautés tantôt d'Afrique centrale, tantôt d'Afrique australe tantôt d'Afrique de l'Est. Le cap change selon les enjeux du temps. Des agendas cachés existent sous couvert des contrats secrets signés au fil du temps avec des sociétés étrangères. Une mosaïque inconnue mais prèvisible de possibilités. Des dessous de cartes très alambiqués et emberlificotés, comme aurait dit Maître Kapsy.  

Le grand absent de ces débats, c'est le petit peuple congolais. Je dis petit parce qu'il n'a pas sa part dans ces commerces politiciens. Personne ne s'en occupe. Personne ne le consulte. Il semble que le souverain primaire ne l'est que sur papier. A l'Ouest le peuple est tenu dans la pauvreté, la maladie, l'insalubrité, l'injustice sociale ou la répartition inégale des richesses. Des députés touchent un salaire mensuel de 33 000 USD face à une population majoritaire qui vit avec moins de 1 USD par jour.  A l'Est, il est envahi par des étrangers qui le chasse de ses terres, le rassemble dans des camps de fortune, lui impose esclavage, viol, torture, oppression. A l'Ouest l'insécurité des Kuluna ou Mobondo, à l'Est l'invasion brutale et meurtrière. La population n'est nulle part en sécutrité en dépit des discours rassurants des leaders politiques. Proclamer l'indivisibilité de la RDC est une chose, la défendre est une autre chose. Même les M23/AFC parlent d'intégrité territoriale. Moralité: ne considérons pas les paroles, mais les faits sur le terrain. Seule réalité.

30 mai 2025

Une autre histoire d’amour

Dans ce monde matérialiste, l’appétit de l’argent et du confort amène à des conséquences inattendues. Le récit ci-dessous, bien que romancé, est réel; je préfère le présenter comme il m’a été relaté.

Une femme, mariée et mère d’un joli garçon, voudrait en savoir plus sur la fortune et les propriétés de son mari qu’elle juge trop discret et silencieux. Son bonheur est handicapé par le silence absolu de son généreux mari qui, pourtant, lui offre tout le confort: maison, voiture, argent, luxe, etc. Mais aucune assurance officielle sur ce qui lui revient à elle ni à l’enfant. Silence absolu du mari qui n’entre jamais en matière et élude toute question dans ce sens. Dans son désarroi, la dame se confie à sa meilleure amie et lui demande de l’aider. Celle-ci la conduit chez un sorcier qui lui remet une poudre blanche spusceptible d’amener son mari à révéler tout ce qu'il lui cache. Il suffit d’ajouter cette poudre à sa nourriture, et les mystères seront dévoilés. 

Dès la première tentative, le mari sent d’intenses douleurs au ventre, puis à la tête, puis aux muscles. Petit à petit la douleur se répand dans toutes les parties du corps. Les visites à de nombreux hôpitaux et centres de santé n’apportent aucune amélioration. Les examens de laboratoire ne révélent aucune anomalie pendant que l’état du malade empire atrocément. Le voilà du coup dans le coma. Avec l’aide de son beau-frère, elle découvre dans le bureau privé du comateux que tous les biens et comptes bancaires sont en son nom et en celui de leur fils. La poudre s’est révélée être un puissant poison. Au de cracher la vérité, l’homme s’est tu à jamais. Ce qui a mis la femme dans tous ses états. A force de vouloir tout savoir, elle a fini par devenir la meurtrière de son mari. Une autre histoire d'amour, un drame!

Moralité: patience, modération  et probité. La boîte de Pandore est irresistible, et souvent criminelle.


28 mai 2025

La sortie médiatique de Mr Joseph Kabila

Personnage très énigmatique, Mr Joseph Kabila reste égal à lui-même. Fin stratège, peu loquace, il sait se taire et choisit à quel moment il peut parler. Son atout principal,  c’est de laisser parler les autres alors qu’il garde un silence de marbre. Tout ce scénario, JKK le maîtrise avec une dextérité presque mécanique. Un être trés constant dans son être et son paraître. Que retenir de sa sortie médiatique ? 
Comme tout le monde, j’ai suivi le discours de Mr Joseph Kabila. Son message était clair: Mr Félix Tshisekedi avec qui il a fait une passation pacifique de pouvoir a plongé la RDC dans un chaos indescriptible. Tous les acquis que son régime de 18 ans a bâtis ont été annihilés par une dictature aveugle et tribale. Militaire, il se donne mission de se battre jusqu'au sacrifice suprême pour sauver la RDC, son pays devenu la risée de tous. Bref, selon lui   c’est aujourd'hui la sombre nuit sur la RDC, alors que son régime avait stabilisé le pays. 
Reconquête du pouvoir depuis Goma. Têtue, l’histoire se répète. Voilà JKK embarqué dans une remise en ordre au Congo, allié au M23/AFC. Revenons à l'historique passation dite pacifique entre un président sortant et un président entrant. Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Félix Antoine Tshisekedi avaient signé un deal que Martin Fayulu dénonce jusqu'à ce jour. La vérité des urnes de 2018 est demeurée un problème. C’est ce deal-là qui est à la base des troubles qui se vivent à l’Est de la RDC. L’avènement brutal de l’USN a eu pour conséquence ĺ’éclatement de la rébellion en RDC. Pourquoi ces élections ont-elles eu lieu en 2018 au lieu d’être tenues en 2016? On a parlé de glissement.
Identification à la mouvance rwandaise. En s’alliant au M23/AFC, JKK défend la thèse des Banyamulenge persécutés et marginalisés en RDC. La population souffre dans l’Est, Kinshasa ne fait rien pour atténuer ces souffrances. Ce qui n’est pas dit, c’est ce qui a provoqué la guerre de 1998-2001. Ce que JKK a mieux compris que quiconque, c’est qu’il a été le vrai bénéficiaire des retombées de la conquête de l’AFDL. Pour preuve à aucun moment, le nom de son père Laurent Désiré Kabila n’a été évoqué dans son discours-plaidoyer pro domo. A moins qu’on l’insère dans l’expression "famille biologique". En plus Mr JKK et Corneille Nangaa posséderaient des carrés miniers. Sa fortune financière ś'élevrait à 15 milliards de dollars. Vrai ou faux? La guerre de l’Est a des  multiples faces géopolitiques et financières en plus de la balkanisation de la RDC. La rhétorique rwandaise prévaut désormais sur tout discours nationaliste congolais.
Déchéance des immunités. Le sénateur à vie s’est vu dépossédé des immunités qui les mettaient à l’abri des poursuites judiciaires pour des actes commis dans ĺ’exercice de ses fonctions présidentielles. Bien informé des méandres du pouvoir de Kinshasa par ses fidèles acolytes présents dans l’armée, la sécurité et les renseignements, JKK a choisi son camp. Militaire, il se bat et se battra jusqu'au sacrifice suprême pour cause nationale congolaise. C’est ma lecture du message de JKK qui a opté pour le combat armé plutôt que le dialogue et la négociation pacifiques. Chasser le dictateur Tshisekedi du palais présidentiel est le but ultime de Joseph Kabila désormais acculé à défendre sa survie politique.  


26 mai 2025

Décidé pour le 5 juin

C"est décidé. L'enterrement de Tatakhetu Mama Charlotte Mayengo Mvundji aura lieu ce 5 juin 2025 à Londres. Le nom du cimetière ne m'est pas encore connu. S'il plait à Dieu, j'y serai et je rendrai hommage à cette grande dame dont la vie modeste mais riche en générosité reste à jamais gravée dans nos coeurs. Les mots me manquent. Que le silence de mon coeur parle.

La vie ne tient qu'à un fil. Un petit rien suffit pour la bousculer complètement. Un instant anodin peut l'annihiler. La mort, synonyme d'absence, finit toujours par tout emporter. Wenda mboti Tatakhetu Mama MaCha. 

O rabbia, o disperato, o vecchiaia nemica


La punition la plus instructive de ma vie. 1970  je suis en 1ere CO au petit séminaire de Kalonda. L'abbé Firmin Kilunga est notre préfet de discipline. Je ne sais plus pour quelle raison. Disons mieux. Pour quelque quelconque raison, je suis prié de sortir d'un cours où je dérange pour m'expliquer auprès du très bouillant Don Firmino d'heureuse mémoire. Ce dernier n'a rien trouvé de mieux que d'ouvrir Le Cid de Corneille à la scène 4 du premier acte, et de me demander de mémoriser la fameuse tirade de Don Diègue:

"O rage, o désespoir, o vieillesse ennemie

N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie"

Etc. Aujourd'hui, 50 ans plus tard, commentant Le Cid à ma fille Ibangu pour son examen de littérature française, je me suis resouvenu de cette punition. Aujourd'hui je me rends compte combien par une attitude prophétique Don Firmino a pavé le socle de ma carrière littéraire et universitaire. En était-il conscient? Je ne saurais l’affirmer avec certitude. 

Le vendredi, passé, j'ai évoqué son nom auprès du poète Nlandu Mamingi, pour montrer son impact sur ma formation intellectuelle et culturelle. En 1ere CO, je savais écrire mon nom en alphabets grec et morse. "Ekai tetrakonta barbaroi", c'est comme cela que ses élèves de 1ere nous traitaient quand nous fûmes en 2eme. Merci Carpe. J'ai déjà évoqué cette punition dans ce blog. 

Ce monologue de Don Diègue dans Le Cid m'a beaucoup inspiré et servi dans ma formation de lecteur critique de poèmes et d'analyste textuel. Je ne savais rien de l'intrigue lorsque le mémorisai. Un autre poème "Ode à Cassandre" me revient aussi souvent à l'esprit. Il remonte à Mr Isaac Mbemba qui m'a appris "Racine De la Bruyère Boileau de Lafontaine Molière" et j'ajoute "Corneille" à cette liste astucieuse des poètes classiques. Cette mnémotechnique, j'y recours souvent dans mes cours de littérature. Imagine la richesse profonde de la mine intellectuelle dont m'ont outillé mes maîtres de Kalonda. Et j'ai étalé de mémoire ces trucs devant ma fille, sceptique et peu impressionnée. La fille conteste les prétendues connaissances de son père, est-ce normal? J'aurais au moins la satisfaction d'avoir réalisé mon devoir de père. Une véritable leçon d'humilité au bout du compte.

"O rabbia, o disperato, o vecchiaia nemica"

19 mai 2025

Catholique depuis 68 ans

Kimbau, 19 avril 1957. Le père Joseph Malfliet SVD baptisa un enfant du nom de Claver Mabana dans l'ancienne église de la mission Kimbau. Dans le registre des baptêmes de la MC Kimbau, c'est le père Tromp qui a signé ce baptême. Fils de Donatien Mabana et Christine Matsasu, Claver grandit dans la foi catholique, devint tour à tour servant de messe, chantre, petit et grand séminariste, lecteur, acolyte, diacre et prêtre au sein du diocèse de Kenge. Claver peut se satisfaire d'avoir bénéficié d'une solide formation primaire, secondaire, supérieure et université. Au cours de sa formation, il a eu à rencontrer des hauts dignitaires ecclésiastiques, politiques, et académiques. Ses professeurs sont devenus cardinaux préfets de dicastères romains. D'éminents philosophes, théologiens et exégètes ont meublé son univers académique. Tous ses diplômes sont obtenus d'institutions catholiques. Preuve qu'il demeure attaché à la foi catholique et de surcroît, éduque ses enfants jumeaux dans cette quête de Jésus, qui jadis fut la sienne. Héritage familial certes mais aussi forgé dans l'adversité de la vie. D'aucuns lui reprochent à tort ou à raison d'avoir renoncé au sacerdoce; à quoi il répond sans regret qu'il a eu à opérer un choix décisif: le plus difficile de sa vie car se réorienter et intégrer la vie laïque n'a pas été facile. En âme et conscience. Seul devant Dieu et devant les hommes. Son amie Lodovica qui y voyait un échec, a fini par comprendre cette décision libre et consciente. Il lui aurait peut-être plus simple de rester dans le sacerdoce que de s'aventurer la vie "normale" ou "ordinaire". Quoi qu'il en soit, la décision de quitter le sacerdoce a été ferme et définitive, sans remords. Il reste baptisé et fidèle à l'église "una sancta catholica et apostolica" et ses devoirs et obligations de chrétien. 

Bonne fête de baptême à moi-même. Voilà 68 ans que j'honore, à des niveaux divers, "cette église que j'aime" pour paraphraser Yves Congar. Bravo à moi-même. Le pacte scellé jadis demeure solidement ancré en moi. Trêve de narcissisme, m'aurait reproché Louis Lavelle. Au fait, j'incarne L'erreur de Narcisse. Soit, pourquoi pas, pour une fois?

17 mai 2025

17 mai 1997-2025: 28 ans sans Mobutu

17 mai 1997. La victoire de l'AFDL était saluée par les Congolais comme l'ouverture d'une nouvelle page dans l'histoire de la RDC. J'étais très heureux. Ce jour-là, j'avais appelé Séra Kiosi en Irlande pour partager cette joie. La facilité avec laquelle le tout-puissant dictateur JD Mobutu Sese Seko était renversé m'avait à la fois surpris et inquiété. Trop beau pour être vrai. Il se révèle aujourd'hui avec le recul du temps et ou le temps du recul qu'on a trop tôt crié victoire. On avait tellement souffert de la dictature que l'on a crû bon de s'accrocher à n'importe quel arbre sans considérer les effets. On jurait sur tout sauf Mobutu. Or c'est dans les effets tus et non élucidés que réside le problème du Congo. S'appuyer sur l'étranger pour prendre le pouvoir comporte un prix à payer. Et ce prix-là est inclus dans les contrats (Lemera et autres arrangements de dupes) qui ont été signés pour se partager le butin de la guerre. C'est ce prix qui se paie encore aujourd'hui avec le morcèlement du pays entre l'Est envahi par les voisins et l'Ouest, le Nord et le Sud encore sous contrôle du gouvernement de Kinshasa. La question qui se pose est de savoir pour combien de temps encore? L'armée infiltrée jusqu'au sommet se révèle incapable de repousser l'agression ni de récupérer les territoires perdus à l'ennemi. D'où la voie de la diplomatie et d'interminables conciliabules privilégiées aujourd'hui à la place de véritables affrontements guerriers. Ce n'est pas avec le dialogue que le Rwanda quittera le territoire congolais, qu'on le sache. Seule la guerre armée libère un peuple. C'est cela le dilemme de la RDC trahie, bloquée par l'absence d'une armée congolaise forte et mutilée à la suite des contrats de cession du territoire congolais. Quoiqu'ils le renient avec force, la main basse du Rwanda soutenu par la communauté internationale pourrit tout en RDC. Le M23 n'est qu'une façade de Janus ou de cyclope à deux têtes. 28 ans près Mobutu, le pays se retrouve à genou, morcelé, ingouvernable, incontrôlé, pillé avec la complicité de nos compatriotes. Ni les Kabila ni le président Tshisekedi n'ont réussi à remettre le pays sur la voie de la stabilité politique, sociale et économique. Le discours officiel est que tout va bien au pays. La réalité est que le petit peuple, que nous sommes, souffre atrocément et ne sait à quel Dieu se vouer. L'espoir suscité par l'éviction de Mobutu s'est très vite estompé, accouchant d'une souris indigeste. Le 17 mai est célébré comme éviction de Mobutu. Qu'a-t-il apporté ou rapporté aujourd'hui? Rien de bon. Monsieur tout le monde congolais est plus pauvre et plus désemparé qu'il y a 28 ans. Ca, c'est la réalité. Le reste blablabla.

Comment en sommes-nous arrivés là?

La RDC est devenue la risée de tout le monde. Un géant aux pieds d'argile, humilié par ses petits voisins. Le voilà balkanisé de fait, envahi et occupé presque sans résistance. Le monde est étonné, complice face à la destruction systématique de toutes ses structures fondamentales et de ses infrastructures de base. Une incapacité de gestion minée par une corruption institutionalisée en mode naturel de fonctionnement. Une impunité totale vis-à-vis des détournements massifs du dénier public. Des criminels, voleurs et pilleurs arrêtés sont acquittés, indemnisés et récompensés grâce à des nominations à des postes politiques. L'argent du contribuable et des projets de développement ou reconstruction est carrément détourné par ceux-là mêmes qui sont censés le gérer au non de la république. Tout le monde voit que le pays va à la dérive sauf ceux qui en assument la responsabilité et y voient des avancées notoires. Tout va mal. Aucun secteur vital de la nation ne fonctionne. A en croire les réseaux sociaux,  70% du budget national serait consommé par la présidence, le gouvernement, l'assemblèe nationale et le sénat. Des milliardaires et millionnaires règnent sur une population décimée par la misère, la faim, l'insécuritè et la guerre. Au vu et au su de tous, des généraux traitres et abjects détournent l'argent et les équipements militaires destinès à la guerre au profit des ennemis envahisseurs. Et ces traitres et détourneurs circulent parmi nous sans être inquiétés. Pis encore, ils sont nos leaders. Une inconscience ahurissante! Comment en sommes-nous arrivés là? 

C'est la question. Comment en sommes-nous arrivès là? Condamner le régime actuel et lui atteivuer tous ces crimes et méfaits serait une lecture naïve des événements. C'est plus profond. Il faudrait peut-être remonter au régime Mobutu et évaluer sa gestion de la question tutsie. Un lion a été hébergé dans la bergerie. Un deuxième a suivi. Et la suite continue. Je reproche aux Kabila père et fils d'avoit enfoncé le pays dans la boue rwandaise en signant avec le Rwanda des contrats propres à légitimer la cession du pays. Les nominations d'étrangers ou de cyclopes à deux têtes dans l'armée, la police, les renseignements et d'autres services vitaux ont exposé le pays à l'invasion et à l'extermination de sa population désormais  rendue étrangère sur sa propre terre. Les tueries et les déplacements forcés de la population congolaise se passent de commentaires. Sans armèe vraiment nationale, le pays est en proie à l'occupation étrangère sous couvert du M23, autre nom de la RDF. Je lis qu'il y a des échafourées entre FARDC et Wazalendo que je croyais pourtant alliés. Le pays est parti, aucun espoir de le récupérer. Plus le temps passe, plus la situation s'aggrave. Comment en sommes-nous arrivés là? 

Bunagana. Goma et Bukavu sont occupés. A Kinshasa pendant ce temps, on s'occupe de politique politicienne comme si le gouvernement d'union nationale annoncé viendrait tout rèsoudre. Ces compatriotes courent derrière le pactocle et le gâteau, dont ils voudraient obtenir leurs parts. Le pays, c'est le dernier de leurs soucis. Rien de patriotique ni de nationaliste. On dirait une bande de jouisseurs et d'aventuriers motivés par l'appât du gain. Ils se préoccupent plus de leur enrichissement personnel que du bien du pays. Nul n'opérera des miracles. Je suis très pessimiste. Comment en sommes-nous arrivés là? Comment sommes-nous tombés dans ce marasme? La question demeure sans réponse. Pour l'instant. 

14 mai 2025

Adieu Tante Maman Charlotte Mayengo (1956-2025)

Jeudi 8 mai 2025 est morte MaCha à Londres. Tante Charlotte Mayengo, cousine à la fois de mon père et de ma mère, a beaucoup souffert. Quand je passais par Londres, je ne manquais pas de lui rendre visite. MaCha a vécu sa vie dans la simplicité. Elle laisse quatre enfants et six jolis petits-enfants. Oncle Faustin reste seul à affronter la vie avec ses adversités. Il ne s'est pas lassé de la soutenir pendant sa longue maladie, mais Dieu en a décidé autrement. Respect Papa. Condoléances mutuelles. 

Pour la petite histoire, j'ai grandi avec MaCha à Kenge. Nous sommes de la même génération, bien qu'elle ait été mon aînée d'une année. A l'école primaire catholique, elle était à Notre-Dame et moi à St Frédéric. Nous nous retrouvions souvent à la maison sur Mangai, comme à la place des jeux, à la plage de Manioka. Que des souvenirs! Pâques 75. Alors que je passais mes vacances pascales à Kenge, je l'ai accompagnée jusqu'à la bifurcation de Gabia, en route à pied pour Ngi. Jusqu'à ce jour, je ne manque jamais de me re-souvenir de ce voyage chaque fois que je passe cette courbure de Kingulu. Beaucoup de souvenirs inoubliables. 

Juin 78. A la fin de mes études de philosophie à Mayidi, MaCha a eu la générosité de m'offrir stencils, papiers et frais pour l'impression de mon travail de graduat à l'imprimerie St Paul. Ce qui me permit d'en tirer plusieurs exemplaires. Bon coeur et serviable,  MaCha etait très généreuse. Même malade, elle n'hésitait pas d'aider les autres. Surtout nos parents et amis en manque de moyens. 

En janvier 2025, elle a, parmi les rares personnes, contribué aux coûts du déplacement de la tombe de sa cousine ma mère Christine Matsasu, de Mikonga à Nsele Bambou. Merci Maman. 

Même les jumeaux Ibangu et Mukawa sont émerveillés autant par la générosité que par l'accueil que leur Koko MaCha leur réservait à chacun de leurs passages à Selhurst. Elle leur manifestait beaucoup d'amour et d'affection. Ils la pleurent chaque jour qui passe maintenant qu'elle est morte. Nous restons en union d'amour avec Papa Faustin, Rosy, Zouzou, Robert et Olivier. Ainsi qu'avec toute la famille étendue qui se trouve en Europe, à Kinshasa et au village. Dès que la date de l'enterrement sera connue, je prendrai l'avion pour payer mes derniers respects à Mama Tatakhetu MaCha. Ce fut sa volonté, je la réaliserai en me rendant à Londres comme promis. 

Va en paix Tante Maman. Wenda mboti Tatakhetu Mama. Baheka mboti bana benda bosu. Wenda mboti MaCha.  Tusisa mu ngemba ye lutondu. Wenda mboti.  Mfumu Nzambi kakuyamba kuna zulu. Amen Amen Alleluia!





13 mai 2025

Adieu Tata Koko MaCha





 

Tatakhetu Mama Charlotte Mayengo wendi kwandi

Kia iya 8.5.25 kafi MaCha ku Londres. Ma Charlotte Mayengo, muleki wa tata ye mama, kabedi bwingi. Konsu tangwa yahiokiki ku Londres, yendi mutalaka. Nzambi zodi ni kenda ku hata dia yandi. MaCha kazingi luzingu lwandi mboti, kasisi bana bayia, batekulu basambanu. Tata Faustin Mvundji sadi yandi buhika. Kasadi mosu mana kasalaka yakala mu kumusadisa mama. Luzitu Tata. Kiadi kingi. 

Mini mwa tuyedidi ye MaCha ku Khengi ye ku Kitsasa. Twena makula ma mosi, kapioki mu mvula mosi. Pake 1975, ha kalongukiki ku Ngi, yenda mutwala ye kuna beti dia Kingulu hana phambu bamonginaka nzila Gabia. Ye lelu diadi yayindula yandi ha yahiokaka kifulu kieni mu nzila Khengi. Mambu mingi. Ha ya manisa philosophie ku Mayidi, MaCha wapeka ba stencils, papier ye mbongu ya sadisila mémoire ku Imprimerie St Paul. Mbundwa mboti kakala yawu MaCha, kukaba kwingi. Ata mu ngonda nteti ya 2025, hatwakatudi maziami ma theyandi Mama Christine ku Mikonga twenda natima ku Nsele Bambou, kamusamwana Tata Faustin kahana mbongu, mana yandi mutu mbefu. Matondu Mama. 

Ata bana ba mini, mpila kabayambilaka ku Londres kiesi mpila lo. Kabazolaka bwingi, Ibangu ye Mukawa bamuzolaka mpi bwingj. Bu kafini, twena mu kimvuka kia lutondo betu bosu ye Tata Faustin, Rosy, Zouzou, Rkbert ye Olivier. Ye kanda doosi kuna mpuju ye ku Kitsasa ye ku hata Buna kiazayana kilumbu kia kumuzika, yamonga avion yenda muzika Mama Tatakhetu MaCha. Bwa kazola, ya lungisa luzolo lwandi, kuna ya kwenda ku Londres.

Wenda mboti Tatakhetu Mama. Baheka mboti bana benda bosu. Wenda mboti MaCha.  Tusisa mu ngemba ye lutondu. Wenda mboti.  Mfumu Nzambi kakuyamba kuna zulu. Amen Amen Alleluia!

3 mai 2025

Le vrai problème de la RDC

Depuis 30 ans, depuis la guerre de l’AFDL, nous entendons dire que la RDC souffre à cause de ses immenses ressources ́naturelles et minières. L’histoire de ce pays est faite d’exploitations et de crimes humanitaires contre sa population.  Léopold II l’a exploitée pour son propre compte. La Belgique l’a colonisée Après l’indépendance politique, la RDC est minée par des rébellions et guerres successives, spécialement dans ses regions minières. Les sociétés multinationales et les pays voisins l'ont complètement déstabilisée, en l'envahissant et en rendant ces regions minières ingouvernables. Les extetminations, massacres et déplacements massifs des populations congolaises saignent la RDC à blanc. A chaque tournant de l'histoire récente,  la solution insidieuse a été le brassage des armées et l'intégration des rebelles dans l'armee nationale, qui en réalité est infiltrée jusqu'au sommet. Ainsi, des généraux étrangers ont dirigé et dirigent encore les forces armées congolaises comme chef d'etat-major général ou chefs de circonscriptions militaires. Sans archives ni certifications de naissances rigoureuses, il est difficile voire impossible de déterminer avec certitude qui est congolais et qui ne l'est pas, tellement la confusion est totale. 

La gestion de la RDC est passée successivement sous Joseph Kasavubu (1960-65), Joseph D Mobutu (1965-97), Laurent D Kabila (1997-2001), Joseph Kabila (2001-19), Félix A Tshisekedi (2019-). La rumeur indique que de tous ces présidents seul Kasavubu est demeurée et mort pauvre. S'il y a quelque chose à reprocher à ces présidents, c'est d'avoir tous, à des degrés divers, échoué à développer la RDC et à y instaurer une politique sociale juste, équitable. Echec total de gouvernance pour un pays réputé scandale géologique. Délabrement de toutes les structures fondamentales d'administration et de contrôle.  Corruption endémique. Système éducatif au rabais et non suffisamment financé. Gabegies et népotismes. Pillages systématiques des ressources minières et naturelles. Balkanisation du pays. Enrichissements effrénés  des gouvernants et leurs alliés. Impunité et récompenses vis-à-vis des détourneurs des déniers publics. Armées et polices défaillantes. Hôpitaux déficitaires, réseaux routiers et navigaux obsolètes. Justice arbitraire. Tribalisme et clientélisme. Le cardinal Ambongo parle de pays en état comateux. Autant d'incohérences difficiles à éradiquer, si ce n'est par un pouvoir fort et responsable.

Bref absence de l'état: un non-état caractérisé par un manque cruel de nationalisme et de patriotisme. C'est cela le vrai problème de la RDC. La classe politique est totalement défaillante. Les leaders à tous les niveaux se préoccupent plus de leurs intérêts égoïstes que du bien commun de la nation congolaise. Leurs sociétés offshore et leurs salaires faramineux les trahissent. Leurs propriétés, leurs charois automobiles, jets privés, carrés miniers personnels manifestent leur arrogante opulence face à une population pauperisée qui vit avec moins d'un dollar par jour. Nul ne réussit ce test, malgré leurs discours de galerie. La RDC n'est pas maudite mais bénie. Elle est inconsciente de ses bénédictions. Je répète: manque de nationalisme et de patriotisme. 



Labour Day

1er mai. JMT. Le travail symbolise tout: santé, nourriture, argent, succès et gloire. Celui qui travaille est en bonne santé, trouve l’argent pour nourrir sa famille, trouve succès et honneur auprès des autres. Le travail,  c’est la vie. Le travail constitue ce à quoi et autour de quoi la vie d'une personne humaine tourne. Comment ne pas le valoriser ? Le travail définit l’homme. Dis-moi quel travail tu exerces, je te dirai qui tu es. Le travail fait l’homme. C’est même l’identité  d’un individu. C'est à travers ton travail que le monde te voit et t’identifié, t’évalue et te juge. 

Si je devais le définir, le travail serait une activité exercée par quelqu'un pour vivre, gagner de l’argent et subvenir à ses besoins personnels ou familiaux. Synonyme de profession, métier, emploi, labeur ou boulot au sens familier. Le travail, conçu ainsi, constitue le principal gagne-pain de l’homme, autour duquel se construit sa vie. On naît, on va à l’école, on travaille, on va à la retraite, on meurt. On naît,  on grandit, on s’initié à un métier, on est employé ou employeur, on travaille à son propre compte, on est pensionné, puis la vie se poursuit dans la félicité éternelle. Travail, travail, travail. Toujours travail. Arbeit macht frei, la sinistre devise des Nazis, montre le caractère coercitif du travail. Personne n’y échappe. Libre ou forcé, aimé ou détesté, le travail détermine la vie de l’homme sur terre.

On comprend dès lors pourquoi les syndicats et les partis politiques du travail accordent une importance capitale à la JMT. La journée mondiale du travail permet aux ouvriers et aux leaders politiques d’honorer cette noble responsabilité par se nouveaux engagements en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail. Meilleurs vœux aux ouvriers et travailleurs.