17 mai 1997. La victoire de l'AFDL était saluée par les Congolais comme l'ouverture d'une nouvelle page dans l'histoire de la RDC. J'étais très heureux. Ce jour-là, j'avais appelé Séra Kiosi en Irlande pour partager cette joie. La facilité avec laquelle le tout-puissant dictateur JD Mobutu Sese Seko était renversé m'avait à la fois surpris et inquiété. Trop beau pour être vrai. Il se révèle aujourd'hui avec le recul du temps et ou le temps du recul qu'on a trop tôt crié victoire. On avait tellement souffert de la dictature que l'on a crû bon de s'accrocher à n'importe quel arbre sans considérer les effets. On jurait sur tout sauf Mobutu. Or c'est dans les effets tus et non élucidés que réside le problème du Congo. S'appuyer sur l'étranger pour prendre le pouvoir comporte un prix à payer. Et ce prix-là est inclus dans les contrats (Lemera et autres arrangements de dupes) qui ont été signés pour se partager le butin de la guerre. C'est ce prix qui se paie encore aujourd'hui avec le morcèlement du pays entre l'Est envahi par les voisins et l'Ouest, le Nord et le Sud encore sous contrôle du gouvernement de Kinshasa. La question qui se pose est de savoir pour combien de temps encore? L'armée infiltrée jusqu'au sommet se révèle incapable de repousser l'agression ni de récupérer les territoires perdus à l'ennemi. D'où la voie de la diplomatie et d'interminables conciliabules privilégiées aujourd'hui à la place de véritables affrontements guerriers. Ce n'est pas avec le dialogue que le Rwanda quittera le territoire congolais, qu'on le sache. Seule la guerre armée libère un peuple. C'est cela le dilemme de la RDC trahie, bloquée par l'absence d'une armée congolaise forte et mutilée à la suite des contrats de cession du territoire congolais. Quoiqu'ils le renient avec force, la main basse du Rwanda soutenu par la communauté internationale pourrit tout en RDC. Le M23 n'est qu'une façade de Janus ou de cyclope à deux têtes. 28 ans près Mobutu, le pays se retrouve à genou, morcelé, ingouvernable, incontrôlé, pillé avec la complicité de nos compatriotes. Ni les Kabila ni le président Tshisekedi n'ont réussi à remettre le pays sur la voie de la stabilité politique, sociale et économique. Le discours officiel est que tout va bien au pays. La réalité est que le petit peuple, que nous sommes, souffre atrocément et ne sait à quel Dieu se vouer. L'espoir suscité par l'éviction de Mobutu s'est très vite estompé, accouchant d'une souris indigeste. Le 17 mai est célébré comme éviction de Mobutu. Qu'a-t-il apporté ou rapporté aujourd'hui? Rien de bon. Monsieur tout le monde congolais est plus pauvre et plus désemparé qu'il y a 28 ans. Ca, c'est la réalité. Le reste blablabla.
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