Fin mai 2025. Depuis la sortie médiatique de Mr Joseph Kabila, l'agitation est devenue totale. Et son arrivée à Goma ressemble au passage historique d'un général romain sous l'arc de triomphe. Cette image est symboliquement significative pour le littéraire que je prétends être.
Les réseaux sociaux diffusent une quantité incroyable de messages sous des formes écrites, audios et vidéos. Tous ces messages se résument à deux choses: la déchéance de Mr Tshisekedi et la partition de la RDC. Avec un regard rétrospectif, j'estime que les prises de Goma et Bukavu ne sont pas différentes de celle de Bunagana. Les rebelles ont pris ces immenses territoires riches en or, coltan ou casseterite, pour les garder. Et le pouvoir de Kinshasa se révèle impuissant à les récupérer militairement. D'où l'inévitable recours à la négociation diplomatique. Pendant que ces négociations sont en cours à plusieurs niveaux, pendant que les grandes puissances décident de l'avenir de la RDC, l'occasion est propice pour le fin calculateur Joseph Kabila de sortir de sa réserve légendaire et de passer au-devant de la scène politique. Son long silence lui a permis de peaufiner une strategie bien huilée de reconquête du pouvoir. Certains analystes scrutent la nouvelle personnalité de JKK, revisitent son identité et évaluent son projet de retour au pouvoir. Le voilà de nouveau au centre de l'actualité.
Comme le monde s'est habitué à reconnaître en Paul Kagame le faiseur des rois à Kinshasa, JKK a dû recourir à ce rituel obligé. Un dilemme pèse dorénavant sur la RDC: soit le régime Tshisekedi bascule et cède pacifiquement aux conquérants, soit il résiste aux intimidations et marche sur l'ennemi. La question se pose de savoir si ce régime en a les moyens ou la capacité. Le choix serait entre la reddition et la résistance. De l'autre côté de Goma prévaut la rhétorique rwandaise. Soit refaire l'exploit de 1996-97 en conquèrant Kinshasa soit proclamer une autre république autonome en annexant une ou deux autres provinces. Mais l'ambition du M23/AFC de déloger Tshisekedi de Kinshasa est prépondérante. Attendons voir ce que l'histoire nous réserve comme surprise.
A quoi devons-nous nous attendre? Chacun y va de son analyse. La diplomatie des puissances occidentales opte apparemment pour une solution pacifique. C'est-à-dire conforme à leurs intérêts d'exploitation des immenses ressources minières de la RDC. Sous-entendu, les richesses de la RDC doivent bénéficier à toute la région incluant Ougandais Rwandais, Burundais. . Dans une moindre mesure Centrafricains, Angolais, Tanzaniens et pourquoi pas Soudanais aussi? Les multinationales auront le monopole et se serviront de ces relais pour assurer leur hégémonie financière sur ces ressources minières. Des sociétés-écrans opèrent déjà en toute liberté dans le Katanga, à l'Equateur, au Kasai, aux Nord et Sud Kivu, cela avec des autorisations signées en bonne et due forme. Même les Kenyans exportent les minerais congolais. A l'insu ou avec la complicité des Congolais? Tout scénario est imagjnable.
La situation paraît très complexe et confuse. Tout le monde se partage ce gâteau aux milles quartiers. Des plans expansionnistes des voisins ougandais, rwandais et burundais ne sont pas à minimiser dans ce processus de pacification régionale. La balkamisation tant décriée s'opère sous nos yeux ahuris et hagards. Dans cet imbroglio géopolitique d'insécurité, la RDC fait le flip flap entre les communautés tantôt d'Afrique centrale, tantôt d'Afrique australe tantôt d'Afrique de l'Est. Le cap change selon les enjeux du temps. Des agendas cachés existent sous couvert des contrats secrets signés au fil du temps avec des sociétés étrangères. Une mosaïque inconnue mais prèvisible de possibilités. Des dessous de cartes très alambiqués et emberlificotés, comme aurait dit Maître Kapsy.
Le grand absent de ces débats, c'est le petit peuple congolais. Je dis petit parce qu'il n'a pas sa part dans ces commerces politiciens. Personne ne s'en occupe. Personne ne le consulte. Il semble que le souverain primaire ne l'est que sur papier. A l'Ouest le peuple est tenu dans la pauvreté, la maladie, l'insalubrité, l'injustice sociale ou la répartition inégale des richesses. Des députés touchent un salaire mensuel de 33 000 USD face à une population majoritaire qui vit avec moins de 1 USD par jour. A l'Est, il est envahi par des étrangers qui le chasse de ses terres, le rassemble dans des camps de fortune, lui impose esclavage, viol, torture, oppression. A l'Ouest l'insécurité des Kuluna ou Mobondo, à l'Est l'invasion brutale et meurtrière. La population n'est nulle part en sécutrité en dépit des discours rassurants des leaders politiques. Proclamer l'indivisibilité de la RDC est une chose, la défendre est une autre chose. Même les M23/AFC parlent d'intégrité territoriale. Moralité: ne considérons pas les paroles, mais les faits sur le terrain. Seule réalité.
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