26 oct. 2025

Mr Nicolas Sarkozy en prison

Comment dire? Le monde est méchant. La roue de la fortune tourne. Du sommet à la chute au point zéro. De l'honneur à la déchéance. De la gloire à la décripitude. De la splendeur à la disgrâce. Qui aurait cru? Qui l'aurait cru que le tout puissant président à la montre Rollex pouvait un jour être confiné dans une étroite cellule de prison? Le voilà croupissant comme monsieur tout le monde dans le réduit puant et nauséabond d'une géôle mal éclairée. Le voilà écroulé de la suprême cour royale vers le bas-fond d'une crasse poussiéreuse, infecte et dégoûtante. Ah non, il est dans une prison dorée. Soit. En prison quand même. Comme Napoléon, comme Mengitsu, comme Bokasa, comme qui encore? Ah comme le dernier des truands de la terre. Parlons en de l'homme Sarkozy. 

Je ne suis pas un connaisseur en la matière. Mais j'ai vu Mr Nicolas Sarkozy évoluer dans son ascension politique. De chiraquien, il est devenu balladurien. Cette volte-face est la clé qui l'a conduit à la présidence de la république française. Un homme qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut. Qui a démoli PPA à la suite d'une question maladroite. Qui a détruit la Libye et tué Kadhaffi après avoir pris son argent. Qui a pris la femme de Jacques Martin après l'avoir mariée au civil à ce dernier. Tout lui a réussi à tous les niveaux: politique, social et privé. Tout et tout. Seulement voilà, il a dû se rendre compte après sa défaite électorale que dans la vie tout ne réussit pas toujours. Il y a un temps pour tout. Le succès n'exclut pas l'échec ni la défaite. Voilà ce en quoi la politique est passionnante et exécrable à la fois. Je suis apolitique. Je ne suis fanatique d'aucun politicien, parce que je hais la manipulation. J'aurais peut-être été le meilleur politicien du monde si j'y avais adhéré. Horreur! Politica politica mani pulite!

Mr Nicolas Sarkozy est un battant. Increvable et obstiné. Ne reculant devant rien, il est toujours prêt à rebondir, même depuis sa cellule de prison. Cinq ans, c'est quoi dans la vie d'un homme extraordinaire comme le héros Tarzan des forêts vierges? A qui veut l'entendre, il clame son innocence. Mais alors pourquoi a-t-il été condamné, tant d'années après avoir quitté la présidence française? Le tout-puissant est devenu l'un des nôtres, comme nous, pauvres Fellah. Tout a une limite, c'est la leçon à tirer du film de la vie de Sarkozy. Suis-je sarcastique? Peut-être oui peut-être non, comme nous disions du temps de notre petit séminaire. Seulement je lui reproche son attitude dédaigneuse, voire "raciste"  envers l'Afrique et les Africains. Son discours de Dakar reste gravé dans nos mémoires. Je lui reproche d'avoir pris part à nos conflits internes d'Afrique en soutenant une gestion partagée des ressources minières de la RDC, et de surcroît la balkanisation de la RDC. Je lui reproche la Françafrique, d'avoir été un faiseur des rois en Afrique. Je lui reproche, je lui reproche, etc... Espérons qu'il ne va pas, comme Meursault, le protagoniste de Camus dont il voulait placer les restes au Panthéon, dormir "sur un bat-flanc de bois". 

Un destin pareil fait réfléchir. Comble de l'absurdité du monde. Un président qui a chuté du somptueux palais de l'Elysée à la cellule aux rats et termites de la prison. Il ne me revient pas de le juger, son pays lui-même l'a fait. La Libye est coupée en morceaux. L'Afrique subit encore la loi du FCFA, gérée depuis Paris par le truchement de la Banque centrale de France. La Francophonie continue sa besogne d'intoxication culturelle. Vive le colonialisme! Sarkozy en prison, c'est la leçon à tirer de l'engagment politique à tous les niveaux. Je me proclame apolitique, et je le suis. 

SE Mgr Faustin Ngabu (1935-2025) in memoriam



25 octobre 2025. Monseigneur Faustin Ngabu, évêque émérite de Goma, est mort à l'hôpital Charité de Goma. Que son âme repose en paix! Avec cette mort, l'église catholique de la RDC perd un de ses fils qui l'a longtemps servie comme évêque diocésain, comme président de la conférence et comme membre de plusieurs commissions centrales. J'ai relativement (bien) connu Mgr Faustin Ngabu à cause de son amitié avec Mgr Dieudonné M'Sanda. Longtemps, il résidait à la procure diocésaine de Kenge pendant ses séjours à Kinshasa. Je voudrais relater quelques événements qui me reviennent à l'esprit. 
Je l'ai vu pour la première fois à Rome en 1980 à la Casa Internationazionale del Clero. Ils étaient venus participer à une réunion de la révision du code du droit canon, si ma mémoire est bonne. Mgr M'Sanda nous a présentés à son collègue et ami. Son nom revenait souvent dans la bouche de Mgr M'Sanda. A mon retour de Rome au diocèse ,que j'ai été un témoin privilégié de leur relation. 
En octobre 82, il était à notre procure peu avant leur visite ad limina de 1982. Son secrétaire, un père blanc belge, l'avait accompagné pour finaliser leur rapport quinquennal. J'en étais encore à mon temps d'apprentissage, et ce dernier m'a initié au traitement statistique des données en imposant une augmentation annuelle de 3% de la population catholique. Les deux évêques se consultaient souvent, et traitaient beaucoup de dossiers sensibles dans un cercle de quelque cinq évêques. Comme son collègue, l'évêque de Goma séjournait souvent à Kinshasa à cause de ses nombreuses responsabilités au sein de la conférence épiscopale nationale dont il devint plus tard le président. Il laissait sa voiture VW de couleur verte à la procure de Kenge. Un soir, je les ai conduits, les deux évêques, de la procure de Kenge à la maison de Popo à Bon Marché voir Mgr Mayamba. Chose impossible aujourd'hui avec l'insécurité qui règne à Kin. Il y avait urgence, je n'ai jamais su de quoi il était question. Mgr Ngabu était connu des prêtres de Kenge comme l'ami de leur évêque. A deux ou trois reprises, il était aussi descendu à l'évêché de Kenge. J'étais du sérail.   
Un épisode singulier qui m'a affecté. C'est lui qui au nom de la CEZ avait signé, en mai-juin 1987, le rapport de l’église sur le Code de la Famille promulgée par le président Mobutu. Ce dernier tenait à avoir l'aval de l'église catholique avant de l'officialiser. Dans les coulisses, ce document devrait être signé par Mgr M'Sanda qui en avait dirigé les travaux. Mais ayant appris que le président Mobutu se trouvait à Goma où il serait aisé de le rencontrer, Mgr Kanyamachumbi et l'abbé Nzala du Secrétariat général de la CEZ ont voyagé pour Goma faire endosser le document par Mgr Ngabu, lui aussi canoniste. Ceux qui ont un certain âge savent de quoi je parle. Il était une fois de passage à Fribourg en 1991, nous l'avions reçu avec l'abbé Modeste Kisambu. 
Sur un plan strictement personnel, sans que je le lui demande, Mgr Ngabu est intervenu en ma faveur à deux reprises pour moi auprès de son ami et collègue. Je le lui ai rappelé avec gratitude lors de notre dernière rencontre à Berlin en  mars ou avril 2001 à la conférence sur la paix en RDC organisée par la Friedrich Ebert Stiftung. Voici à peu près un extrait de notre dialogue dans les couloirs de l'hôtel Esplannade: 
"- Claver, que fais-tu ici?
- Je suis chargé de cours à l'université Humboldt. 
- Ah oui, Dieudonné m'a dit que tu enseignais à Berlin. Au fait, il faut prier pour lui, car il est très malade. Moi, je m'en sors pas mal. Mais la situation politique et sécuritaire de notre pays est difficile. J'ai échappé à deux attentats d'avion presque par miracle. Une fois, l'avion est sorti de la piste."
Depuis ce temps-là, aucune nouvelle, aucun contact personnels. J'ai su par la suite que Mgr Ngabu est devenu émérite en 2010 après 36 ans à la tête du diocèse de Goma. Le voilà aujourd'hui à la maison du Père, que son âme repose dans la félicité éternelle. Je m'unis à la douleur de sa famille biologique et présente au diocèse de Goma mes sincères condoléances. Va en paix, brave serviteur de l'église et du peuple congolais.
   

25 oct. 2025

Veuve et accusée de crime 2

La mort d’un mari donne souvent lieu à des troubles incommensurables à l’épouse du défunt. Les commentaires vont dans tous les sens, bons et mauvais selon que l’on appartient au groupe du mari ou à celui de l’épouse. Et au sujet de ma nièce, j’en ai entendu tellement que je ne saurais où donner de la tête. Tous les défauts de la veuve sont révélés au grand jour, mêlés à des pertes d'argent. Il se trouve que le défunt aurait laissé des dettes à la suite d’un parrainage bancaire qui aurait mal tourné jusqu'à hypothéquer sa maison. Ce qui en partie aurait provoqué l’accident cardiovasculaire fatal. Et d’autres inepties difficiles à soutenir ont été  évoquées. Réfléchissons-y froidement. 

S’il y a eu empoisonnement et vol d’argent, que la justice les établisse et tranche en toute objectivité. Un conflit entre les deux partenaires  aurait pu se terminer par une réconciliation ou un divorce, plutôt que par un crime fatal.  Si c’est au niveau de la sorcellerie, ce dont je doute fort, que la sagesse traditionnelle prévale. Je ne crois pas au miracle dans un conflit de ce genre. Les hommes sont méchants de nature. Dans une situation comme celle-ci,  ce sont les enfants dont l’aîné a 12 ou 13 ans, qui en pâtissent. C’est la veuve accusée, dont l’honneur est sali, qui est meurtrie. L’intérêt des victimes n’intéresse personne. Comment tourner cette douloureuse page et continuer de vivre? Tel est le problème qu’affrontent actuellement la veuve et ses enfants. Ils sont seuls. La douleur due à la perte d’un être cher se porte seule. Elle n’est jamais transférable. Les autres en réalité ne sont finalement que des embrouilleurs, comme disent les Congolais. Parlons-en avec modération.

Dans le cas inverse, où ce serait la mort de la femme, la famille de cette dernière aurait privilégié un sacrifice d’initié aux loges qui pullulent au pays. D’une façon où d’une autre, le partenaire sera aussi soupçonné d’en savoir plus que ce qui se voit ou se dit. Il est temps que nous nous débarrassions de certaines coutumes rétrogrades qui minent nos vies. Une catharsis s’impose. Que l'appât immédiat des gains n’étouffe pas nos esprits.  Justice et bon sens!


24 oct. 2025

Veuve et accusée de crime

Un phénomène m'intrigue depuis plusieurs années, qui se répète pratiquement à chaque  décès. Hier encore cela s'est répété.  Ma nièce a perdu son mari, qui la laisse avec quatre enfants. Le cynisme de sa belle-famille les amène à l'accuser d'avoir tué son mari; raison pour laquelle ils ont refusé de la "purifier" comme le veut la tradition. Et les gens admettent cela sans se poser des questions. Que gagne-t-elle à tuer son mari et père de ses enfants? Comment va-t-elle vivre seule avec ses enfants? Qui les élevera, les nourrira, les vêtira, leur payera l'école? Ses accusateurs aveuglés par le matérialisme ne voient que les biens et l'argent qu'il aurait laissés. Quelle est la valeur de ces biens et à combien s'élève cet argent, qui justifieraient que la femme tue son mari? La belle-famille oublie que la veuve est la plus malheureuse et la perdante à la suite de ce décès. C'est elle qui va trimer et subir toute sa vie durant le poids réel de cette tragédie.
Ce cas n'est pas isolé.  Nos familles - africaines ou congolaises - ont l'habitude de soupçonner la femme à chaque décès de mari. La violence et l'agressivité vont souvent au-delà du permis et de la tolérance. La femme est souvent persécutée, vilipendée, dépossédée de tout. Les traditions, derriere lesquelles nous nous cachons pour justifier ces excentricités, ne sont jamais rigoureusement appliquées, tellement elles sont détournées de leur fonction de justice et de régulation sociales. Elles sont devenues obsoletes et caduques. Pour "purifier" la veuve, tout prêtre ou pasteur peut procéder à la cérémonie. Que les imposteurs ne s'imposent pas et que soient défendus les droits de la femme et des enfants. C'est le cas de le dire, le monde est méchant. Comprenne qui pourra. 

Mgr Dieudonné M’Sanda: 24 ans déjà

24 octobre 2001-25, voilà 24 ans depuis que Mgr Dieudonné M’Sanda Tsinda Hata est décédé à St Luc, Bruxelles. Que son âme repose éternellement en paix! Que dire de nouveau que je n’ai pas encore raconté au sujet de cet homme de Dieu?

Je ne cesserai jamais d'affirmer mon attachement à Mgr M’Sanda et de reconnaître son influence directe dans ma vie. J’ai osé, il y a quelques jours, rechercher sur AI des informations sur nos deux personnages. J'étais surpris par ce que j'ai trouvé. Le fait que j'ai publié ä son sujet plusieurs entrées directes et indirectes dans ce blog prouve la solidité de ma gratitude envers l'ancien évêque de Kenge.  Au-delà des tumultes qui ont marqué nos parcours personnels, je dois avouer que le lien essentiel qui nous soudait est demeuré inamovible. C'est cela qui compte pour moi. 

J'ai connu l'homme, le vrai. J'ai connu l'enseignant et le formateur  des séminaristes. J'ai connu aussi le canoniste, rigoureux prêtre et évêque. Peut-être autant si pas mieux que beaucoup qui prétendent l'avoir connu, aimé ou détesté. J'ai subi ses humeurs.  Pour avoir été son secrétaire de septembre 82 à septembre 87, j'ai eu un privilège énorme d'assister et de collaborer à certaines de ses grandes réalisations. Par dessus-tout, il m'a appris à travailler. A travailler dur. Je disais hier à Séraphin que je pouvais expliquer ses actes et anticiper ses réactions sans risque de me tromper. Je crois avoir connu l'homme. Derrière la face intransigeante de l'autorité se percevaient les signes d'une bonté et d'une générosité surprenantes. Un peu d'humilité diantre!

Dans une année se commémoreront les 25 ans de la mort de Mgr Dieudonné M'Sanda. Le diocèse de Kenge a prévu, en collaboration avec la Fraternité des Sœurs de Marie Reine de la Paix, d'organiser quelques activités religieuses et culturelles en son honneur. Un comité y travaille. S'il plait à Dieu, je ne manquerai pas d'y apporter ma contribution et mon humble témoignage. Que son âme repose en paix! 


19 oct. 2025

Jubilé Sr Angélique Kayolo


Ath, 19 octobre 2025. Ce dimanche trois Soeurs salésiennes de la visitation ont fêté leur jubilé d'argent de profession perpétuelle, soit 25 ans de vie religieuse. Il s'agit des soeurs Bernardine May, Angélique Kayolo et Marthe Kapumba. Félicitations aux soeurs, bénédictions et grâces divines abondantes pour leur engagement au service total de Dieu et de l'église, en conformité avec le charisme des Soeurs salésiennes de la Visitation. Je n'ai pas (encore) reçu des détails en dehors d'une conversation que j'ai eue jeudi 16 octobre avec Rita, qui préparait depuis Paris des brochettes pour l'occasion. Je balancerai quelques photos de la cérémonnie ou de la fête dès que je les obtiendrai. Voici ce que j'ai écrit à ma soeur, Sr Angélique:

CM: "Proficiat ma soeur Angélique pour ton jubilé. Toutes mes félicitations pour les merveilles que le Seigneur accomplit chaque jour dans ta vie. Paix, joie, santé et persévérance ! Ici à la Barbade, nous avons spécialement prié pour toi à la messe dominicale de St Francis. Que la lumière divine continue de briller dans ta vie de consacrée. Amen."