18 oct. 2025

40 ans: Abbé Albert Mundele

 Kenge, 18 octobre 2025. L'abbé Prof. Albert Mundele Ngeni a fêté ses 40 ans de sacerdoce en la cathédrale Mwense Anwarite à Kenge. La messe a été célébrée par Mgr Jean-Pierre Kwambamba, évêque de Kenge. Félicitations cher ami et frère Albert! Proficiat!


Comme je l'ai déclaré dans mon article en son honneur, paru dans les mélanges en son honneur, l'abbé Albert est un habitué de ce blog. C'est un proche qui fait partie de mon cercle fermé d'amis. Nous tenons une relation d'appréciation et de respect mutuels. Tout en lui souhaitant un heureux anniversaire sacerdotal et un fructueux ministère, je prie le Seigneur pour qu'il lui accorde la paix, la joie, la santé et la persévérance au service de l'église peuple de Dieu. 
Ordonné prêtre le 6 octobre 1985 à Kenge par Mgr Dieudonné M'Sanda, l'abbé Albert est docteur en écriture sainte de l'Université Ludwig Maximilian de Munich, après une licence au Biblicum de Rome. Exégète chevronné, ce prêtre a été secrétaire chancelier de l'évêque de Kenge et recteur du grand séminaire St Cyprien de Kikwit. Il a exercé son ministère essentiellement dans l'enseignement, la formation des futurs prêtres aux petits et grands séminaires, à Matari, Katende, Kikwit, Kinshasa. Depuis plus de vingt ans, il travaille à l'Université Catholique de Nairobi où il assure les cours d'exégèse biblique et d'herméneutique. Le littéraire que je suis et l'exégète qu'il est partageons le même intérêt pour la lecture et l'interprétation des textes. 
Permettez que je reprenne les mots que je lui écrivis il y a quinze ans: 

"Albert, sois sûr d'une chose: ma petite société civile ,comme tu l'appelles, a été et est en union de coeur et de prières avec toi, en ces jours mémorables.
Meilleurs voeux et félicitations, cher frère et ami! Mbote mingi kuna na Nairobi. Puisse le Seigneur t'accompagner dans la vie et te garder, Melchisedeck, à jamais à son service. "

Notre pays est surprenant

La RDC, il faut le reconnaître honnêtement est un pays surprenant. Je ne pense pas au monde politique qui n’inspire aucune confiance, mais au social et à la justice. La pauvreté s’accroît, la criminalité et l’insécurité prennent une extension effroyable. Des choses jamais vues s’y passent chaque jour. 

Depuis des décennies, j’étais surpris par le nombre d’églises du réveil sur chaque rue. Certaines de nos maisons sont devenues des lieux de culte. Je pense à un cousin qui ne s’étant pas entendu avec le pasteur titulaire n’a  ́trouvé bon que de faire de la maison  familiale une église et de son épouse une prophétesse. L’argent qui échappe d’une main est récupéré de l’autre. Et les enfants deviennent leurs collaborateurs et fidèles immédiats. La boucle est bouclée. Trop d’églises, trop de pasteurs, trop d’évangélistes, trop de diaconesses ou prophétesses, de révérends, etc. Et chacun de ces hommes et femmes de Dieu possède ses ouailles, clients ou victimes soumis à l’escroquerie.  Comment une société pourrait-elle fonctionnner dans ce désordre époustouflant?

L’autre phénomène est du domaine de l’économie informelle. Chacun vend. Chacun vend quelque chose. Des tableaux de change sont visibles à tous les cent mètres. Tout le monde ou presque est cambiste. Tout le monde, même l’écolier peut vous dire le taux du dollar. "Eh papa dollar ekiti" Du jamais vu. Aujourd’hui l’argent s’échange à tous les coins de rue. Moi je n’avais jamais vu un billet de dollar avant mes 22 ans de vie. Des francs belges oui, mais pas des dollars. Le métier de cambiste  n’existait pas il y a cinquante ans, du moins je ne le voyais pas. Vers la fin de l’ère Mobutu sont soudain apparus au centre-ville des gens, hommes et femmes, brassant des centaines de billets en pleine rue. Aujourd’hui c’est partout que les devises s’échangent, même dans les villages. Tout se monnaie en dollars. 

Seulement voilà.  Le gouvernement a décidé de réduire le taux du dollar de 2.800  à 2.200 Fc. A la cité  ça descend jusqu'à 1900, voire 1600 Fc. Il aurait largué 50 ou 500 millions de dollars sur le marché pour baisser ce taux. Allez-y voir. Décision brusque, et pas accompagnée dans son application. La spéculation est totale. Oui, j’ai vu un ministre parler d’une diminution du prix d’essence de 300 Fc. Les prix ne baissent pas sur le marché au contraire; la vie devient plus cher. Sur le terrain ce qui se vendait à 10$ ou 28000 fc reste à 28000 fc tandis que les 10 dollars valent maintenant 19 ou 23000 fc. A qui profite cette baisse du taux de dollar ? Du jamais vu. 

Les braquages à main armée. Le cas récent de la RawBank sise Rond-point Victoire illustre la montée de la criminalité urbaine. Des kuluna et des agents de l’ordre armés font irruption dans des ́maisons, pillent argent et biens, violent les filles, tuent les propriétaires sans être inquiétés. Les voisins assistent, impuissants et intimidés. Agents de sécurité le jour, bandits la nuit. L’insécurité est totale dans toutes nos villes. Des taxis dissimulent des tueurs, malheur aux clients qui osent les prendre. Des jeunes gens armés de machettes sillonnent les rues et sèment la panique dans les divers quartiers de nos villes. Des familles entières sont parfois décimées par ces bandits cruels sans scrupules. Sans parler de la rébellion ni des mobondo, il y a quotidiennement des meurtres atroces des citoyens innocents dans nos villes et nos provinces. Trop de sang congolais coule. On dirait qu'il y a intention d'extermination ou d'un nettoyage ethnique qui ne dit pas son nom. La montée du crime est effroyable, les mesures de protection prises par les autorités se révèlent insuffisantes. Des vidéos circulent où des policiers et soldats sont lynchés sans ménagement; des femmes dénudées à poil, des voleurs tués ou brûlés au pneu. Quelle cruauté ?Le peuple se rend justice. De quoi vraiment se demander où le pays va.

Ça ne va pas. L’ordre n’existe pas. Les autorités se la coulent douce lorsque le petit peuple trinque. Insécurité, pauvreté, sous-alimentation ou faim, insalubrité et maladies, tel est le lot de notre peuple. Le pays est pillé, occupé, saigné à blanc; sa population terrorisée, déplacée de force de ses terres natales, ne sait plus à quel Dieu se vouer. Aucune solution immédiate à l'horizon. Sommes-nous vraiment maudits? Au point de ne pas assurer "la justice, la paix et le travail" (notre devise) à tous les citoyens congolais. Oui, c’est surprenant. Je dirais même plus: c’est scandaleux, révoltant. 

15 oct. 2025

14 octobre 2025: 95e anniversaire de Sésé.

14 octobre 1930-2025. Il y a 95 ans est né Mr Joseph Désiré Mobutu qui fut président du Congo-Zaïre entre 1965 et 1997. Cet homme a dirigé la RDC pendant tout le temps de mes études primaires, secondaires, supérieures et universitaires. Quoique je les aies commencées deux années auparavant, Mobutu demeure le président qui a le plus marqué mon pays. Il a été jugé dictateur par ses détracteurs; des mythes se sont vite créés autour de son être et de son pouvoir absolu. Bon orateur et très doué en analyses des situations, il savait convaincre son auditoire par la pertinence de ses propos et actions. Il était tout, sauf un amateur. J'eus le priviliège de lui parler à deux reprises, et même de remarquer comment il procédait avec son équipe. Je ne suis pas mobutiste, je suis apolitique et je ne suis supporter d'aucun politicien. J'ai assez de jugeote pour discerner le bon du mauvais, le bien du mal. Par contre, je reste marqué par cet homme politique qui me fascinait à chacun de ses discours, tellement il parlait bien et présentait bien les choses. J'ai relativement bien suivi son parcours, et noté qu'il s'est égaré après son discours du 24 avril 1990. Au lieu d'abdiquer, il a continué de croire qu'il détenait les solutions à toutes les crises du Zaïre. "Il n'a pas su partir à temps" quand sa mission était terminée. Le pouvoir use; le pouvoir aveugle le leader qui se croit omnipuissant alors que la roue de l'histoire tourne en sa défaveur. L'homme à la toque de léopard ne parlait de son remplacement que du bout des lèvres jusqu'au jour où il a été défenestré par LD Kabila. La suite est connue. Il est mort le 27 septembre 1997 à Rabbat, en exil, au Maroc. Comme un certain Napoléon à l'île de St Hélène. 

Regardez autour de vous en Afrique. Ces vieux leaders qui peinent à partir alors qu'ils ont déjà tout donné et montré à leur pays. Leur santé décline, leurs facultés flanchent. Ils n'en ont cure pourvu qu'ils soient réélus pour la enième fois comme si se retirer honorablement constituait une défaite. Le président, je ne cesserai de le dire, n'est pas un individu, c'est un système. Il est au service d'intérêts multiples et insoupçonnés, visibles et opaques. Le bien du peuple, qui justifie son pouvoir, n’existe pas en réalité pour lui. A lui s'accrochent des pesanteurs internes et externes qui le manipulent et le maintiennent au pouvoir pour leurs propres intérêts. Même les plus jeunes présidents, qu'on se le dise, n'ont pas l'intention de raccrocher les crampons. Ils font tout pour conserver le pouvoir par tous les moyens honnêtes ou malhonnêtes, car ils en détiennent les clés. Ceux qui partent à la fin de leurs mandats ne le font jamais sans avoir tenté de résister ni de réviser la constitution. Certains dans ce tumulte se sont astucieusement ajouté des années au pouvoir en brouillant les situations ou en suspendant les activités des institutions: des coups d'état constitutionnels. Aujourd'hui, les mobutistes commémorent le 95e anniversaire de la naissance de Sésé.     

9 oct. 2025

Où va le pays?

A suivre les actualités récentes du pays, nous sommes en droit de nous demander où le pays va. Nous ne voyons pas tous les choses de la même façon. Le pays est pris, mais nous continuons de vivre comme si de rien n'était. Nos dirigeants envoient des signaux mitigés. Au lieu de privilégier l'option militaire, ils préfèrent l'option diplomatique. Peut-être qu'ils ont raison. Il faudrait donc miser sur les deux options quoique moi, je reste de l'opinion radicale de la guerre. Les envahisseurs ont pris Bunagana, Goma et Bukavu armes à la main, ils n'en partiront que s’ils sont chassés par les armes. Il serait naïf de croire à une solution issue des négociations. Aussi cruelle que cette  vérité puisse paraître, c'est la logique de la jungle qui prévaut. Négocier oui mais faire la guerre en même temps.
Répéter que notre pays est envié de nos voisins relève de la candeur. Un lieu commun sans intérêt. L'important est de défendre l'intégrité territoriale et ses habitants armes à la main. Cela prendra le temps qu’il faudra. La détermination est de rigueur. Apprenons les leçons de l’histoire. La guerre redessine les frontières, déplace les natifs du pays vers d’autres lieux, et seuls les vainqueurs en tirent profit. Une récupération pacifique de l’Est de la RDC est une illusion. Cessons de rêver.
Un autre heurt, c'est l'infiltration étrangère à tous les niveaux dans toutes les structures. Parmi les généraux capables de faire la guerre et parmi les négociateurs de la paix dits congolais à Washington ou à Doha, il y a des infiltrés de l’ennemi. Ils sont connus et ne se voilent pas la face. Dans leurs déclarations se perçoit toute l'ambiguïté de leur mission. Les discours des facilitateurs dits neutres sont entachés de partialité évidente. Il arrive que des phrases lancées au hasard (?) reprennent mot à mot  la rhétorique de l’ennemi. 
En fait, la confusion est totale; nous ne savons pas qui est qui. Ni qui est avec ou de nous, ni qui est contre nous. Il y a des Congolais qui ne sont pas congolais dans leur esprit, prêts à trahir, à tuer nos frères et sœurs, et à piller nos ressources. Pour qui roulent-ils? Certains leaders politiques possèdent une double nationalité. D'autres demeurent étrangers, mais occupent des postes sensibles. Qui est qui? Question sans réponse. Où va le pays ? Nos leaders estiment, peut-être sans y croire ou obstinément, que le pays va dans la bonne direction. L’histoire jugera. Qu’ils entendent les cris du peuple que nous sommes. 



Adieu Richard Kapanzi Mungundu (1960-2025)

Avec tristesse je viens d'apprendre la mort de Richard Kapanzi à Kinshasa. L'enterrement est prévu pour demain le 10 octobre 2025. Que son âme repose en paix!

Kapanzi de Kimbau me suivait de deux ans au petit séminaire de Kalonda. Il venait de Ntumbuta. Une foulure mal sojgnée au sport l'a rendu infirme, boiteux jussqu'à ce jour. A l'époque, j'avais exprimé ma révolte auprès des autorités pour cette négligence. Comme pour dire que certaines personnes ont des séquelles de leur séjour à Kalonda. 

La dernière fois que j'ai revu Kapanzilo, c'était à l'occasion de la première communion de mes nièces Mawana en juillet 2012 à Kingabwa. Pascaline m'a appris que sa première épouse était une cousine à nous du côté Kimwanza. Ils ont eu deux enfants. 

Wenda mboti Richard kwena bakhaka mwan'etu. Nzambi kakumonga mu ngemba. Amen. 

8 oct. 2025

Démocratie en Afrique

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur la démocratie en Afrique. Ma pensée reste identique au fil des années. La démocratie est grecque, rendons-la aux propriétaires. Elle est complètement étrangère en Afrique. On joue la comédie, a jadis écrit Zinsou. Je ne trouve pas une meilleure expression pour décrire les scènes rocambolesques auxquelles l’Afrique nous fait assister. A voir de près, la démocratie est un faux semblant, une farce de bon goût. Le président camerounais Paul Biya a 92 ans, le président ivoirien Alassane Ouattara 81 ans, le président équato-guinéen Obiang et le président Sassou Nguessou au Congo sont aussi octogénaires. Ils totalisent chacun ou presque plus de vingt ans de pouvoir et ont mis en place des mécanismes très efficaces pour s'éterniser à la tête de leurs pays. Inamovibles, imperturbables, ces guides providentiels règnent comme des rois et empereurs sur leurs pays. Sans concession ni partage. Un pouvoir absolu justifié et maintenu par la démocratie. Allez-y savoir. Quelle démocratie ? Le président africain ́n’est pas un individu mais un système téléguidé par des forces externes et internes au profit desquelles il travaille. Ses maîtres ont le dernier mot, pas le peuple.

Je lis sur RFI que M Paul Biya vient d’entamer sa campagne à Garoua à seulement cinq jours du scrutin présidentiel. Rationnellement inconcevable, mais pragmatiquement vrai. A-t-il vraiment besoin de cette propagande? Mais les résultats sont connus, selon le commun des Camerounais. Que ferait-il encore qu'il n'a pas fait pendant sa quarantaine d'années de pouvoirs? Il sera réellement élu, massivement réélu comme si les Camerounais n’avaient pas d’autres candidats. Je parodie: "Vous voulez le changement la stabilité et la sécurité, votez Paul Biya, votez, ne raisonnez pas." C’est ça la démocratie, la logique des présidents africains leurs thuriféraires. Tous sont les mêmes: j'y suis, j’y reste. C’est pas nouveau. Inteliggenti pauca!

4 oct. 2025

Mme Schmitt a 90 ans aujourd'hui

4 octobre 2025. Aujourd’hui, Mme Traudl Schmitt totalise 90 ans de vie sur cette terre des hommes. Je rends grâce et gloire à l’Eternel Dieu pour ses merveilles et tout ce qu’il a accompli dans la vie de Traudl. Je remercie l’heureuse nonagénaire pour sa présence dans ma vie. Du fond de mon coeur, je lui présente ma profonde gratitude. J’écris en désordre, qu’importe? L’essentiel pour moi est d’exprimer ma pensée telle qu’elle vient de mon coeur. S’il est des personnes avec lesquelles j’ai lié en quelque sorte mon destin, Traudl est l’une d’elles. Je la respecte et lui suis reconnaissant parce qu’elle m’a rencontré et soutenu à une période difficile, douloureuse et décisive de ma vie. Et jusqu’à ce jour, elle est restée avec moi, toujours attentive à ma vie, ma confidente. 

5 août 1994. Premier vendredi du mois: visite et distribution de communion aux personnes âgées ou malades. Je venais d’arriver d’Enney à Wurmlingen pour un ministère de deux mois à la paroisse St Gallus. J’avais à célébrer mes 11 ans de sacerdoce deux jours plus tard. Entretemps le 25 juillet était décédée à Kenge ma sœur bien-aimée Anne-Louise.  C’est dans ces circonstances psychologiques et spirituelles que j’arrivai sur Goethestraße pour accompagner Mme Pia, sa maman presque centenaire. Tout était chronométré comme les Allemands savent le faire. Trés gentille, Mme Schmitt m’a proposé un verre d’eau avant que je reprenne mon vélo pour la visite suivante. Le temps était trop court. "Mon père, je sais comme c’est dur de perdre un être cher si jeune. Moi-même j’ai inopinément perdu mon mari en janvier dernier. Si vous avez envie de parler ou d’une aide quelconque, n’hésitez pas." 

La porte de la maison de Traudl s’est ouverte depuis ce jour-là. Je ne saurais dire combien de fois je suis retourné à Wurmlingen. Notre contact a dépassé nos deux personnes pour s’étendre à nos familles et amis réciproques. J'ai ainsi connu Meta, Gerhard et Ursula Neipp, Carlo, Arnold et Gisela, Anita Steiert, son cousin l’abbé Peter Mettenleiter, les familles Becks, Leibinger, Schmied, Günter Zuffel, Irmgard Schmitt, Tante Ida à Heilbronn, etc. Cette rencontre fut providentielle car Traudl venait ren quelque sorte remplacer ma toute première bienfaitrice, Mme Thérèse Weingärtner d’heureuse mémoire morte en mai 97 à 92 ans. Oui ́la Providence a réglé tout pour moi. Ich bin gebenedeit. Ces deux dames m’ont assuré un confort financier et matériel inestimable, pour lequel je les remercie infiniment. Combien de fois sont-elles venues toutes les deux me rendre visite à Enney?

Depuis août 1994 jusqu'à ce jour, Traudl et moi sommes en contact permanent. Jamais nous n’avons passé une semaine sans nous parler. 31 ans d’amitié sans interruption. Nos conversations étaient très instructives. Ancienne secrétaire de direction dans une entreprise de fabrique d’instruments chirurgicaux, Traudl parle couramment l’anglais et le français. Elle a assisté à la défense de ma thèse doctorale à Fribourg et a offert le cocktail de circonstances. Elle m’a énormément aidé pour mes publications chez Peter Lang, et je possède une version "pirate" de mon second livre avec elle sur la couverture. Elle a toujours été là pour moi, mes frères et amis. Elle connaît Rigo, Donat, Nicolas, les pères Kiosi, Mombo, Mifuku, Kisambu, tout comme Bernardin Mbuku, Albertine Kuketuka. Merci Traudl.  

Traudl appartient au cercle très fermé  de mes amis et confidents:  "Mein Freundeskreis". Elle a été parmi les rares personnes qui m’ont accompagné dans le processus de ma renonciation au sacerdoce. Elle n’était pas d’accord, mais a compris et accepté ma décision. Un moment pivotal de ma vie. Et si j’ai tenu bon, c’était aussi grâce à son soutien moral. Jamais elle ne s’est permise de me le reprocher. Elle a toujours cru en moi. Mére attentionnée, elle n’a jamais cessé de s’enquérir sur ma santé, mon travail, ma famille, voire ma situation financière et matérielle. Signe évident de la solidité de notre relation.

Ayant remarqué chez elle des capacités d’écriture, je l’ai en bon littéraire encouragée à écrire et publier ses poèmes. Pendant plusieurs années, elle publiait régulièrement des reportages sur des activités culturelles de Wurmlingen dans le journal Gänzbote de Tuttlingen. Artiste-peintre à ses heures de loisirs, Traudl a réalisé un portarit de moi que j’appelle: Der Terrorist. Je l'ai également initié à l’usage de l’ordinateur, de Callserve et de Skype. Depuis quelques mois nous utilisons Teams pour communiquer. Avec le poids de l’âge elle marche avec une poussette de marché, a des trous de mémoire, oublie beaucoup, se perd si le raisonnement est complexe. Mais dans l’ensemble, elle reste lucide. La solitude la rend anxieuse, soucieuse, voire dépressive. J’estime pour ma part qu’elle "vieillit bien quoiqu’elle prétende le contraire. "Mir geht es nicht gut. Das Alter und das Alleinsein sind meine Probleme", ne cesse-t-elle de me dire. Je la comprends.  

"Liebe Traudl, 
Herzlichen Glückwunsch zum Geburtstag. Alles Gute, Schöne und Liebe für das neue Lebensjahr. Inneren Frieden, Gesundheit und Freude.  
Gott sei gepfiffen, bejubelt und geehrt. 
Amen"