14 nov. 2025

Un grand coeur

S'il est des vertus que j'ai prônées dans ma vie, c'est entre autres la gratitude et l'honnêteté.  Elles vont ensemble. L'ingrat n'est souvent pas honnête comme l'honnête n'est souventnpas ingrat. La malhonnêteté rime souvent avec l'ingratitude. Est honnête celui qui est reconnaissant, et vice verça. C'est le propre de l'homme honnête d'être reconnaissant. C'est le propre de l'ingrat d'être malhonnête. Comme j'aime soutenir que je vis au passé, je n'ai jamais oublié la générosité de mes bienfaiteurs et bienfaitrices; je n'ai jamais oublié toutes les personnes qui m'ont fait du bien, certains même m'en ont fait a contrario. Mon assez bonne mémoire me permet de retenir des détails que d'autres ont oubliés. A dessein, je la brandis souvent pour fasciner mes proches, sauf mes frères et soeurs consanguins, héritiers eux aussi d'une bonne mémoire. Merci Ngudia Miledi mia Khatu de pieux souvenir. 

Je n'ai jamais oublié un bien, fut-il minime ou insignifiant, qui m'a été rendu. Je suis éternellement reconnaissant envers tous ceux et toutes celles qui m'ont manifesté amour et sympathie. Oublier ces personnes comme ignorer leurs bienfaits reviendrait à me vouer à la géhenne de feu. Cinquante-huit ans après l'avoir vue pour la dernière fois, je garde encore présent dans mon coeur un tendre souvenir d'enfance pour Félicité. C’est ce que j'appelle la grandeur du coeur. D'autre part, je n'oublie jamais un mal ni un tort qu'on m'a faits quoique j'aie pardonné. Il y a quelques années, j'étais profondément blessé par des propos mensongers tenus contre moi dans une affaire que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. J'ai découvert le démolisseur, et je lui ai pardonné. Ce mensonge a marqué ma vie; je l'ai déjà plusieurs fois évoqué dans ce blog. Le mensonge fait très mal lorsqu'on en est innocent victime. Un menteur est un bourreau, un meurtrier pire que l'assassin ou le persécuteur des martyrs. Il torture l'esprit et la conscience de la victime, sommée de se justifier souvent sans connaître les mobiles de ces agissements. Mensonge, tricherie, jalousie, vol et corruption vont aussi de paire. Là je vais loin de mon propos initial, bien que cette digression concerne le contraire du grand coeur. Revenons-y. 

Les gens sont tellement ingrats qu'ils oublient à la moindre faille tous les biens antérieurs dont ils ont bénéficié. Certains reconnaissants se transforment en ennemis jurés dès que la roue tourne contre leurs voeux. Rares, et heureusement qu'il y en a, sont ceux et celles qui comprennent que le robinet pourrait un jour cesser de fournir de l'eau. La cause serait soit un dysfonctionnement technique soit un tarissement du puits ou de la source. Ayez l'argent, vous avez des amis. L'argent terminé, vous êtes oublié et abandonné à votre triste sort par ces mêmes amis. Vous n'avez jamais eu l'argent, vous êtes la risée, le maudit, l'infortuné et vous n'interessez personne. Un sous-homme. C’est ça la vie. C’est cela la vraie vie. Pas la fable des romans mais la rèalité cruelle vécue au quotidien. Le château de Charlottenburg existe encore à Berlin, mais sa propriétaire n'y a dormi que dans un petit coin de son immense chambre. Et elle l'a laissé à une postérité impériale ou nationale qui a oublié la bâtisseuse mais bénéficie des rentrées touristiques que génère le château-musée classé patrimoine berlinois. Don't touch! Reconnaissance nationale est rendue à la héroïne féerique. Comme quoi, le Berlinois a un coeur grand comme ça.

13 nov. 2025

Séparation de couples

Je croyais connaître les hommes mais je me trompe chaque fois, surpris par la réalité de la vie. La vie nous met devant des épreuves inattendues et surprenantes. J'ai suivi le drame d'un couple séparé après deux semaines de mariage; la dame s'est envolée avec un vieux monsieur "friqué" rencontré à la féte nuptiale. Un autre couple s'est séparé après près de treize ans de mariage. Les deux cas se ressemblent parce que ce sont les femmes qui en sont la cause. Coup de foudre et goût de l'argent. Le premier cas relève d'une émotion passionnée et incendiaire, et le deuxième d'un froid calcul de gains et avantages financiers. La femme part  attirée par le regard insistant d'un invité qui sait faire vibrer son coeur comme jamais auparavant.  La femme déguerpit dès que l'argent de son époux finit, prête à s'offrir au prochain client contre des espèces trébuchantes et sonnantes. Tendresse et sécurité financière sont des causes dévastatrices de mariage. Donnez-lui la tendresse, elle cherchera l'argent. Donnez-lui l'argent, elle cherchera la tendresse. Eternelle insatisfaite! Féministe, s'abstenir! La leçon est apprise. 

11 nov. 2025

Grand Séminaire de Kalonda: 47 ans d'existence

12 novembre 1978 - 2025: 47 ans depuis que le Grand Séminaire St Augustin a été inauguré à Kalonda par SE Mgr Raphaël Lubaki, évêque coadjuteur de Matadi et président de la CEPKIN de l'époque.

J'ai déjà relaté cet événement antérieurement. Cette année-là, j'étais régent au petit séminaire de Kalonda avec mon ami Faustin Antoine Mampuya d'heureuse mémoire. J'assistai à la naissance de cette institution ecclésiastique qui aura entre-temps formé quelques centaines de prêtres. Je vécus en septembre-octobre 78 dans la même communauté que les abbés Boniface Ndoy et Jean-Valère Mbuluku, pionniers fondateurs, avant que ces derniers n'aménagent dans leurs propres locaux. Je revois la messe célébrée en présence des évêques du Bandundu (Biletsi d'Idiofa, Lesambo d'Idiofa, Mayamba de Popokabaka, Mbuka-Nzundu de Kikwit, et M'Sanda de Kenge), de nombreux prêtres, religieux et religieuses venus des quatre coins de la province. C'est à la séance académique inaugurale, tenue juste après la messe, que nous fûmes informés par l'abbé recteur du nom du saint patron de l'institution qui naissait sous nos yeux. Une quarantaine de séminaristes servirent en quelque sorte de cobayes. Je cite quelque noms au hasard: Georges Molo, Victor Mesongolo, Titus Ndala, Claude Ozankom, Paul Lusengi (transfuge de Mayidi), Gaston Kibefo, Georges Mbukamundele, Sawana, Berro, etc. Inongo n'avait pas envoyé de séminaristes cette année-là. Je garde de bons souvenirs des débuts de ce grand séminaire.

Pensées pieuses pour tous ceux et toutes celles, morts ou encore vivants, qui ont travaillé sur ce beau plateau, pour les formateurs, pour ceux qui y ont été formés. Que ce foyer intellectuel et spirituel brille toujours dans ce pays qui se trouve meurtri aujourd'hui par la guerre et l'insécurité, la pauvreté et l'insalubrité. Qu'il contribue au règne de la paix et de l'amour entre les hommes de ce monde. Vive le Grand Séminaire St Augustin de Kalonda. Dieu le bénisse!     

Abbé Charles Kapende ordonné il y a 53 ans


 

Kenge, 12 novembre 1972 - 2025: L'abbé Kapendson Fils aurait accompli 53 ans de sacerdoce s'il avait vécu jusqu'à ce jour. Pieuses pensées pour notre aîné et formateur. Paix à son âme! 


5 nov. 2025

On ne change pas l'histoire

S'il y a un problème qui gangrène la RDC, c'est la falsification de son histoire. Les débats sont nombreux, houleux et passionnés à ce sujet. J'y reviens après avoir lu une interview de Mgr Faustin Ngabu, évêque émérite de Goma, qui vient de nous quitter. Paix à son âme! Mgr Ngabu est de ceux qui défendent la présence des Banyarwanda en RDC avant la période coloniale. C'est un débat fondamental pour comprendre les soubassements de la guerre d'occupation qui sévit dans l'est de la RDC. J'ai jugé intéressant de publier verbatim sur ce blog les réactions de quelques amis à cette interview.

CM: "Oui Arthur. J'ai relativement bien connu Mgr Ngabu, ami de Mgr M'Sanda. Plus d'une fois, je l'ai entendu discuter de la nationalité des Banyarwanda. Par lui j'ai connu Mr Rwayitare et Mgr Kanyamachumbi, ancien secrétaire général de la CEZ. Il était un Tutsi pur et dur, comme Mgr Dheju ou Mgr Gapangwa. Quand il était président de la CEZ, il imposait aux autres évêques cette vision de l'histoire. Il s'est vraiment engagé dans ce débat. Etc."

RN: "Paix à son âme! Mais la version qu'il donne de l'origine de la présence des Banyarwanda au Congo n'est pas seulement contestable. Elle est absolument fausse. Des écrits émanant des auteurs sérieux existent, qui le démontrent. Mgr, qui s'improvise ici historien, oublie de faire mention des guerres sanglantes qui ont opposé les Bami Banyarwanda aux chefs tribaux de l'actuel Kivu. Le dernier d'entre eux s'appelait Rwabugiri. Il est mort en 1895 sur l'île d'Idjwi, quand il tentait de rejoindre le Ruanda, après avoir perdu son ultime bataille contre le roi des Bahavu (Bashi). Après cette dernière tentative de conquête, les deux parties ont été occupées par des puissances coloniales qui n'ont pas mené de guerre de conquête territoriale. C'est une aberration historique que de parler d'une présence des Banyarwanda au Congo avant la conquête coloniale. A l'indépendance, les membres de cette communauté, qui s'appelle elle-même "communauté" et non pas tribu, n'étaient pas autorisés à briguer un mandat électoral au niveau national. Ils étaient seulement électeurs et éligibles aux municipales...."

AP: "J'ai connu ou connais beaucoup de ce genre d'individus à l'Unikin et aux Etats-Unis qui s'illustrent comme ce Mr.- là. Quand Kagame devint leader du Rwanda en 1994  certains Zaïrois devinrent Rwandais! Lors d'une confèrence organisée par la Faculté des Sciences Politiques de "University of Missouri- Columbia" en 1997, javais été le speaker pour parler de la révolution qui avait renversé Mobutu. Bantu ya ANR ya awa kuvandaka na conference yina, ti Robert McNamara, ministre ya ntama ya Defense, baprofs, étudiants, etc. On me posa une question si je connaissais une femme Prof. Zaïroise. Surprise: elle était devenue rwandaise après la prise de pouvoir à Kigali! Plus tard, cette même dame organisa une conférence sur le génocide de tutsi. Général Dallaire (fut à Kigali en 1994, ONU) fut l'invité. Des profs jadis zaïrois (des Etats-Unis) étaient invités comme rwandais tutsi... beaucoup de mensonges..."

EP: "Dans cette affaire tout est faux. Et c'est pour cette raison que cette opération kamikaze perdure et prospère. Leurs parrains, Américains, Anglais, Français, Allemands, sont des hypocrites professionnels."

CM: "Et nous-mêmes, nous sommes naïfs, corruptibles, inconscients de notre sort, prêts à signer n'importe quel pacte pour des futilités immédiates, sans vision lointaine ni patriotisme. Le monde entier se joue et se moque de nous."

Et moi de conclure: "On ne change pas l'histoire". 

1 nov. 2025

Tanzanie: quel gachis?

Fin octobre 2025. Les élections présidentielles tanzaniennes ont accordé un deuxième mandat à Mme Samia Suluhu Hassan. Réélue à 98% comme du temps des putschistes autoproclamés ou des tyrans installés par les producteurs de guides providentiels. La Tanzanie a eu à sa tête des messieurs brillants et unanimement respectés. Citons: Julius Nyerere ou Magufili.  En Afrique aucun président, je dis aucun. n’organise les élections pour céder le pouvoir. Personne. Souvent les résultats sont établis d'avance. Robert Gueï en Côte d'Ivoire. Longtemps nous avons cru que le leadership féminin serait exemplaire, mais ce qui s’est passé dernièrement en Tanzanie, est loin de ressembler à des élections démocratiques, libres et transparentes. L’Afrique entière est abasourdie: opposants emprisonnés ou empêchés de faire campagne. Des protestations ont éclaté, causant la mort de plusieurs centaines de manifestants. Des morts qu’on aurait pu éviter qui entachent la réputation de la Tanzanie. Autrefois les hommes étaient dictateurs, aujourd'hui nous assistons à  la dictature au féminin. Douce comme la femme, mais pire et plus cruelle que celle au masculin. La pragmatique ne préconise-t-elle la primauté féminine dans la formation des mots? Les 98% ne convainquent plus personne. C’est du gâchis, un retour en arrière. Stand up Africa. Stand up Tanzania. Politica politica mani pulite! 

C'est déjà Novembre 25

Oui nous sommes déjà en novembre 2025. Petit à petit, mais à une vive allure, nous allons vers 2026. Le temps passe vite. La longueur dépend beaucoup de l'ambiance environnante: activités, souffrances, joie, travaux pénibles ou légers, etc. La dimension psychologique est très importante selon qu'on est primaire ou secondaire. Moi, je me connais secondaire, je vis beaucoup au passé. C'est pourquoi je garde une certaine fidélité à mes amitiés et contacts passés. Je ressens certains événements passés de façon intemporelle. Je n'oublie jamais une douleur ni une joie, quand elles sont causées par des individus ou des circonstances ambiantes. Surtout en sport ou en musique. Je reste attaché au vieux, pas au présent. Je n'ai jamais réussi à prendre du recul devant certains faits passés. Je suis comme ça, je ne sais pas tourner la page, quoique je m'en accommode. Je n'oublie pas, Dieu m'a donné une assez bonne mémoire. Tout lecteur régulier de ce blog s'en rend compte à un moment ou à un autre. 

Novembre 25. C'est, avec décembre, le crépuscule de l'année. L'heure n’est pas encore au bilan, mais c'est comme presque. J’ai bénéficié d’un temps relativement calme et contrôlé. Deux voyages au Congo, accompagnés d’un saut en Allemagne, en Belgique et en Suisse. Trois nuits à Bonn, Wurmlingen et une nuit à Volketswil près de Zürich.  Des expériences diversifiées. Des circonstances totalement différentes de celles habituelles. Quelques rencontres inattendues, mais pas du tout surprenantes. Je crois avoir déjà tout vu dans ma vie. Au niveau du boulot à Kenge, j’ai été dégommé de mon prestigieux poste de chef sans autre forme de procès. Pas de remise ni reprise. Une cacophonie propre à nos institutions.  No comment. Ça c'est moi, et les autres? 

J’arrête là. Le reste pour décembre et janvier si je vis encore. Sinon beh, contentez-vous de mes gribouillis ou graffitis.