30 mai 2026

Développement participatif ?

Merci cher Diogène pour ce beau texte méditatif et stimulant pour la pensée. On ne peut changer l'histoire quoiqu'elle soit une science utilisée idéologiquement pour servir certaines fins. Oui, c'est vrai, à l'époque coloniale belge, on pouvait parti partir en VW de Kinshasa ou Kisantu jusqu'au Katanga. Les routes étaient bonnes, les cantonniers étaient rémunérés, le travail rigoureusement suivi et contrôlé. Après l'indépendance, tout a changé. Je me souviens avoir vu quelques véhicules et jeeps qui ont roulé sur ces routes. Jusqu'aux années 65-70, certaines étaient encore praticables. Au diocèse de Kenge, des missionnaires partaient de Matari ä Banningville. "Landa muyansi kuna nsiyandi,, nsiyandi ikala lelenzi lelenzi", une expression des missionnaires qui en dit tout. Avec le délabrement progressif des routes, les choix des véhicules ont évolué chez les missionnaires. De la moto à la VW, de la VW à la jeep Land Rover, de la Land Rover à la Toyota. Aujourd'hui rien! J'insiste "rien". C'est quoi le développement ? Il y a certes des routes asphaltées qui se détruisent à la moindre tombée de la pluie. En plus, les bretelles routières sont impraticables. Impossible ou presque d'arriver à Bandundu par la route. C'est ça le développement ? Loin de moi l'idée d'encenser l'époque coloniale glorieuse! Je reconnais que les infrastructures routes fonctionnaient parce qu'il y avait un sens du développement qui n'existe plus aujourd'hui. JMM a tout dit et bien dit. Merci Maître Diogène ! 

Plus on parle de développement, moins on se développe, attendant que le Ciel vienne à l'aide. Au travail chers compatriotes ! 

29 mai 2026

Voici le véritable développement participatif (JM MATUTU)

Prof Abbé Jean Marie Matutu:

Il faut combien de siècles pour en arriver là ? Il n'y a pas de culture naturelle. La culture, c'est tout ce qui transforme la nature humaine et l'environnement, c'est tout ce que produit l'esprit humain pour transformer et humaniser son biotope. Il y en a combien comme ça en 0? Qui sensibilise et mobilise aujourd'hui dans ce sens, à tous les niveaux de notre société ? Impossible de faire de ce modèle une option fondamentale aujourd'hui en RDC? 

A l'époque des Belges, on partait de Kisantu par Kimvula, Bandundu, Kasai jusqu'au Katanga, en voiture et en jeep. Quand les routes ne sont plus une priorité des priorités dans notre pays et en Afrique, peut-on maintenir un tel esprit dans un peuple desireux de progrès,  et donc, de changement? Autrefois on allait à Kimvula en VW, parce que les cantoniers qui entretenaient cette route étaient régulièrement rémunérés officiellement et autrement motivés. Et aujourd'hui? 

Nous assistons impuissants au délabrement de nos routes proncipales et de desserte agricole et, donc, au développement inexorable du sous-développement. Nous attendons que Dieu vienne nous développer par la prière démissionnaire! Dieu qui nous a créés sans nous peut-il nous sauver sans nous? Nous sommes à plaindre, franchement, toutes tendances confondues. Il n'y a jamais eu de développement au monde par procuration. 

Et aujourd'hui, l'histoire nous a appris qu'on ne développe plus, on se développe ensemble et de façon endogène; tout le reste est logomachie rhétorique et paresseuse ou, tout simplement: manipulation et volonté de puissance! C'est mon regard sinon  mon commentaire sur  cette vidéo virale concernant le véritable développement des Strilankais. Hautement symbolique! 

Excellent week-end. 

Jmmatutu

26 mai 2026

Un 24 mai de 90

24 mai 1990. Ce jour-là je me trouvais en Suisse, la nouvelle est tombée comme une bombe, prenant tout le monde par surprise. Le président fondateur du MPR venait de céder à la pression nationale et internationale en acceptant le multipartisme au Zaïre. Ce fut la fin du sinistre parti-état, symbole du despotisme et de la tyrannie de Mr Mobutu. Ce jour-là tout ce qui avait constitué les fondements de la deuxième république s'est effondré comme un château de sable. Retour des noms chrétiens, autorisation de mettre la cravate, de porter pantalon pour femmes, vestes et costumes à l'occidental, etc. Ce jour-là, toute la politique de l'authenticité est devenue caduque.  

Le géant Mobutu Sese Seko, le Léopard, qui dirigeait le Zaire d'une main de fer a mordu la poussière. Le dictateur a, saisissant la gravité historique de son discours, cédé à des instants de condition humaine, au point de perdre son flegme légendaire: "Comprenez mon émotion". Dévasté, impuissant devant l'ouragan de l'histoire pour reprendre sa propre expression, le dictateur Seskoul profondément ému a même versé quelques larmes. Un moment vraiment dramatique quoique des mauvaises langues aient parlé de "larmes de crocodile". 

Le littéraire en formation que j'étais avait suivi et saisi la portée de cet instant. Plus rien n'a été comme avant ... jusqu'à la fatale journée du 17 mai 1997. Une page de l'histoire s'était tournée mais le héros de Gbadolite ou l'aigle de Kawele avait encore tenu sept ans avant de disparaître définitivement de la scène active du pouvoir. Il est mort et a été enterré au Maroc dans l'anonymat et la déchéance, loin de son pays natal. Cette époque correspondait parfaitement à mes recherches sur les mythes, et la descente aux "enfers" de Mr Mobutu étayait de façon évidente les résultats de mes lectures théoriques. Le mythe Mobutu virait à la déchéance et au désastre, ruiné et vidé de sa substance essentielle. Je defendis ma thèse le 12 juin 1997 convaincu entre autres de la finitude de l'être humain quelle que fût sa puissance. 

Ainsi sont tombés tous les héros de l'histoire. Ainsi tomberont tous les puissants d'aujourd'hui. Sic transit gloria mundi et terrae

25 mai 2026

Ce qui se passe dans mon pays m'inquiète

Les bonnes nouvelles sont rares. Guerre à l'Est, insécurité à l'Ouest, tueries à Goma et Bukavu, Kuluna à Kinshasa, voilà le tableau qu'offre mon pays. A Kinshasa, c'est le débat constitutionnel qui bat son plein. Partisans et opposants s'acharnent les uns contre les autres, s'empoignent, s'insultent et se battent pour ou non réviser, changer, amender la Constitution de 2006. Le plus choquant, c'est que ce débat prend une allure violente, agressive et intolérante inattendue. Il en va du maintien ou pas du régime en place, du nombre et de la durée des mandats du président, moyennant réadjustement d'articles dits "verrouillés", etc. Tout porte à croire qu'il y aura changement. Une diversion passionnée qui élude ou met au second plan les dangers qui se déversent quotidiennement sur le pays. Des combats féroces et meurtriers continuent à l'Est malgré les accords de paix signés à Doha et à Washington DC. Hier 24 mai 26, deux drones kamikaze ont été neutralisés par l'armée congolaise à l'aéroport de Kisangani. Je ne vois pas clair. 

Ce qui surprend les non-connaisseurs de la chose politique, c'est la volte-face des politiciens et leurs partisans. C'est comme un cycle historique. On brandit selon que l'on est de l'opposition ou du pouvoir des articles de la Constitution pour en soutenir le statu quo, la révision ou le changement. Un combattant qui jadis récusait mordicus le changement de la constitution devient brusquement un fervent défenseur de sa modification ou révision parce que son parti se trouve au pouvoir. Une stratégie déjà rodée ailleurs en Afrique. Du côté du pouvoir, on rassemble des signatures, on propose un referendum populaire qui va sans aucun doute passer, vu la confortable majorité parlementaire dont il dispose. L'opposition et le parti régnant  précédent qui n'a pas réussi ce coup, s'y opposent farouchement, prêts à descendre dans la rue et à causer des troubles. On tente de les museler. En fait, c'est un cercle vicieux. La logique est simple. Tout tourne autour d'une seule question: rester au pouvoir ou partir du pouvoir? Chaque parti possède sa propre lecture de la Constitution. D'où le conflit d'interprétation des articles constitutionnels, qui laisse couler tant d'encre et de salive. L'intérêt supérieur de la Nation doit être mis au plus haut point. Même une phrase pareille, simple en soi, donnerait aisément matière à plusieurs interprétations. Parole de littéraire apolitique et d'observateur indépendant. Je suis sûr que les autorités et le peuple congolais se montreront sages, ouverts et tolérants pour trouver une solution en faveur de l'intérêt du pays. Une solution patriotique conforme à la devise nationale:  Justice, Paix et Travail.  

Franchement, ce qui se passe dans mon pays m'inquiète. Je ne vois pas clair.

22 mai 2026

Abbé Jean Anatole Sabw in memoriam

 


Quelle triste nouvelle! L'abbé Jean Anatole Sabw Kanyang, prêtre du diocèse de Luiza, vient de tirer sa révérence. Je l'ai connu à Fribourg où nous étions voisins de chambre dans la communauté des Missionnaires de Bethléem, Chemin de l'abbé Freeley. Il était au Foyer St Justin avant monter à Torry. Brillant chercheur, il avait une licence des Facultés catholiques de Kinshasa. Il me fascinait par sa discipline et sa passion pour ses études. Nous échangions souvent sur des sujets d'actualités, sur des amis communs de Luiza ou du Kasaï. Il m'a aidé à atteindre mon ami Jean Roger Lumu de pieuse mémoire. Dans nos dialogues, il en voulait à un collègue qui aurait imité la signature de son évêque pour s'inscrire à Rome. L'histoire jugera. Il possédait une photo-souvenir qui le montrait avec le théologien Hans Küng aux FCK alors qu'il y était étudiant. Comme par coïncidence, il vient de mourir à Tubingue. 
C'était un compatriote agréable, pieux, sage et de bon conseil. Je l'avais présenté à ma bienfaitrice Mme Weingärtner de Munich lors d'une de ses visites à Fribourg. Jean Anatole préparait encore sa thèse de doctorat en patristique à la faculté de théologie lorsque j'ai quitté Torry en mai 92. Nous nous sommes revus à mon retour du Zaïre; nous avons partagé un repas au restaurant de la gare de Fribourg. En juin 94, Jean Sabw m'a appelé pour s'informer de la maladie de ma soeur Louise, alors que je me trouvais à Munich. Depuis, nos voies se sont complètement séparées. J'étais toutefois informé de son parcours par recoupements. Et j'ai même lu sa thèse à la bibliothèque de la SOAS, à Londres: Episcopus et plebs: L'évêque et la communauté ecclésiale dans les conciles africains (345-525) (Bern, Peter Lang: 2002). Quel travail de bénédictin! Chapeau! 
Va en paix cher frère et ami Jean Anatole. Des souvenirs de nos discussions et de la vie  communautaire à la maison de Bethléem me  reviennent. Je pense avec gratitude aux braves missionnaires de Bethléem: PP Bruno Fürer, François Lovis, Georges Conus, Jean Cottet, Jakob Baumgartner, Frère Bernhard Döbelin et André Gachet, qui nous ont offert un cadre spirituel et humain propice à notre développement intellectuel. Je pense à nos rencontres à la bibliothèque de théologie où tu me demandais si je ne m'étais pas égaré. Je pense à certains commentaires que tu émettais sur la politique, l'église, la musique, la vie, Je pense, je pense,.... 
Adieu Jean Anatole ! Te voilà parti ad patrem. Condoléances mutuelles à ta famille biologique et au diocèse de Luiza pour cette perte énorme. Tu as servi l'église jusqu'au bout. Que tu reçoives la couronne des élus du Ciel! Amen!

19 mai 2026

19 Mai: Baptême

J'étais baptisé le 19 mai 1957 par le père Joseph Malfliet SVD à Kimbau. Parole de mes feux parents! Mais dans le registre des baptêmes de la MC Kimbau, c'est le père Tromp qui a signé comme célébrant de la cérémonie. J'ai eu la joie de revoir le père Kayefwa alias Tsia Mutombu à Bruxelles en juillet 1982 en compagnie des pères Van den Broeck et Mario Estepa SVD. De taille modeste et svelte, tel que je le voyais dans les photos, le brave missionnaire était déjà à la retraite dans un foyer pour personnes agées. Paix éternelle à son âme! 

J'ai grandi dans la foi catholique. J'ai suivi une formation litteraire au petit séminaire de Kalonda, philosophique au grand séminaire de Mayidi et théologique à l'Urbaniana à Rome. Même mon doctorat  es lettres a été obtenu dans une université catholique à Fribourg. J'étais prêtre diocésain de Kenge pendant quinze ans avant de m'orienter vers l'enseignement universitaire à Berlin, puis à Cave Hill et récemment à l'ISP Kenge. Jusqu'à ce jour je professe la foi catholique: Et unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam. Confiteor unum baptisma. Jour de louange et de prière. Que le Seigneur me garde et me protège.

16 mai 2026

Solution à l'insécurité à l'Est

Après le sommet Africa Forward 2026 tenu du 11 au 12 mai 2026 à Nairobi, les Congolais ont jugé mitigées les déclarations du président français Emmanuel Macron ä propos de l'insécurité à l'Est de la RDC. Une version plus assouplie et étendue de la sinistre Frane-Afrique, pilotée par la France. En appelant victimes et agresseurs au "dialogue", ce dernier refuserait de condamner le Rwanda. Il soutiendrait par contre l'intégrité territoriale de la RDC. Ce discours ambigu envoie un signal contradictoire au peuple congolais. Cela s'explique par le fait que les intérêts français dans l'exploitation des minerais congolais via Kigali sont énormes. Ce n'est donc pas de la France qu'il faudrait attendre une solution acceptable à ce conflit. Ni d'aucun autre pays. 

Depuis plusieurs années, je ne trouve personnellement pas d'autre solution à mon la crise de l'Est de la RDC que la guerre. La diplomatie apporte certes des résultats positifs, mais elle ne suffit pas à éradiquer l'occupation du pays par des forces étrangères. L'Occident n'est pas préoccupé par le bien des Congolais, mais par les matières premières dont regorge ce pays. Et le Rwanda leur parait plus sûr que la RDC. Aussi simple que cela. Il revient aux Congolais de prendre leur responsabilité, de s'armer et de défendre leur territoire. Le reste, c'est de l'opium pour endormir la galerie. Je ne crois pas au discours diplomatique empreint d'ambiguités. Les décisions prises dans des bureaux feutrés des palais occidentaux n'ont aucun impact sur le terrain oriental congolais. Ces leaders n'ont aucune idée des crimes et souffrances impitoyables qu'endurent nos compatriotes dans cette partie du pays. Nos compatriotes sont tués, assassinés, terrorisés, les femmes violées, les enfants mis en débandade et séparés de leurs parents. Les envahisseurs ont occupé nos terres et villes par les armes, il ne faudrait pas attendre qu'ils partent pacifiquement, même à la suite d'une diplomatie persuasive. La guerre est inévitable pour en finir avec ce théâtre criminel et sanguinaire. Pro patria mori.

15 mai 2026

La mendicité comme occupation

Je connais à travers le monde des gens qui vivent de la mendicité. Ils n'ont pas peur ni de gène à demander de l'assistance. Ces gens passent maîtres dans l'art de la mendicité. Dotés d'une capacité de persuasion, ils savent ouvrir même les mains flambeaux, comme on disait jadis au Zaïre. Par tous les moyens, ils arrivent à vous soutirer quelque chose, sous peine de vous laisser dans le regret ou la culpabilité au cas où vous seriez inflexibles. J'en connais qui n'entretiennent de relations que d'intérêt, et qui vous repoussent au moindre faux pas. C'est souvent une chaîne: la mère ou le mari intercède auprès de l'âme généreuse pour que le butin soit décroché. Par une sorte de harcelement bien nuancé, par une insistance adéquatement dosée ou calculée, ils obtiennent ce qu'ils veulent coûte que coûte. J'en connais trois spécialement qui ont fait de la mendicité leur occupation principale. Ils manquent de tout, mais jamais des mégas pour leurs communications.

Le premier est un homme de Dieu. Chez lui, chaque rencontre avec un inconnu constitue une manne à dons, dont il faudrait tirer le plus grand bénéfice. Un autre se sert de sa maladie pour ne pas travailler mais jouir du fruit du travail des autres. Je ne parle pas des charlatans pasteurs prêts à tout pour faire "sceller" les multiples bienfaits de leurs actions thérapeutiques. J'en connais une, une dame  qui élève ses nombreux enfants toute seule, mais avec l'aide de plusieurs membres de famille. Elle s'arrange sans vergogne à soutirer les dividendes des ayant droit. Elle vit aux crochets de ses frères, soeurs, neveux et nièces, qui se démènent à lui assurer une vie décente. Toute sa vie, elle n'a jamais travaillé ni gagné de salaire. Toute sa vie, elle a peaufiné des méthodes et moyens pour s'assurer la générosité de ses bienfaiteurs, sans jamais rien sacrifier en retour. A se demander si elle éprouve de la gène ou de la honte lorsqu'elle dérange les autres, comme si ces derniers n'avaient aucune responsabilité. Chaque relation, chaque coup de fil sonne chez elle comme une demande d'aide, comme si le monde n'existait qu'autour d'elle seule. 

Le troisième, c'est un homme à projets. Démarcheur dans le coeur et dans l'âme, il prévient qu'il a besoin d'un petit quelque chose afin de se prémunir contre la nécessité. Il ne se considère pas comme un pauvre, mais vise des choses spectaculaires. Ses chiffres se projettent en millions, pas en milliers. C'est le genre du prometteur qui n'a jamais rien en mains quand il doit agir ou aider. Pour verser la dot de son épouse, il arrange un scénario tel qu'au final, les autres paient et lui-même ne sort pas un seul sou. A l'occasion du mariage coutumier de sa nièce, il promet une somme qui couvrirait tous les frais manquants, mais finalement on ne voit pas la somme et il ne se présente même pas à la fête des noces. C'est le vendeur de rêves qui n'a jamais rien mais dispose de la parole vive pour laisser les autres intervenir et tout faire. Bon parleur, il impressionne par son langage bien agencé, son raisonnement incisif, logique et rigoureux. Logique? Oui, de sa logique, une logique que lui seul soutient au monde. Maître ès fourberie! Il hait le travail, mais profite du travail des autres. Pourquoi pas? 

L'artiste mendiant contraint son sponsor ou mécène à l'action. Il court le risque de détruire ses relations en culpabilisant son interlocuteur. Il n'a cure des sentiments de ses victimes, seul compte son intérêt. 


14 mai 2026

La politique comme elle va

Je suis apolitique mais j'écris souvent sur la politique. Je l'aborde en littéraire, n'étant ni politologue ni juriste ni même acteur dans ce domaine. Je clame toujours que la politique me sert de portable théâtral pour des réflexions à la fois sarcastiques, rarement sérieuses sauf quand je cite nommément des individus. Domaine sensible, j'aime mieux garder mes distances et me tenir loin des péripéties politiques. Un ancien commissaire sous-régional du Kwilu nous a une fois surpris à Kalonda en déclarant: "L'abbé ici à ma côté (sic) est plus politicien que moi". Il s'agissait de l'abbé Denis Luhangu. C'était en 1975. C'est que l'on peut prétendre être apolitique, mais avoir des points de vue sensés ou crédibles en politique.  

Cinquante années se sont écoulées entre-temps, j'entends entre cet événement et aujourd'hui, la politique demeure identique dans sa diversité et son unicité. Les acteurs ont changé sur le portable, mais la réalité politique demeure la même comme !'eau qui prend la forme de son contenant. Oui en effet l'eau est unique, qu'elle sorte d'un tuyau, d'un sceau, d'une bouteille ou d'un verre. Ainsi en est-il de la politique. La volte-face et l'imprévisibilité même si l'homme ne change jamais fondamentalement caractérisent l'homme politique. L'appât du pouvoir contraint a le politique la contradiction. L'homme politique tient un discours et son contraire selon qu'il en va de son intérêt, selon qu'il est au pouvoir ou dans l'opposition. Il ne tire la couverture que de son côté. Réalisme politique. Ce qu'il a fermement renié hier pourrait lui servir de socle aujourd'hui pour sa carrière. Appelez ce phénomène comme vous voulez, traitez l'individu de tous les qualificatifs les plus indignes, l'homme politique se façonne une image immaculée même s'il est le plus crapuleux des humains. Il y a cinquante ans un politicien détourneur le denier public, s'est enfui avec les agents assignés à sa surveillance, est entré en clandestinité puis en opposition, est revenu au pays, a ete nommé gouverneur urbain, promu ministre d'état. Quel fabuleux parcours ! Aujourd'hui c'est pareil. 

C'est l'observation des comportements des hommes politiques qui m'intéresse. Peu importe le lieu, peu importe le temps, peu importe leurs races ou pays, ils agissent tous de la même façon, oeuvrant dans les marges que leur offrent les textes de base de leur pouvoir. Le script théatral ou filmique est identique. Les querelles individuelles et partisanes ne m'intéressent pas et n'ont de sens que pour la gallerie. Nihil novi sub sole! Plus ça change plus c'est la même chose. 


13 mai 2026

"Kein Weltfriede ohne Religionsfrieden" (Küng)

Das ist eben Hans Küng und sein Konzept des Weltethos. Diese Überzeugung von ihm hatte er lange Jahre verteidigt und bewiesen. Und heute mehr als gestern stimmt alles, genau wie es der berühmte Schweizer Theolog vor vielen Jahren weltweit geäussert hatte. Dass Rom ihm die Missio Canonica entzogen hatte, hatte ich damals für eine Schande gehalten. Die Uni Tübingen hatte ihn nie verlassen. Ich war unter den Theologiestudenten, die linke Ideen oder Verhältnisse positiv ansahen. Ich hatte einen Artikel úber die Taufe geschrieben, den die Zeitschrift Telema nicht veröffentlicht hatte. Der Grund war, weil dieser Text gegen die offizielle Lehre der Katholischen Kirche war. Deutsche Theologe wie Kasper, Rahner, Ratzinger unter anderen waren mir am liebsten zu lesen. Küng war der resizendste, und sogar mein Vorbild. Mein allererster Artikel war durch Küng inspiriert. Pater Simon Boka hatte den Text gefährlich und nicht richtig geschrieben gefunden. Als P De Decker mir es erzählt hatte, war ich sehr enttäuscht, weil ich in dieser Richtung weiterstudieren wollte. Dieser Shock so zusagen war das Ende meines Dogmatiktraums. Gern hatte ich Vorlesungen von Theologen und Vortäge von Philosophen wie Habermas oder Gadamer an der Uni Gregoriana in Rom zugehört. Das war meine Leidenschaft. Sehr wahrscheilich hätte ich eine Doktorarbeit über Hans Küng geschrieben hatte, wenn ich die Gelegenheit gehabt hätte. Dann ich mich entschlossen die Bibel auf Griechisch und Hebräisch lernen und lesen zu können. Wie Sprachen meine natürlichen Stärken waren, war es mir einfach mich damit zu beschäftigen. Aber Küng hatte nich über alles faziniert. Der Mann war mir Ehrlich und wise. Da ist er in meinem Leben wieder anwesend. Sein Begriff "Kein Nationsfriede ohne Religionsfrieden" bleibt wahr für ewig und ewig.

12 mai 2026

Des pasteurs critiquent l'église catholique

Ce thème est connu de tous. Beaucoup de pasteurs des églises du réveil s'acharnent avec passion contre l'église catholique romaine. Une stratégie très sûre pour s'assurer un succès auprès de leurs fidèles. Il s'agit de puiser des fidèles dans ce grand réservoir qui compte plus de deux milliards de croyants. Alors ces pasteurs s'attaquent aussi bien à la doctrine catholique qu'à sa hiérarchie et son clergé. C'est de bonne guerre comme qui dirait. La "sola scripta" luthérienne fonctionne à merveille. 

Un pasteur du réveil s'est dernièrement attaqué avec virulence au culte de la Vierge Marie tel qu'il est pratiqué par les catholiques. C'est à ses yeux un blasphème, de l'idolâtrie, vu qu'aucun passage de la Bible n'en parle ni le recommande. Marie serait, selon lui, juste la mère de Jésus, et ne mérite aucune prière.  Comme c'est un sacrilège que de professer la virginité de Marie, ledit pasteur condamne à la damnation et à la géhenne du feu tous les chrétiens qui la vénèrent. Il condamne de fait, le dogme de l'Immaculée Conception, et out ce que l'église prône dans sa doctrine mariologique. Des devises comme "Totus Tuus" de St Jean-Paul II serait à ses yeux des abérations sans fondement biblique, donc basées sur des hérésies. Or Marie n'est pas une déesse, que je sache: "Sainte Marie Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, ...". Elle a mission de médiation, d'intercession comme d'ailleurs tous les saints du Ciel. Nulle part dans la Bible cette phrase n'est visible. Il combat et récuse la séculaire traditon de la maternité divine de la Sainte Vierge Marie.  

Un autre pasteur justifie la dîme que lui versent Les fidèles par une pratique catholique. Serviteur de Dieu qui exige des billets de banque en Dollars, il s'étonne que les médias le critiquent pour sa cupidité et son enrichissement personnel. Un autre, comme Jesus; "Nalongoli maladi.... scellez la guérison" et les fidèles se précipitent pour déposer leur offrande. Ensuite: "Napesi mabala, Napesi kobota.... scellez avant que la grâce divine ne disparaisse. " Les fidèles reviennent de nouveau avec leurs offrandes. De tous ces chrétiens obséquieux, personne n'osé comprendre que ledit pasteur n' d'autre visée que de gagner de l'argent. On dirait qu'ils sont tous envoûtés. Et pourquoi pas car ces derniers recourent à des pratiques sorcières de domination et d'enrichissement faciles. 

Je m'arrête à ces exemples pour souligner l'impact de la parole des pasteurs sur le comportement de leurs fidèles souvent par les prétendus miracles de leurs pasteure. trop fanatiques et obnubilés J'y reviendrai.

Paix entre les religions

Un ami sri-lankais que je croise à l'église St Francis ne cesse de me rappeler que la religion est derrière toutes les guerres qui se succèdent dans le monde depuis des siècles. Il y a selon lui guerre de religions partout. Il suffit de réfléchir profondément. Les divergences religieuses sous-tendent les relations conflictuelles entre les états. Cette façon de penser au théologien suisse Hans Küng. 
"Kein Friede unter den Nationen ohne Frieden unter den Religionen" (Pas de paix entre les nations sans paix entre les religions). Une phrase que j'ai retenue du vivant même de Hans Küng souvent répétée lors de ses interviews télévisées tout comme à la conférence qu'il tint en 1991 dans l'Aula Magna de l'Uni Fribourg. Le très médiatique Prof Dr Küng jouissait d'un succès incroyable du temps de mes études universitaires à Rome comme à Fribourg. Ses positions contre certains dogmes comme l'infallibilité du Pape reçurent un retentissement mondial.  Je ne crois pas que mon ami ingénieur sri-lankais ait jamais entendu parler de Küng. En tout cas, il défend avec conviction la même théorie ou thèse que l'homme de Tübingen.
A y réfléchir, il y a des faits patents qui lui donnent raison. Si c'est vrai pour l'actuelle guerre entre l'Iran et la coalition Israël-Etats-Unis, cela ne l'ai pas forcément entre l'Ukraine et la Russie. Mais si hélas! Notre ami remonte à l'histoire des Tzars mongols.... et y lit l'éclatement d'idéologies religieuses défendues par les belligérants.  De là il perçoit au Nigeria, en RDC, au Mali, en Libye, l'ombre furtive d'un conflit avec l'Islam qui n'est pas invisible selon lui. Sa vision des choses montre que le  monde occidental, à s'y méprendre, évolue une islamisation démographique très subtile mais constante. Je vais approfondir ma réflexion à ce sujet. 
Et s'il avait totalement raison??

9 mai 2026

Troisième mandat pour le président congolais actuel?

 ..." si les Congolais le lui demandent." C'est autour de cette phrase conditionnée que partisans et opposants du président congolais s'empoignent. Logique, responsable et normale pour les partisans. Inconstitutionnelle pour les opposants. Le monde politique congolais s'agite depuis plusieurs mois autour de ce débat. Qui a raison? Qui a tort? Difficile de trancher. Tout dépend de l'interprétation des textes et de la notion de démocratie qu'on défend. L'autre point d'acchopement, c'est les élections de 2028. Pas possible si le Nord Kivu et le Sud Kivu ne rentrent pas sous le contrôle du gouvernement central de Kinshasa. Les élections les éloigneraient du centre et les pousseraient à justifier leur démembrement du reste du pays. Tel est le dilemme. Telle est la situation embarrassante et insidieuse que traverse la RDC. Quelles sont les voies de sortie de guerre? Dialogue inclusif, referendum pourraient constituer des moyens pour solliciter la volonté des citoyennes et citoyens congolais. J'estime pour ma part que, malgré les passions des uns et des autres, les Congolais sont assez mûrs et réalistes pour trouver une solution négociée pour le plus grand intérêt de la nation. Entre la poursuite d'un autre mandat, un glissement de fait qui ne dit pas son nom, et une paix incertaine sur toute l'étendue de la république, il y a lieu de se fier à la responsabilité commune et unanime des Congolais. Entre une dérive dictatoriale pour les opposants et un consensus referendaire salutaire pour les partisans du pouvoir, l'intervalle s'avère quasi impossible à gérer. La réalité est que dans sa qualité de garant et de commandant suprême des armées, le président possède assez de marge de manoeuvre pour justifier sa vision et le soutien de ses partisans. C'est l'insécurité à l'Est qui conditionne tout: il faudrait absolument réunifier le pays avant de parler d'élection. Attendons voir. Pour moi apolitique et littéraire, seules la paix et l'intangibilité des frontières nationales comptent. La paix ne s'obtiendra qu'à la fin effective des hostilités séparatrices ou sécessionnistes qui balkaniseraient le pays. Et ce sera par la force des armes. Les individus passent, la nation reste. Pro patria mori. 

7 mai 2026

Pourquoi le FC Bayern a-t-il perdu contre PSG?

6 mai 2026. J'ai suivi les deux matchs entre PSG et le Bayern presque intégralement à l'aller comme au retour. Deux matchs de très grande intensité. Je l'ai dit à Sera: le Bayern concède trop de buts. Donc defense perméable, goalkeeper en déclin, milieu de terrain deficient, lenteur à l'attaque. Des pertes de balle parfois trop faciles pour des professionnels grassement payés. Paris a compris cela et a enchaîné des contre-attaques dangereuses. PSG était compact, solide en défense, un gardien jeune et efficace, une attaque très rapide prête à semer le danger à tout moment dans le camp bavarois. La pression s'est établie dès les premières minutes. Stratégie parfaite. Bravo PSG. 

Le FCB a perdu cette demi finale parce qu'il n'a pas joué son jeu habituel, victime de son propre système de jeu. L'école de Cruyff Guardiola a fait son temps. 

La finale PSG vs Arsenal s'annonce dure et intéressant. Il n' y aura pas forcément du beau football. PSG possède un léger avantage, étant le champion en titre qui va tenter le doublé. Arsenal a démontré qu'elle est la meilleure équipe de ce Champions League. Clean sheet... Victoires et matchs nuls, aucune défaite. La légende veut qu'une équipe anglaise en finale gagne la coupe. Entre expérience et tradition, nous sommes devant un quitte ou double. Le suspense reste entier. Il y aura bien un vainqueur et c'est cela la beauté du football.

How are we doing?

"How are we doing?" This is the question or the greeting sentence Fr Omaris uses to start his Sunday homily at St Francis of Assisi, Barbados. The congregation appreciate it because it shows a proximity of heart and feelings, a whole of togetherness and  tight binding between the pastor and his christians. But there is more than just this yo say about the responses. 

"Good", "well" or "I am fine". I personally respond "surviving' and people are surprised, try to smile or just continue the conversation. And this is not usually the purpose of the question. All is protocol sofar. But there are many other surprising responses to the same question? 

"I can't complain", older or mature people say. Meaning I am good and it can't be any better. I take it as it comes. Senior people often add that "I wish it could be better".  Others invoke Gold's blessings and graces. "I am blessed by the grace of God". The most interesting I ever heard was from a colleague on campus who would great his friend by saying: 'Mussels" expecting the other to say the same word. The response depends on the place, the quality of relationship between the individuals, the level of speech (private, official, popular or even vulgar). The response comes out according to a certain protocol or social habit. 

"Are you still alive?", and the spontaneous response is: "Did you send somebody to kill me?". This agressive statement is sign of a very closed acquaintance. Violent words, but yet pleasant=and friendly. Please pay attention to the responses raised by the simple question "How are you" and you will be surprised. 

5 mai 2026

Education, oui mais quelle éducation?

Ecole coloniale? Les colons nous ont imposé un système scolaire pensé par eux pour les colonisés. Il y a des Congolais qui ridiculisent cet aspect au lieu de reconnaître que ce système répondait à leur mission principale. Il visait non pas le développement du colonisé, mais bien l'exploitation mentale et matérielle des colonisés. C'était l'éducation du "fais ceci fais cela", ou d'obséquosité. Le but était de comprendre les ordres du maître et de les exécuter. Pas plus. 

Ouverture au monde. J'ai suivi une interview du Père Ekwa, mémorable responsable de l'éducation catholique congolaise entre 1960-75 et plus tard président du Cadicec. Voilà un produit du système colonial qui, chiffres à l'appui, a admis les bienfaits de l'école occidentale. Celle-ci, selon lui, offrait la possibilité aux enfants africains de s'ouvrir au monde, de rivaliser avec les enfants du reste du monde entier. Fils de chef coutumier, il a bénéficié d'une éducation exemplaire qui l'a amené à devenir jésuite, c'est-à-dire membre d'une congrégation religieuse réputée pour la qualité de ses écoles et l'excellence de ses élèves. Je crois savoir qu'il a rendu d'énormes services à la nation congolaise. Contrairement aux radicaux révolutionnaires anti-coloniaux, le Père Ekwa a été de ceux qui ont opéré, avec un succès relativement remarquable, une transition raisonnable entre l'école du Congo-Belge et l'école de la RD Congo. Moi qui ai commencé la primaire en 1963, me situe dans cette trajectoire. Respect et gratitude. 

"A-t-on jamais vu une entreprise où l'on engage des philosophes?" Question apparemment comique par Mr Eliézer Tambwe, mais qui comporte une certaine vérité. Que fais-tu avec un diplôme de latin-philosophie? Je comprends d'où la question vient, mais je n'oserais jamais supprimer la section latin-philosophie du système scolaire. Ce serait pour moi comme renier ma propre formation, ma mission fondamentale d'homme et d'enseignant. A l'université des West Indies, j'ai été directeur de l'école des études supérieures ou école doctorale. On ne force pas le talent. Tout le monde n'est pas appelé à manipuler des machines ni à piloter un avion. Que deviendraient les artistes musiciens, comédiens, peintres ou sculpteurs? Et les sportifs, les médecins, les enseignants, les commerçants? Il faut du tout pour faire un monde, dit un adage. Les sciences humaines comme les sciences exactes sont utiles au pays. Au pays d'identifier et de privilégier ses besoins, et dès lors d'investir dans les domaines les plus immédiatment rentables. Au lieu de poser ou de résoudre cette question scolaire dans la mêlée, il y a lieu d'établir un plan bien ciblé à court ou à long termes, qui tenterait de résoudre synérgiquement tous les problèmes du pays. 

A une époque, l'examen de maturité orientait les élèves vers les différentes facultés universitaires. Déjà au niveau du secondaire, chaque enfant était guidé vers telle ou telle école, sélectionnée, technique ou professionnelle, selon ses aptitudes. Ngudia Miledi mia Khatu, ma défunte mère, me parlait de "kalasi dia kipati kia biodi" (classe de manioc trempé pendant deux jours dans l'eau) pour désigner l'école pédagogique de Kingungi. Suku et yaka peuvent comprendre cette expression. En fait, les colons avaient institué une formation accélérée d'une année des maîtres afin de pallier à la carence du personnel enseignant. A peine partis de Kimbau, les candidats revenaient de Kingungi une année après truffés du prestigieux titre de "maître".

Une école africaine pour les Africains? Une école congolaise pour les Congolais? Je n'en disconviens pas, mais à quelle condition? Le fait que l'école, dans sa forme actuelle, nous soit venue de l'Occident, n'en fait pas moins l'objet d'une critique interne ni d'une réforme constructive. Il ne s'agit pas de faire table rase de tout ce que les colons ont implanté chez nous, mais d'en discerner ce qui est bien et nécessaire pour notre développement intégral. L'école doit avoir pour objectif d'outiller l'élève avec des capacités utiles pour servir sa société, son pays. A l'état d'assurer l'administration et l'organisation de l'éducation nationale. Il s'agit d'intégrer judicieusement toutes les aptitudes dans un cercle national.

Frère Adolphe Vandal, fondateur du Lycée Mikembo

Une petite observation de ma part, Abbé Robert LUSILU BIPA :

Adolphe VANDAL UBA BOOS fut un religieux (Frère Joséphite de KINZAMBI) et non un Père, c'est-à-dire, prêtre. Il n'avait jamais donné son nom aux écoles qu'il créait.

Pour l'immortaliser, j'ai créé le C.S. Frère Adolphe VANDAL à KAMWENI/KOLOKOSO. A ce jour, une école "Institut VANDAL" est aussi implantée à KIMWELA/MASAMUNA.

Ce lycée commence à NZANZU sous le nom de MIGIEMBU, un village enclavé et difficilement accessible, avant de l'implanter à MASAMUNA sur la route nationale. Ce passé est-il aussi inclus dans le temps jubilaire ?

Il ne serait pas aussi inutile de comparer cette historique avec les écoles créées dans la foulée par le Frère Adolphe VANDAL : Institut MOKWEN/DUNDA, Institut WAKANA/KIMAFU, Lycée KIMWELA/TSAKALA-NZADI, aujourd'hui Institut MUSAKA à MUSAKA...

4 mai 2026

50 ans du Lycée Mikembo


 [10:18, 5/4/2026] kahiudimabana: J'y ai co-enseigné, avec Faustin Mampuya, la religion en 6e en 1978-79. Que des souvenirs! Merci de me reconnecter avec mon passé.

[10:25, 5/4/2026] kahiudimabana: Je crois qu'il y a erreur de date. Ce lycée a commencé en 75, nous étions en 6e. Et les filles sont venues à Kalonda animer lors d'une visite du commissaire de région Kabangu: "E tata Kabangu tumuyambi... Tumuyambi na Masi e na Kalonda na esengo"... 

Le lycée Mikembo fait en quelque sorte partie de mon parcours. C'est là que pour la première fois de ma vie je me tins devant des étudiantes pour enseigner un cours. J'ai déjà évoque ce passage sur ce blog. Il totalise 50 ans d'existence. J'imagine que l'année 1976 a été retenue comme celle de sa reconnaissance officielle par les autorités gouvernementales. Je me souviendrai toujours du Frère Vandal, joséphite de Kinzambi et fondateur de ce lycée comme d'autres écoles. La première fois qu'il est passé à Kalonda, l'abbé Firmin Kilunga nous a rassemblés au refectoire pour une prière spéciale des vocations. A l'époque, le petit séminaire de Kalonda n'avait pas encore produit aucun prêtre pour le diocèse de Kenge. Tel était l'objet principal de sa prière. C'est lui qui nous parla des 3 S: Sainteté, Sagesse et Santé, si ma mémoire est bonne. Frère Vandal a consacré sa vie au service de l'éducation, créant contre vents et marées, des écoles non viables et qui devinrent plus tard agréées par le ministère de l'éducation. 

Longue vie au lycée Mikembo. Je peux prétendre de figurer parmi les pionniers de ce lycée de Masamuna qui a acquis une bonne réputation au fil des années. Félicitations aux Soeurs de la Charité de Namur, aux différents préfets qui ont succédé à Mr Gilonga-Nzambi, aux collègues enseignants, aux élèves, au personnel administratif et pato qui ont oeuvré dans cet institut au cours des 50 ans. Je vais sans aucun doute envoyer une contribution symbolique aux festivités.  




3 mai 2026

Comment ça va? 2

La réflexion d'aujourd'hui fait suite à celle d'hier. "Comment ça va?" prend une signification spéciale en fonction de la personne à laquelle on s'adresse. Lorsqu'on sait quelque chose de la situation actuelle de la personne, la question devient spécifique. Depuis quelques jours, mon ami a sa soeur hospitalisée à Kinshasa alors que cette dernière vit aux environs de Kenge. Chaque jour qui passe, le "comment ça va?" prend une autre envergure. Cela veut dire: comment se porte la malade? comment évolue la maladie? quelles sont les nouvelles actuelles la concernant? Une polysémie variée mais marquée par le contexte du jour. La question demeure la même, mais elle prend une autre ampleur selon la date et le moment où est posée. Elle prend aussi une dimension selon qu'il s'agit d'un entretien oral ou écrit, d'un audio ou d'un appel vidéo. Le comportement et l'attitude sont différents en vertu des circonstances ambiantes.
"Comment ça va?" vaut plus qu'une simple question de santé. Elle s'étend sur tout ce qui concerne l'individu: sa vie, ses désirs, son succès, ses soucis, ses ambitions, son environnement. Oui, la réponse "ca va bien", c'est vraiment le résumé de la vie non seulement hic et nunc, mais Eaussi comment cela va évoluer dans les prochains moments. "Ca va bien ou mal" est la synthèse des différents sentiments qui traversent le coeur de l'individu interrogé. Souvent, c'est l'occasion de partager ensemble joies et peines, soucis et réussites, sympathies et solidarités. Un partage privilégié des événements vécus individuellement ou collectivement avec un sentiment d'appartenance à une même famille ou commuauté. C'est un moment de dévoilement de ce qui est vécu intimément dans son corps comme dans son esprit. C'est une invitation à la réciprocité existentielle, l'homme étant appelé à vivre ensemble ou en société. La vie se vit avec l'autre. Ainsi, "comment ça va" et "ça va bien ou mal" sont des expressions de solidarité, d'unité interpersonnelle et de cohésion sociale. 
"Comment ça va?" convoque un élément culturel important selon qu'on est en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie. Elle comporte des connotations subtiles et différentes selon le lieu où l'on se trouve. Le lieu de profération de la question impose des pesanteurs culturelles dont les locuteurs doivent tenir compte. Un supérieur peut poser cette question à son subordonné, mais pas le contraire. Ce serait un manque de courtoisie que de prendre l'initiative d'interroger son boss. Un fils ne la pose pas à son père; une femme ne la pose à son mari dans la société patriarchale, macho et marquée par un instinct excessif de masculinité. Autant des marqueurs différentiels qui imposent des modes de conduites à suivre. C'est une question d'ascendance hégémonique. 
"Allo Allo comment ça va? Allo Allo comment ça va?"   


2 mai 2026

Comment ça va?

Depuis notre tendre enfance nous entendions et entendons encore cette question après les salutations habituelles. Une question tellement banale qu'elle a perdu son sens et sa pertinence au fils des années. Une question tellement automatique qu'elle s'est transformée en un rituel dénué de signification. Cependant, depuis quelques temps, j'en ai redécouvert l'importance et toute la portée. 

De la routine à la réalité le cheminement a été long. En janvier 2017, j'ai souffert d'un mal de dos suivi d'une inflammation du nerf sciatique qui m'a cloué au lit pendant une semaine. C'est d'ailleurs la seule fois qu'en vingt cinq ans j'ai bénéficié d'un congé-maladie. Autrement, j'ai toujours travaillé sans interruption. Cette semaine-là et les mois suivants, j'ai senti non seulement le poids de l'âge, mais aussi le déclin de mes forces physiques. De nombreuses réflexions me sont passées par la tête. Me lever du lit ou de la chaise sur laquelle j'étais assis était devenu un problème. C'est là que s'est confirmé que la vie, fragile et éphémère, ne tient qu'à un fil. Aussi simple que cela puisse paraître. C'est alors que m'est revenu à l'esprit le rituel de la salutation. J'ai compris par mon corps la véracité de certains adages et prières debités souvent sans en connaître la profondeur.

"Comment ça va?" Ça me rappelle un film ouest africain, certes mais bien plus que cela. Il l faut écouter son corps: le corps parle et adresse des messages clairs auxquels il ne faudrait pas rester sourd. L'expression "ça va bien ou ça ne va pas" revêt une dimension plus profonde que la parole elle-même. Elle inscrit le locuteur dans la durée de la vie où dans le circuit de la mort. Se lever du lit ou de sa chaise devient un acte de triomphe. Se redresser sur son dos un exploit héroïque. Marcher debout le couronnement d'un mécanisme existentiel complexe et vital. Je sais de quoi je parle. La douleur qui empêche de disposer librement de son corps montre la finitude de l'homme et la conscience de sa vulnérabilité incommensurable. Des tragédies sombres et inavouées se vivent en nous, autour de nous et avec nous, parfois provoquées par nous. Mais là n'est pas notre propos d'aujourd'hui, bien que ce soit un sujet connexe.

Allo Allo comment ça va??? Donnez le pouls de votre état d'âme, d'esprit et de corps.