29 juil. 2014

Un crochet en RFA

Le weekend du 26-27 juillet, j'ai effectué un voyage de découverte vers l'Allemagne. J'ai découvert que Wurmlingen n'était pas loin de Strasbourg. Moins de trois heures de train. En fait, je connais bien le tronçon Karlsruhe - Frankfurt par train et en voiture. Je n'avais cependant jamais imaginé que c'était si près de l'autoroute par lequel je suis passé peut-être cent fois. La boucle est bouclée désormais.
Strasbourg - Kehl - Offenburg - Donaueschingen - Immendingen - Tuttlingen. Retour. En un tour de main. Que retenir de ce déplacement? Ce déplacement m'a fait beaucoup de bien sur le plan psychique: ce recul m'a permis de m'associer aux douleurs des miens et de prendre des dispositions par rapport à ce terrible événement. Je serai à l'enterrement s'il plait à Dieu. Eh oui, c'est la vie.
Il y a eu un débat théologique avec Mme Schmitt: "Pourquoi Bible parle-t-elle si peu de Joseph, l'époux de Mari?" Je me suis débrouillé tant bien que mal.
J'ai également lu des extraits du livre Wenn ich einen Wunsch frei hâtte de la canadienne Deborah Ellis : une collection d'interviews d'enfants palestiniens et israëliens âgés entre 11 et 16 ans. Très intéressant et instructif sur les réalités calamiteuses qui minent la vie de ces peuples ainsi que les conséquences désastreuses de cette guerre séculaire sur les enfants. Dans l'introduction, l'auteur fait un commentaire qui rejoint mes propres vues: "Der Krieg im Nahen Osten dauert nun schon so lange und hat so viele Formen angenommen, dass es häufig den Anschein hat, er werde ewig weitergehen. Aber Krieg zu führen ist, wie alles andere, was Menschen tun, eine Entscheidung" (p. 13: La guerre au Moyen Orient dure maintenant déjà si longtemps et a pris telllement des formes, qu'on a souvent l'impression, qu'elle continuera éternellement. Toutefois, faire la guerre c'est, comme toute autre chose que les hommes font, une décision). A défaut de m'en donner la version française, Mme Schmitt m'a généreusement offert son unique volume.
On ne doit donc pas céder aux chantages du destin biblique ou prophétique. On ne doit pas se cacher derrière des mythes séculaires pour justifier des massacres inhumains et des suicides dévastateurs. Enfin, on doit prendre la décision de la paix. Les responsables de ce monde doivent avoir le courage d'opter pour la paix car la paix durable est le fruit d'un processus, et non une décision unilatéral du plus fort car tant que le faible n'y souscrit pas, elle ne tiendra que de surface. Et cette paix-là est aussi possible entre Palestiniens et Israëliens.

25 juil. 2014

Fatidique 25 juillet: Adieu Alida Muzembo (1980-2014)

Fatidique 25 juillet, c'est vraiment le cas de le dire. Il y a exactement 20 ans mourait à Mikao ma soeur bien-aimée Anne-Louise. Aujourd'hui, alors que je me suis réveillé dans la méditation de cet événement, meurt l'aînée de mes nièces et neveux, Alida Muzembo, fille de ma soeur Béatrice à qui j'ai souhaité joyeux anniversaire il y a quelques jours sur ce même blog. Il est 16 heures lorsque Calvaire et moi-même sommes à la station de tram  Homme de Fer, Strasbourg, attendant que Mado revienne nous rejoindre. Je remarque un appel manqué de Donatien d'Irlande:
- Voilà un qui voudrait s'associer à la commémoration du deuil, dis-je spontanément.
- Deuil? De quel deuil parles-tu?, réplique Clavère intriguée.
- Quelle question? De Louise bien entendu, dis-je pendant que je rappelle Donat. ...
- Bonjour Ya Claver, Ya Rigo ou Khoso... quelqu'un t'a appelé tout de suite là?
- Euh... non. Qu'y a-t-il?
- Ya Rigo m'a appelé pour m'annoncer la mort d'Alida, la fille de Ya Béa.
- Quoi? Alida...  Etc.
Le glas a sonné. Sans digérer la nouvelle, je l'annonce avec hésitation à Clavère qui a tout de suite perçu le changement de ma mine. Peu de temps revient Mado. Puis, c'est Nicolas qui appelle:
"Elle est allée à l'église. C'est là qu'elle morte, vers 14 heures. Les gens de l'église ont déposé le cadavre à la morgue de Mama Yemo. A présent, Jude se trouve sur le lieu auprès d'elle en attendant que son père arrive".
Alida souffrait d'épilepsie depuis son enfance, ce qui l'a sérieusement affectée car elle a beaucoup souffert au cours de sa vie. Nous ses proches en avons durement souffert également. Aujourd'hui, le Seigneur l'a rappelée auprès de Lui. Puisse-t-elle jouir de la Paix Céleste! Je lui ai pourtant parlé il y a douze jours lorsque j'avais appelé sa mère pour l'anniversaire de sa mère; et comme elle était à ses côtés, je lui ai parlé, sans savoir que ce serait notre dernière conversation. Paix à son âme!
Je suis entièrement de coeur avec toute ma famille restreinte et étendue en ce jour de dure épreuve. Que le Seigneur soit notre seul Consolateur, et nous garde unis dans son Amour. 
Alida, kwenda mbote! Pesa mama na nge Louise, bankaka na nge yonso mbote. Sambila beto ya me bika na ntoto. Kwenda na ngemba!

24 juil. 2014

Une logique du crime: "tu me tues, je te tue"

Je ne cesserai de le dénoncer. Ce qui se passe entre Israeliens et Palestiniens dépasse tout entendement. "Tu me tues, je te tue": une logique du crime entérinée par la communauté internationale. Nul ne fait quoi que ce soit pour les arrêter. Chaque partie a raison de tuer. Ce conflit dure depuis des décennies, il durera éternellement, qui sait? On nous dit que l'origine de cette haine et les racines de ces massacres impitoyables se trouvent dans la Bible. En d'autres mots, Dieu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob aurait condamné Jérusalem à une guerre perpétuelle. On peut tout tenter, Juifs et Arabes ne s'entendront jamais. L'histoire nous en donne d'irréfutables preuves chaque jour qui se lève. C'est un destin implacable, horrible et odieux.
Des centaines de personnes - innocentes pour la pluparts ou impliquées dans une guerre dont ils ne saisissent ni les tenants ni les aboutissants - sont balayées de la surface terrestre par la violence de quelques irréductibles, extrémistes et motivés par la vengeance criminelle. Des avions et des missiles se croisent pour tuer au lieu de s'assoeir autour d'une table de paix. Deux peuples dont la vocation est de s'entretuer. Quel sens donnent-ils de l'humanité?
Je n'y comprends rien du tout. Mon intelligence, ma foi, ma dignité m'empêchent de croire que de telles atrocités se passent quotidiennement sous nos yeux. Et que nous ne pouvons absolument rien faire contre ce sort inhumain auquel sont condamnés nos frères et soeurs israëliens et palestiniens. J'en rage!
La communauté internationale doit avoir honte devant son incapacité de ramener ces belligérants à la table de la négociation pacifique. Les responsables religieux et politiques démontrent leurs limites devant ce fléau inamovible alors qu'ils ont les moyens logistiques, diplomatiques et discursifs de mettre fin à ces altercations destructives. Eh oui, le règne du crime. Récompense est accordée à qui tue le plus cruellement, le plus massivement. C'est ça la logique du crime.
Cessez ces massacres! CESSEZ CES MASSACRES!

Au fils du temps

12 juillet 1960. Cinquante-quatre ans se sont écoulés depuis l'ordination du premier prêtre de Kimbau pour la préfecture de Kenge: l'abbé Denis Luhangu Lwa Nzambi (1933-2009). Paix à son âme!
23 juillet 1961. Il y a cinquante trois-ans eut lieu à Kimbau l'ordination sacerdotale de l'abbé Dieudonné M'Sanda Tsinda-Hata (1935-2001). Paix à son âme!
Deux événements majeurs dans l'histoire de cette paroisse qui fête ses cent ans dans deux années. Ces deux pionniers étaient ordonnés par Mgr Lefèvre, de Kikwit. Les premiers, ils sont devenus prêtres diocésains de Kenge après avoir été grands séminaristes de Kikwit. Les deux ont apporté, chacun à la mesure de ses talents et responsabilité, leur pierre à la construction de ce diocèse qui vient de fêter son jubilé d'or. Que leur mémoire vive à jamais!

22 juil. 2014

Frère Pirmin in memoriam

22 juillet 2014. Cet après-midi m'est parvenue par un email du père Gérard Lesch la nouvelle du décès du Frère Pirmin Haag. J'ai eu le privilège et le bonheur de connaître cet homme de Dieu et missionnaire dès son arrivée au diocèse de Kenge. Je finissais ma troisième année primaire lorsque ce jeune frère a débarqué à Kenge en 1966; il habitait la procure dans le grand bâtiment. Je m'en souviens parce que cette année-là le père Van den Boom s'était déplacé de Saint-Esprit à la procure. Le jeune frère était réputé être un excellent mécanicien; nous les jeunes, on connaissait son prédécesseur, le frère Rudolph.
Je l'ai ensuite revu deux années plus tard à Kimbau. Un après-midi, alors qu'il descendait à vive allure dans sa jeep, il avait failli se renverser à l'entrée du makwela et écraser des passants dans la foulée. Il allait avec le père Hoff vers le bac d'Inzia. C'est plutôt à Kalonda que je l'ai approché le mieux. C'est lui qui avait installé l'électricité dans la nouvelle église-chapelle de Kalonda inaugurée fin juin 70. Son travail de mécanicien ambulant a énormément été apprécié: il dépannait moteurs, jeeps et camions dans les endroits les plus reculés du diocèse. Le frère Hermann Helm d'heureuse mémoire disait de lui qu'il détectait des pannes avec une adresse peu commune: il lui suffisait de démarrer le moteur pour tout de suite identifier la panne. Juste pour montrer combien le frère Pirmin a consacré sa vie et ses talents au service des autres. Des mythes ont circulé à son sujet: que par exemple il ne dépiéçait jamais une boite de vitesse ou un bloc-moteur en présence des gens de peur de livrer ses secrets de travail à d'autres. Pour cela, il soudait pendant la journée, et y travaillait après 5 heures, en l'absence des ouvriers.
Lorsque je finissais ma sixième en 75 à Kalonda, je suis passé chez tous les missionnaires SVD demander des photos-souvenirs. J'en ai reçu des frères Piet van Rooijen, Hermann Helm et Pirmin Haag ainsi que des pères Ben Overgoor et Charles Swertz. Je dois les avoir quelque part dans mes effets. Pour le ministère pascal 77, j'étais affecté à Fatundu. Alors que nous devrions joindre Musabu, le véhicule de Théo venant de Bandundu avait fait un détour (30 km au total) qui n'était pas du tout apprécié de la SVD. A Kalonda, le frère Pirmin me l'a avoué ouvertement, alors que les pères n'avaient rien dit. Je l'avais remercié pour sa sincérité. Pendant ma régence en 78-79 à Kalonda, il construisait le pont sur la rivière Konzi du côté de Makiosi-Kidima, son dernier ouvrage avant d'entamer le grand chantier de Ngondi. 
Lorsqu'il m'arrivait de passer à Ngondi pour une réparation ou une visite, le frère Pirmin m'a toujours bien accueilli. A cette époque, il était devenu très exigeant au point de refuser de réparer la jeep du petit séminaire de Katende. Dieu merci, l'incident a été vite levé. Il a aussi formé des jeunes à la mécanique à Kenge comme à Ngondi. Avec sa disparition se perd une figure emblématique de l'engagement missionnaire des verbites en RDC
Je garde du frère Pirmin le souvenir d'un missionnaire travailleur et zélé, juste et généreux, dévoué et compétent dans son domaine. Un homme de Dieu qui a dédié sa vie au service des oeuvres de la mission et qui n'a rien attendu en retour. Mes condoléances à la SVD et à sa famille biologique.
Que son âme repose en paix! Frère Pirmin, kwenda mbote na Kimfumu ya Zulu!
 

Frère Pirmin Haag SVD (1938-2014)

22 juillet 2014.
Chers Frères,
Quand j’ai informé les trois soeurs de PIRMIN ce matin du départ de leur frère vers notre Père céleste, elles ne voulaient pas croire . . .
Il s’était annoncé pour un congé en famille pour le mois d’août. Je ne savais pas comment les consoler? Je les recommande à vos prières.
Ci-joint je vous envoie un texte de Hugo Tewes.
Selon mes informations, l’enterrement sera demain matin à NGNDI, la messe probablement à Masamuna? Je vous remercie fraternellement de vos prières pour le cher défunt.
Bien à vous tous, Gérard
G. Lesch SVD
STEYLER MISSION

21 juil. 2014

Cessez ces ignobles massacres

Israeliens et Palestiniens se livrent à des massacres impitoyables, inhumains et atroces. On nous dit que c'est une guerre qui ne connaîtra jamais de fin. La haine est telle qu'ils s'entretueront jusqu'à s'exterminer. On  n'en arrive à perdre la raison. Pourquoi cette inimitié séculaire alors que le monde entier assiste impuissant à des crimes impunis et jamais mentionnés à la CPI. L'irrationnel est vraiment au comble: ennemis jurés, juifs et arabes n'ont que la mort comme solution. Quand parlera-t-on jamais de paix, de dialogue, de convivialité entre ces groupes humains on dirait condamnés par Dieu à s'entredéchirer? Quand la ville de Jérusalem s'habillera-t-elle de la toge universelle de la paix que prêchent les trois religions monothéistes qui en sont issues?
La logique est telle que chaque groupe jette la pierre à l'autre, convaincu de sa propre raison. Aucun discours autre que celui de la violence et de la vengeance ne passe entre ces belligérants habitués à utiliser chaque prétexte pour rallumer le conflit.
Israeliens et Palestiniens, cessez ignobles massacres qui ne vous honorent pas et vous rabaissent au rang d'animaux comme des béliers en lutte acharnée. Cessez cette guerre passionnée et viscérale qui dépasse vraiment tout entendement.

A Strasbourg enfin

19 juillet. Il est presque 13h00 lorsque j’arrive de Chessy à Strasbourg Central. Je suis accueilli par Christian, Madeleine, Maman Rose, Clavère, Stéphanie et Chrystelle à la gare. Claver Jr ayant préféré rester jouer à la maison avec Daniel. C’est la deuxième fois que mes enfants séjournent à Strasbourg dans la famille Buhendwa. Les enfants se connaissent depuis belle lurette : Danielle et Stéphanie forment avec leurs cousins jumeaux un groupe bien soudé. Je constate tout de suite que Chrystelle a beaucoup grandi pendant les trois semaines que nous ne nous sommes pas vus. En fait, c’est presque toujours après une séparation que je me rends compte de la croissance des enfants ; je ne remarque jamais rien lorsque je vis continuellement avec eux. Je n’ai pas remarqué de changement chez Claver, mais il a grandi lui aussi. Les retrouvailles sont très chaleureuses. 0n échange sur tout ; on s’informe de la Barbade, de Londres, etc. Le repas est servi. Je somnole mais ne voudrais pas dormir. Je propose qu’on fasse une marche aux alentours. On va au supermarché Leclerc, proche de la maison. On en profite pour acquérir les denrées qui manquent, le temps de souffler et de s’accommoder au nouvel environnement. Sur le chemin du retour, Léon qui revient du travail nous embarque à bord de sa voiture. Ce qui nous permet d’arriver plus vite que prévu à la maison. Les conversations continuent jusque tard. Il est minuit lorsque je me mets au lit épuisé par le long voyage et le décalage horaire. Bien qu’une chaleur torride m’empêche de dormir, je suis enfin heureux de recomposer ma famille et de commencer, enfin, mes vacances. Il y a des projets de voyage, mais ils ne sont pas encore programmés. On va s’y mettre le moment venu. 

De Londres à Paris

19 juillet 2014. Chessy-Strasbourg. 10h31, je monte dans le TGV en route pour Strasbourg. N’ayant rien de particulier à faire, je décide d’écrire sur mon actuel voyage européen d’autant plus qu’il y a une prise-courant pour ordinateur à mon siege.
Revenu dans l’après midi de Port d’Espagne le 12 juillet, j’ai repris l’avion le lendemain, cette fois pour Londres où je suis arrivé dans la matinée du 14 juillet. Ephrem Mosimi est venu me récupérer à Victoria Station. Tout a fonctionne comme prévu. Une fois arrivé à Kilburn, j’ai dormi presque toute la journée. Dans l’après-midi, je suis sorti pour m’acheter un sac à dos pour mon computer. Nicolas Mabana ayant annoncé son arrivée pour 22 heures,  je me suis remis au lit pour une ou deux heures. Là alors, nous avons passé une nuit blanche à bavarder sur tout et rien. Nous sommes allés au lit à 6 heures du matin. Comme je devrais repartir le 16 juillet sur Paris, Nicolas est resté jusqu’au lendemain. Emos et lui m’ont accompagné à la Gare St Pancras, où j’ai pris l’Eurostar à 7h31. Cap sur Paris-Nord, gare de l’Est et départ pour Coulommiers. Accueil par Dr Donat Mosimi à la gare vers 16h30, un crochet à un supermarché acheter des grillades. Seul Elnathan se trouve à la maison, Glodie est en mission d’évangélisation à Marseille, Christian fait du  football et Maman Céline est au boulot. La famille entière se retrouve autour du copieux souper que nous offre Maman Céline.
Le demain, après une grasse matinée, je repars pour Paris-Est car je tiens à visiter ma cousine Rita Kayolo à Epinay. Gare du Nord puis descente à Chamguerin. Rita m’attend à l’arrêt du bus Champguerin avec ma nièce Marcelina, âgée de 8 mois, que je vois pour la première fois. Quelle jolie princesse, Marcelline ! Nous sympathisons vite avec mon adorable nièce, contrairement à ses habitudes, elle ne pleure pas du tout dans mes bras. On passe un temps formidable. Retrouvailles très émotionnelles avec l’arrivée de mon autre cousine, Sœur Angélique Kayolo des Sœurs Salésiennes de la Visitation. J’avais prévu de rentrer vers 19-20 heures, mais ce n’est qu’après 22 heures que je reprend  repris le bus pour Enghien les Bains, puis la Gare du Nord. Ensuite, un bus de substitution à Paris-Est pour arriver à 1 h 10 à la Gare de Coulommiers, non sans avoir inquiété mes hôtes.
Chez Rita et Pablo, j’ai été frappé d’entendre de la bouche de son mari Pablo Bukondi des nouvelles de ma famille paternelle étendue qu’il connaissait parfaitement, parfois mieux que moi. Surtout des noms qui ne me revenaient pas. Mon beau-frère était servant de messe à Notre-Dame de Kenge du temps où je travaillais à l’Evêché de Kenge. Il a dit avoir utilisé des vareuses et autres équipement sportifs que j’avais donnés à mes jeunes. Je l’ai reconnu. Il a dit avoir utilisé un appareil photo Olympus que j’avais laissé à l’abbé Fidèle Pindi en 87. J’ai, aîné, expliqué certaines relations familiales à mes cousines. J’ai pris un repas fabuleux : fufu, légumes, makayabu et des mikwati mia tsa pour couronner les délices. Je ne traduis pas afin d’en garder la saveur exquise dans mon souvenir. J’ai retrouvé les goûts de nos mamans.
Le vendredi, je me suis simplement reposé à Coulommiers en compagnie de Donat Mosimi. Avec ce dernier, nous avons beaucoup de souvenirs communs depuis Kalonda, et des amis communs. Etant de la même formation de base, nous partageons une conception très proche de la vie. C’est vraiment inspirant de discuter avec Donat. A présent, cap sur Strasbourg où m’ont précédé les jumeaux et leur mère.

 

12 juil. 2014

Bon anniversaire Béa !

12 juillet. Je suis encore à Port d'Espagne, à Trinité et Tobago. Les corvées sont terminées. Aujourd'hui matin, date du retour à la Barbade, ma pensée va spécialement à ma soeur bien aimée, Béatrice Musunda qui fête son anniversaire. Que le Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux lui accorde autant de jours que possible sur cette terre, afin qu'elle assume ses responsabilités d'épouse et de mère dans la paix et la joie du coeur.
A Béa Nzambi kakuheka ngolu, kiesi, lutondu ye ngemba! Twasolula, ya kutela ku mwini.
Mini theyaku Miledi mia Khatu.

10 juil. 2014

C'est Argentine-Allemagne finalement

Les spécialistes avaient raison. L'Argentine et l'Allemagne se retrouvent en finale pour la troisième fois. J'avais prédit la prolongation des Argentins et des Hollandais. Deux équipes solides qui savent gérer la pression des enjeux, contrôler la circulation de la balle. J'estime pour ma part que l'Allemagne a un léger avantage: 60% - 40%. Qu'on se rassure, la finale n'ira pas aux tirs de penalty. Il y aura des buts pendant le temps réglementaire.
Ce que j'écris n'est pas parole de Bible. Tout se décide sur le terrain entre les vingt-deux acteurs en action, sous les auspices tactiques et techniques de leurs entraîneurs. L'appui du public pourrait jouer en faveur des Argentins, mais c'est oublier que les Allemands sont coriaces à cet exercice de résistance. La meilleure équipe l'emportera, aurait dit l'Oracle de Delphes. Rendez-vous donc pris pour dimanche 13 juillet!

8 juil. 2014

Brésil corrigé, claqué, humilié

8 juillet 2014. Port of Spain. Brésil-Allemagne: 1-7.
Je n'ai vu de ce match que les trois dernières minutes lorsqu'Oscar a raté un but pourtant à sa portée. Comme tous les jours depuis la semaine passée, j'étais au centre de correction jusqu'à 5 heures. J'ouvrais souvent mon portable pour obtenir les résultats, mais sans succès. Vers 5h15, je m'enfonce dans l'un des bus qui assurent la navette entre St Augustine et l'hôtel Hyatt, m'informent auprès du chauffeur si le match a commencé. Ce dernier me dit, c'est déjà 5-0 en faveur de l'Allemagne. Je me dis que j'ai mal entendu ou qu'il plaisante parce qu'il en rit lui-même. Je perçois ensuite le bruit d'une radio qui transmet le match en direct. Les co-passagers éclatent de rire, c'est le 6e but allemand.
Je me tourne alors vers une collègue dame qui m'avait prié le samedi d'écrire sur mon blog que le Brésil allait gagner: elle est morose, dépassée, n'en croit pas ses oreilles. "This is a sad day", me dit-elle. Un septième but est entre-temps marqué. Lorsque le bus nous dépose à l'hôtel, il reste trois minutes; avec tous les collègues correcteurs, je suis les trois dernières minutes du match. Un autre qui a lu mon blog s'approche de moi:
- Mon ami, tu connais bien les Allemands. Ils sont si professionnels, si froids et si sérieux, comme tu as écrit.
- Je peux confirmer qu'au fond de moi, je n'étais pas convaincu par le jeu présenté par le Brésil à ce Mundial. Pour moi, le sort était scellé avec la sortie de Neymar. En ce moment, je vois l'Allemagne déjà championne du monde"
- Pourquoi?
- Ils bénéficient d'un jour de repos. Il est fort possible que le match Hollande-Argentine se décide aux prolongations, peut-être aux tirs de penalty. Là, ce sera un beau cadeau de finale aux Allemands.
- Comment sais-tu qu'il y aura des penalties?
- Je ne le sais pas. Je le pressens. Je peux très bien me tromper. Une finale européenne en terre de la Samba n'est pas impossible, quoique les spécialistes croient à une finale Allemagne-Argentine.
- Pour moi, tu en es un. Un spécialiste.
- Merci pour le compliment. Je laisse toutes les possibilités ouvertes. L'Allemagne a plus de 60% de chance de remporter cette coupe.

Je vous laisse là. Voyons ce que nous réservent demain l'Argentine et la Hollande. Une revanche de 78 ou rebelote?

6 juil. 2014

Quel Mundial !

Les quatre meilleures équipes plébiscitées après l'élimination de l'Espagne et de l'Italie sont au rendez-vous des demies-finales du Mundial 2014. Toutes les analyses, même les miennes, voyaient le Brésil en Finale, et vainqueurs de la CM. C'était sans compter avec les impondérances (?) d'un tournoi. On aurait dit que Zuniga avait été payé pour paralyser les espoirs brésiliens en fauchant Neymar. Je ne m'étonnerais pas qu'il ait été menacé de mort. Car, comme un collègue examinateur, les Colombiens avaient l'avantage de perdre ce match plutôt que de le gagner. Ils ne s'en seraient pas sortis vivants, a insisté mon collègue.
Les figures de la finale? Hollande - Argentine, cela a une odeur du déjà vu: 1978, revanche ou rebelote? Nanninga, Krol, Rep ou Rosennbrick ne sont plus là comme Kempes, Bertoni, Passarella. C'est du pareil au même. Le jeu argentin est le même, le jeu hollandais a très peu changé. Un génial Messi peut décider à lui seul de l'issue de ce match. Les Hollandais doivent se détendre, abandonner le spectre des finales malheureuses pour se mesurer à titre égal avec leurs adversaires. L'Argentine, pour avoir joué moins de minutes en quart, est légèrement favorie. Quoique le corps humain ait son mot à dire, n'oublions que ce sont des professionnels comme m'a dit une collègue férue du Brésil.
Selon cette dernière, l'Allemagne ne pourra pas battre le Brésil. Impensable! Je la crois à moitié. Les Allemands ont des qualités physiques et mentales extraordinaires: ils peuvent soutenir les huées des Brésiliens et atteindre le résultat qu'ils se sont assigné. Rien n'est fait à moitié, et ils en ont les moyens. Avec sa solide défense et son attaque très mobile, la Manschaft peut froidement et sérieusement battre le Brésil diminué de son héros national: Neymar. Encore une fois, toute équipe à ce niveau du tournoi peut battre toute autre équipe. C'est le résultat final seul qui compte. Le sort du Brésil se scellera en demies. D'autres pensent qu'on s'achemine vers une finale Argentine - Allemagne, selon les schémas du papier. Abération, mais fort possible. Revanche ou rebelote?
A les observer de près, toutes ces équipes - mis à part le Brésil dont le jeu a changé - obéissent à leurs traditions: une Argentine très technique, une Hollande offensive, une Allemagne aux nerfs de fer, et un Brésil séduisant mais réaliste. Tout est possible: la victoire reviendra à l'équipe qui gérera lucidement ses atouts tactiques, techniques et physiques. Une finale cent pour cent européenne comme une finale à cent pour cent latino ne sont pas inconcevables, du moins sur papier. Ce serait une hécatombe sur les terres de la Samba et du Tango. Que vive le football!
Des schémas récurrents. Une chose est sûre: le Brésil en finale au Brésil gagne la CM quel que soit l'adversaire. Il faudra absolument qu'il élimine l'Allemagne, un os très dur à écraser. Qu'on se le dise.

Félicitations, Monsieur l'abbé André Mukanu

Photo: Baby Mukanu maintenant en retraite, devient prêtre le dimanche 06 juillet 2014, Merci de le porter dans nos prières.
(Source: Sa page Facebook)

"Ntonda, ntonda, ntonda na Nzambi, sambu Yandi me pesa beto banganga-Nzambi ya mpa"
 
En ce jour du 6 juillet 2014 vient d'être ordonné à Kenge I l'abbé Baby André Mukanu, mon cousin dans la lignée paternelle. Son père comme sa mère sont cousins à mon père. Le diocèse de Kenge comme la famille étendue s'enrichissent d'un nouveau prêtre séculier issu de ma famille. Un deuxième Mukanu s'ajoute après mon neveu, l'abbé Ghislain Mukanu actuellement curé à Masamuna.
Comme vous pouvez l'imaginer, c'est un jeune prêtre qui est né et a grandi dans les années où j'ai quitté le pays. Je n'ai pas eu l'occasion de vraiment le connaître vraiment. Je sais pour sûr que le nom d'André qu'il porte est en souvenir de son oncle d'heureuse mémoire André Kasiala, frère aîné de sa mère. Mais j'ai eu la joie de le rencontrer lors de mon séjour à Kenge en juillet 2012. C'était chez ma Tante Odette Ngimba-Mavudila, en présence d'un autre cousin, l'abbé Dieudonné Mavudila de Popokabaka. Il finissait la théologie et se préparait à l'année diaconale. Le voilà prêtre aujourd'hui!
C'est fête aujourd'hui à Kenge. La famille, les amis et sympathisants se sont organisés pour célébrer ensemble cet événement. Depuis Trinidad où je me trouve, je communie de coeur avec eux. Tout à l'heure, je participerai à la messe à l'église de l'Immaculée Conception (Independance Square, Port of Spain) afin de louer le Seigneur pour ses merveilles; et je prierai spécialement pour le jeune prêtre et ses confrères co-ordonnés à Kenge. Puissent-ils travailler avec zèle, foi et charité dans la Vigne de NS et que leur ministère porte du fruit en abondance.
Proficiat, cher abbé André Mukanu!
 

5 juil. 2014

Suis-je un homme?

"Claver,
En voilà des façons! Avant de te poser la question de savoir si tu es libre, il faut d'abord aborder celle de ton identité réelle: es-tu un homme? Bien sûr que tu peux écrire un livre, des livres là-dessus, mais la question est plus simple. Te considères-tu comme un homme ou attends-tu que les autres te prennent pour un homme? Les droits de l'homme sont universels, mais pourquoi prétends-tu que tu n'y as pas accès? Sont-ce les contingences de la vie qui te poussent à ce désespoir, à cette recherche d'être soi? Tu devras élucider tous ces points.
Ce faisant, tu aideras tes lecteurs à prendre conscience de leur propre existence, étant donné que certains ne se posent même pas la question. Ils vivent simplement. Ils vivent, attendant que le destin frappe à leur porte. Ils vivent, s'accommodant de tout ce qui se présente, usant des opportunités pour affronter les dures réalités de la pauvreté, de la faim ou de l'honneur. Pour survivre en quelque sorte au lieu de vivre. Certains passent à côté de la vie, forcés de voir les autres vivre comme s'ils étaient nés pour "subir". D'autres se posent en maîtres de la vie, envoyant à la géhenne de la mort leurs sujets et subalternes. D'autres encore se veulent des juges, potentats de l'éthique et de la religion, semant à tout vent et à leur gré la désolation et la consolation autour d'eux. Es-tu un homme? Voilà la question que je te pose? (...)."
 
Ma réponse:
 
"Oui, mon cher pourfendeur, je suis un homme. Je n'en doute pas. Toi peut-être en doutes, moi pas."
C

4 juil. 2014

Suis-je un homme libre?

Il m'arrive souvent de me poser la question de savoir si je suis un homme libre. Au fond de moi, je crois que je suis un homme libre, un homme qui peut déterminer le sens de sa vie, s'auto-déterminer, s'assumer jusqu'à la limite de sa responsabilité. Au fond de moi-même, je ne cède qu'à ce que je crois moi-même. Je refuse d'être guidé par une autre conscience que moi-même. Même les ordres, je les reçois avant de les exécuter. Au nom de cette même liberté que je revendique, je suis prêt à affronter tout ce qui la contredit.
Aucune autorité terrestre ne dicte ma conduite; seule ma conscience me dirige. Je n'ai pas de président à me dicter sa volonté; ni de ministre à décider pour mes choix; encore moins de députés à parlementer pour moi. En cela, je suis libre. Lorsque je ne suis pas d'accord, lorsque je me sens attaqué dans ma liberté, je me défends. Tout cela, c'est ce que je prétends. Suis-je vraiment un homme libre? C'est à ce point que la réalité me rattrape.
Je dirais: euh, non. J'appartiens à la race des parias du monde, à la classe des colonisés et des déshérités de leur dignité humaine. Voilà ce que je suis. J'ai un mauvais passeport qui restreint ma liberté aux humeurs de mes hôtes. Voilà ce que je suis. J'assume une identité que je n'ai pas en réalité. On ne me respecte pas à cause de mon identité, de mon groupe ethnique, de ma peau. Pourquoi? Parce que c'est moi. Je crois que, de ce point de vue là, je ne suis pas un homme libre, car les choses qui m'arrivent, personne d'autre ne peut les vivre et les supporter sans "craquer". Moi, je suis patient  c'est-à-dire je sais souffrir et subir exploitations, injustices, agressions et autres atteintes à mon intégrité.
Je suis mal-né. C'est pourquoi je n'ai pas accès aux droits universels de l'homme.

Mundial: Ah les Belges!

Quelqu'un a vu les Belges champions du monde. Ce doit être sans doute un Belge qui l'a dit. Et pourquoi pas? Une bonne équipe, jeune et mobile avec Hazard, Fellaini, Mirallas, Courtois. Une défense solide. Une défense menée par Vincent Kompany qui est pour moi l'un des meilleurs du tournoi, si pas le meilleur. Je m'y connais en défenseurs. Et Marc Wilmoet, un excellent entraîneur, un tacticien qui sait analyser ses matchs et opérer les changements décisifs au moment voulu. Pour preuve, l'entrée de Lukaku en seizièmes de finale a constitué le tournant du match contre les Américains.
Seulement voilà? Peuvent-ils battre les Argentins, il faut neutraliser Messi. Pas facile. L'équipe qui éliminera l'Argentine sera championne du monde. Si les Belges y arrivent, je parie que plus personne ne les en empêchera. J'ose y croire pour nos "oncles" même s'ils m'ont volé mon sac de voyage en décembre dernier.

Mundial France-Allemagne: Revanche ou Rebelote?

4 juillet 2014. J'ai suivi quelques commentaires d'experts français sur le match de quart de finale qui va se jouer ce soir. Tout le monde reparle de 1982 quoiqu'aucun des joueurs qui disputent ce match n'en ait un souvenir, puisque n'étant pas né. Vous dites que les équipes sont jeunes? Eh bien, jouez au Playstation, vous retrouverez les mêmes Pogba, Matuidi, Valbuena, Giroud, Griezmann de 2014 en 1982. Fermez les yeux, vous retrouverez les mêmes Boateng, Hummels, Müller ou Neuer de 2014 en 1982. Pour nous qui avons un certain âge et suivons la Coupe du Monde depuis des décennies, rien de nouveau en réalité. J'ai repris en désordre les noms des Français parce que c'est une équipe composée de joueurs issus de plusieurs clubs. Les noms des Allemands que j'ai retenus sont tous du Bayern, pour dire qu'en 2014 comme en 1982 pout signifier que le système demeure identique, jadis comme aujourd'hui. J'ai donné d'abord des noms de ma race pour relever la présence du sang africain dans les deux camps. Pour rappeler que les Tigana, Trésor et autres sont encore là; et leur contribution, on ne le dit jamais assez, est considérable.
Les Bleus peuvent-ils gagner? Oui, s'ils jouent leur jeu et se débarrassent de quelques stéréotypes qui freinent leur progression. Pour battre les Allemands, il faut un très bon contrôle du ballon au centre. Griezemann doit être titulaire, d'accord avec les experts. Le seul hic, c'est au niveau psychologique. Ont-ils la hargne des gagnants? Font-ils preuve de détermination? Se baser sur les performances du Ghana et des Etats-Unis face à l'Allemagne montrerait sûrement les failles mais ce serait une erreur de se limiter là, car ces pays-là n'avaient pas le poids historique qu'ont les Français.
Les Allemands ont sur papier plus de chance de gagner ce match. Ils sont une équipe efficace, rapide en contre-attaque, surtout une équipe qui sait vite se réorganiser. Et cela compte beaucoup pour le résultat. Observez Philip Lahmm, combien de fois perd-il la balle ou manque-t-il une passe? La Manschaft se méfiera toutefois de l'excès de confiance et de l'arrogance qui la caractérisent. Le match des seizièmes a prouvé que son rouage n'est pas aussi parfait qu'elle le laisse croire. A l'image de son flegmatique entraîneur, pour ne pas dire froid et germanique, le mental paraît solide, mais il faut des buts; et ils en ont les moyens.  
L'équipe de France arrivera à faire douter les Allemands si elle marque un but dans les dix-premières premières minutes. Mais alors, elle devra attendre les assauts de l'implacable attaque allemande qui sait forcer les buts. Plus le match avancera, plus l'équipe allemande multipliera les "menaces" comme on dit au Congo-Zaïre. Ce sera du beau spectacle. Revanche ou rebelote? Le dernier coup de sifflet nous le dira.
 

3 juil. 2014

Des journées très harrassantes

Les corrections se font à St Augustine Secondary School. Des navettes nous y conduisent chaque matin dès 7h15 depuis l'Hôtel Hyatt de Port of Spain. Un immense hôtel de vingt étages. Tout est gigantesque dans cette maison d'accueil. Le petit déjeuner est un énorme buffet où sont servies d'énormes portions de tout. L'américanisation a décidément pris du bon chemin dans ces îles. Un pragmatisme limité, mais efficace. Vous trouvez une planche et un fer à repasser dans votre chambre. Un nombre majoritaire de collègues correcteurs habitent cet hôtel. Au total on est une bonne centaine. On socialise beaucoup pendant les pauses ou les repas. Dans le groupe de français, j'ai une ancienne étudiante, Nekkaie Beckles, que je n'ai plus revue depuis plus d'une année.
Le travail dure jusqu'à 17 heures. Comme on a perdu du temps, on va travailler le vendredi de 8 à 18 heures. Et le samedi de 9 à 13 heures. La série continuera ainsi jusqu'au 11 juillet.  L'ambiance de travail est très conviviale, et j'accomplis mon travail d'observateur avec patience et diligence. Mais c'est épuisant et harrassant.
Adieu au Mundial, du moins les quarts et les demies-finales. Il est 22 heures. Je m'en vais au pays des merveilles et des rêves.
 

Je suis à Trinidad et Tobago

Depuis mardi 1er juillet, je suis à Port d'Espagne à l'issue d'une véritable odysée. Du jamais vécu. On dirait que ma vie passe d'un exploit à un autre. Je pourrais me dire un héros, un chançard ou un opportuniste. Une solution cherchée pendant près de cinq jours se dénoue à quelques minutes de l'échéance fatale. Tenez.
Je fais, depuis l'année passée, partie du comité de composition et de correction des examens du Conseil Caribéen des Examens communement appelé CXC. J'y suis pour la langue et littérature française. Comme les corrections ont lieu à Trinidad, j'ai été invité à y participer au titre d'observateur. Les organisateurs ont carrément ignoré que je suis congolais, et que pour les Congolais, en matière de voyage, les choses les plus simples peuvent se compliquer parfois sans raison apparente. Personne à part moi n'avait besoin d'un visa. Donc quantité négligeable. Les informations ont pris une éternité pour être obtenues. Je n'entre pas dans les détails.
Depuis trois semaines, on avait envoyé par email tous les documents requis pour que me soit accordé ce qu'ils appellent un "visa waiver". Je devais donc voyager le 29 juin afin de commencer ma tâche le lendemain. N'ayant rien reçu le vendredi 27, j'ai dû changer ma date du départ au mardi 1er juillet. Le lundi, rien n'est venu. Mardi, j'ai enfin accompli l'exploit. Je ne vous dirai cependant pas comment. J'ai réussi à joindre le service d'Immigration de Trinité. Un exploit de taille car j'avais appelé plus de cent fois cet office sans succès depuis le jeudi 26 juin. Vous avez bien lu: jeudi 26 juin. Ne me demandez surtout pas comment j'ai procédé pour atteindre cet inaccessible sanctuaire. C'est mon secret. Il était 9 heures passées; le vol était prévu pour 12h20. Dès que j'ai convaincu ces "bureaucrates" insouciants de l'urgence de mon problème et qu'ils ont promis: "We will send you an email shortly". j'ai emballé sans attendre mon sac, fait la toilette et récupéré tout sur le tas. J'ai réussi à atteindre l'aéroport peu avant 11 heures. C'est en chemin, à quelque deux kilometres de l'aéroport, que l'email tant attendu m'est parvenu sur mon cellulaire. J'ai été obligé de donner mon mot de passe pour que l'agent de la compagnie LIAT m'imprime le fameux visa waiver, sans lequel je ne serais jamais monté dans l'avion.
Si je n'avais pas fait ce voyage, tous mes plans de travail et de voyage pour cet été se seraient évanouis. Si...., tout serait tombé dans l'eau comme on dit chez nous. De quoi donner raison à mes détracteurs qui tiennent à ce que j'abandonne ma nationalité d'origine! Mais je ne céderai pas à ces blablabla.
Quelle leçon tirer de cette aventure? N'importe qui me dira: "Ah il fallait entreprendre les demarches à temps"... Ah... ceci, ah cela. La réalité, la logique, lorsqu'il s'agit des Congolais et des Africains, changent. Soyons prêts à affronter les humiliations, les discriminations, les exploitations, les stéréotypes qui nous guettent à chaque coin de notre parcours de vie. Get up, stand up, man! Don't dream!