30 Oct 2017

Un weekend assez mouvementé

Vendredi 27.10 après-midi. Il y a eu réunion du conseil de faculté. J'y suis resté une heure, mais j'ai dû interrompre ma participation appelé pour une urgence. Des choses pour lesquelles on se demande parfois si les gens mesurent l'ampleur des responsabilités que notre noble métier impose. Soit. Je n'ai plus pu rentrer.
Samedi 28.10, il fallait me réveiller tôt pour conduire Claver Jr à la marche promotionnelle nationale des scouts de la Barbade. On devait se rencontrer non loin de Eagle Hall. A cause du trafic, on a connu du retard, mais tout s'est passé normalement. J'ai profité du défilé pour commander une plaque d'immatriculation car celle du devant a disparu lors des dernières inondations. L'imprimeur des plaques m'a prié de revenir dans les deux heures qui suivaient. Je suis allé attendre la fin de la marche à Harrison College, où les enfants sont arrivés épuisés, assoiffés ou privés d'énergie. Organisés sur l'initiative de la cheffe de troupe, les parents ont organisé un pique-nique collectif. Presque trois heures plus tard, j'y suis retourné, mais comme cela arrive souvent dans ces genres de métier, la plaque promise n'était pas finie. Entre-temps un collègue qui a commis la même infraction, est revenu chercher la sienne qui était prête. Quant à moi, je devais attendre. Encore une heure à attendre. Je n'avais pas le choix car l'amende de cette infraction s'élève à 450 dollars barbadiens. Je pouvais à la rigueur placer un ersatz sur un coin de la voiture. Je me suis montré très patient.
Samedi après-midi, c'était la foire de l'école catholique St Patrick où étudient Chrystelle et Claver. Cette fois, comparé aux autres années, l'événement n'a pas attiré beaucoup de monde. Une des raisons étant qu'une école voisine qui devrait faire sa foire la semaine précédente l'a remise à cette date. Je crois savoir que certaines personnes ont préféré se rendre à cette foire là. A cause de multiples occupations, j'ai dû retourner à la maison, laissant les jumeaux aux bons soins de leur maman.
Dimanche 29.10. Réveillés relativement tôt, il nous a fallu aller à Folkstone Park réserver une table pour une pique-nique des Africains. Le premier depuis belles lurettes. Puis on a assisté à la messe de 10h30. Après la messe, je parle avec un collègue enseignant dont le dossier de promotion a été bloqué; je le console mais rien n'y fait. Sa douleur et sa révolte se révèlent très fortes. On n'aurait pas dû le laisser soumettre le dossier pour lui donner finalement un raison de refus non convaincante. Hélàs de tels cas arrivent souvent, très souvent.
Retour à la maison autour de midi après un tour chez un vendeur de poissons. S'en suit une pause pendant laquelle Mama Mapasa prépare la nourriture pour le pique-nique. Vers 14 heures, je vais chercher mon collègue ghanaïen David Yawson; je le localise aisément. Autour de 14h45, on arrive à Folkston où nous précèdent Marie C et les jumeaux, Emilie et sa fille Kenya, Modou, Sangene et leurs trois enfants Koumba, Arun et Adam; Abdul Aziz, son épouse et leurs trois enfants Nihad, Hassan, et... D'autres à part Mabola et sa fille Ayomide, Remi et sa fille, s'ajoutent vite, et peu après 15 heures le repas est servi. Un repas sénégalo-congolo-sud-africano-nigérian. Tous les ingrédients y sont: chebudjen, plantains, épinard à la sauce cacahuète, salade mixte, poissons frits, lentilles, riz, pomme de terre rapée. Un couple antiguo-ougandais s'amène un peu plus tard. On discute, on mange, on rit, on se taquine, on parle de tout, etc. Vers 17 heures, les enfants et Abdul montent sur une pirogue et vont nager accompagnés de quelques adultes. Il est 18 heures lorsque l'on reprend la route de nos domiciles fatigués et heureux.
Un weekend plein d'événements et d'activités partagés avec les enfants.
 

26 Oct 2017

Et si Dieu était noir

C'est le titre d'un livre publié par l'abbé Olivier Ndjimbi-Tshiende de Boma, que j'ai connu du temps où il finissait encore sa formation théologique à Jean XXIII Kinshasa. Moi je commençais la philosophie à Mayidi. Olivier a défrayé la chronique en Allemagne, spécialement en Bavière où il est rentré après sa thèse prester des services comme curé de paroisse à Zorneding.. J'ai suivi l'affaire d'assez près grâce à mon amie Mme Traudl Schmitt, qui n'a cessé de me scanner des coupons de journaux. Un curé noir cible d'attaques racistes et de menaces de mort par ses paroissiens et en même temps défendu par d'autres. Il a dû démissionner, quitter sa paroisse dans des conditions dramatiques et se retrouve aujourd'hui actif au service des immigrés-réfugiés qui ne cessent d'entrer en Allemagne.
Hier 25. 10 à mon retour à la maison, j'ai trouvé un petit colis postal contenant le livre Und wenn Gott Schwarz wäre. Mein Glaube ist bunt publié chez Güters Loher. Je l'ai feuilleté, je vais le lire ce weekend. Merci à Traudl.

24 Oct 2017

Une journée maussade

Ce 24 octobre est maussade comme tout. Il a plu toute la journée. Je ne suis pas descendu à la plage comme à mon habitude. J'avais à participer à l'enregistrement des cassettes en français pour les oraux de la CXC. Cela fait des années que je me plie à cet exercice. De 9 à 12 heures, j'étais au service du conseil caribéen des examens. Puis tout de suite après, je me suis préparé pour la session d'évaluation de nos examens de la section de français. Pour la première fois en seize ans de travail à Cave Hill, je me trouve devant un cas accompli: à cause du délai de déposer le questionnaire le 3 novembre, j'ai dû composer un examen sur une matière totalement non encore enseignée. La routine du métier aide à prévenir tout dérapage de ce côté-là. Puis, j'ai eu à enseigner de 3 à 5 heures. Une étudiante arrivée sous la pluie m'a priée de la laisser préparer son exposé d'une autre matière. Juste au moment où je voulais la libérer, est arrivée une autre. J'ai été obligé d'enseigner sous la pluie. 
Après le cours, ma pensée est allée vers Kenge où on pleure l'abbé Innocent Belengi. Paix à son âme! Des personnes présentes à la veillée à la cathédrale m'ont appelé pour m'associer à la douleur qui frappe le clergé de Kenge. L'Abbé Noir comme certains l'appelaient était un confrère exemplaire et digne de respect. Il a vécu sa vie et s'est acquitté de sa tâche au mieux de ses capacités. L'enterrement aura lieu demain au petit séminaire de Katende. Requiescat in pace!
La pluie continue de tomber. Je suis un peu comme bloqué à mon bureau. J'attends qu'elle diminue avant de me mettre en route. Il y a beaucoup d'innondations ces derniers temps parce qu'il pleut continuellement. Alors qu'à d'autres endroits de la terre il y a pénurie d'eau, voilà qu'il y en a trop par ici. Je dois y aller maintenant.

21 Oct 2017

Seize ans écoulés depuis la mort de Mgr M'Sanda

Eh oui, seize années sont accomplies depuis l'Evêque Dieudonné M'Sanda est décédé. Paix éternelle à son âme! Y a-t-il encore quelque chose sur lui que je puisse dire et que je n'ai pas dit déjà ? Pour avoir vécu pendant cinq ans auprès de lui, il y a tellement des choses à révéler, des scènes à décrire, des visions énigmatiques à déchiffrer, des situations à décrypter et même à taire - métier de "secret--taire" oblige - qu'il me serait impossible de succomber à cette tentation. Un privilège unique! Ses fils et filles spirituels le pleurent encore alors que ses démolisseurs courent encore les rues. Il a été aimé, respecté des uns et détesté, honni et vilipendé des autres. A chacun son opinion. La mienne est connue, je ne la cache pas, car j'ai bénéficié de sa bonté paternelle et subi ses états d'âme, peut-être plus que ceux qui prétendent aujourd'hui avoir été persécutés par Mirabeau comme me l'a rappelé François Mapasu récemment. Mon Ouffff du 12 octobre 87 n'a pas été une grimace de vieux singe. Ce n'est pas le moment de ressasser des poncifs émoussés et devenus caducs. Silence, on médite. C'est le plus simple et peut-être la meilleure manière de lui rendre hommage! Ce blog contient un certain nombre de témoignages sur la vie et l'œuvre de Mgr M'Sanda (1935-2001).
Que son âme repose en paix!

Hallo Albert 2

Ich habe gewagt, diesen Artikel auf mein Blog zu übernehmen, besonders für zwei Gründen. Der St. Galler Albert Kappenthuler ist mein Kollege an der Uni Fribourg gewesen. Gemeinsam haben wir die ersten Jahre der Französichen Literaturewissenschaften verbracht. Er war ein SVD Pater, ein Steyler Missionar Priester als ich ihn kennengelernt hatte. Durch ihn habe ich Kontakte zu den Steylern in Froideville unternommen. Als Student hatte sich Albert in verschiedenen Aktivitäten engagiert, u.a. als Theaterspieler. Respekt! Durch ihn habe ich die Geschichte der SVD Gesellschaft anders, ie von der schweierischen Seite, gekannt. In jener Zeit suchte die Uni Fribourg eine Ersetzung für Pater Hugo Huber der Professor für Ethnologie, der in Rente gehen sollte. Damals gab einen Vertrag zwischen den zwei Institutionen für die Lehrstuhl für Ethnologie, dass der Professor ein Steyler sein sollte. Albert kannte persönlich ein Paar SVD Patres, die in Zaire noch tätig waren wie Hermann Hochegger, Anton Gessler oder Eugen Nunnenmacher. Deshalb habe ich gemeint, diesen Artikel weiter zu leiten. Wie ich selber ein Priester war, ist es interessant daran nachzudenken, was ein ehemaliger Priester nach dem Zölibatsbruch machen kann. Albert ist doch in der Kirche noch aktiv geblieben, wobei ich eine ganz andere Arbeit ausübe obwhol wir beide eine gleiche Universitätsausbildung gehabt haben. Alles Gute wünsche ich ihm bis wir uns irgendwie wiedersehen. 

20 Oct 2017

Hallo Albert


16 Juli 2012, 11:00
Zölibatsbruch: Mitbrüder 'schützten mich' drei Jahre lang

Ex-Priester wird jetzt Pastoralassistent im Bistum St. Gallen und glaubt an den "konziliaren Geist"
Heiden (kath.net) „Ich habe nie bereut, das Sakrament der Weihe empfangen zu haben. Dann habe ich eine Partnerin gefunden und bin nun Vater eines knapp siebenjährigen Sohnes.“ Dies erzählt Albert Kappenthuler, früherer Ordenspater der Steyler Missionare, im Interview mit dem „Tagblatt“. In den „ersten drei Jahren schwieg ich und versteckte meinen Sohn. Meinen Mitbrüdern vertraute ich mich an. Sie akzeptierten meine Vaterschaft und schützten mich“. Doch „dann forderte die Ordensleitung von mir eine Entscheidung. Ich kann nicht offen zu meinem Kind stehen und Priester sein. Wollte ich Priester bleiben, müsste ich lügen“. Der „Zwang, eine radikale Entscheidung treffen zu müssen, befreite mich von meinem Doppelleben. Im September 2009 setzte ich mein Priester-Sein aus“. Als Lehrer und dann Co-Rektor an einem kirchlichen Gymnasium „hatte ich keine existenzielle Not“.
Das kirchliche Gymnasium „Marienburg“ wurde mit Ende dieses Schuljahres geschlossen. Kappenthuler wird nun „als Seelsorger arbeiten“, erläutert er dem „Tagblatt“ weiter. In der Pfarrei Heiden-Rehetobel im Bistum St. Gallen (zuständiger Bischof: Markus Büschel) wird er im August als Pastoralassistent anfangen. Seine Aufgaben werden nach seinen eigenen Angaben sein: „Religionsunterricht, Diakonie und die Gestaltung von Gottesdiensten“. 
Von einer Laisierung ist im Interview übrigens keine Rede, ebenso wenig von einer zivilrechtlichen Heirat. 
Kappenthuler erwartet, dass „Gespräche mit Eltern“ für ihn in Zukunft „mehr Verbindlichkeit“ haben werden als früher. 
Der Schuldige für seine Entwicklung ist natürlich schon gefunden: Rom. „In der Kirche ist bei weitem nicht alles so schlecht, wie oft dargestellt. Damit meine ich die Ortskirchen. Die Kirche lebt im Ort und nicht in Rom.“ „Ich glaube, den konziliaren Geist gibt es heute noch“.

(Quelle: http://www.kath.net/news/37357/print/yes)

Kwenda kwa nge mbote abbé Nzileyel


« Nge me zinga ti beto,
 bubu nge me kwenda,
kwenda kwa nge mbote »

« L’Abbé Noir, Ya Mokolo » a fait sa Pâque, et la tradition orale a été très fructueuse et féconde. Nous avons appris sa mort. Nos condoléances fraternelles et réciproques à sa grande famille biologique comme sacerdotale. Que son âme repose dans la paix de Dieu.
Selon une information reçue, hier, qu’il faut, peut-être, confirmer, sa dépouille sera transférée à Kenge mardi prochain.
Que pouvons-nous faire ? Prier naturellement pour le repos de son âme. Et penser, si nous le pouvons, chacun, à aider le diocèse de Kenge  dans l’organisation des funérailles de notre aîné et confrère l’abbé Innocent Belengi.
Plusieurs moyens de transfert existent pour atteindre l’abbé Joël Senkey pour faire parvenir notre part de collaboration : le père Van den Broeck, Western Union, Moneytrans…et autres que nous utilisons pour aider aussi bien nos familles que connaissances.
Merci pour vos prières et contribution.
Fraternellement,
Henri Tamuzi

« Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert »


19 Oct 2017

"Abbé Belengi, un joyeux mystère" (PSK)

Email du 18.10.17

"Salut Claver.
C'est par ton blog que j'apprends le départ vers la maison du Père de l'abbé Innocent Belenge.
J'ai été son vicaire pendant un an à Fatundu. Il m'appréciait beaucoup car il m'a rappelé un ministère de Pâques passé chez lui, curé de Lumbu, à Dima, dont il avait retenu je ne sais quel souvenir important. Moi, les souvenirs, je n'ai pas attendu Alzheimer pour les oublier. Depuis ces temps passés à Fatundu, j'ai continué à le tenir pour mon confesseur chaque fois que l'occasion se présentait. Je l'ai revu à Kin, malade, diminué, fragilisé par la cécité, de plus en plus paranoïaque (peur des gens, de la sorcellerie, etc.), enfermé; mais en même temps toujours prêt de son bréviaire, de ses exercices spirituels. Et un éclat de rires francs surgissait toujours de façon inattendue ; en ces moments-là, je m'émerveillais de le voir rire jusqu'aux larmes; c'était contagieux.Pour cela, j'ai continué à le fréquenter comme confesseur. L'abbé Innocent Belenge restera un mystère, un joyeux mystère. Qu'il repose en paix.
PKS"

17 Oct 2017

Mort de l'abbé Innocent Belengi Nzileyel (1934-2017)

Par un message de l'abbé Liévin M'Banga sur Messenger, je viens d'apprendre la mort ce mardi 17 octobre 2017 de l'abbé Innocent Belengi à Kinshasa. Paix à son âme!
Je me souviens bien du temps où j'ai connu l'abbé Innocent jeune prêtre alors que je commençais le petit séminaire à Kalonda. C'était pendant les vacances de Noël 1969 à Kenge St Esprit. Je passais mes vacances dans la famille de mon oncle Kayolo qui, à l'époque, louait la maison des Tabwala, au désert. Après la messe du dimanche qui suivait, je me suis présenté à la cure en compagnie d'autres séminaristes de Kenge. Il nous a bien accueillis. J'ai tout de suite remarqué que l'homme à la moustache possédait un sens d'humour très poussé, et chose inconcevable autrefois, qu'il riait volontiers pendant la messe. Jusqu'à cette date, je n'avais jamais entendu parler l'abbé Belengi, le premier prêtre originaire de Banzalute. Par après, je le voyais régulièrement à Kalonda lors de diverses réunions diocésaines.
Des histoires drôles de superstitions ou de pratiques occultes lui collent à la peau. On raconte que l'abbé Belengi serait parti de Kenge dans des circonstances assez particulières. Ses "paroissiens de Kenge" - Notre Dame n'existait pas encore - se seraient concertés pour lui envoyer une foudre qui aurait calciné son lit. Et qu'il aurait abandonné sa paroisse la nuit même, jurant de ne plus jamais y revenir. On raconte aussi qu'il aurait renoncé à ses études à Rome en Italie parce qu'il ne supportait pas le froid. Il serait retourné au pays à la surprise générale. Je me souviens l'avoir entendu parler "italien" avec le P. Hermann Hochegger svd lors de mon ministère pascal à St Paul Bandundu en 1978. Et le père de commenter: "Il aime bien parler italien avec moi."
Son ministère sacerdotal s'est essentiellement déroulé dans les paroisses de Fatundu, Dima-Lumbu et Notre-Dame du Rosaire à Bandundu. Il a beaucoup pratiqué l'exorcisme et la guérison des malades, parfois à la limite de l'idonéité. Ma dernière rencontre avec lui date de décembre 2010; elle s'est passée à la procure de Kenge. Bien qu'il ait entretemps perdu la vue, il m'a distinctement reconnu par la voix et m'a remis une brochure qu'il a écrite contenant des extraits bibliques, des prières de délivrance et de guérison: Hymnes aux vies et supplications aux éditions Baaobab. Il s'insurgeait contre un de ses jeunes confrères, dont je tais exprès le nom, qu'il soupçonnait de lui envoyer le mauvais sort et de vouloir sa mort. A peu près en ces termes: "Tala, Claver, yandi ke meka kansi Nzambi kuluta ngolo. Yandi ta kuka mono ve." Il est resté égal à lui-même et confirmait en quelque sorte tous les mythes qui circulaient à son sujet. Des tralala du genre: "Mama, katula makabu na nge na kitunga. Nge kele ti kindoki". Autant d'anedcotes qui n'apportent cependant aucune ombre à son zèle apostolique ni à son engagement sacerdotal.
Je retiens de l'abbé Innocent Belengi l'image d'un homme de Dieu très enraciné dans nos traditions et très soucieux du bien des autres. J'avoue n'avoir jamais eu de problèmes personnels avec lui. Je sais qu'il a beaucoup souffert, et qu'il n'a pas été épargné par la précarité qui caractérise la vie actuelle des prêtres de Kenge. Simple et aimable, il a su rayonner auprès de ses ouailles et confrères. Je m'unis de coeur et d'esprit à la prière de sa famille spirituelle et biologique pour le repos de son âme!  


Hommage à l'auteur du Devoir de violence

J'ai connu le nom de Yambo Ouolegem dans des circonstances peu luisantes. On l'accusait de plagiat. Sa réputation était déjà entamée longtemps avant que j'entreprenne mes études de littérature. Je me suis méfié de lui avant même que je lise Le Devoir de violence (Paris: Seuil, 1968). Il était souvent ici en exemple lorsqu'on parlait de plagiat. Je me souviens d'une conversation avec Mr. Yves Giraud d'heureuse mémoire lorsque je revins de mon séjour d'études à Paris. En m'entendant mentionner le nom de Ouolegem, ce dernier a sursauté comme piqué par un moustique: "Surtout pas celui-là." Et aussi le 12 juin 97, le soir de ma défense de thèse, il a raconté aux commensaux l'histoire du plagiat de Ouologem et de  Calixthe Beyala. Cet homme de lettres spécialiste des lettres classiques était décidément au courant des aventures des écrivains africains.
Ainsi, lorsque je me rendis à Paris pour ma formation d'autodidacte en littérature africaine auprès de Mr. Georges Ngal, ce fut avec une certaine réticence que j'acceptai de lire ce livre dont j'ai entendu beaucoup de mal avant même que je l'ouvre. Ayant appris que le Devoir de violence et les Soleils des indépendances d'Ahmadou Kourouma étaient des oeuvres incontournables dans l'historiographie littéraire de l'Afrique francophone, je n'avais le choix que de les lire. En partant de Paris, Mr. Ngal m'a donné une publication collective dans laquelle Mr. Bernard Mouralis a écrit un article intitulé: "Un carefour d'écritures: Le Devoir de violence de Yambo Ouologuem." (Recherches et travaux. Littératures africaine d'écriture française. Université de Grenoble, UER de Lettres, N° 27(1984).
Mouralis tente de défendre l'honneur de Yambo Ouloguem:
"Eric Sellin, dans un article paru en 1971 dans Research in African Literature, mettait le premier en évidence les nombreux empreuxque Ouologuem avait faits au roman d'André Schwarz-Bart, Le Dernier des Justes, dont plusieurs passages étaient pratiquement citrés de façon littérale. De son côté, le Times Literary Supplement révélait l'année suivante un autre emprunt de Ouolegem, mais cette fois à la littérature anglaise. L'auteur anonyme de l'article, confrontant les textes des deux oeuvres, montrait que les pages 68-69 du Devoir de violence, dans lesquelles l'administrateur Chevalier fait visiter sa demeure à Awa, étaient une reprise des pages 56-58 du roman de Grahan Greene, It's a battlefield, paru chez Heinemann en 1934.
Les faits, sans aucun doute, étaient patents et l'accusé, d'ailleurs ne niait point. Etc." (p. 78).
Je défends pour ma part la probité intellectuelle de Yambo Ouolegem quoique ce fût seulement à la deuxième lecture que je compris ce roman baroque. S'il est une leçon à retenir de Ouolegem, c'est que "l'on écrit toujours de quelque part". Les notions d'imitation, de citation et d'intertextualité sont des pratiques communes en littérature.
Adieu Yambo Ouologuem. Chapeau! Tu nous a fait honneur. Paix à ton âme!       

Yambo Ouologuem s'est éteint

Ci dessous, un message annonçant la mort de Y. Ouologuem:

Chers membres de l'APELA,
J'ai une triste nouvelle à vous communiquer : Yambo Ouologuem, le premier lauréat africain du Prix Renaudot, s'est éteint dans la nuit du samedi 14 octobre 2017 à Sévaré. Que son âme repose en paix !
Bien que désinscrit de la liste APELA, pour des raisons d'ordre technique, j'ai tenu à diffuser cette information, au moment où les obsèques officielles du défunt sont en cours de préparation.   


Mamadou Bani Diallo 

14 Oct 2017

Mobutu aurait eu 87 ans aujourd'hu

C'est en souhaitant joyeux anniversaire à Mauricette Itatu sur Messenger ce matin, que je me suis souvenu de cette date qui fut jadis célébrée comme la journée de la jeunesse sous l'instigation des thuriféraires du régime monolithique du Parti-Etat. Le nom de Mobutu est à lui seul un sujet de grands débats, de controverses et de passions. Tout dépend du côté où l'on se situe.
J'étais en 65 en troisième année primaire à Kenge lorsque le lieutenant-colonnel Joseph-Désiré Mobutu est monté au pouvoir. Et en 97 je préparais ma défense de thèse à Fribourg lorsqu'il a été forcé d'abdiquer le pouvoir. Pour dire que j'ai été assez informé du parcours de l'homme politique qui a regné sur l'empire zaïrois pendant trois décennies. Je l'ai vu en juillet 66 paradant sur le boulevard Kasavubu en compagnie de François Tombalbaye et Jean-Bédel Bokassa, ie dans la première année de son long imperium. C'était l'époque des Etats Unis d'Afrique Centrale. Je me souviens de la fondation peu après du MPR précédé par le CVR. J'ai même eu l'occasion de lui parler à Rome en 80 et en 82. Ayant été élevé dans des séminaires catholiques assez critiques vis-à-vis des dérapages des politiciens, je n'ai pas du tout été impressionné par son régime. Je garde les mêmes distances vis-à-vis de la politique. Par contre, j'ai admiré son sens de l'autorité et du patriotisme. C'était un chef, un chef qui savait dialoguer avec son peuple, haranguer des masses et les attirer à sa cause quoique ses thèses soient parfois discutables. Eloquent et consistant, le Président-Fondateur possédait une vision qu'il savait défendre avec une articulation convaincante et envoûtante. Je le lui concède. Mais la soif inextinguible du pouvoir et la mégalomanie ont fini par diaboliser ce philosophe de l'authenticité qui a donné aux "Zaïrois" le sens de l'unité et de la fierté nationales. Isolé en prince solitaire, rongé par la maladie, il a fini tristement honni et vomi par ses adorateurs d'autrefois.
Je n'étais pas du tout d'accord avec la zaïrianisation, ni avec la propagande des animations, ni avec la clochardisation des agents de l'Etat. J'ai bien observé à Rome comment le Grand Léopard traitait ses collaborateurs: Tshimbalenga, Me Nyimi, l'intendant lorsqu'il m'a fait offrir une Tembo. En véritable pacha, il se faisait appeler "Patron" par ses sujets. Je n'ai jamais soutenu l'obscurantisme du Parti-Etat, une imposture visant à le diviniser et à insérer l'hégémonie du parti (et le mobutisme) dans la Constitution taillée à la mesure du despote. Critique et libre de toute attache, j'ai observé son ascension et sa chute avec une objectivité passionnée. J'en avais tellement assez de lui que je n'ai pas hésité de célébrer son éviction par LD Kabila quoique cela n'ait pas été mon voeu. Le danger qui se profilait à l'époque porte ses effets jusqu'à ce jour.
Bref, voilà dressé de mon point de vue personnel le portrait de Sese Seko, qui me revient spontanément à la mémoire. Sic transit gloria mundi! Que son âme repose en paix!
)

Adieu Marc Lavoie

Il y a environ trois semaines est décédé à Montréal au Québec le professeur Marc Lavoie de suite d'un cancer de poumon. Paix à son âme!
Voilà un collègue que j'ai relativement bien connu parce que nous sommes arrivés à Cave Hill à la même époque. Pendant près d'une quinzaine d'années, cet éminent professeur qui a effectué l'essentiel de sa carrière au Canada a enseigné la biologie dans la faculté des sciences avec zèle et compétence. Au delà de l'homme de sciences, il y avait un homme simple, gentil et aimable. Toujours habillé en short khaki et en T-shirt blanc; et bien entendu une cigarette inlassablement collée entre l'index et le majeur. Très rarement, je l'ai vu en costumes et cravate. A une époque donnée, Marie Clavère et moi étions proches de la famille de Marc, Marilaine Mota Meira et Mario Lavoie. Ils  sont de ceux qui nous ont assistés de conseils pratiques à la naissance des jumeaux. Marilaine et Clavère se fréquentaient souvent. Claver Jr a récupéré, enfant, des tas de jouets (livres plastifiés, lettres d'alphabet, statuettes, petites voitures, jeux de cartes ou dominos, pompe à eau, vélo) que Mario ne pouvait plus utiliser mais qui étaient encore bons. Leur maison nous était ouverte jusqu'à ce que la corvée de l'éducation des enfants ne nous sépare temporairement. 
J'avais surtout l'habitude de rencontrer Marc au niveau du département de biologie sur mon passage vers la gym ou l'école de l'éducation. Souvent je m'arrêtais pour parler français avec le savant québéquois. A l'époque où j'étais responsable de la Cave Hill Film Society, Marc était membre actif du comité. Il nous fournissait beaucoup de DVD pour les projections. Je n'oublierai jamais sa contribution à mon mandat de "Chair of the CHFS". Merci Marc pour tant de gentillesse et de générosité. Etudiants et collègues se souviendront longtemps de ce chercheur à la barbe blanche.
Je me souviens de son dernier jour d'enseignement à Cave Hill. Il était très triste, dépité, parce  que son désir d'obtenir un prolongement de son contrat pour une ou deux années est demeuré insatisfait. Entièrement dévoué à l'enseignement, Marc Lavoie n'était pas prêt pour la vie de retraite à laquelle il a été en quelque sorte condamné. A chacune de nos rencontres, il ne cessait d'évoquer l'ennui dans lequel il pataugeait. C'est, hélas, le cruel chemin de tout le monde.
Dès que Marco Schaumloeffel m'a livré la triste nouvelle, j'ai écrit un email de condoléances à Marilaine. Il y a quatre jours, je l'ai rencontrée sur le parvis du Mount Restaurant. Un moment très pathétique. J'ai promis de leur rendre visite dès que le temps nous le permettra.
Adieu Marc! Paix à ton âme!

12 Oct 2017

Nombrilisme démocratique

A voir les choses comme elles se passent, notre pays est prise dans un étau de contradictions continuelles. Il m'est difficile de comprendre rationnellement ce qui se trame réellement, encore moins d'appréhender les motivations de ces impasses qui semblent toutes programmées. Alors que les élections sont prévues en fonction de mandats, comment peut-on comprendre cet interminable voyage en cul-de-sac, ces va et vient de dialogues creux et dilatoires, ces incertitudes sciemment entretenues par des allégations contraires au bien commun? Tout est suspendu.
Prévues pour 2016, les élections ne pourraient se réaliser avant 2019. Soit trois années d'intermède et d'attente portant entorse au cycle des mandats politiques. On vole vraiment à vue. Et même encore rien ne garantit que élections auront bel et bien lieu en 2019. Les termes demeurent vagues et confus. Allez me parler de démocratie? Toutes les institutions de la république sont devenues caduques mais se prolongent indéfiniment, et aucune solution n'est envisageable à court terme. Et on appelle ça démocratie. Conclusion: la démocratie ne convient pas aux Africains.

11 Oct 2017

Joyeux anniversaire Bwesi

10 octobre 2017. Echange d'emails:

"Hello, Kha Yakala,
Tu es aussi calme que la mer après la période des ouragans. Comment tu vas donc? Aujourd'hui le petit Bwesi souffle ses 26 bougies. Sa mère a séché le boulot pour lui faire quelque chose pour recevoir ses amis."
 
A quoi j'ai répondu:
"Hi Man,
Bwesi a 26 ans. Félicitations aux heureux parents qui ont réussi à élever contre vents et marées cet enfant au destin exceptionnel. C'est un bel âge, pourvu qu'il grandisse en sagesse et en maturité. Que Dieu le protège et le garde."

Happy Birthday dear Bwesi!
 

11 octobre il y a trente ans

Le 11 octobre 1987 fut mon dernier jour de fonction à l'évêché de Kenge. Le lendemain soir, je devrais prendre la SOTRAZ pour finaliser mon voyage de Fribourg. Depuis quelque trois semaines mon successeur l'abbé Faustin Kwakwa était déjà dans les parages; je l'introduisais aux méandres et recoins du secrétariat de l'évêché. L'évêque m'avait demandé de l'informer de tout, de lui exposer sincèrement ce qui m'a plu et déplu dans la collaboration avec lui, de l'initier au vrai sens du mot aux secrets du métier. Il avait insisté que je me sente libre dans la transmission de mes cinq années d'expérience à cette très lourde charge. La remise-reprise prit la forme d'un long compagnonnage instructif et initiatique. La différence est que lui était encore grand séminariste à la date de sa nomination, alors que moi j'étais déjà diacre. Aux âmes bien nées, dit-on, la grandeur n'attend pas le nombre d'années. Pendant toutes les semaines qui ont précédé, j'ai tenu à mettre Faustin à l'aise, à l'abri des lacunes qui ont marqué mon propre temps d'apprentissage à ce même poste. Moi-même lorsque je suis arrivé pour la première fois à l'évêché, c'était Marc Mutombo Matsumakia, alors grand séminariste en stage, qui m'a reçu en lieu et place d'un secrétaire attitré. Pouvait-il en être autrement? La Sœur Marie Robert était partie deux années auparavant. Modeste Kisambu y a aussi œuvré pendant un bout de temps. J'avais donc la lourde charge de profiler Faustin en fonction des attentes de l'Ordinaire du lieu. Je mis à sa disposition les documents utiles et disponibles, les informations relatives au secrétariat, aux archives, et au métier qui l'attendait. Une succession en bonne et due forme. Ainsi qu'il me l'affirmera plus tard à Kalonda, lors des journées sacerdotales de juillet 92, je lui avais révélé des choses qui se sont avérées vraies par la suite, dans l'exercice de sa charge. Je lui avais même livré mon analyse de la personnalité de l'évêque et de la conception que ce dernier avait de son pouvoir et de son ministère épiscopal. Je dois avouer que le travail à l'évêché fut pour moi un privilège unique de collaborer avec l'illustre homme de Dieu, de le côtoyer quotidiennement, d'être témoin de ses temps de force et de faiblesse, de partager ses joies et ses peines, voire de subir ses sautes d'humeurs ou ses frustrations, etc. Il y avait à disposition une Land Rover bleue à douze places et une Vespa. Avec mon successeur, nous avons entre autres effectué quelques séances de vespa du côté de la piste d'aviation de Kenge. Le temps s'était révélé court pour tout faire. Le dimanche avant avait eu lieu une cérémonie d'adieu aux paroissiens d'Anuarité Nengapeta, dont j'étais le vicaire dominical pendant les trois premières années de son existence. Je pris congé des  jeunes Bilenge ya Mwinda que j'encadrais. Tout était donc prêt pour mon départ.
Le 11 octobre 87, je m'occupai essentiellement de finaliser mon voyage, de boucler mes valises et de ranger mes effets dans une malle d'Italie. Ce n'était pas aisé de quitter un lieu où l'on a vécu cinq années de suite, où l'on a tissé des habitudes, des réflexes et des relations. Je passai à la procure déposer une de mes malles à côté d'une autre qui s'y trouvait déjà. (Pour l'histoire, je n'ai presque rien retrouvé de tous ces biens cinq ans plus tard à part quelques livres n'intéressant personne. Je n'avais pas emporté la caisse.) Nicolas d'heureuse mémoire aujourd'hui voulait mon appareil projecteur de diapositives que je lui laissai volontiers. Je passai dire au revoir à des parents et amis à travers Kenge, en commençant par les champs de tir. Toute la journée, j'étais dans des courses à gauche à droite. Dans la soirée, j'eus une dernière conversation avec le Prélat un peu surpris de mon départ soudain à son sens; on se reverrait à Kinshasa. Je passai dire adieu tour à tour à mes confrères de la communauté: P. Jean Van der Hulst svd, Fr. Baptiste van Rooijen svd, A. Nicolas Berends, A. Denys Luhangu. Paix à leurs âmes! Le 12 octobre vers 22 heures, en compagnie de mon successeur, je franchis le portail humant et proférant l'ouf le plus puissant de ma vie. La suite est à lire dans mon autobiographie qui traîne à être publiée si jamais; mais c'est fait express.

5 Oct 2017

4-5 octobre 2017: Le détour de Trinidad

5 octobre 2017. Depuis hier soir 21h30, j'effectue un séjour de travail à Port-of-Spain, Trinidad. Je participe à ma toute première réunion comme membre du Conseil pour les études postgraduate et recherche de l'université. Je n'ai appris la nomination il n'y a que quelque trois semaines. Je n'ai eu que le temps d'arranger les papiers (visa, logement, ticket) et de traverser toutes les frustrations qui y sont liées. C'était un parcours de combattant pour mettre en place toutes ces opérations.
Hier je suis parti de la maison à 14h45, avec Mama Mapasa qui devrait récupérer sa voiture au chantier. A 15h30, j'étais à St Patrick pour dire au revoir aux enfants qui ne pouvaient pas m'accompagner vu que leur maman avait réunion des parents à l'école. A l'aéroport, j'ai été reçu au guichet par R, un ancien étudiant, qui m'a traité, je dois le reconnaître et le remercier, comme il se doit. Mon enregistrement s'est passé très vite, moins de cinq minutes. Il ne m'a posé qu'une question après voir vérifié passeport et billet: "Voulez-vous une place couloir ou fenêtre?" et tout de suite après "Bon voyage". A l'intérieur de l'aérogare, j'ai pris le temps de lire quelques documents de la réunion et de faire quelques coups de fil. Le vol a pris quelque cinquante minutes, et nous sommes arrivés à l'heure, 20h15, à Piarco International.
Avec un visa waiver, il me fallait solliciter un visa trinidadien; ce qui m'a pris une bonne quinzaine de minutes. Beaucoup moins que les autres fois. Là alors, j'ai été surpris quand on m'a demandé le nom et l'adresse d'un partenaire vivant à Trinidad. L'invitation à la réunion ayant été établie en Jamaïque, je n'avais aucune référence sous la main. J'ai donné le nom d'une collègue qui n'avait rien à voir avec la réunion. L'essentiel était d'en soumettre un. Un taxi. Vingt minutes plus tard, j'étais à l'University Inn, Campus St Augustine. J'ai été reconnu par Dr Rodolphe Solbiac de l'UAG, Martinique. Il y a l'Annual Western Indian Literature Conference.  Le garçon de chambre m'a informé qu'il me fallait libérer la chambre à 12h00 comme je partirais le soir. Ainsi, je n'ai occupé ma chambre d'hôtel que de 22h à 8h45.
Ce matin, au restaurant, c'est ma collègue et amie Anthea Morrison qui m'a interpelé alors que je ne l'ai pas reconnue à première vue. En fait, je l'ai vue de profil. Elle est à la conférence. De là j'ai couru vers le bureau de Graduate Studies m'en quérir du lieu de la réunion. Aussitôt orienté, je suis retourné à la chambre pour boucler mon sac. A la réunion, j'ai eu le plaisir de rencontrer beaucoup de visages connus et inconnus. Parmi eux, Dr Ngoni Chipere du Zimbabwe qui opère à l'Open Campus, mais que je n'ai plus vu depuis plus d'une année. Parmi eux, Alan Cobley, lui est Pro-Vice Chancellor chargé du Board of Undergraduate Studies. Mon voisin de quartier, mais que je ne vois que par hasard, à des occasions spéciales ou officielles. Etc. une dizaine de collègues de Cave Hill, Barbade.
A cette réunion, j'ai plutôt observé, appris, écouté. Je serai partie prenante la fois prochaine. J'ai pu mettre des noms sur des titres, certains connus depuis des années. J'ai particulièrement apprécié les exposés des participants et la façon dont la réunion a été menée. Là, la réunion continue; il est 17h20, il reste deux points à traiter. J'ai commandé un taxi pour 16h00.
J'arrête là. Une pensée et des salutations cordiales de Trinité et Tobago. 
 

4 Oct 2017

Zum Geburtstag viel Glück FK

Heute feiert Frau Traudl Schmitt ihren Geburtstag. Alle meine engen Verwandte and Freunde haben - durch meine Erzählungen oder Schreiben - schon mal über sie gehört, da sie irgendwie zu meinem alltäglichen Leben gehört. Alle die Leser and Leserinnen von diesem Blog kennen sie. Ihr Name scheint ab und zu in verschiedenen Texten. Schon 23 Jahre seit ich sie zum erstenmal getroffen habe und seit wir uns kennengelernt haben. Genau am 5. August 94, zwei Wochen nach dem Tod meiner schwester Louise. Unsere Beziehung ist solange sehr stark geblieben, auch wenn der Kontakt manchmal nicht so regelmässig laüft. Ihre Anwesendheit ist mir wesentlich, das ist für mich das wichtigste. Dafür bin ich dem Schöpfer der Welt sehr dankbar.  Möge ihr der Herr Gott noch Segen, Frieden, Kraft, Gesundheit, schenken. Mut und Hoffnung braucht sie auch, besonders in diesen Tagen und Monaten. Alles Gute und Liebe liebe FK. "Zum Geburtstag viel Glück" würde ich sehr gerne singen.

3 octobre 2017: Dix ans sous terre

"Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière" (Gen 3, 19).
Dix ans que Papa a été porté en terre, dix ans que la terre a déjà repris mon père dans l'au-delà, dix ans de souvenirs et de mémoire. Dix ans de séparation physique, et c'est pourtant comme si c'était encore hier. Je suis enocre passé te voir le 1er août 2016 à ton logis de repos. Pieuse prière, méditation et silence! Paix éternelle à ton âme!
Je me souviens particulièrement d'une date. Le 3 octobre 2008, j'avais appelé Maman: elle avait tout de suite compris que c'était en rapport avec l'enterrement de Papa. "Lelu, le 3" avait-elle dit. Tout était dit et entendu à demis-mots. Après un temps, elle a rappelé: "Tat'enu mu nkembu bam'zika". Aujourd'hui, Papa et Mabana se retrouvent ensemble dans le royaume des vivants, communiant et communiquant à travers les symboles magnétiques du cosmos, attendant que nous les y rejoignons un jour, à notre tour. De la vie à la mort il n'y a qu'un pas.
Buna bwa bukheti tata.

2 Oct 2017

Giuseppe Kisekka vive in eterno

October 1, 2017. I was trying to get news about Joseph Kisekka. It is how I found myself devastated to learn about his passing on April 14, 2016. Giuseppe passed away more than a year ago without me knowing. May his soul rest in peace. His colleagues of the Martyrs of Uganda University have published an impressve 70 pages Tribute to Associate Professor Fr. Joseph Kisekka (1959-2016). I have always considered Jeff and Jean-Roger Lumu among my best friends while studying at the Urbaniana, Rome.
Kisekka started philosophy at the same time I started theology. When I finished third year he was in first theology. We used to chat a lot, discussing almost any subject, sharing life experience and many things in common. To me he was like Lumu. They both had a sense of humor and sarcasm I really appreciated. We would laugh at everyone. "Che forza selvaggia!" He once said teasing Faustin Mampuya. He used to make jokes about Vincent Ssekabira, kindly nicknamed "Bisognerebbe". He might have been the one who coined that nickname for VS. When I decided to attend a language course at the Central School of English, London, he took it for a waste of time, suspecting or hinting that I had an agenda in mind. "Even if you pretend that you lost English by learning German, your English does not need any improvement. Period.", he told me. Kisekka used to argue that Idi Amin was a Zairean, not Ugandan. Through him and other friends from Uganda I learned to understand some Kiganda language, a Bantu language similar to Lingala. "Tugende" for example means "Tokende" or "Let us go". Last time I met JK was at Collegio San Paolo in 89 or 90. He was finishing his PhD in Philosophy at the Urbaniana.
In 2008 I found his email address on the net and reconnected with him. We shared some news on our common friends and life challenges. Unfortunately the last three years we lost contact. I understand that it was due to his sickness. Having JRL and JK at my side was a real blessing to me. I heard of Lumu's passing two years later, the same way I heard tonight of Joseph Kisekka's death one and a half year later. Vivo o morto, Giuseppe vive davero in eterno nel mio cuore.
Dear Joseph, may your soul rest in peace and the Allmighty grant you eternal peace.