27 févr. 2025

Délabrement total

"Claver,

Merci de publier cette poignante réflexion L’heure est grave.

Les récentes prises de Goma et Bukavu par les M23 doivent nous amenet à réfléchir sur la façon dont la RDC est gouvernée et protégée. Le leadership civil et militaire se montre complètement défaillant. Au lieu de défendre le territoire dans son intégrité, on se contente d'accuser Kagame, Naanga et maintenant Kabila. Acculé, on ne sait plus à quel saint se vouer ni où donner de la tête.

Absence flagrante de stratégie militaire. C'est même pire. Absence d’armée de guerre. Mobutu, du temps où il était aux commandes du pays, dirigeait une armée : "Oyo ekoya eya... Armée, discipline ya solo ekoti. Armée aza na ba forces spéciales, Armée azali na ba forces organisées, etc." Rien de tout cela. Au lendemain de la perte de Goma, l’ancien ministre de la défense qui n’à jamais défendu Bunagana, est allé recruter des jeunes dans son fief de l’Équateur. On apprend que tous les généraux des FARDC auraient précipitamment quitté Goma par bateau pour Bukavu à la suite  de l’assassinat du Gouverneur militaire du Nord-Kivu. Les mercenaires roumains se seraient retractés. Des soldats auraient simplement fui, abandonnant d’importants matériels désormais récupérés par les rebelles. Vrai ou faux? Tout cela donne matière à réflexion. 

Que font entre-temps les autorités du pays maintenant qu'elles n’ont plus de main-mise sur le Nord et le Sud Kivu? Bis repetita ! 1996-97 avait commencé comme ça. Le pays s’est écroulé comme un château de sable. En toute logique, rien n’empêcherait à cette allure que le même scénario se poursuive. Rien n’empêcherait que Kisangani et Kalemie et Lubumbashi soient prises dans les mêmes conditions qu'il  y a 30 ans. La population est abandonnée à elle-même, à son triste sort, exposée aux massacres, aux viols et aux humiliations des sanguinaires. Le tableau est triste partout. 

La RDC est tout sauf dirigée. Pillée et saignée à blanc aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. Une absence totale de leadership. Rien ne fonctionne. Toutes les structures de l’état sont délabrées. Le parlement dirigé par un ancien prisonnier acquitté des détournements n’est qu’une pègre de prédateurs sans foi ni vergogne qui exhibent sans honte des salaires faramineux dans un pays réputé parmi les plus pauvres au monde. L’armée n’existe pas: un soldat ne gagne même pas 100$ par mois. L'homme sensé ́défendre le pays au prix de son sang n’obtient pas le butin de son travail, comment voulez-vous qu’il se batte au front? Il n’est ni formé, ni entretenu ni équipé ni payé, comment peut-il combattre l'ennemi pour un pays qui ne le considère pas, qui ne valorise pas sa responsabilité ni sa dignité?  Ni organisée, ni dirigée, la RDC est aux yeux de beaucoup d’analystes avertis un non-état. Tout est en délabrement. 

Rien ne fonctionne. Sortez de la maison, marchez et observez attentivement la rue, posez-vous quelques questions très simples. Les passants sont-ils recensés? Ont-ils des cartes d'identité ?  Comment sont-ils protégés contre les véhicules et les bandits? Observez l'état de la route et la circulation routière. Observez les centres de santé ou les marchés. Les images parlent d'elles-mêmes. Ou simplement passez un micro baladeur. Vous connaîtrez les problèmes des gens, vous mesurerez l'ampleur de l’incompétence et l’irresponsabilité des dirigeants. Chacun y est pour soi, pour ses seuls intérêts personnels. Ne comptent que sa famille, sa tribu, ses frères et sœurs de même langue ou du même coin. L'état n'existe pas. Tout est détourné jusqu’à la craie des salles de classe. La classe politique pille le pays, elle prend tout sans laisser des miettes. 

Congolaises, Congolais, défendons notre patrie armes à la main."

Le Pourfendeur


Ma réponse à chaud: 

"Cher ami, un tel discours dur n'a pas de place en ce moment. Nous laverons nos linges sales en famille. Nul n'est mieux placé que les autorités de ce pays pour défendre la population, le territoire congolais et ses richesses. La diplomatie travaille et obtient déjà des résultats positifs."

26 févr. 2025

Une journée sereine

25 février 2025, un journée sereine et simple. Avant-midi rien de spécial à part la routine quotidienne. Le téléphone sonne régulièrement.  De nombreux coups de fil de voeux et prieres. Puis visite-surpise avec cadeau de Miléa er Marie-Aude, nos soeurs ivoiriennes. Gâteau d'anniversaire consommé, Moscato du jour arrosé. Solange absente mais tenue au secret de la visite. Akoya lobi kolia kwanga na mbika. Au milieu de.l'après-midi, visite chez les Mamingi et Nsona. On échange sur mon voyage au Congo: re-enterrement des restes de Maman, onauguratoo de la RAK, passage se Londres. Par coïncidence coup de fil de MaCha en forme. Dieu est au contrôle. De là cap vers Erdistion Collège où nous recupérons Ibangu. Après 18 heures, repas de famille à Bubbas Restaurant à Christ Church. Il est 20h30 lorsque la petite famille Mabana retourne à la maison. Une journée sereine. Un anniversaire sans tralala, douce et sereine. 

Encore une fois joyeux anniversaire Ngudj Mapasa. Le Seigneur te bénisse et te protège.  


25 févr. 2025

Kubutuka ya mbote Mama Mapasa

25 février 2025. Mono ke zodila Mama Mapasa Abuka Mosimi-Mabana kiese, ngemba, ngolo ya nitu ti ya ntima, lutondo ti nkwamina na kilumbu yai ya mpwena. Mfumu Nzambi kusambula ye kupesa yandi bamvula diaka mingi ya luzingu. 

Kumosi ti ba mapasa ti bampangi nionso ya familia, beto ke yimbila yandi "Mbotama Elamu". Mbotama elamu Mama Mapasa! 

24 févr. 2025

Prof Pedro Welch in memoriam

London 21 February 2025. Whereas I was transiting from London to Barbados, I received a message from Miss Alison Johnson announcing the passing of Professor Pedro Welch, former Deputy Principal of the Cave Hill Campus and former Dean of the Faculty of Humanities and Education. I am personally saddened by the loss of this great Caribbean historian, who once chose me to become his Deputy Dean. Prof Welch is among the few persons I knew during the first year of my presence at Cave Hill and to whom I became closed. The first time I met him was when we had to deal with French Lecturers of different Caribbean territories. At that time he was in charge of Distance Education. After the publication of his major and seminal book titled  Slave Society in the City: Bridgetown Barbados 1680-1834 (Ian Randle Publishers, 2003) he joined the Dept. of History and Philosophy, and he became our Dean succeeding to Prof Hazel Simmons-McDonald. It was also during his tenure as Dean of FHE, that I was promoted to the rank of Professor of Francophone African and Caribbean Literature. He called me from St Augustine to announce this achievement of my university career. Beside his academic activities, Pedro was a church minister, he used to come on Wednesdays to participate in prayers with the community in the Art Lecture Theatre. He possessed also musical talents. I once witnessed his performance at a funeral in a church at Grazette, he played keyboard to an outstanding level. I was amazed. I salute the colleague and friend, I salute a family father whose daughter was married to a Nigerian fellow. I salute the man, the leader and the generous Christian apostle. Deepest condolences to his wife, family and dear ones. May his soul rest in peace. Amen.

20 févr. 2025

20 février: Retour avec Ethiopian

Une fois de plus je viens de passer par l'aéroport de Ndjili pour retourner chez moi après un mois se séjour au pays. Exceptionnellement j'avais un extra bagage. Chose simple ailleurs mais un véritable problème aux pays des koulouna et de wewa. Chacun vole à la mesure de sa laisse. Tel est le moto.

Ce que je viens de vivre aujourd'hui dépasse l'entendement. Cet aéroport n'offre aucune sécurité aux voyageurs. Il faut commencer par soudoyer les agents de police du parking, ensuite le porteur qui vous trouve un chariot, ensuite le filmeur. Là je viens de recourir a ce servicce de filmage. A côté du filmeur officiel, les agents des sociétés aériennes s'arrangent pour effectuer cette opération clandestinement. Et ils le font à la main libre. Je leur ai glissé 20 000 fc contre 10$. 

Après l'enregistrement, la DGM s'est montrée correcte et courtoise. Mais à la sécurité de scan, on a failli me faire payer 50$ pour des mbinzo qui ne valent rien. Devant mon refus de les payer, ils ont fini par accepter 10$. Puis à la sortie de la salle d'attente, un agent trouvant mon bagage à main trop lourd, n'a rien voulu entendre. Je découvrirai que tous utilisent la même stratégie d'intimidation. En fait, tout se paie. Là j'ai jeté 40$.  Faut donc compter 100$ pour arriver à l'avion. Quel aéroport! Quel service. Une vèritable mafia à la place d'agents de voyage. 

J'arrête. Je suis à Addis-Abeba. Ça c'est un aéroport. No more comments.


17 févr. 2025

De nouveau à Kin: Que du désordre!

La chose qui me dérange chaque fois que j'arrive à Kin, c'est le manque d'ordre à tous les niveaux. Je ne parle pas de la politique mais du comportement des personnes. Placez-vous à n'imporre quel coin de rue, observez les gens qui passent. Enfants, jeunes, adultes et personnes âgées,  tous portent sur le front le stigmate de ce désordre viscéral. Une terre sans loi où les agents dits de l'ordre en sont les principaux pourfendeurs. 
Observez les immondices et les nids de poule qui ne sont ni traités ni repares, à côté desquels tous les usagers de la route sont inévitablement forcés de passer. On pollue la voie publique avec des plastiques, des mégots de cigarettes, des papiers d'emballage, de mares d'urine et d'excréments. Et on trouve cela normal. On frise l'inhumain et la bestialité. Toutes les notions jadis apprises en hygiène et en éducation civique sont bafouées.  Quelles leçons morales peut-on tirer d'une société qui refuse de s'améliorer ou de se développer? Quelle capacité de destruction de tout ce qui a été patiemment construit? Toute l'énergie dépensée à détruire aurait pu construire le pays si elle avait été bien canalisée.  L'éducation au bien commun comme au droit des autres fait largement défaut  
RDC eloko ya makasi ou Kin mboka elengi. Des inepties qui à force d'être répétées deviennent des valeurs accréditées par les instances de probité morale. Observez les passants. Faites attention à leurs propos. Soyez heureux si leur langage vous échappe ou vous est inconnu car la courtoisie a disparu de leur vie depuis plus d'un siècle. Insultes, bagarres, invectives, violences de  propos,  vulgarités de toutes sortes vous donnent la mesure de l'échelle d'éducation qui les guide. Encore faudrait-il qu'ils aient couper le bic. Ne soyez pas surpris. L'immoralité trône au pays des pasteurs-prophètes faiseurs de miracles et des koulouna en cravates, à l'empire des wewa et autres criminels de grand chemin. On s'enlise vraiment dans la décrépitude éthique, au fond de l'inénarrable et de l'indicible. Et cela à tous les niveaux hélas!
Le désordre, oui le désordre à n'en jamais finir. "Où vont-nous?", se serait exclamé mon comédien d'ami trop tôt parti ad patrem, Mr Boubou. Respect éternel à ton nom.
Écœuré,  j'arrête là cette reflexion matinale. 

16 févr. 2025

ACP: La RAK portée sur les fonts baptismaux

https://acp.cd/culture/kwango-la-revue-academique-de-lisp-kenge-portee-sur-les-fonts-baptismaux/

 

Kenge, 13 février 2025 (ACP).- La revue académique du Kwango (RAK)  des professeurs  de l’ISP/Kenge a été  portée sur les fonts baptismaux, jeudi,  par Mgr Jean-Pierre Kwambamba, à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango au sud-ouest de la République Démocratique du Congo, au cours d’une cérémonie inaugurale. 

« La nouvelle revue académique que nous avons l’honneur de lancer en ce jour, ne sera pas seulement un outil de publication, mais un véritable espace de réflexion, d’échange et d’innovation. Elle a pour vocation de donner une voix à nos chercheurs, à nos enseignants, et à nos étudiants ; en valorisant leurs travaux et leurs idées. Nous souhaitons ainsi contribuer au développement de la recherche scientifique dans notre province et faire ainsi écho au-delà de ses frontières», a fait savoir Prof Bibiane Niangi, directrice générale de l’ISP Kenge.

«  Nous avons l’honneur et la joie de vous saluer à l’occasion de la présentation officielle de notre revue académique du Kwango/Academic Journal of Kwango (RAK). Cette date entre dans les annales de l’ISP Kenge parce qu’elle consolide l’apport de l’Association des professeurs de l’ISP Kenge (APISPK).

 Notons toutefois que l’ISP Kenge a pendant quelques années, produit la revue Luhangu Lwa Nzambi disparue des radars. La RAK vient en quelque sorte combler un vide laissé par Luhangu, mais la similarité s’arrête là », a déclaré Prof Claver Kahiudi Mabana, directeur de rédaction de cette revue.

Et d’ajouter : « Ce numéro est majoritairement constitué des contributions présentées au colloque, auxquelles nous avons ajouté quatre articles hors colloque. Le comité de rédaction est constitué de tous les professeurs de l’ISP Kenge piloté par un directeur, un secrétaire de rédaction et un secrétaire administratif. Le plus dur était la collecte des manuscrits des collègues, heureusement notre expérience d’éditeur nous a énormément aidés à contourner quelques ennuis du métier ».

Pour  le Chef des travaux , Claude Kidinda Mokola,  les sujets traités par les quinze contributeurs ont été exploités dans divers domaines notamment l’éducation pour le développement humain, rôle de l’ISP par le professeur Floribert Kiala Sadilakanda de l’ISTM Marie Reine de la Paix ainsi qu’Impact de l’ISP de Kenge dans la Province du Kwango qui s’est appesanti sur l’ « état des lieux et perspectives, rapport du colloque organisé par l’association des professeurs de l’ISP-Kenge (APISPK) du 18-19  août  2022 à Kenge ».

Initiée par le professeur Rufin Kikakedimau à l’issue du colloque organisé à l’occasion de 30 ans d’existence de l’ISP Kenge, l’Association des professeurs de l’ISP Kenge (APISPK)  vise à appuyer l’action de l’ISP Kenge, rappelle-t-on.

ACP/C.L.