15 juin 2011

Faustin Mampuya et moi

1. A Misele, plus exactement à plus ou moins deux cent mètres de la bifurcation qui mène au grand séminaire de Kalonda se trouve un étang. Et chaque fois que Faustin y passait avec moi, de jour comme de nuit, il se mettait à chuinter bruyamment pour me taquiner.
1979. Mars ou avril. Nous nous sommes retrouvés à Misele. C'est moi qui conduisais. Arrivé à cet étang, il y avait des poules et des poussins. J'avais sorti la tête pour les chasser: "ch... ch... ch..." Doyen René Singa et Faustin Mampuya ont éclaté de rire, disant: "Il faut klaxonner... au lieu de chuinter."

2. Le nome et le mupanda. Le nome demandé: ça, c'est le mupandéeeee, cà c'est quoi? ça c'est le mupanda. Le mupanda demandé: ça c'est le nomeeeeeeeeee cà c'est quoi? ça c'est le nome. C'est depuis ce récit là, en fait raconté par un boy chauffeur de Théo, que Faustin et moi nous appelions l'un l'autre: L'Homme (Le nome).

3. Lors de notre régence à Kalonda en 1978-79, il nous a été demandé au deuxième semestre d'assurer conjointement le cours de religion en 6e année au lycée Mikembo de Masamuna. Le préfet Gilonga-Nzambi avait arrangé l'horaire de sorte que chacun de nous enseignât un vendredi sur deux de 14 à 16h sur un thème précis. Voilà que pendant toute une semaine, les élèves du lycée avaient fait grève pour protester contre leurs conditions d'alimentation. Alors que tous les cours étaient supprimés, Faustin a osé y aller, sans hésiter. A la surprise générale, toutes les élèves de 6e année étaient présentes à son cours. A son retour, je lui ai demandé par quel miracle il a réussi ce coup. Il m'a répondu à peu près en ces termes: "Je n'ai rien fait de spécial. Il y a deux semaines, elles avaient suggéré que je leur parle du sexe et du mariage. J'étais donc attendu, et pour rien au monde elles auraient manqué ce cours." Paix à ton âme, L'homme! 

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