18 août 2016

A chacun son pasteur

Je corrige le titre tout de suite: chacune a son pasteur. C'est plus vrai. Les hommes peuvent parfois avoir un peu de recul, alors que les femmes, ce n'est pas moi qui le dis, ont du mal à se débarrasser de l'emprise de ce vautour. Chacune a son pasteur. Je tiens ce discours voulu polémique pour amener mes lecteurs à plus de sens critique. Ce que je raconte se passe dans un entourage qui m'est familier et proche.
Une ancienne religieuse a eu le malheur de tomber sur un homme au passé sulfureux et aussi sombre qu'une histoire à vous faire rêver debout. Un pasteur réputé déceler les puissances sorcières ou des pratiques occultes derrière les événements les plus anodins. Complètement séduite, l'ex-sœur ne jure que par lui, ne respire qu'au rythme de ses expirations prophétiques. N'osez jamais parler du mal de cet être sublime en présence de la défroquée! Elle vous rabrouera sans ménagement. On dirait que cette icone a pris la place de Dieu dans le coeur de l'ancienne consacrée. Qu'est-il cet homme? Pasteur ou prophète? Cela n'a aucune importance car il n'y a pas de différence.
Depuis que ce charlatan sans domicile fixe est entré dans sa vie, la sœur bercée par l'amour de cet "homme-dieu" affiche son arrogance et son égoïsme d'une façon ostentatoire. En deux ans de vie commune, le macabre personnage, tel une sangsue, a réussi à isoler son amour du reste du monde: de sa famille, de ses amis et connaissances. Celle-ci obéit parfaitement à toutes les injonctions du prétendu 'homme de Dieu". Manipulateur d'une extrême habileté, excellent tireur de ficelles, le prophète lui a inspiré de très graves décisions: elle a vendu sa propriété, elle a chassé ses sœurs, nièces et neveux qui habitaient dans sa demeure, s'isolant radicalement du monde pour se consacrer à plein temps à son divin amant. Tout ce qu'elle gagne, reçoit en cadeau d'autres personnes, est récupéré par ledit homme de Dieu. Elle a vendu tous ses biens domestiques afin d'aider le pasteur à vaincre une incurable maladie. Elle soigne son prédateur de concubin comme son enfant biologique qu'elle n'a jamais eu. Une sorte de compensation sous le couvert d'une générosité suicidaire.
A l'occasion d'un décès au village, le pasteur ayant par ses pouvoirs "vu" l'auteur maléfique de ce malheur, a intimé l'ordre à sa dulcinée de révéler le nom de ce sorcier tueur. Dès que le coup de fil a été coupé, le deuil s'est transformé en une bataille rangée causant de graves plaies et blessures. Le sorcier désigné a réussi à échapper miraculeusement au lynchage, mais sa maison a été brulée, et ses biens calcinés. Même après avoir appris des conséquences de son appel téléphonique, elle est restée de marbre, convaincue d'avoir accompli son devoir. La voilà désormais devenue femme fatale, monstrueusement froide et sans scrupules.
Au fait, ce qui est arrivé dans le parcours de cette vénérable dame jadis religieuse donne la mesure du drame que vivent des milliers des femmes à travers le monde. Les analyses de Mobutu au sujet du lavage de cerveau dans les sectes que l'on peut suivre sur Youtube s'avèrent pertinentes et irrécusables. On assiste à une véritable déchéance morale et humaine. Comment une femme qui a passé des années dans un couvent catholique peut-elle tomber si bas, dans une telle irresponsabilité? Comment une nonne qui a été formée aux principes des vertus théologales, au discernement et à sentir la présence incommensurable de Dieu, a-t-elle pu succomber aux appâts insensés d'un sinistre parasite érigé en icone divine? Crédulité, ensorcellement, envoûtement, domination, pouvoirs extraordinaires, tous ces termes peuvent être évoqués pour décrire cette étrange dérive. Au point où elle est arrivée, il lui est presque impossible de retrouver la lucidité à moins qu'un traitement électrochoc ne l'en sorte. Chacun, non seulement possède son parasite de pasteur, son "pasta" comme on dit à Kin, mais l'idolâtre démesurément et passionnément. Attention aux sangsues!





Toute personne
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16 août 2016

14 août 2016: Paris CDG en route pour Londres LHR

13 août 2016. Une pensée spéciale pour les abbés Jean René Singa et Michel Jr N'Gob qui fêtent leur trente-huitième anniversaire sacerdotale. Congratulations!
Depuis 7 heures du matin, je me trouve en escale à l'aéroport de Roissy Charles de Gaule où avec Clavère j'attends ma correspondance pour Londres autour de 18h00. Partis hier de Kinshasa à 21h20 avec Air France 889, nous sommes arrivés à Paris avant l'heure. La nuit a été paisible, sauf que dans un avion on se repose rarement de façon consistante. 
Cette dernière semaine a été mouvementée vu que j'ai eu à revoir des personnes que je n'avais pas prévu de voir ou à répondre à des invitations inattendues. Parfois et souvent, j'étais obligé d'improviser plutôt que de suivre un programme établi. Comme je l'ai signalé dans l'article précédent, il est très difficile de réaliser son programme à la lettre dans notre pays tellement des circonstances imprévisibles s'imposent les unes après les autres. La vie à Kinshasa est pleine de stress et d'émotions pour quelqu'un qui n'y vit pas. Du lever au coucher du soleil, on pénètre dans un univers presque rocambolesque et surréaliste. La rue de Kinshasa est pleine de monde, une immense population aux traits et langues différents, qui se presse, se précipite, dans les différents rus qui constituent la chaîne de l'invulnérable et inébranlable fleuve de la capitale de la RDC. Il y a eu pas mal de rencontres inoffensives, et d'autres surprenantes. Et même des personnes connues jadis vous apparaissent différentes, changées, comme venant d'un autre monde. Au point que je me suis souvent demandé si je les avais jamais vues auparavant. La rue est tellement tumultueuse qu'on n'a pas le temps de s'arrêter, d'observer attentivement les gens, de scruter son environnement ni de se positionner dans ce chaos de bruits, de cris, de klaxons, de vente à la criée, des phaseurs kuluna ou shegues qui contrôlent les zones habitées de la capitale.
Les dernières journées ont été époustouflantes, épuisantes et éprouvantes à plusieurs égards. J'avais prévu de visiter mes frères et soeurs vivant à Kinshasa à leurs domiciles. Question de me rendre compte de leur sitation particulière. J'ai pris des rendez-vous que je n'ai pas réalisés faute de temps ou simplement parce qu'un personnage plus important m'a prié de le rencontrer. J'ai ma part de responsabilité dans cette histoire. Depuis la Barbade, j'avais prévu de revoir Micheline Luyatu, que je n'ai plus revue depuis 1966. Mission non accomplie. Le jour où elle était censée venir me rencontrer, je n'étais pas disponible. Par contre, j'ai rencontré des parents de mes collègues et amis. Il y a aussi d'émouvantes retrouvailles avec les miens. J'en ai profité pour compléter quelques recherches que j'effectue sur ma propre vie car je tiens à publier mon auto-biographie.
Que dire encore? Kinshasa reste Kinshasa, une ville toujours égale à elle-même. A la différence qu'on prie beaucoup. Tout le monde prie. Tout le monde revient de prière. Tout le monde réserve un temps important à la lecture de la Bible, c'est du moins ce que tout le monde dit. Seulement voilà! La moralité vulgaire et urbaine bat son plein. J'y reviendrai. Les pasteurs, les prophètes, les bakambi ou les moralistes ambulants de tout acabit sont partout à voir, étalant leur savoir-faire à des ouailles immédiates qui forment leur audience. Tout le monde a son pasteur, le bon si pas le meilleur. Kinshasa est à la merci des pasteurs. 

11 août 2016

Programme irréalisable

S'il est une chose que j'ai expérimentée pendant ces six dernières semaines, c'est le concept de programme irréalisable. Irréalisable  pour ne pas dire quasi impossible. Effectuer quelque chose comme prévu relève d'un défi presqu'insurmontable. Les circonstances ambiantes ne favorisent jamais pleinement la réalisation de programmes. A tous les niveaux et sur tous les plans. J'ai eu à vivre ou à apprendre des situations impensables rationnellement mais qui forment la réalité quotidienne de mes frères et soeurs humains. Ne faites jamais de programmes mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, adaptez-vous aux différentes contingences de la vie. C'est ce qui s'appelle réalisme. Autrement, vous serez constamment frustré, déprimé, malmené.

Happy Birthday to Eileen

Happy Birthday dear Eileen. May the Lord abundantly bless you. Peace, joy and love!

10 août 2016

Rendez-vous avec la mort


9 août 2016; En ces trois semaines de séjour à Kinshasa se sont déroulées plusieurs rencontres surprenantes, dont certaines avec la mort. J'ai revu mon père en rêve avant-hier. Il étais assis, calme, dans une tenue sombre. Vivant mais sans qu'il dise quoi que ce soit.
La pose des pierres tombales y est sans doute pour quelque chose. En outre, dimanche a eu lieu chez les Muzembo une rencontre familiale dont il était le réel pater familias. Il a été présent. La journée suivante visite à Mbudi de mes cousins: les abbés Dieudonné Mavudila et André Mukanu, Dr Aimé Kayolo et ses deux aînés Adrienne et Freddy, Maître Fils Kayolo, ma nièce Lydie Muzembo sans oubliermon cadet Xavier. Belle ambiance fraternelle, conviviale, ponctuée de beaucoup de rires aux éclats et de taquineries mutuelles. Sans que je le sache, pendant ce temps, de l'autre côté de la ville a eu lieu un événement fatal.
8.8.2016. Après nièce Nzumba, c'est au tour de Maman Thècle Mombo de nous quitter. C'est Mgr JP Kwambamba qui m'a donné l'information hier soir. L'abbé Gustave se trouvait chez lui lorsqu'on lui a annoncé la douloureuse nouvelle.  Maman me pardonnera d'avoir manqué de la revoir vivante. Devant l'hôpital St Joseph je n'ai pas réussi à joindre Claudine au téléphone pour qu'elle me facilite l'entrée. Que son âme repose en paix!
De ce pas je vais rencontrer l'abbé Gustave au Séminaire St Kagwa. Union de coeur et de prières!

Internet Access too complicated

Since I am in Kinshasa I have been unable to get my blog published, the obvious reason being the difficult access to the Internet. I tried whatsoever to fix it but I was unsuccessful. However I have written some thoughts as usual, will edit and update them. A wonderful and challenging experience for somebody like me who observes the world exclusively from a literary perspective.

Rendez-vous avec la mort


9 août 2016; En ces trois semqines de séjour à Kinshasa se sont déroulées plusieurs rencontres surprenantes, dont certaines avec la mort. J'ai revu mon père en rêve avant-hier. Il étais assis, calme, dans une tenue sombre. Vivant mais sans qu'il dise quoi que ce soit.
La pose des pierres tombales y est sans doute pour quelque chose. En outre, dimanche a eu lieu chez les Muzembo une rencontre familiale dont il était le réel pater familias. Il a été présent. La journée suivante visite à Mbudi de mes cousins: les abbés Dieudonné Mavudila et André Mukanu, Dr Aimé Kayolo et ses deux aînés Adrienne et Freddy, Maître Fils Kayolo, ma nièce Lydie Muzembo sans oubliermon cadet Xavier. Belle ambiance fraternelle, conviviale, ponctuée de beaucoup de rires aux éclats et de taquineries mutuelles. Sans que je le sache, pendant ce temps, de l'autre côté de la ville a eu lieu un événement fatal.
8.8.2016. Après nièce Nzumba, c'est au tour de Maman Thècle Mombo de nous quitter. C'est Mgr JP Kwambamba qui m'a donné l'information hier soir. L'abbé Gustave se trouvait chez lui lorsqu'on lui a annoncé la douloureuse nouvelle.  Maman me pardonnera d'avoir manqué de la revoir vivante. Devant l'hôpital St Joseph je n'ai pas réussi à joindre Claudine au téléphone pour qu'elle me facilite l'entrée. Que son âme repose en paix!
De ce pas je vais rencontrer l'abbé Gustave au Séminaire St Kagwa. Union de coeur et de prières!