13 mai 2010

Les Sapeurs

Papa Griffe déclarait au Miami Herald (16.03.2010): "Clothing - it's an important science in this human life on Earth. It gives a person value" (L'habillement - c'est une science importante dans la vie humaine d'ici-bas. Il donne valeur à la personne."
Mwana-Mayi dit: "Nalela kitendi." J'adore le dieu "Vêtement". Les sapeurs, les adeptes de la Sape (société des ambianceurs et des personnes élégantes) traînent déjà une longue histoire, vieille de bientôt trente ans. Blablateurs, ai-je dit hier? Non, nous sommes des sapeurs. Une autre création de nos chers Congolais des deux rives pour hisser au créneau l'habillement comme objet de culte.
Cavalli, Versace, Ceruti, Ferre, Yves-St-Laurent, Dior, Gautier, Smalto, Yamamoto, Masantomo, etc., tels sont les noms de griffes qui sortent spontanément de leurs bouches. Leur conversation quotidienne tourne autour de cette religion. Alain Mabanckou dans Black Bazar en présente un nommé "Fessologue" (vous avez bien compris) qui, au grand mécontentement de son vicieux voisin martiniquais, se sape pour aller balancer sa poubelle à la cave de l'immeuble qu'il habite.
Vous avez dit, un concert de musique? Allez les voir défiler. Ils s'amènent avec des malles pleines d'habits ainsi que des brosses, des fers et planches à repasser. J'ai vu. Ils arrivent en général en retard, dans des tenues extravagantes: des hommes en jupes ou en draps et chaussés de souliers ou bottes ostensiblement impressionnants. J'ai vu un clip où le sapeur n'avait rien trouvé de mieux que de se mettre un soulier comme chapeau. A un moment, le concert s'arrête pour permettre aux sapeurs de dévoiler leurs dernières collections, sans oublier de mentionner les prix de ces trésors à la Place Vandôme, dans un temple de couture de Milano ou de la Bahnhofstrasse de Zürich. Les musiciens eux-mêmes sont des sapeurs, des grands maîtres. Ils aiment à adorer leurs grands chanceliers, lancer leurs grands-prêtres, leurs petits de confiance argentiers de London ou de Panama, leurs reines, princesses et mères, etc. Attention: il n'y a qu'une Mère Premier (sic), Mère Malou. Paix à son âme. Même le Pape aurait voulu savoir qui était Mère Premier, tellement il avait entendu parler d'elle. Papa Wemba avec son obscur ami Niarkos ont construit leur triste réputation sur cette mission du paraître. Ors, bijoux, parfums, coiffures, tissus, chaussures, etc. sont mis à profit pour sculpter le LOOK du Sapeur ou de la Sapeuse (?). Je crois que même les femmes sont appelées sapeurs. Corrigez-moi si je me trompe. Car dans ce monde-là "l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec celui qui parle". Grammaire revue et corrigée. Cela ne vient pas de moi.
La SAPE, telle que pratiquée par certains compatriotes africains, est un fléau source de regrettables déviations. De l'immigration clandestine au vol le plus crapuleux, tel est le lot de ceux qui veulent s'habiller cher. A tel point que, dans ce pays, être propre équivaut à se vêtir cher. Concerts de musique, terrains de football, mariages, baptêmes, églises sont tenus pour des hauts lieux de la Sape. Voire le pasteur lui-même, c'est un haut sommet de grrr...rand-prêtre, un grand mikiliste, un sapeur. L'évangélisateur roule dans une Compressor et porte une montre Rolex ou Breguet. Il se présenterait un jour au culte en pijama qu'il serait acclamé comme un roi par sa congrégation pourvu que le pijama coûte 2.000 $.
La sape a une influence désastreuse sur les jeunes à tel point qu'un jour mon cadet de frangin m'a surpris, me déclarant: "Ya Claver, moi je ne peux pas mettre une chemise de moins de 25 £" (45 US) Il a été surpris de m'entendre dire que moi à qui il tenait ce discours n'ai jamais déboursé autant pour une chemise. Je sors décidément d'un autre monde, d'une autre école. Le luxe ostentatoire, connais pas. Le vrai sapeur acquiert sa chemise à 250 £. N'osez pas lui demander d'où lui provient l'argent. Secret professionnel ou de polichenelle! La fille du pétrolier et de Nkolo Budget, elle-même grand sapeur, est non seulement une adepte des charmes du dieu Kitendi, mais aussi une pourvoyeuse de fonds. BCBG Bon chic bon genre!
Le même frangin m'a rapporté cette phrase d'un sapeur revenant d'un concert: "Lelo, tobeti forme ya danzé. Ya moke te, ya mingi! Ba vivre biso!" (Aujourd'hui nous nous sommes très bien habillés. Sans blagues, très très bien habillés. Nous avons frappé très fort)

12 mai 2010

Comment je vécus l'attentat contre Jean-Paul II

Rome, 13 mai 1981. Ce jour-là, je me trouvais à Rome. J’étais étudiant en deuxième année de théologie à l’université de la Propagande Fide. C’était un mercredi, jour des audiences papales, je suis allé à l’institut Goethe sur la via del corso, près de la Piazza Venezia. Après le cours d’allemand que je suivais tous les mercredi et jeudi de 15 à 18 heures, je cherchais à retourner au collège. Je devrais prendre les bus 64 ou 62. La circulation était bloquée. Rien ne bougeait. Le bus 64 est arrivé mais ne pouvait se déplacer. Alors j’ai décidé de marcher jusqu’au Largo Argentina. Je sentais que quelque chose tournait mal mais je ne pouvais rien dire de précis. C’est là que j’ai rencontré dans un kiosque de tabac un condisciple égyptien Chenouda, qui finissait son cycle de théologie cette année-là.
C’est lui qui m’a dit ce qui m’a expliqué ce qui se passait : « On a tiré sur le pape ». Après un temps de silence, je me suis rendu compte que tout le monde près de moi suivait l’événement à la télévision. Comme nous n’avions pas d’autre choix pour retourner au collège, nous avions marché de Largo Argentina au Collège Urbain sur le Janicule.
Tout était si triste ce soir-là. En plus il y avait une parole maladroite d’une soeur salvadorienne qui vivait au Foyer Paul VI. Selon elle, l’homme qui avait attenté à la vie du Saint Père Jean Paul II était un Africain. Elle était à la Place Saint Pierre lorsque l’incident est arrivé. Je me souviens comme tous les Africains présents lui en ont voulu. Le père Natale Fumagalli, notre recteur, nous a alors invité à une veillée de prière pour la santé du Pape. Je m’en souviens vingt-neuf ans plus tard comme si c’était hier.

Mi ricordo dell'attentato a Giovani Paolo II

Roma 13 maggio 1981. Quel giorno ero a Roma. Ero studente di teologia alla Propaganda Fide. Quel giorno era un mercoledi, giorno delle udienze papali, sono andatto al Goethe Institut sulla via del Corso, vicino alla Piazza Venezia. Dopo il corso di tedesco che seguivo ogni mercoledi e giovedi dalle 15 alle 16, quello giorno, cercavo di ritornare al Collegio Urbano. Dovevo prendere il bus 64 o 62. Il traffico era bloccato. Niente si muoveva. Il 64 è arrivato, pero non si poteva muovere. Allora ho' deciso di caminare fino al Largo Argentina. Sentivo che qualcosa andava male ma non potevo dire niente di preciso. E' là in un neggozio o un tabacchaio ho incontrato il condiscepolo del collegio, Chenouda, un'egiziano che finiva la teologia quell'anno. E' lui che mi ha spiegato quello che succedeva: "Hanno sparato il papa!" Dopo un tempo di silenzio ho visto che tutta la gente accanto a me seguiva l'evento alla televisione. Come non avevamo un'altra scelta per ritornare al collegio, abbiamo caminato dal Largo Argentina fino al Collegio Urbano sul Gianicolo.
Tutto era cosi triste quella sera. C'era anche una sfortunata parola da parte di una suora del Salvador che stava al Foyer Paolo VI. Per lei, l'uomo che aveva attentato alla vita del Santo Padre Giovani Paolo Secondo era un Africano. Era alla piazza quando era accaduto l'incidente. Mi ricordo ancora come tutti gli Africani presenti l'avevano minacciata.
Padre Natale Fumagalli, il nostro rettore, ci aveva allora invitato ad una vigilia di preghiere per la salute del Papa. Me lo ricordo ventinove anni dope come se fosse ieri.

Telema

De la souffrance. On en parle toujours et depuis toujours. On s'enlise dans le problème à force de le répéter. La crasse de la misère noire côtoie et toise l'opulente bourgeoisie formée d'insolents nouveaux riches. La dignité humaine est sacrifiée.
Lorsqu'une parente me disait dernièrement qu'elle buvait à Kinshasa l'eau des mares et des égoûts, je ne voulais rien entendre. Aujourd'hui, j'apprends que des gens boivent de l'eau dont la source est située dans un cimetière. Les robinets sont secs depuis des mois, mais la facturation de l'eau continue. J'en suis estourbi. L'électricité, n'en parlons même pas. Je me souviens d'un clip diffusé sur le thème de "Christmas Lights" où l'on a vu Kinshasa en pleine obscurité, alors que New York, Paris, Johannesbourg, même ..., étaient étincelants.
C'est pourtant le pays du grand fleuve Congo et ses nombreux affluents, de la forêt équatoriale. C'est le pays du grand barrage d'Inga. Et ce sont ces denrées élémentaires, déjà efficacement résolues ailleurs, qui font problème au Congo et en Afrique. A se demander si on n'est pas maudits! Parlez-moi encore de scandale géologique! Blablabla. Mobutu avait pour insulter nos frères d'en face, son néologisme: les "blablateurs". S'il est un record que l'on doit nous octroyer, je n'en trouve qu'un seul: celui des plus grands destructeurs de l'humanité. Vous cherchez des preuves. Osez mettre des cabines téléphoniques, des machines de retrait d'argent ou même des distributeurs automatiques de boissons sur une voie publique. Revenez vingt-quatre heures plus tard. Vous m'en direz des nouvelles. Alors qu'ailleurs, de tels services fonctionnent normalement. Nous avons une capacité incroyable de destruction. Qu'avons-nous fait d'énormes ressources naturelles et humaines dont Dieu nous a pourvus? Rien, rien, rien. Pour dix sous et par égoïsme, on est prêt à trahir son pays. Des incapables et des incompétents, voilà ce que nous sommes! Incapables de nous tenir la main dans la main pour vivre en harmonie. Incompétents, parce que nous ne savons pas ce que c'est qu'une nation souveraine.
Guerre, désolation, désorganisation, gabégie, crime, vol, haine, corruption,... destruction de la morale et du bon sens. Voilà ce en quoi nous passons maîtres!
Get Up, Stand Up For Your Rights! Telema!

23 avr. 2010

Buon Compleanno, Lodo

Ieri, il 22 di aprile la mia amica di Crema, Lodovica Radaelli ha celebrato il suo compleanno. Non ho' potuto chiamarla ma ho pregato per lei.
Conosco Lodo da trent'anni quando era ancora studente a Udine, mi pare. Ci siamo conosciuti all'Instituto Goethe di Staufen in Germania dove avevamo imparato la lingua tedesca. Poi da Roma sono andato parechie volte a casa sua a Crema. L'ultima volta che ci siamo visti era a Fribourg in Svizzera pocho tempo prima del mio ritorno al Congo nel 92. Auguri, carissima Lodo! Dio ti benedica!

21 avr. 2010

Comme le temps passe !

Dimanche, 21 avril 1974. Il y a jour pour jour trente-six ans, je me trouvais pour la première fois à Bandundu; c'était l'ordination sacerdotale de l'abbé Innocent Mwela-Kipoy, premier prêtre de Kenge formé au petit séminaire de Kalonda. Nous sommes arrivés de Kalonda le 20 avril, avions logé au collège Kivuvu. J'étais chargé d'enregistrer les chants de la messe... mais on n'a jamais entendu ces chants. Le jeune homme avait maladroitement manié l'appareil? Ou bien était-ce une panne technique? Allez-y savoir. Les cassettes comme nous les connaissons aujourd'hui n'existaient pas à cette époque. Proficiat abbé curé Mwela! Kisalu ya mbote na dihya ya Mfumu! Je m'en souviens encore comme d'hier. C'était la deuxième ordination à laquelle j'assistais, après celle de l'abbé Kapende deux années auparavant à Kenge.

3 avr. 2010

Where Are You From?

Every African fellow who lives in the Caribbean once comes to be asked this question when talking to Bajans or any other Caribbean. As soon as you open your mouth, your accent discriminates you so that you are automatically taken for a foreigner. To me "Where are you from?" means much more than just a curiosity expression; it is a very tricky question. I might be wrong, it is debatable. Its real meaning depends on the person who asks the question and how the question is put. When one asks me : "Are you from Nigeria?" I always answer: "Not yet" I sometimes add: "maybe in a future life!" People usually laugh everytime I give this kind of answer. That is the way I have found to avoid answering this extremely embarrassing question. But when I am in a bad mood, I simply ignore the question or sometimes express my anger, because it may empower the questioner to go beyond the boarders of courtesy.

"Come on, Man, take it easy, you are in the paradise of Barbados and don't live in your African jungle any more. Life nowadays is much less complicated to cope with, and the world has become a universal village. Don't worry about that, Buddy! It is just a question. Right? "