Honneur et respect à toutes les femmes du monde en ce jour qui leur est spécialement consacré. Puissent-elles recevoir la reconnaissance qu'elles méritent en tant que femme, mère, grand-mère, tante, fille, nièce, amie, collègue ou partenaire dans notre environnement social immédiat et lointain. Puissent-elles être épargnées des atrocités de toutes sortes - viols, agressions physiques et morales, tueries, brutalités, injustices, inégalités, discrimininations - dont elles sont constamment victimes à travers le monde. Puissent-elles enfin être remises à la place qui leur revient dans la société et apporter leur unique et incontournable contribution au développement de l'humanité entière. Leur être-femme et leur condition féminine constituent des atouts qu'aucun homme, si puissant soit-il, ne saurait assumer valablement. Dans l'histoire des hommes, rien d'important ne s'est fait sans la femme, entend-on souvent dire. Pouvait-il en être autrement?
8 mars 2016
6 mars 2016
"Mu kataku"
6 mars 2014. En regardant ce soir le film de clôture de l'Africa World Documentary "La fiesta del fuego," j'ai revécu une tradition de purification qui existe chez nous. Je suis remonté à mes grandes vacances de 1969 chez mes grands-parents. A l'occasion de la circoncision de mes congénères de l'époque, je fus amené à assister à des rites uniques que je n'ai plus jamais revus. Ce film m'a ramené à ce vieux passé.
L'expression "mu kataku" désigne une position où seul un pied tient le sol alors que l'autre est relevé jusqu'au niveau du genou. En ce moment, on vous crache des solutions de feuilles machées sur le visage, sur le tron ou la poitrine, afin de vous purifier et de vous protéger contre les sortilèges susceptibles de nuire. Les "tsiapula" et leurs acolytes pontifient en proclamant des incantantations de purification. Voilà une tradition perdue chez nous que l'on retrouve au Festival de Santiago de Cuba.
Un festival syncrétique comme celui-là marque une transgression de rites en même temps qu'on en préserve la pérennité. Des éléments venus des Indes comme d'Afrique se mêlent aux us locaux pour donner lieu à ces impressionnantes célébrations. La limite entre le jeu et le sérieux semble étanche du moment où les deux instances se confondent, en rassemblant des dizaines des milliers de personnes.
Autant Oto Benga m'a dégoûté, autant celui-ci m'a ramené vers mon enfance. Et je l'ai dit lors de la discussion qui a suivi la projection de ce film cubain. A la suite de mon intervention, l'artiste cubain Leandro Soto le présentateur a évoqué les rites Mayombe qui existent encore dans cette partie de Cuba. Bref, c'est ainsi que j'ai vécu le festival. Merci et bravo à Niyi Coker Jr et à Jane Bryce!
In memoriam: Mgr Joseph Kumuondala
Je viens d'apprendre avec une douleur profonde la disparition, ce 6 mars 2016 à Kinshasa, de Mgr Joseph Kumuondala, archevêque de Mbandaka-Bikoro. RIP. Peu avant sa nomination épiscopale, cet ancien recteur de grand séminaire venait jouer au foot avec nous au Collège Urbain. Condoléances émues à l'archidiocèse de Mbandaka et à l'église de la RDC.
5 mars 2016
Le mariage avec un Blanc comme exutoire social
Les Cameruineuses ont envahi les Etats-Unis, tel est le titre de l'émission produite par l'émission Temps Présent de la Télévision Suisse Romande. J'en ai pris connaissance, informé par une amie qui a été en quelque sorte scandalisée par les propos tenus dans cette émission. Je l'ai réconfortée en lui racontant quelques aventures camerounaises dont j'ai été témoin pendant mes douze années de séjour en Suisse. Mon ministère pastoral auprès des étrangers en Suisse m'a donné accès à des confidences que je n'ai pas le droit de révéler.
Il m'a été ainsi donné l'occasion d'accompagner une Camerounaise voir pour la première fois le corps de son vieux mari décédé à la morgue de Chatel-Saint-Denis. Un moment d'émotion qui vous donne des picotements au coeur. La raison pour laquelle elle où pleurait le plus, ce n'était pas tant la disparition de son époux que le fait de n'avoir accompli les cinq années obligatoires de mariage pour obtenir la nationalité suisse. Elle ne s'en cachait pas, et elle a tout de suite pris la décision de s'engager dans une relation qui a abouti à un mariage cette fois avec un homme beaucoup plus jeune qu'elle. Ils forment un couple heureux qui tient contre vents et marées. Lorsque j'en ai la possibilité, je n'hésite pas de les rencontrer lors de mes passages en Suisse.
Les Cameruineuses appartiennent à ce que j'aime appeler la Dot.Com Generation, du Cybercafé avec toute sa panoplie de réseaux sociaux. A tout considérer avec distance, on en arrive à degager deux éléments fondamentaux: le mythe du blanc et l'argent. Ce sont les deux solutions pour "bien vivre" selon tous les interviewés, enfants et grands, l'Eldorado européen et suisse étant le lieu par excellence du rêve. Partir à tout prix pour l'Occident afin de s'en sortir de la pauvreté et du besoin. Et le mariage avec un blanc constitue un moyen idéal:
"Je vais chercher un blanc parce qu'avec les noirs, c'est la merde. Bien sûr avec les noirs, c'est la merde... Il y a une très grande différence. Avec le blanc tu n'as pas de maux de tête," déclare sans ambage une jeune femme. Mépris de sa race. Aliénation mentale. Refus de sa condition d'origine. D'où le départ quoi qu'il en coûte vers l'Eldorado, le pays du blanc!
"On cherche une vieille femme blanche, on l'épouse. On a ses papiers. On a le visa facile... On mange son argent..." dit un jeune homme.
Dans tout cela, il n'est nulle part parlé d'amour dans ces relations interraciales. La jeune femme se fiche de ses frères noirs tandis que le jeune homme vise les papiers pour l'étranger. Tous les deux cherchent avant tout l'argent. Une aliénation immorale vers le matériel, une course effreinée vers l'argent, un ardent désir de jouir de la vie, voilà ce qui caractérise ce dédain vis-à-vis de tout ce qui est local. L'élan vers d'autres cieux obéit à cette attitude d'insatisfaction viscérale, à cette logique qui consiste à ruiner son partenaire matrimonial. Le blanc ou la blanche constituent dans ce contexte la proie idéale.
Oto Benga, un documentaire horrible
3 Mars 2016. Avant-hier soir a débuté l'Africa World Documentary Festival sur le campus de Cave Hill. Ce festival se tient jusqu'à 6 mars au Barbados Museum et à la Cinématèque d'EBCCI. J'ai donc vu le premier documentaire titré Oto Benga (2015) réalisé par Niyi Coker Jr, un collègue d'origine nigériane, qui est aussi l'organisateur principal de ce festival. Depuis plus de cinq ans, ce festival se tient à notre université en collaboration avec Jane Bryce du département de langue, linguistique et littérature. J'en profite pour rendre hommage à Jane Bryce, professeure de littérature et cinéma africains, qui va à la retraite. Oto Benga est un film poignant et intrigant.
Oto Benga était un pygmée qui a été pris du milieu de l'ethnie Batwa au Congo, emmené par Verner Philip aux Etats-Unis, à Saint Louis, Missouri, et montré dans un zoo avec des animaux. Des centaines et des centaines de milliers de personnes allèrent le voir comme la preuve vivante de la théorie évolutionniste de Darwin. L'attraction était tellement immense que les églises se vidaient le dimanche, les fidèles préférant visiter le fameux Oto Benga au jardin zoologique. Un homme noir était exposé à la curiosité du monde entier comme étant l'espèce la plus proche du chimpanzée. Ce film est extrêmement controversé. Beaucoup de chercheurs - anthropologues, historiens, philosophes, journalistes - expriment leur point de vue dans le documentaire. Oto Benga est mort en mars 1916, à l'âge de 32 ans sans que son désir de revoir son pays d'origine soit accompli. Officiellement, il a commis un suicide, mais le récit de sa mort semble cacher quelques mystères non révélés.
Niyi Coker Jr a commenté sur les dures conditions de son travail: il a passé deux semaines dans la Forêt Vierge au milieu des Batwa afin de reconstituer l'histoire et il a perdu 15 livres. Il a voyagé pour Luebo, RDC, pour visiter et interviewer Mr. Dibenga. Dans le but de promouvoir son film, il a déclaré qu'il participe à des festivals de films à travers les Etats-Unis et que la Librairie du Congrès Américain lui a demandé de temporiser sur sa diffusion à cause des tensions raciales qui existent actuellement aux Etats-Unis. Beaucoup de choses peuvent être dites sur ce documentaire du moment qu'il montre tous les stéréotypes qui séparent Blancs et Noirs ou affirment la suprématie blanche sur les Noirs. Il souligne également le problème de la supériorité caucasienne sur les autres races non occidentales, etc. Quoique personnellement je ne me sois pas senti à l'aise avec ce film, je ne regrette pas de l'avoir vu. Je ne crois toutefois pas que je sois encore disposé à le revoir. Un documentaire horrible!
4 mars 2016
Où est passé l'abbé Oscar Makolo?
Comme je vis au passé, je viens de me rappeler, surpris par ma mémoire, que le jubilé sacerdotal d'or de l'abbé Oscar Makolo est passé sans tambours ni trompettes. Séraphin Kiosi l'a vu au deuil du Papa d'Antoine Mindua. A ce qu'on dit, sa dernière apparition publique remonte au décès de l'abbé Denys Luhangu en juillet 2009. Depuis, plus de nouvelles, du moins par les canaux officiels.
Il était mon formateur au petit séminaire de Kalonda. Comme tous mes aînés, il a énormément contribué à ma formation personnelle, notamment en français-langue. Je l'ai revu pour la dernière fois en 2008 à la Première Rue. Il ne m'appartient pas de le juger, mais de souligner simplement que son jubilé sacerdotal aurait été un moment important dans l'histoire du diocèse étant donné qu'il a été, en 1957, le tout premier séminariste admis à Mayidi pour le compte de la Préfecture Apostolique de Kenge. Son jubilé aurait bien coïncidé avec celui du diocèse. C'est vraiment dommage qu'un tel événement n'ait pas été célébré en bonne et due forme. La contribution de l'abbé Makolo au diocèse de Kenge et à la coordination nationale ne sera jamais effacée de nos mémoires. Où qu'Amos se trouve en ce moment, quoi qu'il fasse, je lui envoie mes salutations, je lui souhaite paix et joie, grâces et bénédictions divines.
Avant de publier cet article, je viens de parcourir l'annuaire ecclésiastique de la RDC afin d'obtenir la date de son ordination, mais son nom n'y figure pas. Est-ce une omission délibérée? Est-ce une erreur humaine? Je n'ose pas croire qu'il soit parti définitivement du diocèse au point que son nom soit supprimé de la liste. Autant de questions que je me pose! Quoi qu'il en soit, encore une fois, il ne revient pas de le juger. Il demeure pour moi ce qu'il a toujours été, et il mérite ma gratitude. .
Avant de publier cet article, je viens de parcourir l'annuaire ecclésiastique de la RDC afin d'obtenir la date de son ordination, mais son nom n'y figure pas. Est-ce une omission délibérée? Est-ce une erreur humaine? Je n'ose pas croire qu'il soit parti définitivement du diocèse au point que son nom soit supprimé de la liste. Autant de questions que je me pose! Quoi qu'il en soit, encore une fois, il ne revient pas de le juger. Il demeure pour moi ce qu'il a toujours été, et il mérite ma gratitude. .
Oto Benga, what a powerful and intriguing movie!
March 3. Yesterday night was the start of the Africa World Documentary Festival at the Cave Hill, which will finish on March 6. I watched the first documentary titled Oto Benga (2015) by Niyi Coker Jr at the Cinematheque. What a powerful and intriguing movie!
Oto Benga was a Pygmy who was taken from the Batwa ethny in the Congo, brought by Verner Philip to St Louis, Missouri, US and shown in a Zoo along with animals. Hundreds and hundreds thousand people came to see him as the living example of Darwinian Evolutionism Theory. The attraction was so immense that churches were empty on Sunday, people prefered to visit the famous Oto Benga at the Zoo. A black man was shown to the world as the closest specie to chimpanzees. An extremely controversial film. Many scholars - anthropologists and historians - express their views on the subject. Oto Benga died in 1916 at the age of 32. Officially he committed suicide. But the story of his passing seems to hide some "untold" mysteries.
Niyi Coker Jr commented on the hard conditions of his work: he spent two weeks in the Equatorial Forest among the Batwa and lost 15 pounds. He flew to Luebo, DRC, to visit and interview Mr. Dibenga. To promote his film, he stated that he participates in film festivals across the US and that the Library of Congress holds on showing the movie because of the present racial turmoil in the US. A lot can be said on this movie since it shows all the stereotypes that separate Blacks and Whites or affirm the White supremacy. It raises the issue of the Caucasian superiority over other Non Western races, etc. Although I personally did not feel comfortable with it, I do not regret having seen it.
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