Le Maréchal du Zaire aurait fêté 92 ans s'il avait vécu jusqu'à ce jour. Dictateur sinistre pour les uns, président autoritaire et généreux pour les autres ou encore prophète du déluge congolais, Mobutu Kuku Ngbendu Waza Banga a regné sans partage sur le Zaïre dont il était en réalité le Roi. Dans un contexte de guerre froide, il a su monter au Zaire un pouvoir fort au service des Américains et de leurs alliés Occidentaux. Forcé à l'exil à l'entrée de l'AFDL de Kabila Père, il est mort peu après; et son cadavre traîne encore au Maroc. Qu'on se le dise, Mobutu était un chef craint des uns et aimé des autres. Le Grand Léopard a inculqué aux Zaïrois une conscience nationale et patriotique sur laquelle se fonde la résistance actuelle face aux assaults de nos voisins envieux, pilleurs et envahisseurs. Voilà un leader, un vrai conducteur d'hommes de troupes. J'ai beaucoup été fasciné par ses discours d'anthologie, ses harangues populistes, ses argumentations solides et imparables. Homme intelligent et réaliste, ce soldat savait infiltrer la peur et le respect chez ses concitoyens jusqu'à incarner l'héroïsme national terrifique. Ce fut aussi un sanguinaire dont les familles éprouvées portent encore les douloureuses séquelles de meurtres. J'arrête mon coq-à-l'âne. Quelle idée que d'évoquer un personnage aussi exécrable! Que son âme repose en paix!
14 oct. 2022
Adieu Verckys
13 octobre 2022. Alors que se commémorait la mort de Franco hier, voilà que Kiamwangana Mateta vient aussi de tirer sa révérence. Verckys, le saxophoniste aux poumons d’acier, vient de partir ad patrem. Honneur et respect à l’artiste. Je n’avais jamais entendu son nom avant la sortie de sa chanson Mfumbwa qui marqua son départ de l’Ok Jazz. Je connaissais Franco, Rochereau, Nico, Dewayon ou Bokelo mais n’avais jamais entendu parler de Vercky avant la création de Vévé. Je n’ai jamais été son fanatique bien que j’aie retenu par la force des choses certaines chansons qu’il larguait sur le marché. Fifi, Ndona ont fait mes délices certes. Excellent mécène et gestionnaire d’affaires, il a lancé des orchestres de renom dans l’arène musicale. Tous les jeunes musiciens connus du temps de mon adolescence ont reçu le soutien matériel ou financier de Kiamwangana, très célèbre et incontournable dans les années 70. Il a créé et défait des orchestres tellement il était puissant et influent. L’orchestre Kiam a connu aussi son temps de succès. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Verckys est un grand nom dans l’histoire de la musique congolaise. Par contre je n’ai jamais été son homme, je n’aimais pas sa gestion des choses ni sa vision musicale. Et je ne lui ai pas pardonné deux choses: d’avoir composé Nakomitunaka et d’avoir coulé le Sosoliso du Trio Madjesi. Pour moi séminariste et candidat au sacerdoce, la chanson Nakomitunaka comme Djalelo ont accompagné et marqué la plongée de notre pays dans la dictature mobutiste et la déchéance morale dont les conséquences sont encore visibles. En démolissant la toute-puissante église catholique, le pays est tombé dans la prédation sectaire. Quoique j’aie aimé a mourir le Bella Bella des Frères Soki, le Trio Madjesi a longtemps fait partie de mes idoles comme de beaucoup de jeunes de mon époque. Toucher à leur intégrité constituait un délit pour moi. Même le procès autour de la chanson “Anna” devenue “Chérie Luta” avec la zairianisation des noms, me parut injustement mené parce que la jeunesse avait vibré au rythme des Sex Madjesi, Rois des jeunes. Des griefs restés vivants à l’endroit se Kiamwangana. Avec le recul du temps, je possède maintenant un meilleur jugement et plus d’objectivité. Ainsi va la vie.
Au-delà de ces événements jugés à l’aune de mon nombril, il me faut reconnaître l’énorme contribution de ce musicien polyvalent - chanteur, saxophoniste, guitariste à ses heures - à notre patrimoine musical et culturel. Arrangeur, éditeur, découvreur de talents et mécène, Verckys mérite un vibrant hommage et la palme d’or qui lui revient. Adieu artiste maestro du saxophone, que la terre de nos ancêtres te soit tendre et suave. Repos éternel dans la paix céleste! Condoléances à tes proches et à la communauté musicale.
13 oct. 2022
12 octobre 87
Il y a 35 ans je suis parti définitivement l'évêché de Kenge après avoir dit adieu à toutes celles et tous ceux qui m'étaient familiers à l'époque. Dans la soirée, je pris le bus SOTRAZ qui me conduisit le matin à Kinshasa. Je passai un mois à Kinshasa dans l'attente du visa suisse qui tardait à venir, la Procure ayant préféré la transmission par courrier au lieu du télex. J'exprimai mon mécontement à qui de droit, car cette décision prise sans me consulter m'empêcha d'accélerer les démarches. Un mois à m'ennuyer. Je revins une fois à Kenge récupérer un document dont le patron avait urgemment besoin et que mon remplaçant aurait eu du mal à trouver. Ce fut un aller-retour avec le chauffeur Jean Mvwabika. Mais j'eus eu l'occasion d'aller jusqu'au Champ des Tirs. Mi-novembre j'arrivai finalement à Fribourg, via Bruxelles et Genève-Cointrin. Puis par train jusqu'à Fribourg où je fus accueilli par le P Bruno Fürer, Directeur de l'Oeuvre St Justin.
11 oct. 2022
Disons-nous la vérité en RDC
On entend de partout que le pays est en guerre, balkanisé et occupé par les Rwandais. On entend que 300 000 Rwandais sont arrivés à Minembwe escortés par des éléments de la Monusco. On apprend que le conflit Teke Yaka fait partie de la réalisation d'un plan d'occupation de Grand Bandundu par le Rwanda. De partout et partout pointe la présence rwandaise. La fameuse main noire est évoquée. On apprend que l'occupation de la RDC est un objectif de Paul Kagame: prendre la terre congolaise et piller ses richesses. Le Tutsiland n'est pas un rêve mais une réalité tangible à prendre très au sérieux. Face à toutes ces menaces la réponse des autorités congolaises ne semble ni structurée ni convaincante, du moins aux yeux des analystes avertis. Le peuple est abandonné à son triste sort sans aucun moyen pour défendre la terre que nous ont léguée nos ancêtres. Quand bien même les autorités auraient l'intention de remettre de l'ordre, la question fondamentale concernerait les moyens. Avec quels moyens et quelle armée? Le monde entier sait que la force d'intervention régionale formée des Kenyans, Ougandais, Rwandais, ne servira jamais l'interêt des Congolais. Il y a un manque flagrant de leadership. Les autorités congolaises semblent courrier après des faits qu'elles auraient dû prévoir si les services d'intelligence étaient efficaces. A se demander finalement à quoi et à qui servent ces services? Les propos tenus jadis par Honoré Ngbanda auxquels je ne croyais pas de son vivant se vérifient aujourd'hui.
Les audios, videos et articles qui circulent ce dernier temps s'accordent sur une chose: la main-mise du Rwanda sur la RDC. L'infiltration étrangère est telle que le pouvoir se trouve dans l'impossibilité totale de défendre les intérets du pays d'autant plus qu'il ne saurait transgresser les accords secrets par lesquels il a obtenu la magistrature suprême. Tous contre nous, nous voilà seuls devant le destin de l'histoire. Face à ce problème d'invasion du pays, le pouvoir comme l'armée comme la police sont inexistants. Il n'y a pas de ligne claire à suivre ni de message fort pour rassurer la population en émoi. La RDC est perdue tant que nous continuerons à compter sur la communauté internationale ou africaine. A nous de prendre les armes pour défendr la terre de nos ancêtres, trahie malheureusement par nos propres frères et soeurs complices des agresseurs. Ngbanda les a cités nommément, et ils sont encore aux affaires parmi les prétendus négociateurs de la paix.
9 oct. 2022
Plus d’une semaine sans entree
Oui, ça arrive sur ces ce blog et c’est arrivé plus d’une fois. Les lectures et lectrices de ce blog y sont habitués. C’est souvent dû à des circonstances particulières: insuffisance de ctemos, manque de connexion, manque de motivation ou d’envie d’écrire, et parfois simple oubli. Des fois, je ne mènera pas compte du temps qui passe ni que le temps passé. C’est arrivé. Certaines entrées restent longtemps inachevées, ou en brouillon; je les oublie et finis par les supprimer.. Pourtant, j’en suis moi-meme le premier lecteur. Les bons observateurs remarqueront que comme j’écris d’un seul jet, certaines entrées sont sont revues, corrigées, augmentées ou même réduites. Il m’est arrivé d’en supprimer quelques-unes à la demande de quelques lecteurs ou lectrices sensibles. Qu’on se le dise, la décence est strictement tenue dans ce blog.
Une semaine sans une nouvelle entrée…,
Merci à vous toutes et tous pour votre fidélité à ce blog mien qui n’a de raison d’existence que mon désir d’écrire et d’exprimer mes pensées. Je suis et demeure avant tout un littéraire.
1 oct. 2022
Afrique - Encore un coup d'état
1er octobre 2022
Toute ma famille a les yeux rivés vers Kin où sera bientôt portée en terre ma tante Viviane Mabaka, née Kinzeka Kiema. Paix éternelle à son âme.
Comment dire? J'ai passé ma tendre enfance à ses côtés. J'avais d'abord connu son fils aîné Joseph, jumeau de Marie, alors que j'étais en première primaire à Mutoni. Il venait de Kenge et habitait chez oncle Jean-Marie Lombi. Je connaîtrai Ma Viviane en juillet 65 tout comme les autres membres de la famille étendue habitant Kenge - et ils etaient nombreux à l'époque. Une véritable découverte pour moi. Ma Viviane était une femme généreuse et accueillante, une mère exemplaire, pieuse et droite. Je serai encore plus proche d'elle et mes cousins lorsque je serai en troisième primaire, hébergé chez mon oncle Pilamosi. Même rue, en diagonale, 20 mètres séparent les deux concessions. Ce qui explique la proximité privilégiée que j'ai eue et partagée avec mes congénères Mabaka. Je n'oublierai jamais le weekend qui a suivi la mort de Brigitte. Je commençais la régence à Kalonda. Je vins à Kenge consoler et réconforter la famille. Ma Viviane me raconta comment elle revoyait sa fille défunte en rêve et à tous les coins de la maison. C'était fin septembre - début octobre 78. Séra Kiosi était en ministère à la procure peu avant de commencer la théologie à Jean 23. Je souligne ce détail parce que c'était la première fois de ma vie que je prenais une telle initiative. La vie a continué. Du temps de mon service à Kenge, je passais régulièrement à la maison. Et chaque fois que Chrétienne y venait avec Kassa, j'y revenais. Plein de souvenirs: mariages, communions, fêtes, deuils, etc. nous ont souvent réunis ensemble. Maman Viviane m'est restée très proche quoique je ne ne l'ai pas vue ce dernier temps. Il y a quelque temps, je lui ai fait remettre un petit colis symbolique par Placide. Je suis heureux d'y avoir pensé spontanément. Un petit geste mais qui vaut énormément. Merci Maman pour tout ce que tu as été et fait pour nous.
Wenda mboti Ma Kiema, Ngudia Mapasa. Bakwa Kayombu bakuyamba. Watuyindula Beth bana baku tusadi twazinga mu ngemba.
Au nom des miens, je remercie toutes les personnes qui nous ont consolés sur Facebook et à travers les médias. Je reste uni en pensée et de coeur avec toutes celles et tous ceux qui participeront aux funérailles ce samedi à Kinshasa. Que tout se passe dans le calme et la dignité à Béthanie, à la paroisse Ste Famille et à Nécropole.