26 sept. 2015

Tata wenda kwandi

Corneille Mukangu
28/09/2007
To: Claver Mabana
Cher frere Claver
C'est avec des larmes aux yeux que j'ai appris la mort de notre Pere Donatien Mabana. C'est un monument que j'ai perdu. Il a incarne ma vie. Il m'a aime comme son propre fils. Si bien que nous nous considerons plus frere qu'amis. Je m'unis a toute votre famille. Ma priere est que le bon Dieu le recoive aupres de lui dans son royaume. Au nom de tous les miens, je viens te souhaiter et a travers toi toute la famille Mabana MES CONDOLEANCES LES PLUS PROFONDES. Que l'ame de celui qui a ete notre pere et qui a forge nos vie repose en paix. A toi, Bon Courage.
Corneille
----- Original Message ----
From: Claver Mabana <clmabana@hotmail.com>
Sent: Wednesday, September 26, 2007 2:51:08 PM
Subject: RIP: Donatien Kasongo Bunda Mabana (1935-1997)

Chers Amis:

Avec une très grande douleur au coeur, je vous annonce le décès ce mercredi
26 septembre 2007 de mon père Donatien Mabana, à Kinshasa. Il a beaucoup
souffert ces dernières années. J'ai eu l'immense bonheur de le revoir en
juillet dernier.
Que son âme repose en paix dans les mains du Seigneur.
En union de prières!

Claver

Papa Kasongo Bunda Nuki: 8 ans déjà

26 septembre 2016. J'ai passé une semaine terriblement difficile, et cela ne m'a pas empêché de penser à la mort de mon père. Papa Donatien Mabana Kasongo Bunda. Paix à son âme!
Je viens d'ajouter un sobriquet que lui avait collé mon grand-père Mangombo, son beau-père d'heureuse: "Ngeyi tata wena nuki. Wataka wazonguninaku!" (sic). (Papa tu es une abeille. Tu piques sans doser ton  venin.) Et cela c'est vrai. Papa ne faisait rien à moitié, ne cachait pas la vérité ou bien se taisait simplement. Quand il avait à dire quelque chose, il le disait sans détour, sans se soucier du mal que ses paroles causaient à ses interlocuteurs tant que c'était la vérité. Il lui est arrivé de traiter son propre frère bien aimé de "voleur" en public. Une abeille pique aussi bien un enfant qu'un adulte sans se soucier des dégâts.
Papa Mabana mobutiste? Mon père reconnaissait l'autorité de Mobutu comme président de la république; mais il ne s'était jamais plié à le chanter, ni à entonner des chansons à son honneur. Il remplissait ses devoirs de citoyen: en 1970, il était chef de bureau d'élection présidentielle à Swa-Bangu. A son école de Mutoni-Toy, il avait pris le soin que ses écoliers chantent leur attachement à la JMPR:  "Ta Mabana wandongele, ta Mabana wandongele, ta Mabana wandongele yakota kwama mu JMPR (2x) E yayeee mameee, e yayeee mameee, eyayeee mameee yakota kwama mu JMPR (2x)" Comme par hasard, ce morceau m'est revenu à la mémoire et je l'ai chanté spontanément il y a quelques jours. Ses frères et sœurs l'appelaient affectueusement "Mbutamutu" tandis que mes cousins Kayolo lui avaient collé le gentil surnom de "Juge Président", ou "Juge". Juste pour traduire son intransigeance.
Bref il était un homme droit. C'était à la fois sa qualité et son défaut. Le P. Ekkelboom qui appelait les PP5 mpamba mpamba 5, a longtemps été son modèle de jugement.
Mboti tata kuna wena. Twa kuyindulaka konso kilumbu!
 

23 sept. 2015

Bon anniversaire à Nico Berends

23 septembre 2015. Aujourd'hui l'abbé Nicolas Berends fête ses huitante-huit ans d'anniversaire comme diraient les Suisses. Aux dernières nouvelles, il est malade, interné dans un home médicalisé pour personnes âgées en Hollande. Qu'importe, l'essentiel est qu'il est encore en vie. Puisse le Seigneur lui accorder encore de beaux jours dans la vie! Kubutuka ya mbote, P. Nicolas!
En ce même jour ma pensée va aussi vers ma cousine  bien-aimée Giselle Mvundji qui fête aussi son anniversaire. Paix du coeur et joie, amour et bonheur, santé et prospérité!
Une autre pensée à un mort, feu abbé Jean-Pierre Gavuka d'heureuse mémoire. Il y a vingt-neuf ans, il a inauguré la série de morts dans le groupe de mes compagnons de lutte. Paix éternelle à son âme!

22 sept. 2015

"Une interview de Chéri Chérin"

Hier, via Viber j'ai reçu de mon beau frère Ephrem Mosimi une vidéo rapportant une interview visiblement "truquée" de Chéri Chérin sur TV5. Ces images tronquées ne visent qu'à détruire la réputation de l'artiste. Mon expéditeur a pris le soin de marquer: "Pesa yandi cours ya français". En effet, Jef Kinkonda est un cousin à moi, et par alliance, l'ex mari d'une autre cousine paternelle, Bernade. Nous sommes donc proches. Et je sais qu'il parle mieux français que ne l'ont présenté ces images de TV5.
Né à Kinshasa, il a été formé en peinture à l'Institut des Beaux Arts. C'est donc un artiste-peintre, l'un des meilleurs que la RDC possède. Ses oeuvres géniales parlent pour lui. Ce n'est pas par la langue française qu'il faudrait le juger. Si Chérin était un Chinois ou un Japonais, on lui aurait collé un interprète sans que cela gène l'audience. Un artiste se juge par son art. Vidinic parlait très mal le français, mais cela ne l'a pas empêché de gagner la coupe d'Afrique avec les Léopards en 1974.
Professeur de français, je ne peux que reconnaître la difficulté de cette langue. Très peu de non natifs la parlent bien. Ecoutez bien les gens à la télévision, même nos politiciens, nos vedettes de musique et même nos journalistes, vous vous rendrez compte d'innombrables fautes de langue, de grammaire ou d'expression orale qu'ils commettent. On dit des Congolais que beaucoup sont incapables de construire deux phrases de suite sans faute, ni de faire la différence entre "e" et "é" ou "è", ou encore entre "i" et "u". Si on le leur imposait, très peu réussiraient ce test. Le français demeure une langue étrangère quel que soit l'effort qu'on fait pour s'en approprier. Alors ne condamnez pas Chéri Chérin qui, dans d'autres interviews en ligne, s'exprime correctement. Il parle comme tous les Kinois. Avez-vous eu déjà entendu le français d'Ahmadou Kourouma, l'un des meilleurs romanciers de l'histoire littéraire d'Afrique? On dit de lui qu'il écrit le français en malinké ou le malinké en français.
S'il est quelque chose que les colonisateurs ont réussi à merveille, c'est de nous avoir imposé leurs langues. Et le français dans la série. Le maniement du français est source de frustration pour beaucoup de nos compatriotes. Voilà des millions d'Africains, d'Asiatiques et de Canadiens sommés, à la suite de la colonisation, de s'exprimer dans une langue qui leur est complètement étrangère. Une langue imposée par les armes. Une langue qui appartient à ses créateurs et à laquelle nous nous accrochons pour vanter nos prouesses intellectuelles. A ce rythme, le colonialisme intériorisé et assimilé ne disparaîtra jamais, ca nous continuerons à nous juger à l'aune occidentale.
Aliénation mentale que d'insulter et d'humilier un compatriote africain parce qu'il manie mal la langue coloniale. Déracinement culturel que de se moquer d'un Africain qui s'exprime maladroitement dans la langue qui symbolise notre esclavage, notre exploitation et notre asservissement. Auto-destruction culturelle que de croire qu'on réussit lorsqu'on maîtrise la langue du maître colonisateur et négrier. Chéri Chérin nous prouve qu'on peut être un grand artiste sans briller dans la loquacité reçue de nos puissants oppresseurs culturels. Mon sage grand-père, Kha Kahiudi, maître en philosophie de la découverte du moi, n'a jamais construit une seule phrase en français, mais il n'en a pas moins été philosophe et sage. Soit dit en passant, le figuriste Chérin a produit deux jolies peintures du vieux Kahiudi et de son petit-fils.
Bien parler français fait classe, mode, succès. Mais Chéri Chérin voyage à travers le monde grâce à son génie d'artiste. Son art est son langage, peu importe qu'il maîtrise le français ou pas. Sa peinture traverse les frontières culturelles et géographiques à cause de sa beauté et de son excellence. "Decolonize the mind" aurait dit Ngugi wa Thiong'o. Bravo cher cousin.

Sortie de crise au Faso?

Pouvoir, armée et politique. Voià un sujet de réflexion adéquat pour un intellectuel averti. Ce qui se passe au BF peut servir d'échantillon. Les médiateurs sénégalais Macky Sall et béninois Boni Yayi ont rabattu un travail de négociation remarquable au nom de la Cedeao. Des propositions de sortie de crise sont liblées en treize points sur la table des discussions. Le président Kafando se dit très "réservé" vis-à-vis d'elles, arguant qu'il ne les a vues que lundi. Le général Diendéré qui a libéré le président et le premier-ministre de la transition attend l'issue des pourparlers de la Cedeao. Autant dire que les voix sont dissonantes selon qu'on est d'un camp ou  d'un autre. Entre-temps l'armée régulière encercle Ouaga et intime aux insurgés de "déposer les armes". Tout le monde parle d'éviter que le sang coule, mais on s'arme ou on se protège l'arme à la main. Situation très dangereuse car tous les ingrédients sont réunis pour déclencher une guerre civile, ou du moins des échanges de tirs.
N'écoutez pas ce qu'ils disent, regardez ce qu'ils font. C'est le seul conseil qu'un littéraire observateur d'intrigues romanesques ou narratives peut donner. Les pions fonctionnent d'eux-mêmes sans qu'on les pousse, il suffit que le coup de départ se déclenche.
La question fondamentale: a-t-on vraiment résolu le(s) problème(s) de fond pour que la paix qui reviendrait soit posée sur des bases solides? Au-delà de Diendéré et des mutins du RSP, il y a l'unité nationale qui est ébranlée quoi qu'en pensent les tireurs de ficelles. De fil en aiguille on peut remonter à Compaoré et à son système monolithique. En réalité, c'est l'héritage de vingt-sept ans de règne monolithique de Compaoré qui revient à la charge. On efface pas à la gomme des tares ancrées dans l'histoire. L'armée, le pouvoir et la politique se rencontrent au bout du canon. C'est moi qui le dis.
La tension est forte certes, mais il y aura bien une sortie de crise. A quel prix? à quel compromis? Un vrai soldat, m'a-t-on toujours dit, meurt l'arme à la main. Sera-ce le cas au BF? Je ne crois pas, mais l'affrontement armé pourrait se déclencher si l'on n'y prend garde. Quoi qu'il en soit, j'estime les Burkinabé assez sages et patriotes pour éviter de verser le sang des innocents. En écartant Compaoré, ils ont font preuve de beaucoup de maturité et de constance.

21 sept. 2015

Difference between a priest and a bishop

Today Claver Jr, 8 years, surprised me:
- Daddy, are you happy for Bishop Jason?
- Is there any reason why I should be happy for him?
- Yes he is celebrating his 4th anniversary as bishop of Barbados.
- Then I am happy for him and wish him God's blessings and all the best. By the way do you know the difference between a priest and a bishop?
- Yes I do. The bishop has a red hat, the priest has none.
- OK. Something else?
- A bishop is young and a priest is old.
- I did not know this.
- It is true, Daddy.

En fait les prêtres que Claver connaît sont tous d'un certain âge: Fr Clement, Fr Michael, Msgr Harcourt. Et l'évêque Jason est plus jeune que tous les autres.

20 sept. 2015

Père Etienne Van Eygen SVD in memoriam

C'est seulement aujourd'hui que je viens d'apprendre la mort du père Etienne Van Egen depuis janvier 2015. Paix à son âme! Aucun de mes liens habituels ne m'a informé de la nouvelle. Je viens par hasard de tomber sur l'éloge funébre que lui a consacré le P. Antoon Verschuur. Quoique écrit en néerlandais, j'ai pu comprendre l'essentiel du message. Un autre pilier de la mission SVD a quitté ce monde dans la discrétion après près de cinquante ans de service à l'église de Kenge.
Pendant mon premier séjour à Kenge I, j'entendais souvent parler du père Etienne, mais je ne l'avais jamais rencontré. C'est plutôt à Kalonda en 1970 que je l'ai vu à l'occasion d'une réunion du conseil presbytéral diocésain. A l'époque, toutes les grandes réunions diocésaines se tenaient à Kalonda. Je n'ai pas tissé de relations particulières avec lui. Il était curé à Bagata, et rien n'a fait que je le connaisse vraiment à cette époque. 
Une petite anecdote a circulé à son sujet alors que j'étais au grand séminaire. Deux gendarmes avaient cherché à lui arracher des mains sa mobylette; il a tenu bon jusqu'à ce que des renforts sont arrivés.
Les meilleurs souvenirs que je garde de lui datent plutôt du temps où il était curé-doyen à Kimbau et moi à l'évêché. Il était en congé lors de nos ordinations mais avait confié l'organisation de nos prémices à son vicaire Piotr Antkowiak. Il avait acheté un camion MAN pour désenclaver Kimbau, et a réussi à secourir la population dans sa misère. C'est lors de ses passages à Kenge que j'ai eu à échanger avec lui. Il m'a confié qu'il priait spécialement pour moi, conscient des difficultés auxquelles m'exposait ma charge. Plusieurs années plus tard, j'ai entendu les mêmes propos de la bouche de ma soeur Béatrice. Merci P. Etienne pour tant de bonté et de zèle apostolique.
Le Père Etienne Van Eygen mérite, comme tous les pionniers bâtisseurs de la mission SVD, notre admiration et notre reconnaissance. Bien qu'avec beaucoup de retard, je lui rends volontiers un vibrant hommage. Je le croyais encore en vie, mais le Seigneur l'a ôté bien plus tôt de nos yeux. Qu'importe! Seul compte l'amour du Christ que nous partageons, lequel est éternel.