8 mars 2014

Définition du mot "Politicien"

J'ai enfin une définition après plusieurs investigations scientifiques et sociologiques (nous on aime les termes impressionnants). Et voici mon imparable trouvaille: " Un politicien, c'est quelqu'un qui dit ce qu'il ne fait pas et fait ce qu'il ne dit pas." La promesse politicienne en est l'illustration même. Mon interlocuteur ne cache pas sa surprise:  " Mais c'est ta définition du menteur?" Je me rends aussitot compte que ma définition n'a rien de scientifique ni de sociologique comme je l'ai pretendu, mais polémique et tendancieuse. Je suis surpris moi même de ma reaction: "Pas tout à fait. Bah... la différence entre un politicien et un menteur consiste en ceci que le premier est honorable et que le second ne l'est pas. Alors pas du tout".
Lorsqu'un politicien vous dit qu'il construira un hôpital pour sa circonscription électorale, vous devez comprendre qu'il vous invite à l'élire mais à oublier aussitôt sa promesse car vous mourrez avant que vous voyiez ledit hôpital. En outre, c'est la seule profession qui ne vous renvoie pas à la retraite. A n'importe quel âge, l'on est l'idéal, quitte à mener la barque à bon port. La propagande s'occupera de corriger les incompétences, les fautes, les lapsus et les dérapages dus à la sénilité. Un ami m'a assuré il y a quelques jours qu'il pensait devenir politicien à sa retraite afin de se la couler douce si Dieu lui prête vie.
Après réflexion, voici ma définition rénovée: "Un politicien, c'est quelqu'un qui ne connaît ni la fatigue, ni le vieillissement, ni la retraite". Allez-y voir. Pape? Avant quatre-vingts ans quand même. Gare à toi si tu démissionnes, car c'est une prison à vie. Attention, mais c'est pas un politicien. Mais, c'est le président du Vatican. Donc politicien, donc... Je n'oserais m'attaquer à Sa Sainteté, le Vicaire du Christ Notre Seigneur. Par contre, je pense aux gens du monde temporel. Et quelle est la différence? La différence est justement que le temporel n'a que faire du divin, ne respecte pas le décalogue: "Kuta bumbangi bu luvunu ko" (Ne porte pas un faux témoignage). Un politicien ne respecte que la Constitution.
 

Comment annexer un territoire qui ne vous appartient pas? 2

"Cher Claver,
Tu aimes bien les sujets d'actualité, et tu as une façon très personnelle de les présenter. Chapeau pour ton originalité quoique tes analyses soient des plus discutables. Tu présentes Kinshasa, la capitale de ton pays, comme le paradigme de ce chaos. Quelle fierté éprouves-tu à dénigrer les tiens? De telles pratiques se passent aussi ailleurs, j'en suis sûr. Une idéé m'est venue en tête.
Une anecdote sur le président Mobutu en personne. Un monsieur, voisin de Bobozo, qui venait de se construire le palais de sa vie, serait allé trouver le président pour qu'il intervienne en sa faveur, parce que Bobozo tenait à tout prix à acheter cette maison. Savez-vous ce que le président lui aurait répondu? "Eh bien, vends-lui ta concession. Encore tu devras t'estimer chanceux qu'il te demande de la lui vendre. Il aurait pu te la prendre de force?" Comprenne qui pourra.
Pour en venir à des événements plus récents, observe les comportements des pays voisins vis-à-vis de notre pays. Tous sont impliqués d'une manière ou d'une autre au processus de balkanisation en cours. Le Rwanda justifie ses actions en fonction de sa propre sécurité en soutenant militairement les mouvements de rébellion, ce qui constitue l'astuce la plus subtile pour s'adjuger des territoires riches en ressources naturelles et minières. Quelque part, c'est la même logique basée sur des arguments ethniques, géopolitiques et expansionnistes que chez les Russes aujourd'hui. Voilà tout."
(Réaction spontanée à ton dernier article, Email du 8.3.14).

Ma réaction:

"Mon pourfendeur de lecteur tombe  dans le piège qu'il a lui-même tendu. Bien plus, il nomme des individus dont les descendants peuvent lui intenter des procès. Mais je crois que ces derniers sont assez critiques pour éviter une telle déconvenue. Je suis d'accord avec l'exemple du Rwanda, auquel j'ai pensé mais que j'ai évité de peur de rendre mon texte indigeste.
Il a raison lorsqu'il parle de tous les pays voisins de la RDC. Je ne sais pas si les Angolais sont partis des villages qu'ils avaient occupés vers Kahemba. Centrafricains et Ougandais, Burundais et Rwandais entrent en RDC sous n'importe quel prétexte. La Tanzanie y est aussi présente, mais du côté des forces du maintien de la paix. Pour moi, c'est toutes des armées auxquelles rien de ce qui est militaire n'est étranger. Quant aux populations déplacées de part et d'autre de ces territoires, elles jouent aussi un rôle décisif dans le portrait général de la région. Merci, pourfendeur."

Comment annexer un territoire qui vous appartient pas?

Comment occuper un terrain? Un ami mort aujourd'hui m'a raconté comment à Kinshasa il a obtenu sans rien payer un terrain. C'était à l'époque du MPR. Habillé en abacost pour une manifestation de service, il était en route pour Mont-Ngafula lorsqu'il a aperçu sur la descente de l'IPN des agents procéder à la répartition de lots parcellaires. Connaissant bien le système, ce cadre subalterne du parti a tenté sa chance; il est descendu de voiture et a exigé de voir le chef de l'équipe cadastrale:
"- Qui vous a donné l'autorisation de distribuer ce terrain?
- Patron, intervient l'autre tout tremblant et impressionné par le ton autoritaire de son interlocuteur, c'est l'hôtel de ville qui nous a envoyés?
- Ah bon, alors. Délimitez-moi une double parcelle immédiatement."
So said, so done! Le lendemain, il est revenu sur le lieu muni des documents nécessaires pour le bornage. Il y a vite-vite construit une case pour valoriser le terrain. Le tour a été joué.
Un autre, général d'armées de son état, n'avait trouvé mieux que d'ériger un mur sur la rue afin d'avoir sa paix. La rue étant coupée, les gens étaient obligés de faire demi-tour pour joindre l'autre bout de la rue. Tout le monde a vu cela, le général n'a jamais été inquiété, il n'a jamais subi une quelconque menace judiciaire.
Si étendre sa concession d'un mètre en grattant sur la voie publique ne pose pas problème, a fortiori comme c'est aisé pour un état puissant de s'emparer sous n'importe quel prétexte du territoire de son minuscule voisin? C'est ce que le monde suit, muselé et impuissant, en Ukraine depuis l'éviction du président Ianoukovitch à la suite des manifestations pro-européennes.
 
Comment annexer un territoire qui ne vous appartient pas? Les réponses sont multiples. L'histoire illustre des cas concrets tels que la guerre, l'occupation pure simple, la colonisation, l'invasion armée ou pacifique, la ruse. Des cas plus récents existent également. La Russie est en train d'annexer la Crimée, un  en territoire ukrainien. Le monde entier est ahuri devant cette manifestation de puissance et incapable de dire quoi que ce soit. Les Etats Unis et l'Union Européenne jouent aux sapeurs-pompiers avec forces menaces mais n'y changeront rien du tout. Sous le couvert d'un impérialisme mu en secours à la population russophone de ce territoire, Poutine occupe militairement la Crimée. Malgré les protestations officielles du gouvernement intérimaire de Kiev, rien n'y fait. Donetsk est un terrain déjà acquis, les pro-russes ne se voilent plus le visage. Le 16 mars est prévu un referendum venu de nulle part pour décider oui ou non de l'appartenance de la Crimée à la Russie ou de son maintien dans l'Ukraine. Et l'on sait déjà la réponse. L'annexion sera donc légale, démocratique, libre, pacifique, convenu sans bain de sang. Voilà la Crimée désormais province ou territoire russe! Qui a dit que ce conflit n'est pas ethnique? A tout cela il y a une réponse. C'est le nouvel ordre mondial qui veut ça. Les Russes n'y sont pour rien; ils n'auront fait que protéger leurs concitoyens.

4 mars 2014

A chacun sa vérité

Je dois apporter une correction à ce que j'ai écrit le 2 mars sur le divorce non officialisé de notre star Nkwa Ngolo Zonso. Dans une interview vidéo-diffusée par Congo Number One l'abbé Jean Léon Katshioko, directeur spirituel et confesseur de l'illustre disparu, a dévoilé la vraie vérité sur les raisons de l'absence du cadavre à la cérémonie funéraire. Félicitations à l'abbé pour sa contribution à l'organisation des funérailles et son soutien à la famille. Disons en passant que j'ai été très surpris par des fautes de diction et de grammaire française entendue à cette émission. D'autre part, j'ai eu une idée de toutes les querelles internes autour de cette mort. Espérons qu'avec le temps la famille Mubiala retrouvera sa sérénité et son unité.
Outre le témoignage appuyé de l'abbé Katshioko et de ses compagnons, j'ai admiré le journaliste qui a conduit l'interview à cause de sa perspicacité et de son désir d'amener les spectateurs à une évaluation critique de ce qui s'est dit. Je n'ai pas aimé l'appel de Django à la violence contre Jolly. La question de la crédibilité du document reçue des pompes funèbres - donc l'accusation portée contre Liliane et Jolly - est demeurée sans réponse convaincante. N'importe qui peut produire n'importe quel document. Le trafic des documents est bien connu de tous. Ceux qui l'ont exhibé, ont cru à la véracité de leur document. Quant à moi, j'ai mes doutes jusqu'à preuve du contraire. En attendant la sortie de "This is me" annoncée dans un mois, laissons l'âme du défunt reposer en paix!
A chacun sa vérité! 

3 mars 2014

L'art de la vérité 3

Je disais que chacun a sa vérité. Un homme de Dieu, en l'occurrence Frère JF Ifonge, dit sans hésiter dans une video: "Emeneya... Babwakelaki ye masasi na butu... masasi na motema. ... Oyebi ke bakoki pe kobwakela yo pe sida na bandoki." (Les sorciers ont tiré des balles sur Emeneya dans la nuit... dans son coeur. Sais-tu que les sorciers peuvent te jeter du sida?).
Telle est sa vérité à lui. Nombreux sont celles et ceux qui vont avaler sans discernement ce message probablement inspiré d'en haut et diffusé par un ancien musicien mondain qui s'est converti en prédicateur de l'évangile. A quoi s'est-il converti puisqu'il croit encore solidement à la sorcellerie dont il accuse ses anciens collègues? Il serait plus juste de conclure que chacun a sa foi, que chacun a ses convictions et ses vérités. Quoique je reconnaisse à chaque être humain la liberté ou le droit de croire à de telles déclarations, je trouve que je suis trop sceptique pour prêter mon oreille à de tels non-sens.

2 mars 2014

L'art de la vérité 2

"Claver,
J'interviens après avoir lu tes discours décousus sur Emeneya. De quoi te mêles-tu? Tu quittes les calotins pour les musiciens. Décidément, tu sais surprendre. Te voilà chroniqueur musical aujourd'hui! Tabu Ley, je comprends, a marqué notre jeunesse à tous. Mais pour Emeneya, je ne te sens pas. Un lecteur informé perçoit aisément que tu forces la note et que par conséquent tu remplis des pages dans le seul but de les remplir. Je ne te croyais plus mélomane depuis la mort des Frères Soki qui incarnaient tout pour toi.Tu as promis une suite à ton article intitulé "l'art de la vérité". J'attendais une analyse plus profonde, mais tu m'as servi des salades indigestes. Je suis vraiment resté sur ma soif. Sois un peu plus profond.
Soit, je peux t'aider. Tu as bien détecté quelques "vérités" sur la personne et le personnage de King Kester. Il aurait fallu évoluer dans ce sens et revenir sur l'art de la vérité. Etc."
(Email du 3 mars).

A quoi je réponds:

Cher ami,

Il y a beaucoup de détails de ma vie que tu connais bien mais que tu ignores volontairement lorsque tu attaques mes écrits. C'est ma vérité, connue de moi seule, pas celle racontée, romancée par des tierces personnes à mon sujet. Ma vérité, comme celle d'Emeneya, n'est connue que de moi-même. Ce qui explique que tu me forges une image que tu as de moi. Je ne cesserai de te répéter que je ne peux prétendre à plus d'intelligence que celle que j'ai, à plus de talents que ceux dont Dieu m'a doté. Une chose est sûre: tu ne me crééras jamais à ton image. I am what I am.
J'ai chanté déjà très jeune dans les PDCK à Kenge. J'étais bon en musique à Kalonda et ai fait partie de la chorale du Père Masisi, des flutistes et de l'équipe qui entonnait les chants à la chapelle. A Mayidi, tu m'as vu gratter la guitare; et depuis, je possède toujours une guitare. Je ne suis pas un bon guitariste, mais les mélodies que je crée m'élèvent du monde terrestre vers des horizons plus éthérés. Pour passer mes temps libres, j'écrivais jadis de la poésie, jouais de la guitare, composais des chansons pour consommation personnelle car je suis timide, à défaut de me déambuler dans la forêt. Oui la forêt, ma muse éternelle. Et tu sais aussi combien j'étais piètre en esthétique quoique la vie professionnelle m'ait destiné à décrire le beau. Petit fils du Vieux percutionniste Kahiudi, je peux battre du tambour et accompagner des chansons et des danses. Quoique le grotesque m'intéresse aussi, je demeure sensible à la beauté des oeuvres musicales. Je respecte la bonne musique, quelle que soit son origine, quelle que soit la couleur de son auteur. Aujourd'hui, Madeleine-Chrystelle et Claver Junior forment la meilleure symphonie que ni Bach ni Beethoven n'ont réussie à mes yeux. Tout cela, c'est ma vérité; tu la connais même mieux que quiconque. Mais ma vérité, ma vraie vérité, demeure hermétique, inaliénable.
Créer la vérité, c'est un art. Même le mensonge constitue la vérité du menteur. De ce point de vue, il n'y a plus grand menteur que le romancier, plus menteur attitré par excellence que le créateur de la fiction, ainsi que l'a constaté René Girard dans Mensonge romantique et vérité romanesque.
 

Autour de la mort d'Emeneya: du connu à l'inconnu

Emeneya décédé. Paix à son âme! Voilà un événement plein d'informations ou de révélations pour tout observateur attentif. Et à travers cet événement peut se retracer la vraie face de la société congolaise. Chacun peut en tirer ses conclusions. Je ne suis pas sociologue, mais littéraire. Il y a selon moi du déjà connu comme de l'inconnu.
Vedette nationale et internationale, King Kester Emeneya a vécu sa vie comme il se doit. Par son talent et son travail, il a construit son succès. Un succès qui l'a amené aux quatre coins de la planète. J'ai suivi beaucoup d'interviews de lui que je n'avais jamais vues auparavant. De fil en aiguille, j'ai à mon niveau reconstitué une idée plus claire de l'individu. Arrogant, phénoménal et superbe, il l'est resté. La différence entre son personnage et sa personne est nette. La star ne s'est jamais départi de sa dignité légendaire, et n'a jamais contrarié son goût pour l'excellence et le travail bien fait. Avec l'album "This is me"(?), il comptait cartonner et s'acheter un "Jet privé" (sic). Il a placé la barre très haut. Cet artiste créateur et ambitieux qui faisait baver les envieux, c'était aussi Jean Mubiala. Il est parti mais reste dans le coeur des siens.
Selon qu'on est son fanatique ou un mélomane neutre, selon qu'on est sentimental ou passionné, on lui affiche des amis et des ennemis jurés parmi ses collègues, distribuant des points de bonne conduite aux uns et des mauvaises notes aux autres. Des illustres inconnus se sont révélés être des "pire moto na ye", des connus se sont rétractés de leurs vieilles déclarations, soulevant des polémiques à propos de tous les détails de l'événement. Son frère Jolly Mubiala a été accusé de traître par les uns et les autres pour n'avoir pas suivi les consignes. On a même identifié les "tueurs" qui l'auraient cocufié; on a proféré des menaces à leur encontre et promis de cruelles vengeances. On a ethnisé le décès, voire provincialisé les rites, mais la raison nationale a prévalu pour que l'icone musical soit finalement enterré à Kinshasa. Des intérêts financiers et des agendas politiques y sont également cachés, car il y en a que cet événement enrichit ou qui en tireront des dividendes politiques. Bref, des actes ont été posés; beaucoup de choses se sont dites, les unes plus contradictoires que les autres; mais pour moi, la vérité de la mort d'Emeneya relève de Dieu seul. Savoir qui il était en réalité comme individu demeurera voilé à tout le monde.
Juste un exemple. Vivant entre deux rives, deux traditions, l'artiste installé en France depuis vingt ans n'avait jamais déclaré son divorce "coutumier". Ce qui a compliqué la libération du cercueil car la loi française est étrangère à nos coutumes selon lesquelles le mari se contente de chasser son épouse sans autre forme de procès, en prend une seconde et l'installe chez lui moyennant juste quelques caisses de bière à la belle-famille. L'écrit est plus crédible que l'oral en France. Les implications juridiques d'une telle situation peuvent se révéler terribles. La femme qui se découvre non divorcée peut réclamer, sur le territoire français, tous ses droits au patrimoine du patron de Victoria. Un avocat peut exploiter une telle aubaine. Le sociologue y analyse le phénomène transnational tandis que le littéraire y perçoit une scène dramaturgique à plusieurs ouvertures imaginaires.
Opulents mécènes, sapeurs à succès, autorités politiques, mélomanes de tous les horizons, hommes et femmes de la rue, populations de Kikwit et du Bandundu, bref tout le monde est monté sur la scène du spectacle pour marquer son message. De la facture des frais hospitaliers à l'achat du cercueil, du transfert du cadavre à l'inhumation, une panoplie d'acteurs sont montés à la tribune. Un sapeur, maître de la forme, a célébré le grand-prêtre King Kester en offrant un onéreux complet Versace blanc avec lequel il serait enterré. Les sapeurs ont défilé à la Place de la Victoire, exhibant les dernières extravagances de la mode. Ils ont frappé la forme na ndenge ya ye mei Nkwamambu, Unkwa Ngolo Zonso, le Grand Mokolo. C'est aussi cela l'autre face du Congolais.
Des véhicules en grand nombre sont partis de Mayumbu pour Kinshasa avec des fortes délégations pour lui rendre hommage. Redy Amisi lui a composé un "nkunga" d'une beauté exceptionnelle. Thythy Levallois s'est coupé en quatre pour sensibiliser l'opinion tant au niveau du pays que de la Diaspora. La famille Mubiala a tenu à garder son unité et sa cohésion. Les femmes se sont querellées. Le cortège depuis l'aéroport de Ndjili a connu un franc succès. Honneurs nationaux ont été rendus à l'illustre fils du pays. Que dire de plus?
Kester kwenda mbote! Nzambi kuyamba nge na bwala na yandi.