10 mai 2016

Le triste sort de Platini

Michel Platini doit démissionner de son poste de président de l'UEFA. Sa suspension est réduite de 6 à 4 mois. Et pour cause? L'argent. Ce joueur que nous avons admiré à St Etienne avant de poursuivre sa carrière à la Juve est un des meilleurs numéro 10 de l'histoire du football. Une véritable légende en France. L'ancien capitaine de l'équipe de France n'a jamais gagné la coupe du monde, mais c'est tout comme. Un sacré distributeur de balle, un formidable tireur de coups francs et de penalties, et surtout un maître à jouer et patron de son équipe sur le terrain. Les admirateurs du bon jeu se souviendront longtemps des prouesses de Platini. Puis le prodigieux artististe du ballon rond s'est lancé dans l'encadrement technique et professionnel du football jusqu'à se hisser à la tête de l'UEFA. La présidence de la FIFA lui serait revenue s'il n'était pas tombé dans le traquenard de Sepp Blatter. Et là alors, tout a tourné de mal en pis. Une véritable descente en enfer. 
C'est vraiment dommage pour une telle sommité du foot qui a tout donné à ce sport, que de se retrouver entraînée dans cette sordide boue. Toute la gloire qu'il a bâtie par l'excellence de son génie est ruinée, démoliée par l'argent. Oui, l'appât de l'argent est une malédiction. Il plaide non coupable sans doute, mais cela ne suffit pas pour laver l'opprobre qui l'entoure depuis des années. Il ne saura jamais prouver à qui que ce soit son innocence, car il s'agit non seulement d'affaires de gros sous, mais aussi d'un système de corruption qui dépasse tout entendement. Il est accusé de délits d'initiés c'est-à-dire d'avoir bénéficié des faveurs et avantages liés à son statut de membre de la FIFA. Les dégâts causés par ces accusations sont considérables à tel point que son honneur et sa probité sont remises en causes. Désormais, les gens oublieront le talentueux footballeur qu'il fut et ne retiendront de lui que l'épisode de la corruption qui a écroulé sa dignité. Quelle pègre que ce cette FIFA! "Oeuvre de tant de jours en un jour effacée!" Un triste sort que celui de Platini.

7 mai 2016

La Fête des Mères

8 mai 2016. Lorsque je célèbre cette fête, du moins depuis que je la connais et l'ai insérée dans mes habitudes, je pense d'abord à ma mère Christine et à toutes mes mamans. Cette désignation s'étend de mes tantes à mes soeurs, de mes nièces à mes belles-soeurs, mes filles, mes amies. Au sens propre comme au figuré, par consanguinité comme par alliance. Elles appartiennent toutes à mon univers intime et spirituel. Aujourd'hui, je voudrais bien spécialement penser à mes mères spirituelles: j'en ai eu, j'en ai, j'en aurai. J'en ai eu une qui insistait que je l'appelle "mère adoptive" alors que Mama Resi qui a pourtant tout fait pour moi n'avait jamais exigé de moi que je l'appelle ainsi. Pour cette dernière, j'ai été le fils spirituel qu'elle n'a pas enfanté biologiquement. Son affection était totale jusqu'à son dernier souffle de vie, survenu à deux semaines de mon colloque doctoral.
Je pense notamment aux religieuses et aux femmes consacrées, mères spirituelles au vrai sens du terme. Quelle dédication, quelle générosité, quelle serviabilité! Je les revois dans mon enfance (les Salésiennes de Kenge) sillonnant les rues pour visiter les pauvres, apporter des soins appropriés aux nouveaux-nés à la maternité comme au dispensaire. Je les vois veiller à notre éducation intellectuelle, morale et chrétienne. Je les vois à Kimbau, Masamuna, Bandundu, Fatundu, Kisantu, Kikwit, Kinshasa et ailleurs au service des plus démunis, modèles impressionnants d'humilité et de fidélité au Seigneur. A Rome au Collège Urbain, elles étaient tellement dédiées à notre service que le recteur Natale Fumagalli ne s'est pas un jour empêché de les présenter comme "le nostre mame". L'expression était parfaitement choisie. En optant pour une maternité spirituelle plutôt que biologique, ces femmes ont mis Dieu au centre de leur existence. Ces mères spirituelles exercent dans une discrétion remarquable des services impayables et dont la valeur n'est pas calculable. De véritables héroïnes dans l'ombre. Elles sont nombreuses à travers le monde, quoiqu'on ne souligne pas assez leur qualité de mère. Pour quoi, je dis, être mère n'implique pas forcément avoir porté un enfant dans son sein.
Ma pensée en ce jour va spécialement à une de mes mamans qui se trouve en convalescence à la suite d'une sérieuse opération. Ma prière l'accompange.
Dans ma famille étendue et restreinte, depuis que nos parents biologiques sont partis, nous nous consolons en disant que "nous sommes désormais nos propres mères et pères." Un slogan pour nous encourager mutuellement! Nos parents, paix à leurs âmes, nous ont inculqué des valeurs humaines et spirituelles sur lesquelles se justifie notre amour fraternel. Je parie que cela peut s'étendre au-delà de nous.
"Bonne Fête des Mères" à toutes les femmes. Un coucou particulier à Ngudi'a Bodi!

6 mai 2016

Détaxer le livre

"L’ONG «Nous et le Livre» appelle le gouvernement congolais à réduire les taxes douanières dues à l’importation des livres. La présidente de cette structure, Jenny Kilele, a lancé cet en marge de la journée internationale du livre et des droits d’auteur, célébrée le 23 avril de chaque année.
«Pour rendre le livre accessible, il faudrait qu’on puisse tenir compte de l’accord de Kenya qui appelle à la détaxation du livre. Il faudrait que le pays puisse s’inscrire à cette politique et permette qu’on ne puisse pas taxer les livres comme les marchandises consommables», a-t-elle indiqué.
Jenny Kilele a également appelé l’Etat à subventionner les producteurs des ouvrages et créer des imprimeries en vue de faciliter la production des livres."
(Source: http://www.mediacongo.net/article-actualite-17583.html)

Commentaire spontané:
C'est une initiative très louable. Je félicite Jenny Kilele dans ce combat car le livre constitue une denrée très chère pour les Africains tellement son prix est décourageant. D'où sa dévalorisation. Dans nos pays pauvres, acheter un livre est un luxe réservé aux nantis. On nous reproche de ne pas lire, de ne pas savoir lire.  Comment voulez-vous que les gens lisent dans un pays où les besoins de base ne sont pas satisfaits? Acculés à décider entre l'essentiel et l'accessoire, les parents choisissent de nourrir, soigner leurs enfants plutôt que de les élever intellectuellement. Il y a trop d'obstacles pour qu'une culture du livre émerge du matérialisme auquel est soumise la société. Là réside justement le problème. Le livre doit être mis à la portée de toutes les poches, si l'on considère que l'éducation est la clé du développement. Nos pays opèrent souvent sans bibliothèques publiques, sans centres de lecture ni media-centres. Beaucoup de pays émergeants détaxent l'importation et la fabrication du livre afin d'assurer le développement socio-culturel et économique de leurs populations. Les matériels didactiques utilisés dans les écoles sont distribués gratuitement dans ces pays où l'éducation est généralement la priorité des priorités. L'éducation ouvre des opportunités insoupçonnées aux récipiendaires et permet un dévéloppement harmonieux. Qu'on se le dise, pas de développement sans éducation. Et pas d'éducation sans livre. C'est lié. Le niveau d'alphabétisation d'un pays reflète souvent son niveau de développement. Bonne chance à l'ONG "Nous et le Livre" dans son noble combat.

Encore un mort dans la famille: Damien Kuketuka

J'ai beaucoup hésité avant de publier cet article. Mon cousin Damien est mort il y a une semaine. Paix à son âme! J'ai d'abord appris cela sur Facebook par Frinck Butandu avec photos à l'appui: 
"Chers amis et connaissances, chers anciens de l'UNIKIN, de l'ERAIFT, particulierement ceux de la faculté des sciences agronomiques, chers anciens de la C.R.U.K, vous tous qui connaissez l'ingénieur Damien Kuketuka, c'est avec consternation que je vous annonce son decès. Cela est arrivé par noyade sur le fleuve Congo, à Kinkole. Le corps est à la morgue et le programme nous sera communiqué ultérieurement."
Comme je ne réussissais pas à joindre Kinshasa, je suis entré en contact-Viber avec Jean Mabaka au Canada qui a ajouté une précision: "Bonjour yaya, oui, je l'ai appris hier. Il semble qu'il était allé acheter du bois à l'Equateur; c'est en cours de route que des ennemis l'ont attaqué et jeté son corps dans le fleuve." (Sic) D'autres confirmations ont suivi, et aujourd'hui, je me résouds à diffuser la nouvelle sur le blog.
Damien, c'est ma famille. J'étais à l'école primaire à Kenge lorsqu'il est né; et je l'ai vu grandir. On disait de Tante Georgette, sa mère, qu'elle avait eu même des quadruplés, tous décédés. Un événement unique! Moi j'appartiens plutôt à la génération de ses soeurs et frère aînés - Charlotte, Pangu, Marie (paix à son âme), Lucien -. Je l'ai certes bien connu, mais comme un cadet. Quand je leur rendais visite sur la rue de l'école, c'est plutôt avec ses aînés que je parlais le plus. J'étais particulièrement attaché à ma congénère Marie. Lorsque je travaillais à l'évêché, Damien venait régulièrement me visiter. En juillet 2012, lors de mon dernier passage à Kenge, il était du groupe de ceux qui m'ont accompagné voir les tombes de "mes morts". C'est d'ailleurs lui qui nous a aidés à identifer la tombe de ma soeur Louise, enterrée à quelques pas de Tante Georgette. Nous avons prié ensemble pour Louise, Papa Frédéric, Mgr M'Sanda et les abbés enterrés à Katende.
Comme si une fatalité nous frappait, Tante Georgette est décédée à la suite d'un accident de circulation sur la N1 entre Kenge et Kinshasa. Marie a mené une vie très difficile avant sa mort: la dernière fois que je l'ai vue en 2007, c'était au bureau du Dr Mayengo. Aujourd'hui, c'est Damien qui nous quitte dans des conditions accidentelles très atroces. Comment exprimer cette lancinante tristesse? Comment pleurer ce jeune homme respectueux, doué et doté de tant de générosité que la mort vient d'arracher si brutalement à notre amour? Les mots ne suffiront pas pour traduire cette douleur ni assouvir notre désir de lui témoigner affection. Notre peine est trop forte pour être effacée en un tour de mains.
De la lointaine Barbade, je m'unis à notre grande famille pour pleurer Damien dans la dignité et le respect de Dieu. Ah Damien wenda mboti, Mfumu Nzambi kakusambula!


4 mai 2016

Mon pronostic était correct: une finale madrilène à 100%

Comme je l'ai écrit, les équipes espagnoles ont fait une bonne affaire à l'aller. Hier c'était Atletico, aujourd'hui c'était au tour de Real Madrid de se qualifier. Exactement comme je l'avais pressenti. Comment dire? Voilà une re-finale de 2013. La Maison Blanche retrouve les Colchoneros en finale. Ce ne sont plus les mêmes équipes quoique certains joueurs aient joué il y a trois ans. Cette fois-là, le Real Madrid avait gagné. Sera-ce de même cette année? Atletico a gardé son entraîneur qui est sur le départ pour la Premier League, RM a un ancien du sérail, Zinedine Zidane. L'équation, cette fois-ci, est plus difficile à résoudre. Sur papier, RM est favori à cause de son expérience, de ses vedettes et de sa valeur historique. Atletico est une équipe de plus en plus habituée à ces derbies. La chance aidant, elle peut s'en sortir et gagner la coupe. D'autre part, ces deux équipes se connaissent bien, et savent comment se contrer. C'est un peu le match du pauvre contre le riche. J'estime qu'El Colcho étant un entraîneur plus expérimenté que le Français, saura dénicher des failles chez les Madrilènes pour tourner le match en sa faveur. J'estime que, sur papier, les deux équipes possèdent des chances égales de gagner la coupe quoique le RM ait un léger avantage psychologique. Le derby de Milan risque de se réduire à un match de championat espagnol si les deux équipes ne prennent pas de risques: je crains qu'on aille aux tirs de penalty.

2 mai 2016

La France va accroître ses effectifs militaires en Côte d'Ivoire 2

Dans ma réflexion d'hier, je m'interrogeais sur cette annonce en termes de colonialisme à rebours, de loi du plus fort, et de rapports de force inégaux. Aujourd'hui, comme pour illustrer  ces propos, RFI vient de publier sur Internet un article sur le regrettable bombardement de Bouake par les forces armées ivoiriennes en 2005, qui a coûté la vie à neuf soldats français et un Américain. L'article "Affaire Bouaké: Genèse d'une énigme franco-ivoirienne" révèle le contexte dans lequel ce bombardement s'est opéré.
1. Pressions politiques et diplomatiques. De la lecture de cet article découle l'idée que la France fonctionne dans la logique des intérêts occidentaux. Et au nom de ces intérêts, elle dirige et contrôle les dirigeants africains; elle s'allie, quand nécessité oblige, à ses partenaires de l'Ouest pour changer l'ordre du monde. La chute de Kadhafi est à attribuer à ce plan hégémonique. L'article expose des contacts téléphoniques entre Chirac et Gbagbo au sujet de l'action militaire que ce dernier voulait entreprendre pour récupérer le contrôle du nord de la Côte d'Ivoire tombé aux mains de rebelles. "Arrête... cette connerie" aurait dit Chirac à son interlocuteur africain. Quel mépris! Quelle condescendance! Un tel échange, s'il a vraiment eu lieu tel qu'il est rapporté, me semble bas, vil et irrespectueux. La présence de l'armée française, La Licorne, sur le territoire ivoirien permet aux Français de tenir un discours de pouvoir hégémonique ou impérialiste sur les dirigeants de ce pays. Maîtrisant la réalité du terrain mieux que l'armée locale, elle peut aisément tourner les cours des événements militaires dans le sens qui lui convient. La France dicte ses ordres à ses partenaires ou alliés, affirmant ainsi sa suprématie inconditionnelle. Et chaque mot est une menace prise très au sérieux par l'interlocuteur africain.  En retour elle attend une obséquiosité sans faille de ses partenaires africains. Hélas, c'est cela la coopération militaire, c'est-à-dire pressions politiques et diplomatiques.
2. Remise en cause de la souveraineté nationale. Hier, je posais la question de savoir si les pays africains sont vraiment indépendants. Ce qui nous est imposé comme logique et normal n'a pas de réciprocité. La logique du plus fort fonctionne à merveille. La France décide d'accroître ses effectifs militaires en Côte d'Ivoire, les Ivoiriens comme les autres Africains acceptent cela sans se poser des questions. Nos journalistes relaient la nouvelle comme un succès "militaire" et sécuritaire, sans se donner la peine d'expliquer à la population ce que nous perdons en termes de souveraineté. Non seulement le renfort militaire démontre l'incapacité des Africains de se défendre face au terrorisme, il lance un message clair de notre dépendance face aux puissances de ce monde. Nos états ne seront souverains que lorsqu'ils seront en mesure de décider librement de leur sort. Contrairement à ce que l'on croit ou laisse croire, la coopération sous toutes ses formes obéit à la volonté du plus fort. Et la coopération - diplomatique, économique, militaire, culturelle - bénéficie d'abord au partenaire fort qui, de facto, dicte sa loi. Ce genre de partenariat remet en cause la souveraineté nationale de nos pays. A se demander si nos dirigeants réagissent rationnellement à ces pièges à moins qu'ils soient des complices corrompus qui ne tiennent qu'à leur pouvoir. N'est-ce peut-être pas entre autres la raison de l'éviction de Laurent Gbagbo car sa responsabilité dans ce bombardement est sujet à insinuations?
3. Ces réflexions, que d'autres intellectuels mènent également, se prouvent ou s'illustrent dans la réalité. L'ambiguïté qu'entretient la Francophonie n'est pas isolée ni séparée de cette politique hégémonique. Sous la façade de la démocratie se dissimulent de fortes pressions, des pouvoirs de domination et d'hégémonie qui se balancent comme des épées de Damocles sur nos dirigeants. En renforçant sa présence militaire, la France étend une fois de plus sa main-mise ou sa main basse sur l'Afrique. Parlez-moi encore de pays africains indépendants, souverains ou démocratiques!

1 mai 2016

La France va accroître ses effectifs militaires en Côte d'Ivoire

Avant-hier, j'ai lu un article, avec photo à l'appui, sur la visite du ministre français de la défense en Côte d'Ivoire. Là il était question d'augmenter la présence militaire française dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Un événement pareil me surprend, me fait frémir et m'amène à entreprendre des réflexions sur la politique française en Afrique.
1. Colonialisme à rebours. Il y a plus de cinquante ans depuis que ce pays africain est indépendant, mais la présence militaire française y est aussi forte que par le passé. La seule différence est qu'au temps colonial n'existait que l'armée coloniale d'occupation et de maintien d'ordre. Aujourd'hui existe sous le couvert d'une coopération militaire une armée française opérante à côté de l'armée nationale. Cette situation prévaut dans les anciennes colonies françaises. Les forces armées françaises exercent une sorte de surveillance sur l'ancienne colonie, jouant à la fois aux pyromanes et aux pompiers. Elles sont présentes partout et parfois dans les recoins inaccessibles aux forces locales. Une ambiguïté est délibérément entretenue, souvent masquant maladroitement les méandres de la Françafrique.
2. La loi du plus fort. Est-il possible de s'interroger sur la pertinence de cette situation? Mongo Beti dénionçait les dictatures francophiles qui ont régné sur l'Afrique sous la protection avérée de l'ancienne puissance coloniale. On peut dire que le pouvoir en Afrique vient de l'ancienne puissance coloniale. Les événements du Burkina Faso ont montré combien la France influence la politique africaine à tous les niveaux. L'armée française a "exfiltré" le dictateur Blaise Compaoré pour l'amener en Côte d'Ivoire, le mettant ainsi à l'abri des dangers qui le guettaient s'il était tombé entre les mains de la population révoltée. La France a également montré sa force en Côte d'Ivoire lors de la passation  calamiteuse du pouvoir entre Gbagbo et Ouatara. En Centrafrique, le scénario n'est pas très différent quoique elle opère sous le couvert de l'ONU. La présence militaire française va de soi en Afrique alors qu'il est inconcevable qu'une armée africaine aille mener des opérations sur le territoire français. Mille fois inconcevable. Le rapport entre la France et ses alliés africains n'est ni mutuel ni réciproque: la nation la plus forte impose sa loi au plus faible; mais cela ne se déclare pas.
3. Rapports de force inégaux. Qu'un pays africain accepte sans réchigner ni se méfier que la France augmente ses effectifs militaires sur son territoire, fut-ce au nom de la lutte contre le terrorisme, mérite vraiment qu'on pousse la réflexion un peu plus loin. Lumumba, Sankara ont été tués pour avoir remis en cause l'hégémonie occidentale sur leurs pays. Nos autorités perçoivent-elles vraiment toute la portée d'une telle coopération? Sont-elles conscientes des conséquences néfastes qui peuvent découler de tels actes? Il est clair que pendant que les Français s'infiltrent dans les entrailles du pays africain, aucune concession n'est accordée à l'état partenaire sommé désormais d'obéir au doigt et à l'oeil de l'ancien maître colonial. Souvent, le dictateur francophile s'englue dans ces alliances aux contours très peu définis, obnubilé par les bénéfices ou les dividendes qu'il tire immédiatement de cet  accord. Il en va souvent de la vie politique des leaders africains, car les coups d'Etat se décident depuis Paris. Quand est-ce que l'Afrique deviendra vraiment indépendante? Quand pourra-t-elle se défendre toute seule sans l'apport paternaliste de l'Europe? A mon sens, il faudra qu'elle soit d'abord consciente de sa puissance pour clamer une quelconque autonomie militaire. Nous sommes encore à la merci des anciens colonisateurs. Pas si sûr que nous sortions tôt de cette soumission militaire.