11 nov. 2016

10.11.16: Chez Ambroise Tine à Thies


Un des points forts de ma visite au Sénégal a été la rencontre avec l'abbé Ambroise Tine ce 10 novembre 2016, Pour rien au monde, je passerais au Sénégal sans rencontrer l'homme de Sebikotane. Aussitôt que ma présentation a été faite, j'ai décidé de me libérer de ce devoir d'amitié. Il s'agissait de retisser un intervalle de 34 ans de vie et de rendre grâce au Seigneur de nous avoir de nouveau réunis. Que des morts pendant ce temps! Que des pensées et des souvenirs! Paix à leurs âmes!
Ambroise a mis tous les moyens pour que je ne rate pas de le voir. Il m'a envoyé une voiture taxi avec comme chauffeur Mr. Babakar qui était 12h50 au parvis de l'Hötel Ngor Diarama pour un rendez-vous prévu à 13 heures. Quelle ponctualité! Je me suis éclipsé à l'anglaise du colloque, glissant quelques au revoir discrets à des collègues conférenciers. J'avais promis de donner 2000 FCA à un photographe qui m'a gentiment présenté deux jolies images prises lors de ma présentation. Hélas, je n'avais pas de CFA en ce moment-là, et je suis parti oubliant d'honorer ma parole. Je vais demander aux organisateurs du colloque de faire ce geste honorable en mon nom. J'ai viraiment honte d'avoir AGI comme le dernier des malfrats. Je m'en veux d'avoir oublié cet engagement.
De Ngor Diarama, j'ai fait un tour à l'hôtel Fana afin de récupérer un de mes livres que je tenais à dédicacer à mon ami. La route fut une découverte du Sénégal profond, un voyage dans l'espace des efforts de modernisation du Sénégal. Alors là, il faut le dire haut et fort. Le Sénégal a un degré de développement très élevé tout comme il est le plus avancé en matière de démocratie. L'autoroute est construite sur le modèle des autoroutes françaises. Je me suis senti comme voyageant entre Besançon et Paris. Copie conforme. Avec des points de péage automatiques et manuels, exactement comme en France. A aller c'était un paiement manuel et au retour un paiement automatique. Et le Centre Abdou Diouf où s'est tenu le dernier sommet de la Francophonie. Quelles infrastructures impressionnantes. L'autoroute a été construite par Wade, mais Mr Macky Sall a aussi ses réalistations sur le même tronçon routier. Il faut voir ça. La limite de vitesse est de 110 Km officiellement, comme chez De Gaulle. A la sortie de Thies, on a pris la route nationale qui y mène par Sebikotane. 
J'ai remarqué les véhicules roulent en ordre, quoique Mr Babakar se plaignât de fréquentes infractions effectuées par certains chauffeurs. Je n'y ai personnellement rien vu de grave, étant habitué à la circulation chaotique de Kinshasa. Enfin m'est apparu Thiès, la ville politique du Sénégal d'où sont parties les fameuses grèves qui ont fait la puissance des syndicats. Avant d'atteindre l'hôtel de ville, je vois une place de spectable sur la gauche, et en face un petit parc que Senghor alors maire de la ville embellie avec de jolies fresques artistiques. Puis, sous de gigantesques kaïcedrats et fromagiers, m'est apparue la Cathédrale Ste Anne derrière laquelle se trouve la Procure où travaille l'abbé Ambroise.
Quelles retrouvailles avec Ambou! Quelle émotion de revoir cet ami comme si trente années n'étaient que l'espace de quelques heures dissipées dans la mémoire de nos consciences; Quel plaisir enfin de retrouver, l'homme, égal à lui-même, dans sa tenue de jeans et ample chemise à manches courtes rayées. A part quelques cheveux grisonnants et une barbe qui prend de la couleur de sagesse, comme la mienne, Ambou est demeuré simple, généreux, ouvert, organisé et intelligent. Oui, c'est un monsieur très intelligent tel que le Sénégal sait en produire. Monsieur l'abbé que je trouve dans son bureau au milieu de ses colloborateurs Roland et Céline (Cécile?), est le procureur diocésain. Un vrai procureur diocésain. Il décide qu'on aille prendre notre déjeuner au restaurant du coin avant qu'on fasse un tour de la ville. Sa jeep Mercedès est fort enviable, mais je le taquine en lui disant qu'il marchera beaucoup lorsqu'il me rendra visite à la Barbade, car il faudra bien qu'il prenne du repos. Ambroise travaille beaucoup. Pendant que nous essayons de manger quelque chose, son téléphone ne cesse de sonner. En effet une délégation du gouvernement allemand visitera Thies le 18 novembre; un coup de l'ambassadeur ou ambassadrice d'Allemagne lui prend quelques minutes. Il maîtrise son sujet, organise les choses à la minutes près. On parle de tous les copains. Correction: Ambou a travaillé pendant huit ans comme directeur national de la Caritas avant son poste actuel. Hyacinthe Dione par contre travaille à Rome à la Propaganda Fide, non pas au Culte Divin comme je l'ai écrit précédemment. Un petit tour du centre de la ville. Les écoles sont fermées à cette heure, on visite un centre pour jeunes artistes, la cathédrale. Mais on retourne au bureau. On ne s'arrête de parler des copains, de la vie et de Rome. Il m'apprend qu'il a visité Kinshasa à deux reprises dans le cadre de Caritas. Pour célébrer l'événement, l'abbé Ambroise concocte grâce à ses services un petit cocktail au champagne Moet et Chandon en mon honneur. On contacte Hyacinthe à Rome, sans succès. On lui envoie une photo du jour. En tout cas, la procure de Thiès fonctionne à merveille, maîtrisant les meilleurs programmes de gestion d'une procure, assumant la chargeant de la vie matérielle et de la logistique. D'un clic, la procure est capable de donner la situation financière d'une paroisse avec précision.
Il a parlé de Flavien Busina, "Ndembo na se". Il a parlé de "Lumu Luimpe" qui a abandonné sans alerter qui que ce soit un match de football à la mi-temps, parce qu'il faisait froid. Il a parlé de Mampuya, le "violent". Paix à leurs âmes! Il a parlé du séminariste Chinois à qu'il a appris l'italien et qu'il frappait pour différencier l'attivo et il passivo. On a échangé sur nos expériences de vie. 
C'est au tour de 18h40 qu'il laisse un chauffeur me reconduire à Dakar à bord de sa jeep. Mr Moustapha, que l'abbé appelle Phata, est très bon. Une heure et demi plus tard, je me retrouve à mon hôtel. Merci Ambroise d'avoir ravivé notre relation amicale et fraternelle! On s'est promis de ne plus couper le contact. Merci au Seigneur d'avoir fait que nous nous retrouvions au pays de la Teranga.

7 nov. 2016

Leçon de Goethe

"Die beste Bildung, schrieb Goethe, findet ein gescheiter Mensch auf Reisen." Traduction (un lapsus j'ai d'abord écrit Traudction tellement je suis habitué à écrire Mme Schmitt): "Un homme intelligent se forme en voyageant" ou  littéralement "La bonne formation, a écrit Goethe, un homme rusé la trouve au cours des voyages." La sagesse de cette maxime du poète allemand possède encore toute son actualité. Moi qui m'intéresse à Senghor depuis bientôt plus de quarante ans, ce n'est qu'aujourd'hui que je foule des pieds ce pays légendaire dont j'ai connu l'existence avant à mes neuf ans. Je garde un bon souvenir de ma mère au sujet des Sénégalais. A ma question de savoir pourquoi, les Sénégalais que je voyais à Kinshasa étaient tous riches, ma mère Christine me dit en août 1966: "Eh bien, mon fils, sache que leur pays est proche de l'Europe. Ils ont vu les Blancs avant nous." Mama, kuna wena matondu mingi. Mfumu Nzambi kakusambula. J'avais discrètement juré de visiter un jour ce pays. En venant ici, je réalise un voeu tacitement fait à ma mère, Christine Matsasu d'heurese mémoire, de voir ce pays proche du pays des Blancs.  J'en célèbre le cinquantenaire. Avant Ambroise Tine et Hyacinte Dione à Rome, je n'avais connu personnellement de Sénégalais.
Je viens ici non pas comme un touriste, mais un Africain qui voudrait un autre pan de son histoire, de sa vie. J'irai, si le temps le permet, voir Gorée. L'expérience des taxis et des débrouilleurs d'hier m'a montré que les habitants de nos centres urbains africains vivent vraiment de combines, d'arrangements à la limite de l'honnêteté. De très nombreux services sont proposés comme des dons, des aides alors qu'on compte en tirer le plus de dividendes que possible. Brazzaville, Cotonou, Kinshasa, Lagos, Yaoundé, Nairobi, c'est la même débrouille, à la différence qu'elle prend le visage local du la mégapole. Je n'ai pas vu cela à Addis-Ababa, peut-être parce que là j'ai été toujours pris en charge par la compagnie aérienne ou l'hôtel de séjour. Une fois par mon ami Dr Temkir Bonger, à l'aller comme au retour. Si Dakar est le miroir du Sénégal, j'y vois aussi les espoirs et les dangers qui guettent l'Afrique noire toute entière pour autant que les autres mégapoles représentent leurs pays. J'observe l'âge, l'agir des gens. Je discute avec tout le monde. Ce matin, j'ai eu à discuter sur le mot "patron" avec deux servantes de l'hôtel qui sont venues nettoyer ma chambre. Et j'ai appris deux mots en wolof: "Nangadef" (Bonjour) et "Mangifirek" comme réponse. Je rentrerai avec ces deux mots dans mes bagages pour impressionner mon frère Modou Diagne à la Barbade, Inch'Allah.
J'ai pris des contacts avec les organisateurs de la conférence. Il est prévu un vernissage au musée Théodore Monod ce soir. Mais j'ai pris rendez-vous avec mon neveu René Masala Mbangu qui habite et que, si je rate ce jour, je risque de ne pas rencontrer. Je voudrais bénéficier autant que je peux de la conférence. Rencontrer Wole Soyinka, Prix Nobel de Littérature. Voilà une occasion à ne pas manquer. Il y a aussi des compatriotes congolais dans différentes sessions du colloque. Il y a aussi des visages connus rencontrés à d'autres colloques. Comment dire? Je voudrais tirer de cette conférence le plus de formation possible, suivant l'instruction du maître de la parole, Goethe.

L'épopée de Dakar,

Un voyage particulier. Du 8 au 10 novembre 2016 aura lieu à Dakar, Sénégal, un colloque international commémorant le cinquantenaire du Premier Festival Mondial des Arts Nègres animé jadis par le président Léopold S. Senghor. Et j'ai le privilège de participer à ce colloque. Par tous les moyens, je me suis arrangé pour que tout marche. Premiers heurts. Dès que ma participation s'est confirmée, il me fallait m'informer des détails afin de m'organiser. Visas et itinéraires. 
1. Itinéraires. Il y a trois ou quatre chemins pour partir de la Barbade au Sénégal: soit par New York, Montréal, Londres, ou Paris via Ste Lucie, Martinique. J'ai procédé par élimination. Le dernier est le moins cher, mais le plus compliqué, car il faut deux visas, un Schengen et, aussi paradoxal que cela paraisse, un pour les DOM. Ils ne me coûtent rien pour moi en tant qu'enseignant de français, mais ils s'obtiennent à Castries, Ste Lucie. Donc un déplacement obligatoire. Deuxième option: passer par New York, là c'était bien mais l'attente au consulat américain prend tout un avant midi, et le visa américain coûte cher pour les Congolais. 250 USD en plus de 100 des formulaires, il paraît que c'est la contrepartie que les Américains paient également pour entrer en RDC. En langage diplomatique, cela s'appelle mesure de réciprocité: on me répète toujours que c'est les Congolais qui ont inauguré cette disposition pratique. Je n'ai pas pensé au passage par Montréal. La meilleure option était décidément Londres. Pas de problos par là. Seulement, il fallait prendre "les" bonnes informations. De Londres plusieurs possibilités avec Turkisch Airlines, Iberia, Air France, Royal Air Maroc, TAP, et d'autres.
2. Visas. Celui du Sénégal d'abord. Dès que j'ai obtenu le visa letter de mon université, j'ai écrit un courriel à l'ambassade du Sénégal à Washington. Pas de réponse. J'ai appelé. C'était pour m'entendre dire que je n'en avais pas besoin. Par prudence, j'ai demandé une confirmation écrite qui n'est jamais venue. Par commodité, j'ai opté de passer par Madrid avec Iberia. Fallait-il un visa Schengen, comme je ne sortais pas des frontières? Le consulat espagnol m'a dit "oui", mais les agences de voyage m'ont dit "non". Pour obtenir ce visa, il me fallait aller à Trinidad. J'ai éliminé le voyage de Trinidad, mais j'ai décidé de voyager via Madrid, m'en tenant à ce que me conseillaient unanimement les agences.
3. J'ai compris une chose. L'information est capitale. Si je n'avais pas été critique et réaliste, je serais allé à Trinité me procurer un visa absolument inutile. Quelle perte de temps et d'argent! La vérité, c'est que c'est tout simplement une question d'argent. Le consulat espagnol, intransigeant sur cette règle, n'avait rien à perdre de m'octroyer un visa dont je me serais passé. Le bon sens avant tout.
3. Le samedi 5 novembre, à 17h, je suis parti de Bridgetown avec Virgin Atlantic pour arriver le lendemain 6.11 à 5h10 à Gatwick. Ma correspondance Iberia étant prévue pour 10h50, il me fallait donc tuer le temps dans cet aéroport si froid en ces jours pour quelqu'un qui atterrit des tropiques. J'avais pris des dispositions pour cela. Dès 7h30, le tout premier, j'ai enregistré mon unique bagage pour Dakar en moins de trois minutes. Les connexions Wi Fi fonctionnent très mal à Gatwick. Je n'ai réussi à appeler personne; et même au téléphone ordinaire, personne ni Donat, ni Ephrem, ni Nicolas, personne ne m'a répondu. Par contre, j'ai pu parler deux minutes avec Mme Schmitt à Wurmlingen. Assis dans un coin tranquille, j'ai pu revoir mon texte à présenter au colloque et lire En attendant la montée des eaux de Maryse Condé. Ce livre acheté il y a une année à Fort-de-France, je n'ai j'amais eu le temps de le feuilleter. Voilà, ce sera mon livre de chevet ces jours-ci. Le voyage Londres - Madrid s'est effectué dans de bonnes conditions quoique j'aie été surpris qu'on vende le petit déjeuner aux gens. Au passage au comptoir d'embarquement, j'ai été surpris de voir une citoyenne équato-guinéenne avec plus de quatre lourds bagages à main. Les gens lui ont fait des problèmes, elle a dû en abandonner deux là bas, sous prétexte qu'on les lui mettrait dans la soute. Elle partait pour Malabo. On a parlé des 11 voitures du Fils Obiang' que les autorités suisses ont saisies dernièrement. 
4. J'ai été très impressionné par la beauté du paysage panoramique de Madrid. Un aéroport très aéré comparé à Gatwick. Là les Wi Fi fonctonnaient parfaitement. Pour tuer le temps, j'ai pu parler à plusieurs personnes depuis Viber  et Whatsapp. Avec des British, des Français, des Belges... et mêmes des RD Congolais. Je n'ai pas lu pendant les deux ou trois heures d'escale à Madrid. De là on est parti avec beaucoup de retard pour Dakar, dans un Airbaus 340 bien plein. 
5. L'arrivée à Dakar s'est passée sans problème. Un accueil assez formel au niveau des agents de de l'immigration et des douanes. La queue était respectée, sauf que de temps en temps, on voyait quelqu'un se détacher du groupe appelé par un des agents. "Le visa sénégalais est gratuit", ai-je vu aussitôt entré dans le hall. Comme les organisateurs du colloque m'avaient octroyé une autorisation de visa du ministère de l'intérieur, mon passage de frontière s'est effectué très confortablement. Au retrait des bagages, je serai un peu dérangé par la promiscuité des voyageurs et des porteurs. Après le contrôle d'usage, je suis allé à un kiosk acquérir un SIM Tigo pour mes communications locales. Je m'attendais à voir des organisateurs du colloque, mais je n'ai personne vu comme diraient les Jurassiens. Je devrais donc prendre un taxi pour l'hôtel. Là alors, c'était des sollicitations de toutes sortes. Des services de tous genres sont proposés à la criée ou discrètement. "Voulez-vous téléphoner? Vous me donnerez ce que vous voulez" Ou encore: "Voulez-vous un taxi? 5000 FCA." J'en choisis un, qui me propose 4000. Arrivé à pied à la sortie du parking, il me présente un autre monsieur, un géant d'au moins deux mètres, son frère venu de nulle part, qui se dispose à me conduire à 4500. Je dis niet, plus terrorisé par la stature monumentale du taximan que dissuadé par le prix. Pendant que j'attends un autre taxi, un autre gars m'approche: "Mon frère, voici un cadeau pour toi. Ici le taxi te demande 5000 alors que si tu avances jusqu'au rond-point-là, tu en trouveras un à 1000 FCA." Il me donne un porte-clef que je décline, empoigne mon bagage avant même d'avoir entendu ma réponse. Je dis niet et lui rends son beau cadeau. Un autre en taxi, cette fois, vient me proposer 4000 FCA. Les gens de l'hôtel m'ont prévenu que le trajet coûte 5000 Fr, à cette heure pas plus. J'en prends un, mais aussitôt éloigné de 50 mètres, il demande 10000 Fr prétendant que c'est loin l'hôtel. Je lui dis niet et le prie de me retourner au point de départ. Marche arrière, et dehors. C'est finalement grâce à un agent de police que je trouverai le bon taxi, après avoir perdu une bonne dizaine de minutes à marchander. Il faut se méfier, être prudent, alors très prudent. Là je viens de passer ma première nuitée à N'Dakarou.




5 nov. 2016

French and Creole Language in the Francophone Caribbean

I would like to share some thoughts on the links between Francophonie and the French Caribbean. Francophonie was first defined as a geographical concept before becoming a political and a sociocultural institution. Conceived as the set of countries that speak French as official or cultural language, Francophonie has a very debatable relationship with and within the Caribbean. Beside the fact it is suspected to continue colonialism and imperialism, many Caribbean writers state that Francophonie serves more France (dominant partner) than its counterparts (colonized and exploited). They think it is a smart way for safeguarding the French interests across the region. This is a typical post-colonial topic placing France at the centre and the Francophone world as the periphery.
This paper will look at the particular involvement of Caribbean writers and scholars such as Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, Raphael Confiant, Edouard Glissant in dismantling the concept of Francophonie or denouncing the dangers posited by its theoretical and practical backgrounds. As a matter of fact, Maryse Condé never agreed with the activities of the Organisation Internationale de la Francophonie, the representatives of Creolité (Bernabé, Confiant, Chamoiseau in their essay titled In Praise of Caribbeanness) claim their right to publish literary texts in Creole and therefore create an aesthetic based on Caribbean orality and culture, whereas the thought of Edouard Glissant has been important in the process of coining the Littérature-monde movement by Michel Le Bris and Jean Rouaud. The 2007 Manifesto’s purpose was to put an end to Francophonie. It caused a passionate debate that involved both the French establishment and intellectuals of various disciplines or political horizons. I will examine the role played by the writers from the Caribbean (Martinique, Guadeloupe, Haiti) and their contribution to this debate. This reflection forms part of the essential thoughts behind my research and publications on hybrid poetics, antillanité, créolité, and/or peripheral francophonie.

Novembre 2016


Voilà un mois qui s'annonce aussi tumultueux que l'autre, mais qui par la force des choses ne le sera pas. Je veillerai à ce que je maîtrise la situation, et accomplisse mes travaux comme il se doit, accomplisse mes devoirs professionnels et sociaux. Il y a une conference "Islands in Between" organisée par le département de langue, linguistics et literature ici même à Cave Hill. Je n'y suis pas allé hier, mais les échos étaient positifs. Aujourd'hui, j'y suis allé pour écouter la conférence plénière de mon ami Peter Roberts sur Va Pensiero de Guiseppe Verdi et ses adaptations caribéennes, afro-américaines actuelles dans le monde noir. Intéressant de découvrir que "By the River Down Babylon" concerne le même psaume 337. Et pour le linguiste Roberts, il y a une nette contradiction entre l'esprit du psaume et la musique envoûtant dont il a inspiré le thème. "How can we sing the Lord's song in a strange land". Et lui de poser la question, à la suite de l'exil et ou de la migration, "When/how can a strange land become homeland?"
Dans l'après midi, notamment entre 2 et 3 heures, a eu lieu le panel où j'ai fait ma présentation intutilé "French and Creole Language in the Francophone Caribbean". Un thème sur lequel je travaille et publie depuis bientôt dix ans. Chaque présentation touche en général à un aspect inconnu ou méconnu du problème. Négritude, antillanité, créolité, littérature-monde, qui dit que ce n'est pas quelque part la même chose? Dans l'esprit subversif de refuser les abus de la Francophonie et ses avatars. Voilà, c'est parti! Rendez-vous est pris pour l'autre présentation au cinquantenaire du premier festival mondial des arts nègres,  à N'Dakarou, Sénégal.

Ce texte a été écrit en octobre 2016. Je le publie aujourd'hui afin de ne pas perdre l'esprit dans lequel j'étais en novembre 2016.

Novembre 2016

Voilà un mois qui s'annonce aussi tumultueux que l'autre, mais qui par la force des choses ne le sera pas. Je veillerai à ce que je maîtrise la situation, et accomplisse mes travaux comme il se doit, accomplisse mes devoirs professionnels et sociaux. Il y a une conference Islands in Between organisée par le département de langue, linguistics et literature ici même à Cave Hill. Je n'y suis pas allé hier, mais les échos étaient positifs. Aujourd'hui, j'y suis allé pour écouter la conférence plénière de mon ami Peter Roberts sur Va Pensiero de Guiseppe Verdi et ses adaptations caribéennes, afro-américaines actuelles dans le monde noir. Intéressant de découvrir que By the River Down Babylon concerne le même psaume 337. Et pour le linguiste Roberts, il y a une nette contradiction entre l'esprit du psaume et la musique envoûtant dont il a inspiré le thème. "How can we sing the Lord's song in a strange land". Et lui de poser la question, à la suite de l'exil et ou de la migration, "When/how can a strange land become homeland"
Dans l'après midi, notamment entre 2 et 3 heures, a eu lieu le panel où j'ai fait ma présentation intutilé "French and Creole Language in the Francophone Caribbean". Un thème sur lequel je travaille et publie depuis bientôt dix ans. Chaque présentation touche en général à un aspect inconnu ou méconnu du problème. Négritude, antillanité, créolité, littérature-monde, qui dit que ce n'est pas quelque part la même chose? Dans l'esprit subversif de refuser les abus de la Francophonie et ses avatars. Voilà, c'est parti! Rendez-vous est pris pour l'autre présentation au cinquantenaire du premier festival mondial des arts nègres,  à N'Dakarou, Sénégal.

En route encore une fois

Je suis encore une fois en route, et cette fois, c'est pour Dakar, Senegal. N'Dakarou, la ville-phare du Sénégal. Le Sénégal pour moi, c'est d'abord Senghor. Il avait organisé il y a cinquante ans le premier Festival Mondial des Arts Nègres. Et ce festival célèbre son cinquantenaire auquel je vais participer. Le Sénégal évoque pour moi mon tout premier séjour à Kinshasa en juin-août 1966. Je passais de la troisième en quatrième primaire. J'avais habité dans un quartier de la commune de Kinshasa, très peuplé de Sénégalais. Un peuple que je découvrais pour la toute première. Je pense à un certain Aladi sur Isoke qui nous distribuait régulièrement des beignets. Je me souviens d'une expression "Labaran Ababa", que j'avais découverte à l'époque. Je n'ai jamais trop su ce que cela signifiait. Toujours est-il que ceux qu'on appelait "Sénégalais" n'étaient pas nécessairement de nationalité sénégalais, mais l'appellation s'appliquait à tous les Ouest-Africains. C'est plus tard que je le sus. Ma pensée va à deux amis prêtres sénégalais: Ambroise Tine et Hyacinthe Dione, qui furent mes condisciples en théologie à l'Urbanienne. Le premier avait la taille normale et le second était un géant tel qu'on en voit dans ce pays. Ils venaient du diocèse de Thies et avait fait leur philosophie au séminaire de Sebikotane. Le premier travaille actuellement comme directeur national de Caritas, le second tient un important poste au dicastère de la liturgie. Comment dire? J'ai beaucoup d'attentes. Sur la liste des participants au colloque du cinquantenaire, il y a plusieurs collègues que je connais soit de nom soit de visu. Ce sera un plaisir de mettre un visage sur les noms connus, et de revoir ceux et celles déjà connus. Ma pensée va également à un compère, Moussa Absa Sene, cinéaste, auteur entre autres des films Tableau Ferailles ou Teranga. Pas si sûr si je le rencontrerai. Ma pensée va à Mme Aminata Sow Fall, écrivaine de réputation internationale. A Mme Fatou Sal, activiste féministe, dont j'ai une fois modéré la conférence à Cave Hill, invitée par Prof. Eudine Barriteau, notre recteur actuel mais directrice de gender studies à l'époque.
J'apprends de Modou Diagne que le Sénégal est musulman à 95%. J'avais toujours cru 80%. Soit. Ce sera mon tout premier séjour dans un pays à majorité musulman. On dit que la convivialité chrétiens-musulmans est exemplaire. A Popoquine, selon Moussa, les musulmans fêtent Noël à l'église et les chrétiens participent au ramadan sans aucune friction religieuse ni fanatique. Un exemple à suivre. Quoi encore? Bref, je suis encore en route aérienne. Laissons le reste à Dieu.