9 janv. 2016

Adieu Ma Antoinette Kileya

Parfait Kileya sur Facebook
Avec toute tristesse je vous annonce le décès de ma grande soeur Marie Antoinette à Kikwit ce 8 janvier 2016. Que le Seigneur la prenne en pitié et la reçoive dans sa maison. A Dieu soit rendue toute gloire!
(8 janvier 2016)

Comme un coup de massue, la nouvelle de la mort de Ma Antoinette Kileya est tombée. Paix à son âme! Que la terre nos ancêtres lui soit tendre et accueillante! Ma dernière rencontre date du temps où j'entrais au grand séminaire. C'était soit à la procure de Kenge soit chez sa soeur Ma Rosalie, qui était voisine de ma cousine-tante Léonie Gungu. Je ne l'ai plus revue... je la savais à Kikwit, pas plus. 
Les Kileya constituent, il faut l'avouer, une famille intellectuelle modèle dans notre contrée. Sur les traces leur père de patriarche, un des tout premiers diplomés du coin, tous les enfants Kileya ont bénéficié d'une formation intellectuelle remarquable. Comme Ma Rosalie, première directrice d'école, Ma Marie-Antoinette a été parmi les premières graduées qu'il m'a été donné de croiser.
Une anecdote de ma vie. Juillet-août 1976. A la fin de ma première année de philosophie à Mayidi, je me trouve à Kenge en route pour Mutoni. Voilà que le Frère aviateur Michel doit aller chercher les Gibbers à Matari pour les ramener à Ito où Mr. Gibbers s'occupait du centre agricole diocésain. Le Père Gerald Lesch, procureur de Kenge, propose qu'il me dépose à Kimbau; mais en plein air, je suggère d'aller visiter Matari. L'accueil à Matari est plutôt mitigé. Le père Hoff ne s'attendait pas à me voir. On me trouve toutefois un coin dans les appartements réservés aux chauffeurs, juste à côté de la cure. Les paroissiens, avec les Makambu père et fils en tête, sont mobilisés pour m'offrir un séjour agréable; les invitations à dîner ou souper ne se comptent pas. Le deuxième matin, je reçois un mot Papa Kileya m'invitant chez lui; sa maison solitaire se situe entre la paroisse et Kambundi. Je ne l'avais jamais vu mais le connaissais de réputation par mes parents. Lorsque j'y arrive, accompagné par un petit séminariste de Kalonda dont le nom ne me revient plus, Papa fait une déclaration qui m'a profondément ému: "Papa, je ne peux pas supporter qu'un fils de Donatien et Christine souffre devant mes yeux, pendant que je peux faire quelque chose." Parole d'un brillant enseignant qui a formé la génération de nos parents. L'enfant qui vivait avec lui n'était autre que Parfait, que je retrouverai des années plus tard dans mon cours d'anglais à Katende. Lorsque je lui ai raconté cette parenthèse de mon histoire en 2003, il en était ébahi.
Permettez que je reprenne pour terminer les mots que j'ai écrits spontanément sur Facebook
"Sincères condoléances à la famille Ķileya au nom de tous les miens. Paix éternelle à l'âme de ma Antoinette. Union de prières!"



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