20 oct. 2014

L'ouverture de l'église catholique aux homosexuels

Un sujet très sensible qui divise l'église. Là le pape François a reçu quelques coups de poing à la tête. Vous avez beau mener la barque à bon port, vous ne saurez jamais embarquer la totalité de vos passagers. C'est peut-être la leçon qu'il faudrait tirer du synode sur la famille qui s'est clôturé ce 19 octobre 2014 à Rome.
Je ne maîtrise certes pas le dossier, mais je connais assez la doctrine de l'église pour évaluer ce qui s'est passé. La doctrine, j'entends celle traditionnelle d'avant François, dans laquelle je suis né, élevé et sous l'ordre de laquelle j'ai fonctionné comme pasteur. Celle-là, je la connais bien, sans prétention. L'homosexualité a toujours été jugée de façon cinglante comme contre-nature. Deux hommes, deux femmes ne peuvent par nature et par loi divine s'accoupler. Encore moins se marier. C'est un crime qui mérite châtiment, excommunication, ostracisme. Voilà qu'aujourd'hui, le discours change: les homosexuels peuvent apporter une contribution positive à l'église. Ce changement de ton soutenu par ce pape jugé réformiste et moderniste choque les conservateurs qui s'indignent et quitteront la barque si aucune précaution n'est prise. 
"Qui suis-je pour juger?". Oui, je comprends ce discours pontifical. Je suis sympathique vis-à-vis de ce qui était hier considéré comme une perversion avilissante. Je suis sympathique vis-à-vis de ces hommes et femmes qui se sentent autrement créés et manifestent des penchants différents. Je m'abstiendrais de les juger si l'église n'avait tenu un autre discours. Je les respecte de la façon dont je respecte toute personne humaine. Cependant, la communauté catholique, prise de court, n'est pas encore prête ni mure pour gérer cette réforme pourtant inévitable.
Le monde évolue tellement que l'église ne saurait se soustraire à son devoir d'évangélisation et de sanctification des hommes. Il y a eu des prêtres ouvriers, des prêtres dans la rue ou dans les quartiers mal famés des cités. Aujourd'hui l'heure est à la pastorale des homosexuels. Le pape n'a fait que donner le ton d'une réforme qui n'est pas encore gagnée. Son prédécesseur Paul VI qu'il vient de béatifier - j'avoue avoir été surpris par la rapidité du procès quoique j'en saisisse la portée symbolique - avait buté contre des résistances lorsqu'il avait publié Humanae Vitae. D'éminents théologiens avaient décrié et démoli cette belle charte de la vie qui interdisait entre autres l'usage des contraceptifs ou le recours aux méthodes modernes de contrôle de naissance. On en est à ce tournant décisif avec François dans sa deuxième année de papauté. Il devra faire face à l'aile dure des ultra-conservateurs.
Les homosexuels ont jusque là gagné tous leurs combats civils et juridiques. Rien ne leur resiste selon toute apparence. Des confessions  chrétiennes les soutiennent, allant jusqu'à nommer évêques des homosexuels. Dès son élevation au pontificat, le pape François était attendu sur ce point. Il a amorcé le cap de la réforme radicale, un cap difficile à gérer, mais qu'il finira bien par négocier. Les vieux caciques se rongeront les doigts, démissionneront ou crieront au scandale, mais la caravane de l'histoire passera sa route. Malgré quelques amendements et omissions de prudence, la feuille de route vient d'être posée par le synode. De la reconnaissance du fait à l'autorisation du mariage catholique, tel sera le trajet de la réforme. Une autre théologie de la famille commence, une pastorale personalisée des homosexuels voit le jour au sein de l'église catholique.

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