16 nov. 2014

Du neuf au pays des hommes intègres


1. Charte de la transition. La charte de la transition a été signée; le colonel Zida a signé son retrait et  M.  Michel Kafando est devenu ce lundi 16 nove€mbre président de la transition. Une transmission qui en dit long, et contredit mes propres supputations antérieures. Chapeau, car la sagesse d'un peuple a prévalu. La transition est ouverte: l'après-Compaoré entre dans sa phase décisive.
2. Constitution suspendue, constitution restaurée. L'armée a suspendu la constitution dans un élan qui avait tout l'air d'un coup d'état, usurpant de facto le mouvement révolutionnaire initié par des civils. Zida est devenu l'homme fort à la suite de tractations des officiers de l'armée. Il y a quelques jours, n'y pouvant plus rien tellement la pression locale et extérieure était forte, il a rétabli la constitution. Autant dire l'arbitraire qui a eu lieu pendant deux semaines. Ce qui confirme la fragilité de nos institutions démocratiques. N'importe qui peut, pourvu qu'il soit lourdement armé, impunément suspendre la loi fondamentale qui régit les institutions du pays. Chose impossible dans un pays démocratique.
3. Quoi qu'il en soit, tout est bien qui finit bien. L'armée a été remise à sa place comme institution de défense et de sécurité. Aux civils de diriger la transition. Le vide est désormais comblé. A un moment donne, je m'attendais à une solution du genre Samuel Doe c'est-à-dire que Zida aurait, séance tenante, échangé ses galons contre un costume civil pour parachever la transition. Mais la sinistre farce n'a pas eu lieu. La voix du peuple a eu le dessus. Honneur et gloire aux Burkinabé pour cette leçon d'histoire!

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